La Lens Académie pleure le Druide

Leclercq
Daniel Leclercq nous a quittés,  laissant le RC Lens orphelin de l’un de ses symboles. Et c’est une bien triste nouvelle.

Je ne me serais pas imaginé être aussi triste après avoir appris la nouvelle. Et pourtant, la tristesse est immense.

Daniel Leclercq, le Druide, c’est tellement de souvenirs, sans doute mes meilleurs souvenirs du RC Lens. Les titres bien sûr, l’entraîneur qui nous a fait rêver, celui qui nous a fait comprendre que c’était possible. Mais aussi le bonhomme, entier, brut, intense, et fier. Et qu’est ce qu’il nous a rendu fiers…

Il a fait gagner Lens, il est le seul à l’avoir fait.

Le Grand

Joueur, Daniel Leclercq, c’est neuf saisons au club, de 74 à 83. Le leader de la première grande équipe du club. Celle battue en finale de coupe de France en 75 et vice championne en 77. Arrivé en tant que milieu gauche, Leclerc descendra rapidement d’un cran pour diriger la manœuvre depuis la défense centrale.

Et si l’idée a pu sans doute faire tiquer du monde, Leclercq n’étant pas un sprinteur, pas une armoire et encore moins un défenseur de métier, il a rapidement mis tout le monde d’accord. Il l’a fait en redonnant vie au poste de libéro dans le foot tricolore. En décrochant et distribuant de la transversale par paquet de 10, mais surtout en cassant des lignes balle au pied.

Druide
Lens-Lazio 77.

Lens à cette époque, était déjà Lens. Capable d’exploits Majuscules, comme ce soir de novembre 77 où la Lazio fut hâchée menue dans un Bollaert en fusion, mais souvent sans lendemain (Lens est sorti au tour suivant par Magdebourg…), sans aller au bout. A une époque où le football ne se vivait pas à la télé, l’essentiel était ailleurs. Défendre fièrement le blason d’une région d’ouvriers, de mineurs, de petites-gens pour qui la défaite est excusable si tant est qu’on ait tout donné sur le terrain. De ses places d’honneur qui rendaient déjà le peuple Sang et Or fous de fierté, il en tirera les enseignements qu’il appliquera une fois entraîneur : les meilleurs s’appliquent une exigence de tous les instants.

Et si le Grand, élu par FF meilleur joueur de D1 devant Platini en 77, était le leader de ce Lens des Krawczyk, Flak ou Sénac, le Racing n’était pas le lieu pour mettre au diapason de l’exigence Six, Xuereb ou Bousdira.

Druide
Le Grand était grand.


L’entraîneur

En 95, Bergues et Tournay se voient proposer par Lamarche d’intégrer Leclercq au staff. Il coache la DH, puis les Espoirs et emmène la bande d’Oruma en finale d’une Gambardella perdue contre Cannes.

Deux ans plus tard, l’intermède Muslin tourne au vinaigre. Martel appelle un ancien du club, Roger Lemerre, alors entraîneur de l’EDF militaire, qui accepte un CDD pour sauver le navire. Roger nomme Leclercq adjoint et lui laisse les commandes une fois le Racing sorti d’affaire.

Il dirigera Lens 2 saisons durant. Sur 68 matches de L1, le bilan est plus que propre. 35 victoires, seulement 12 nuls pour 1 titre de champion de France puis une 6e place.

C’est en coupe que son esprit commando prend tout son sens. Là encore, à Lens, personne n’a fait mieux : 4 compétitions, 19 matches, pour 3 défaites. Une finale de coupe de France, une 1/2 finale puis un titre en coupe (pas encore) Moustache.

Enfin il nous a menés à notre première participation en Ligue des Champions. Lens sort en poule, battu par le Kiev des Shevchenko-Rebrov lors du match 6, mais a ouvert le palmarès du foot français à Wembley, en y faisant tomber Arsenal. Druidique le bonhomme.

Druide
A jamais le premier.


Le Druide

Mais Daniel Leclercq, c’est plus que ça. Quand Martel explique que Leclercq, c’est l’école du RC Lens, il a totalement raison. Les trophées de Leclercq ont durablement ancré l’idée que Lens ne peut grandir qu’en réussissant à accueillir et former les meilleurs jeunes de la région. Les succès des Wallemme, Sikora ou Lachor seront déterminants dans la création de La Gaillette, le centre de formation du club.

Il a aussi inspiré la première identité de jeu du Racing. Celle des dix belles années qui suivirent. Une défense à 4, un milieu très physique et une recherche rapide de la verticalité. Car, étonnamment, l’homme adore les joueurs capables de transversales millimétrées et de latéraux qui n’ont pas peur de monter… C’est ainsi que Foé a ouvert la voie aux Diop, Keita, Nyarko, Diarra et que le Racing s’est constamment attaché à trouver un ersatz de Déhu au milieu. De Blanchard… à Varane.

Aurait-il pu y avoir plus belle conclusion à son œuvre que ce but de Lachor à Auxerre? Une ouverture de 50m, un latéral formé au club qui se retrouve titulaire pour le match le plus important de l’histoire du club? Non.

Non, vraiment, ça n’aurait pas pu finir mieux.

Enfin, si l’aura de Leclercq n’est pas prête de s’éteindre, c’est que celle-ci dépasse très largement le cadre du Racing. S’il est très respecté chez nos voisins Valenciennois, où il a terminé sa carrière de joueur et qu’il a sorti de l’oubli du National au début des années 2000, il est une figure emblématique du football régional. Leclercq, c’est le Nord.

Il était Le Druide parce qu’on lui reconnaissait naturellement les qualités qu’un nordiste aime voir chez l’autre. Tenace, fier, persévérant, dur au mal, grande gueule, bienveillant, exigeant, intransigeant, son football transpirait nos valeurs, transpirait ce Nord qu’il adorait. Et qui est désormais bien seul sans lui.

Druide
Pour toi, public lensois.

@R_Direktor

R_Direktor, dit Luissette

Chômeur, pédophile, consanguin, mais aussi alcoolique et drogué. Il n’est exclu que j’ai, un soir d’ivresse, fait des cochonneries avec ta maman et ta sœur. Ou les miennes, je ne sais plus. Un seul credo : « Ma main dans la gueule, ma bite sur ton front »

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