La Lens Académie fait sa rentrée, sans prévenir.

- Lens -
Non, tu ne l’attendais plus, tu ne l’espérais plus, tu avais même jusqu’à oublié son existence.

Mais renaissante de ses cendres, tel un Ikki s’inquiétant un peu pour son frère tendance LGBTQIAAP²?/?25, la Lens Académie ne meurt jamais vraiment. Elle n’en fait pas une ramée, ça non. Mais il y a toujours ce petit coeur sang et or qui bat. En attendant des jours meilleurs. Des jours où tu ne joues pas dans le même championnat que Béziers, Orléans ou Niort. Ou mieux, que tu connais au moins de nom l’une des recrues estivales du club.

Et tel un insupportable fan bourré d’Edouard Baer, je suis sûr que vous avez envie de dire « pourquoi? ».
Pourquoi cette volonté de maintenir en vie une Lens Académie dont chacun sait que je vais la lâcher au bout de 3 matches? Si ce n’est rendre hommage à Michael Schumacher ou à Vincent Lambert? Ou à Valéry Giscard d’Estaing, Régine, les frères Bogdanoff, Arielle Dombasle? … Ou Jacques Attali, Superbus, Larusso et tous ces gens dont tu ne t’étonneras pas de la mort cet été tant ils sont « sur la fin »?

Pour ceux qui ne savent pas, cet homme est Ikki, cet homme ne sait pas mourir, lui non plus.

J’aurais pu te faire un laïus larmoyant sur cette passion indéfectible qui m’habite chaque soir de match et même chaque après-midi précédant ledit match. Sur cette joie quotidienne de partager entre fans les exploits de nos valeureux racingmen. Mais comme on sort 14e du dernier championnat, qu’on végète en L2 depuis quasi 10 ans, je sais que même avec la meilleure volonté du monde, tu n’y croirais pas. Pourtant, je te dois la vérité. Crue, franche, limpide.

Très simplement, j’ai vécu ma première Coupe du monde en tant que papa. « Il ne voit pas le rapport » dirait Martoni, mais tel est le cas. Luissettinho a 7 ans et s’est intéressé à ça de près pour la première fois. Moi qui n’avais pas trop suivi les phases de poule me suis retrouvé à mettre du maquillage à un gosse qui avait appris par coeur le nom des joueurs de l’EDF. Il connaissait même, grâce à Panini et Carrefour, les mecs dans les albums qui n’ont  pas joué cette CdM. Il sait donc que Dimitri Payet, Laywin Kurzawa et Adrien Rabiot ont joué de méchatte (je l’ai formulé autrement). Et que Varane a x sélections et sera Ballon d’Or. Il n’a par ailleurs parlé que de seconde étoile pendant 1 mois.

Et autant je ne suis pas fan du foot à la TV (rappel : j’aime Lens, pas le foot), autant j’ai complètement basculé dans le supporteurisme le plus basique après mon premier match père-fils. Un France – Argentine de foufou. Pour la première fois depuis… 20 ans, j’ai vécu le foot avec ses yeux d’enfant, ceux de l’innocent qui ne voit même pas que ces salopes d’Argentins se roulent par terre pour pourrir ce putain de match. D’enfant fin content de voir Griezmann marquer, d’enfant blasé de l’égalisation, d’enfant triste aux larmes sur le 1-2.
A ce moment là, j’ai dû redevenir papa, expliquer que la victoire, c’est encore mieux quand c’est compliqué. Et qu’il faut y croire. La suite fut celle que vous avez vécu. Minasse de Pavard qui nous arrache un hurlement, doublé de MBappé qui nous fait sauter partout. Et puis le stress, le bon stress, celui où tu sors gargarisé, plus heureux qu’avant le foot. Celui où tu pourrais même aller draguer Scarlett Johannson en étant certain qu’il y a moy. Tellement t’as pris la confiance.

Quel rapport avec Lens, me dirait le lecteur qui aurait fait l’effort d’arriver jusque cette ligne?
Aucun. Si ce n’est qu’il est temps pour lui d’aller au stade, et de voir ce que c’est en vrai. Si la France a gagné un supporter pour la vie, il faudra un bien meilleur Lens cette année pour que la mayonnaise ne prenne du côté du fiston. Et pourtant, ce sera cette année ou jamais. Après il commencera à s’intéresser aux clubs de ses potes (Je vis à Lille pour rappel, c’est donc soit ces connards, soit le PSG ou l’OM) et il sera trop tard.

Oui, on croise des gosses avec ça dans les rues de Lille. Et on ne peut souhaiter ça à personne.

Alors, histoire de me préparer à lui narrer les exploits de Jean-Kévin Duverne et de Kévin Fortuné, j’ai dû retrouver un peu de l’intérêt d’un gamin pour son club. Ceux qui suivent le club connaissent le mercato, on ne va pas faire 4 pages là-dessus. On a viré des pas-bons, on a recruté des pas-connus, les deux derniers dinosaures Sikora – Martel ne sont plus là, on a changé d’équipementier, on a même rendu la tribune Marek debout et recruté une community manager qui sait se servir de Twitter (mais moins bien que Claude Pèze tout de même). Des attentes, du changement bienvenu et évidemment, énormément d’attente.

Ainsi, c’est parti sur une première victoire à l’extérieur à Orléans et on a déjà plus de points au 1er aôut qu’au 1er septembre 2017. Mieux, on n’est pas encore éliminé des coupes. Le duo Roy – Montanier fait sur le papier quand même beaucoup moins Jo le Rigolo et son âne que les Blanchard-Casanova-Siko des dernières années et l’état d’esprit vu contre Orléans est prometteur.

On est donc parti sur une saison à jouer la montée (remarque péremptoire, mais chacun sait qu’on ne peut que jouer la montée), à se rappeler à chaque 0-0 tout pourri contre le Paris FC qu’on est Lens, et que chaque match qui nous permettra de faire une bonne opération au classement sera une gageure. Si c’est le cas, on s’amusera en tribune et on vibrera. Parce qu’on ne va pas se mentir : sur une année de Coupe du monde victorieuse, de canicule et de recrutement pas trop stupide, ça va s’enflammer sévèrement dans l’Artois.

Et devine qui est notre équipementier qui disrupte?

Alors, cette année, Luissettinho va connaître Bollaert, les grecs, les tendus d’écharpe et les challenges de la mi-temps autour d’une frite vinaigre. Et avec un peu de chance, je me reprendrai au jeu. Au pire il apprendra l’humilité, au mieux il poussera ses premiers cris au stade sur un but de Jean-Ricner Bellegarde. Et ses cris là, tu les oublies jamais.

A très vite. Pour parler d’un match de Lens donc. (faut pas déconner, va bien falloir 2 académies pour retrouver l’envie de te parler d’Orléans ou du Red Star).

Bécots,
Luissette, @R_Direktor

Luissette

Chômeur, pédophile, consanguin, mais aussi alcoolique et drogué. Il n’est exclu que j’ai, un soir d’ivresse, fait des cochonneries avec ta maman et ta sœur. Ou les miennes, je ne sais plus. Un seul credo : « Ma main dans la gueule, ma bite sur ton front »

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