Nancy-Evian (1-0) et Tours-Nancy (2-5) : La Chardon à Cran Académie n’allait pas vous laisser comme ça.

En hommage à la Croix de Savoie Académie, cet article est entièrement rédigé en prose.

Salut les sacs à gnôle,

un diablotin méchant a profité d’un court moment de sobriété pour se glisser sur mon épaule et me souffler qu’il était temps de se remettre à écrire. Vous voulez un bilan ? Allez vous faire poncer les noix, je ne pratique pas ce rituel d’expert comptable. Je vous fais juste part vite fait de quelques considérations inactuelles.

Concernant le petit jeu de « Qui veut se faire reléguer chez nous ? » d’abord : quand je vous disais que c’était tragique, de gagner tout et tout le temps. Voilà que maintenant, Pascal Diot-Maid et Frank Ripoux vont devoir se trouver un nouveau club de cœur, tout con-damnés qu’ils sont à devoir supporter une équipe que Pascal Dupraz n’a pas pu sauver (mais Pablo, si).

Haut les cœurs, et haut les bites, la visite des braves enviés tous nus gaillards à Picot s’est soldée par une nouvelle victoire du onze du chardon. Relâché, on n’avait plus que le titre à jouer, mais c’était déjà quasiment acquis que le trophée allait plutôt finir place Stanislas qu’à l’Hôtel de Ville des ducs de Bourgogne.

En passant, petit comparatif : ça c’est le trophée que remporte l’équipe qui gagne la Ligue 1, championnat réputé le meilleur de France.

 

Ça c’est le trophée que remporte l’équipe qui gagne la Ligue 2, championnat réputé le truc dont personne n’a rien à branler, et qui coûte cher à la Ligue 1.

Il y aurait beaucoup à dire, mais dans toutes les horreurs que mon esprit a recensées, je n’ai conservé que ceci : quand ton trophée ressemble à l’Enterprise qui se serait fait caramboler par un ballon de plomb, tu ne pars pas comme une légende, tu pars comme un putain de Leonard Nîmois.

En ce qui concerne le match du titre, je me suis vite retrouvé incapable de coucher quoi que ce soit sur le papier à part du vomi, étant donné l’interdiction administrative de sobriété dont j’ai écopé durant cette fin de saison. Je n’ai même pas vu le but de Lusamba, même si j’ai bien aperçu des bouts de matchs entre deux bouteilles de pif. Alors pour ce qui est de donner des notes…Regardez plutôt des images commentées par Romain Grumaux, homme élu Meilleur remède contre l’insomnie après Le Grand Bleu et la lecture de Philippe Delerm. 5/5 pour tout le monde, ne m’embêtez plus avec ça.

Vous y remarquerez que les Évianniens n’ont pas été fort bien payés des rares occasions qu’ils ont eues, puisqu’ils ont touché deux fois nos poteaux ronds, que Jonathan Iglesias était sur le terrain pour son jubilé et qu’il a beaucoup couru, comme à son habitude, que Boris Yeltsin Tejeda n’attire pas pour rien les autres clubs réputés pour la finesse de leur recrutement (comme l’OM, simple exemple gratuit), que Cétout était moins nul que lors des matchs précédents, et surtout, qu’il n’y a pas besoin de mépriser les jeunes ou d’être raciste pour se rendre compte qu’Arnaud Lusamba est doué pour la danse. Ou qu’il a célébré son but de quatre manières différentes, toutes plus nazes les unes que les autres. Surtout la dernière. Bref, nos charmants Ripoux et Diot Maid peuvent désormais se tatouer « Chacun sa Croix de Savoie » sur la guiche, et nous accuser d’avoir notre part de responsabilité là-dedans. De toute façon tout le monde nous déteste sauf nous-mêmes (et encore), ou au mieux, nous méprise, alors un ou deux de plus… Une preuve ? Parmi les monceaux d’articles parus dans l’Équipe lors de cette fin de saison, pas un n’a parlé du sacre de Nancy. Un entrefilet a bien vaguement évoqué le sacre à Picot, pour vite consacrer trois paragraphes aux pauvres Sochaliens, aux valeureux Messins, aux incroyables Nîmois de leurs morts. Au reste, c’est mépris et compagnie, mais pas grave : on ne change pas ses habitudes ainsi.

 

Cordialement.

Si une âme contradictoire comme il y en a tant dans les commentaires m’envoie une preuve du contraire avec un vrai article consacré exclusivement à un « sacre à la loupe » ou autre angle débile, je le réceptionnerai volontiers, et n’offrirai rien au gentil communicant, moi qui n’ai déjà pas de quoi me procurer un carton neuf pour construire la véranda de mes rêves pour l’été.

Monsieur n’est pas en PLS, monsieur prend du repos dans sa maison de campagne.

Mais baste, la suite, la suite.

On s’en contrefout, mais apparemment nous étions sommés de jouer contre un faux club, pour un faux match comprenant de faux enjeux. Seuls les Messois et les Havrais, unis dans l’adversité et opposés dans leur complicité, devaient batailler par victimes expiatoires ou coriace adversaire interposés afin de garder espoir et félicité. D’aucuns en sont sortis sans gloire, mais honorés des oripeaux dégueulasses d’une promotion en Ligain offerte par une conjoncture extraordinairement favorable, d’autres en sont sortis auréolés du titre de loser magnifique au prix d’une victoire aussi somptueuse qu’inutile. Bravo au Havre pour son maintien spectaculaire en Ligue d’Eux-plus-jamais-de-nous.

Ceci a donné lieu à toutes sortes d’opérations d’augmentation mammaire de la part d’un charlat chirurgien bien connu de ce site, qui a cédé lui aussi à ce fantasme adolescent de gagner plein de fric en faisant de la chirurgie dite esthétique. Ah les complaisants bourgeois. Même le meilleur d’entre nous assermenté se plie à cet odieux diktat de la boobserie ambiante, lâcheté rédactionnelle supérieure qui ne vise qu’à attirer un lectorat toujours plus content de répondre « oui » à la question inaugurale du nouveau Horsjeu.net, du haut de ses 14 ans et demi. Ça doit être le printemps, dirions nous, mais figurez vous qu’en Lorraine, de printemps, il n’y a pas. Il n’y a que deux saisons : l’hiver, et la saison des pluies, qui dure environ 250 jours par an. Alors l’excuse des hormones…

Ceux qui me connaissent sont bien placés pour savoir que la beauté peut provenir du mal et du sordide, donc ne comptez pas sur moi pour placer des rondeurs affriolantes partout en guise de célébration. De toute façon, je n’aime plus les femmes. Point d’explication tarabiscotée à cela, c’est juste qu’à force de rester amoureux unilatéralement, j’en ai conçu la belle aigreur que vous lisez chaque semaine. Si vous voulez de la bonne chair, allez plutôt…partout ailleurs ; moi je n’ai qu’à vous offrir ce portrait encore un peu trop élogieux de mon âme :

Pendant que les internets s’apprêtaient donc à frémir de sinuosités vertigineuses, La Lorraine rouge et blanche marchait sur la campagne pour aller célébrer son titre dans une atmosphère apaisée de bord de Loire. C’est toujours ressourçant de pique-niquer des Touriens inoffensifs au point d’encaisser des buts de Jonathan Iglesias…Victoire 5-2 chez Marco en voiture Simone. Avec un feu d’artifice final comme ça, on se prend presque à rêver de réussites diverses en Ligain l’année prochaine. Mais plutôt que de nous emballer, profitons de cette dernière tribune de la saison, avant de nous retirer dans notre salle de shoot préférée, pour mettre en garde les trois clampins qui s’égarent parfois à lire ces lignes fielleuses.

Juste avant ces réjouissances, les images de t’habites à quelques kilomètres de Tours. 5/5 pour tout le monde encore, sauf pour Iglesias qui a mis un but magnifique mais ne doit pas, ne peut pas, ne mérite jamais de rester chez nous.

Ce n’est pas l’espoir qui nous habite. Ce n’est pas l’amour bigot d’un idéal caressé de loin avec le regard d’un cul-béni pour son chapelet. Ce n’est pas le futur qu’on veut imaginer nous ouvrir ses portes comme Valls écarte les fesses à la vue d’un chibre qui porte à droite. Tout ça, on s’en tamponne les bourses avec des portières de Batmobile. Ce qu’on veut, c’est du jeu, du présent bien synthétique, des gueulantes sauce Correa totalement disproportionnées, des tacles au genou, des drapeaux rouges et blancs qui t’arrivent dans la gueule et qui t’empêchent de voir le match, des sièges qui volent du kop Piantoni, des passes somptueuses de Benoît Pedretti le meilleur d’entre vous tous, le regard noir de Vincent Hognon sur le banc qui fait peur aux petits garçons, des buts magiques de Youssouf Hadji qui font se lever toute la Lorraine jusqu’aux confins de l’Alsace, ou même la nouvelle Austrasie réunifiée, soyons fous, ou complètement cons, ce qui n’est pas toujours aussi isolé qu’on le croit. Oui, on veut s’amuser en Meurthe-et-Moselle, autrement qu’en enculant nos mères ou en congelant nos enfants.

Alors avant de nous piétiner les gonades avec vos projets de transferts de merde, vos prédictions de défense trop basse ou de blessures sur terrain saint et éthique (il a bon dos le gazon en plastoc : on n’a quasiment pas eu de blessés à la maison cette saison), rendez-vous un peu devant un match dans votre stade local ou au moins devant votre télé, même si à mon avis on ne va pas y passer souvent. Venez donc juger sur pièce ce que vaut notre ASaNaL, et me faire des anulingus au passage, si vous poussez la folie jusqu’à monter en Lorraine. Venez voir que même dans un coin de purgatoire gris, triste, sombre, pluvieux et abandonné par tous, on peut trouver quelques rachitiques raisons de s’égayer un tantinet, pour peu qu’on ne s’aventure pas trop près de ceux qui parlent le platt.

Un dernier mot pour remercier la larme à l’œil celui dont le plus grand livre de football du monde feuilleté en loucedé dans une librairie il y a peu ne mentionne que trois fois le nom, dont une pour se moquer de lui (mais apparemment c’est bien quand même).

Il fait partie de ceux dont l’histoire ne retient que peu de choses, car l’histoire est de toute façon une discipline faite de « grands ». Grands hommes, grands événements, grandes décisions… chez Pablo, rien n’est grand, sauf peut-être la joie authentique qu’il fait naître chaque week-end dans le cœur pourtant bien cacochyme des Lorrains véritables, et encore, nombreux sont et seront les grincheux pour se plaindre, même en tribune. À ceux là, il pourra toujours répondre comme un autre Sud-Américain, que de toute façon, les honneurs, ça l’emmerde. Il aura ma bénédiction, mais n’échappera pas pour autant à l’hommage que du fond de ma modeste insignifiance et mon grandiose dédain, j’adresse à la face d’un monde de merde qui ne mérite de toute façon jamais un gars comme lui :

Je crois en Pablo Correa.

À la saison prochaine, tas de cons.

Marcel Picon.

Marcel Picon

Ras le cul de toutes ces conneries.

10 Comments

  1. Merci pour la dédicace et félifistations pour la montée.Et j’ai toujours défendu Pablo, mais il faut le dire, l’équipe et le budget qu’il avait en main n’était pas celle des saisons suivantes qu’avaient Dupraz.

  2. Tout le monde sait qu’on « s’amuse bien en Meurthe et Moselle », il y a même une chanson qui en parle (pendant 11min !), avec l’ensemble des rappeurs du 54, ainsi que leur (oui au singulier) groupie. Mais merci de le rappeler.

  3. J’ai pas trop dessoûlé non plus ces dernières semaines mon Marcel…

    Mais t’inquiète… Un jour viendra où tout le monde sera obligé de reconnaître ce que nous on sait depuis longtemps ! Pablo est le Diego Simeone de Nancy, et certains mécréants seront bien obligés de baisser les yeux devant sa lueur aveuglante d’ici peu, quitte à corriger certains passages de leur (fort beau livre au demeurant) pour une prochaine ré-édition…

    Pablo Santo subito, que viva Correa !!!

    PS : j’espère que du fond de ton carton tu as re-signé pour la prochaine saison…

  4. Le champion retourne en L2 direct derrière ou c’est jsute valable pour Troyes?
    C’est bien mais tu pense que Pablo va continuer à jouer ou revenir à ses bases qui ont fait son succès en L1?

    • Comment on peut savoir mon bon ? Si on arrive à garder quelques bons joueurs au lieu de les céder à des vampires les poches bourrées de dollars, on se maintiendra à l’aise. Dans le cas contraire, ça va être chaud. On a beaucoup de joueurs africains, et la CAN arrive cet hiver, aussi. ça peut nous mettre de sacrés bâtons de merde dans les roues.

      Pablo fera ce qu’il peut, car il agit toujours ainsi. Je crois en lui, je t’invite à en faire autant. Ou à t’en battre les couilles, ce qui est bien aussi.

      Je te laisse, je vais kötz : je viens de voir que Metz était en bonne voie pour signer Tejeda. L’expression « monde de merde » vient de prendre une nouvelle dimension.

  5. Mes respects, mon cher Marcel. Vous me rappelez d’ailleurs qu’on a oublié de faire des académies cette fin de saison. On a abusé de la perception des matchs au travers de notre prisme du 93, on ne sait plus trop qu’en dire.
    Pablo nique Dupraz.

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