Saint-Étienne – Rennes (2-2) : la Breizhou académie déteste ses ex

Après Favre la semaine dernière, c’est Oscar Garçia qui prend la défense de Gourcuff en nous expliquant qu’on joue l’Europe. Et il a l’air d’y croire puisqu’il aligne une défense à 5. Comme contre Paris au Parc, mais à domicile contre Rennes… On dit souvent que les entraineurs voient des choses qu’on ne voit pas, dans son cas ça doit être les matchs.

De son côté, Christian continue son apprentissage par tâtonnement : Amalfitano retourne sur le banc, et Mubele sur le terrain. Pour le reste c’est du classique.

 

 

Le match

Malgré la présence sur les bancs de coachs estampillés « projet de jeu » et un score de 2-2, on a vu un bon vieux Sainté-Rennes des familles. Une guerre de tranché dégueulasse, avec des buts tombés du ciel comme des obus. Les joueurs se sont entre temps foutus sur la gueule sans trop se soucier du ballon.

Ce sont les Stéphanois qui ouvrent les hostilités : dès la deuxième minute, le jeune poète Assane Dioussé sèche Mubele et prend ce qui sera enixplicablement son seul jaune de la partie. En terme de jeu, le pressing haut des rouges et noirs gêne suffisamment les locaux pour les empêcher de construire, mais pas assez pour dominer franchement. Derrière, Bensebaini et Koubek sont suffisamment fébriles pour qu’on se fasse quand mêmes quelques frayeurs. Rennes semble quand même un poil au dessus.

Et comme ça fait toujours un peu chier de voir son ex s’en sortir mieux que soi, Kevin Théophile-Catherine décide de se venger bien salement, en brisant à la fois un contre et la cheville de Sarr (29’). Originaire des Côtes d’Armor, donc naturellement fourbe, KTC échappe même au rouge en prétendant s’être lui-même blessé. Sarr sort trois minutes plus tard, sur une civière et sous les sifflets de Geoffroy Guichard. Quel public génial.

Heureusement il y a une justice, et elle est rendue par Benjamin Bourigeaud. Sur une relance à la main de Ruffier, l’ancien Lensois subtilise le ballon dans les pieds de Selnaes et déclenche immédiatement un lob imparable (0-1, 41’). Malheureusement quatre minutes plus tard on se rappelle que c’est le SRFC sur la pelouse : plutôt que de dégager sereinement une énième ouverture trop longue, Koubek dévisse et concède un corner évitable. Sa défense le sanctionne immediatement en le laissant se démerder pour défendre le coup de pied de coin. Le pauvre tchèque se fait donc allumer à bout portant par Gabriel Silva absolument seul aux 6 mètres (1-1, 45’).

C’est quasiment le même scénario qui se répète en deuxième mi-temps. Rennes joue mieux sans vraiment dominer, et fini par marquer un but improbable. Cette fois ci un pénalty concédé par KTC pour une faute sur Mubele, qui n’avait pourtant aucune chance de reprendre le centre de Bourigeaud. Le fourbe Briochin échappe de nouveau à l’expulsion. Whabi Kahzri transforme proprement (1-2, 53’). Rennes mène, donc Rennes recule. Koubek nous ressort une sortie mal maitrisé sur Diony, qui vaut cette fois ci pénalty. Bamba transforme (2-2, 70’).

Les deux équipes poussent maladroitement pendant 20 minutes, et n’obtiennent qu’un poteau chacune. Dans les arrêts de jeu, Gabriel Silva prend le rouge que Diousse et Théophile-Catherine auraient du prendre en première mi-temps.

 

Les gars :

Koubek (1/5) : Le coup de la panne après seulement deux rapports satisfaisant, c’est plutôt risqué quand ta nouvelle meuf à encore deux ex qui trainent dans les parages.

Traoré (3/5) : Les Stéphanois ont du le confondre avec Sarr, il a pris presque autant de coups. Bien appliqué défensivement, il faut encore qu’il développe sa relation offensive avec Bourigeaud.

Gnagnon (4/5) : Il aime les grosses ambiances et la violence, il a donc logiquement répondu présent. Moins 1 point pour les faute et les absences. CONCENTRE TOI JORIS.

Bensebaini (Philippe Mexes en équipe de France/5) : C’est un beau joueur de football, mais est-ce un bon défenseur ? Pour l’instant non.

Baal (3/5) : Un peu charette physiquement, à cause de la Gold Cup cet été parait-il. N’empèche que c’est encore à gauche que ça combine le mieux.

Prcic (3+/5) : Propre mais discret. Un + pour les transversales classieuses, de volée ou de l’exter.

André (3-/5) : Un match à l’image de son équipe, bien appliqué au pressing, bien paniqué à la construction. Un – pour le jaune stupide (69’).

Mubele (3/5) : Pas en réussite dans ses dribbles, il a le mérite de ne pas se décourager, d’obtenir un pénalty et de ne pas le tirer. Raisonnable.

Bourigeaud (5/5) : Une lourde, un coup franc, un lob, ça fait trois buts, tous de l’exterieur de la surface, meilleur total européen. MVP du moment.

Kahzri (4/5) : Encore dans le dur physiquement, il est tout de même précieux par sa capacité à garder le ballon entre les lignes, et accessoirement à transformer les pénos sans trembler.

Sarr (James Dean/5) : Run fast, die young.

Amalfitano (Morgan le grand frère/5) : Pourrait aporter son expérience à un groupe jeune, mais préfère s’embrouiller avec l’arbitre (contre Toulouse) ou commettre des fautes dangereuses et inutiles (59’).

Maouassa (3/5) : Va vite, centre bien même de son pied faible. Aurait sans doute mérité de rentrer à la place d’Amalfitano, mais ne lui en tient pas rigueur en lui offrant une balle de but. Magnanime.

La note de l’auteur

Salut c’est Joris Grognon, Rennais de Rennes. Je viendrais suppléer Marco Grossi quand il aura eu la flemme de se taper le match, autant vous dire que je me prépare une belle saison d’académies de purges. Entre-temps vous pouvez aussi me retrouver sur Twitter pour vous plaindre de la qualité des acads.

Joris Grognon

Joris Grognon

8 commentaires

  1. C’est très bien, jeune homme.
    Mais attention tout de même à ce que vous dites sur les Côtes d’Armor.

  2. Merci à tous.
    @rorog Khari vient peut-être chambrer suite aux sifflets du public sur la sortie de Sarr, pas bien malins non plus.
    @amaury Côtes d’Armor ? C’est quoi ? Je pensais avoir écrit Côtes du Nord.

    • @jorisgrognon Alors, je me trompe peut-être, mais je pense que vu du stade, on ne comprend pas pourquoi Sarr fait un triple axel sans que Janko le touche, et prenne un jaune pour ça (jaune qui a d’ailleurs été justement annulé). Dans le stade, il n’y a pas eu les 150 ralentis sur le geste dégueulasse de KTC, d’où la réaction. En général, le public stéphanois est plutôt bienveillant sur ce genre de trucs (sauf avec les Lyonnais bien sûr).

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