Nancy – Toulouse (1-3) : La Chardon à Cran Académie apathique.

Tout change en dix ans. Enfin, pas tout, mais beaucoup de choses.
Comme ces deux clubs, Nancy et Toulouse, quatrième de L1 en 2008 pour le premier, quatrième de L1 en 2009 pour le second. Une petite dizaine d’années entre ces classements et l’affiche de ce soir, un mardi soir à 19h, en pleine soirée Ligue des champions.

On a que ce qu’on mérite dans le football, et si l’on est descendu si bas, c’est que nos choix, notamment depuis 2016, sont déplorables, pire : désastreux.

On passera les erreurs de casting à chaque mercato, on passera les erreurs médiatiques de Rousselot qui font peser sur nous une image ridicule dans le paysage footballistique français, on passera sur les changements d’entraineurs répétés (six en quatre ans)…
On aimerait passer plein de choses, mais dans le football comme ailleurs pour analyser une situation, il faut partir des causes, structurelles et conjoncturelles.

Rousselot veut vendre à des investisseurs, on le sait. À force de le crier sur tous les toits, la valeur marchande du club baisse comme un chibre en pleine panne qui débande avant l’acte.
Le club est en déséquilibre total, de la direction au terrain, avec pas moins de quinze joueurs en fin de contrat à la fin de la saison (soit plus de 50% de l’effectif), et un entraineur qui ne devrait, selon toute vraisemblance, pas finir l’année.
On ajoute à ce marasme un covid qui oblige le huis clos, la baisse des recettes globales, et on a une belle recette de tout ce qui peut arriver de pire à un club de foot, et à ses supporters.

Vous me rétorquerez : « Mais qu’est ce qu’il nous raconte cet imbécile, on n’en a rien à foutre, on veut un résumé détaillé de ce Nancy-Toulouse, on veut savoir pourquoi et comment l’ASNL a ouvert le score puis a encaissé trois buts, on veut comprendre pourquoi Valette a encore foiré sa sortie et provoqué un pénalty… »
Je ne sais pas si j’en ai la force… je vais le faire pour vous, mais ce sera court (comme le zgeg mou qui débande, vous suivez ?)


Le Match :

Un début de match assez sympathique pour les conditions (1 degré, huis-clos, mardi 19h), avec quelques passes qui arrivent dans les pieds… c’est même l’ASaNaL qui ouvre le score après un bel enchainement de Bertrand, Biron, notre meilleur buteur (quatre buts en douze matchs), place une belle frappe des vingt mètres dans le petit filet toulousain.
On se dit « chouette bordel, on mène au score, on va enfin se sortir de toute cette merde, à nous la montée et la LDC dans trois ans ! ». Non, personne ne se dit ça.
On se demande plutôt dans combien de temps on se fera égaliser.
C’est chose faite en revenant de la mi-temps avec deux buts coup sur coup des Toulousains, bien aidés par nos défenseurs (pourtant cinq) et notre gardien (pourtant nul).
Le reste n’est qu’approximations, absence de jeu, absence de football, absence de vie.
On en prendra un dernier magnifique à la 93e, histoire que ces images fassent le tour de la toile, histoire de montrer à la face du monde toute notre détresse et notre impuissance devant notre écran (malgré notre abonnement en tribunes).


Les Notes :

Valette : 0/5
Tu l’as pas volé mon con. Comme toutes les semaines tu décides à un moment de sortir n’importe comment. Cette fois c’était dans les jambes de l’attaquant adverse, pénalty logiquement concédé et trois buts dans la musette. Sur le banc. Vite.

Karamoko : 1/5
Le niveau technique d’un assistant d’éducation en surpoids. C’est gratuit. Soutien à nos camarades grévistes, néanmoins.

Coulibaly : 1/5
Nos Coulibaly se ressemblent à Nancy. Pratique, ça nous permet de ne pas nous épuiser psychologiquement. Les réflexes pavloviens liés à leur note sont toujours là.

Seka-El Kaoutari : 1/5
Une paire qui fonctionne. Mal, mais qui fonctionne. Et qui a le mérite de toujours s’aligner sur le niveau de l’autre partie du binôme. En l’occurrence un très faible niveau.

Latouchent : 1/5
Latouchent mal. Latouchent pas. La touche F enfoncée qu’il faut changer. Latouchent dégage du onze.

Rocha : 1/5 :
Moins technique que Bassi mais plus intelligent que ce dernier. Cette somme se rapprochant du néant footballistique, nous avons une confirmation de la véracité des mathématiques.

Akichi : 1/5
Toujours anonyme, toujours gourmand. Un peu comme la cuisine carolomacérienne.

Bertrand : 2/5
Il a des jambes, le Dorian. Il a aussi de la technique. Malheureusement avec un nom pareil et entourés de pinpins comme ce soir, il ne peut pas tout faire. Une passe décisive, tout de même.

Philippe : 1/5
Nul. Renvoyez le à Dijon en échange d’un carton de rouge. On se saoulera et on l’oubliera par la même occasion.

Biron : 3/5
Petit air frais vosgien. Ne se pose pas de question quand il est aux vingt mètres, et ça paye. Quatre buts depuis le début de saison pour le jeune attaquant venu du SAS Epinal.


Note Artistique de l’équipe : 1/5

Tout est à jeter. Tout doit disparaître. On fait table rase du passé et on recommence tout, par les fondations. La vente du club devrait, hypothétiquement, pouvoir se faire dans les mois à venir (on prend toutes les pincettes du fil à linge car on a un passif avec ce genre de déclarations), il est donc temps de repartir sur de bonnes bases avant que la faillite ou la descente du club dans les bas-fonds des divisions non professionnelles ne nous y oblige.

En attendant, on regarde encore notre club, comme des pigeons devant une boulangerie, à guetter les moindres miettes de beau jeu qui n’arrive jamais.
Tant de naïveté de notre part. Enfin, de la naïveté contrôlée tout de même car nul ne saurait avoir un soupçon d’espoir avec cet effectif, cet entraîneur, ces dirigeants.
De la naïveté qui ne s’apparente plus à une quelconque émotion tant ces têtes ne s’identifient plus à ce club ni à ses supporters.
Lorsque l’émotion n’est plus, on est proche de la fin. Et à la fin de ce match, perdu honteusement, une fois de plus, il n’y avait rien, ni de haine, ni de colère, juste rien.
On vous le dit, on est proche de la fin car, désormais, l’émotion a disparu.

Roger Piantoni Vairelles

3 commentaires

  1. Mais non Roger, vous avez encore un espoir. Et cet espoir sortant de la nuit tel un Phoenix se nomme : Marcel Picon.

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