Lorient – Brest (1-1) : La Penn ar bed academie n’est pas allée à Lorient et elle vous explique pourquoi

Avant-match

Le titre aurait tout aussi bien pu être « la Penn Ar Bed académie retrouve ses codes comme JHE » tant l’absence a été longue. Presque une saison entière d’écoulée sans vous narrer les exploits d’un Stade Brestois 2018-2019 bien parti pour jouer la montée directe en Ligue 1 jusqu’au bout, sauf scénario improbable (en grand adepte des scénarios improbables, la méfiance est quand même de mise).

Pourquoi donc revenir pour/sur ce Lorient – Brest et pas un autre match, me direz-vous ? Tout d’abord parce que c’est un derby entre deux équipes très bien classées (respectivement troisième et deuxième) ; ensuite parce que c’est l’occasion de revenir sur le match aller, qui était sans doute le plus beau match de l’histoire récente du Stade Brestois en Ligue 2 (oui, oui) ; enfin parce qu’on emmerde le préfet du Morbihan.

Sur le premier point, Brest se rendait donc chez son voisin lorientais qui, avant le match, pointait à 5 petits points de son rival régional. L’occasion de revenir à deux points pour Lorient, donc (5 – 3 = 2, c’est pour moi, ne me remerciez pas).

Sur le deuxième point, il faut sans doute laisser parler les images et je vous remets donc ici l’action du 3-2 pour Brest lors du match aller entre ces deux équipes : initiée par Belkebla, magnifiée par Charbonnier et conclue par Belaud.

La vache, j’ai chaud

Outre cette action d’anthologie, l’impact mis par les deux équipes, le niveau de jeu ainsi que l’ambiance font de ce Brest Lorient mon plus gros plaisir footballistique de ces dernières années à Le Blé. Rien que ça.

Sur le troisième point, je vais malheureusement devoir me transformer en Pierre B. pendant quelques lignes (droite) : la préfecture du Morbihan a, dans un premier temps, cru bon de proposer aux supporters brestois un déplacement en terre lorientaise particulièrement encadré, qui supposait entre autres un départ de Brest puis un retour à la case départ, au mépris des expatriés (dont je fais partie) et dans des conditions ne permettant guère de profiter de ce qui fait le charme d’un déplacement, à savoir découvrir une ville (et ses rades, principalement ses rades). Ceux-ci ont logiquement refusé, ce qui a conduit à la publication la veille du match d’un arrêté ministériel – on a pas les honneurs de Chrichri nous ? – interdisant un déplacement pour lequel, à l’origine, je souhaitais rentrer en Bretagne. Mon cas individuel n’a ici que peu d’intérêt, il sert juste à illustrer la bêtise de ces interdictions, comme l’ont d’ailleurs prouvé les ultras en se rendant tout de même à Lorient sans qu’il n’y ait d’heurts à déplorer, sans parler des nombreux brestois qui étaient quand même au Moustoir, disséminés au milieu des supporters lorientais. Ce qui, pour le coup, engendre des tensions que l’ouverture d’un parcage aux visiteurs ne pourrait engendrer. CQFD.

Oui #oui


Le match

La composition de Jean-Marc Furlan, dont l’avenir à Brest semble, malgré les résultats, de plus en plus incertain, est classique du point de vue de l’organisation (4 – 2 – 3 – 1). Tout juste peut-on signaler la présence de Chardonnet à la place de Castelletto, suspendu, en défense centrale, celle de Henry à la place de Belaud sur le côté droit de la défense et une association Autret – Battocchio – Court pour épauler Charbonnier.

N’ayant pas fait le déplacement escompté, je me suis rabattu sur un bar du 13ème arrondissement de Paris (le Lions, pour les connaisseurs) qui, je le pensais, diffusait le match. Quelle ne fut pas ma surprise de voir que tous les écrans étaient mobilisés pour un vulgaire Italie France des Six Nations. Il m’a donc fallu attendre la fin de cette purge innommable pour que le barman mette enfin ce choc de la 29ème journée de Ligue 2, sous le regard amusé du public de l’ovalie.

Vingt minutes étaient déjà passées, semble-t-il sans qu’il n’y ait eu grand-chose à signaler des deux côtés. On peut même étendre ce constat à l’ensemble de cette première période qui a vu les deux équipes se neutraliser, sûrement du fait de l’enjeu. Tout juste peut-on signaler, juste avant la mi-temps, une action lorientaise mais le contrôle de Pierre-Yves Hamel, lancé dans le dos de la défense brestoise, est bien trop foireux pour espérer quoi que ce soit. Mi-temps sur le score de 0-0, donc.

La seconde période reprend sur de bien meilleures bases, et c’est encore Hamel qui se montre dangereux pour Lorient avant qu’un exploit individuel de Claude-Maurice, bien aidé par la passivité de Henry et Diallo, ne leur permette d’ouvrir le score (1-0, 55ème). Un but qui ressemble à s’en méprendre à celui de Bouanga lors du dernier derby au Moustoir, qui s’était soldé par une défaite 4-2. L’occasion de rappeler que Brest n’y a plus gagné depuis… 1973. #OptaSucrier

Ce but oblige les Brestois à réagir et surtout à sortir de leur camp, ce qu’ils font immédiatement. Bien lancé, Autret déborde et centre pour Court, dont la frappe est repoussée par Meslier. L’égalisation ne tarde pas et intervient à la suite d’un long dégagement de Larsonneur pour Autret, qui centre encore une fois pour Court et dont la tête trompe cette fois-ci Meslier (1-1, 69ème). Celui-ci s’en va chambrer les Merlus Ultras, pour notre plus grand plaisir.

La fin de match est rythmée et relativement équilibrée, mais ce sont les Lorientais qui ont l’occasion de l’emporter sur une reprise de la salo… de Fabien Lemoine sauvée sur sa ligne par Weber.

Emoji seringue

1-1, score final, un résultat excellent pour un match qui n’aura pas atteint les sommets du match aller, à tous les niveaux.

Les notes

Larsonneur (3/5) : c’est sa dernière sortie, sur l’occasion lorientaise de Lemoine et qui peut coûter très cher, qui lui vaut cette note. Pas réellement inquiété en dehors du but et est directement à l’origine de l’égalisation.

Henry (3/5) : un tacle salvateur sur Claude-Maurice dans la surface qui lui vaut un point bonus. Pour le reste, a été complètement dépassé sur le but concédé.

Chardonnet (3/5) : si mes souvenirs sont bons c’est dans son dos que part Hamel juste avant la mi-temps. Un match costaud en dehors de ça.

Weber (4/5) : un sauvetage qui vaut un but (et qui a été célébré comme un but).

Bernard (3/5) : pas grand-chose à signaler, un match bernardesque en définitive.

Diallo (2/5) : c’est peut-être un peu dur, il faudrait revoir le match pour mieux juger de l’ensemble de sa performance, mais il est tout aussi passif que Henry sur le but, ce qui lui vaut cette note.

Belkebla (4/5) : un tacle absolument monstrueux pour casser une contre-attaque lorientaise en fin de match, à l’image de ce que fait tous les week-ends le meilleur joueur brestois de la saison avec Charbonnier. #HarisFC

Battocchio (2/5) : choisi pour jouer derrière l’attaquant par Furlan, il semble avoir souffert, en grande partie physiquement (il est de retour de blessure, rappelons-le).

Autret (4/5) : malgré un poste sur un côté qui n’est pas le poste qui le rend le plus flamboyant, il aura été, comme souvent cette saison, décisif. Qui plus est contre son ancien club.

Court (4/5) : le Brestois le plus dangereux, tout simplement. Sa célébration est un petit bonbon.

Charbonnier (2/5) : assez invisible, mais c’est davantage la physionomie du match qui ne lui a pas permis d’exprimer ses qualités.

Richard Sucrier

Plus cocaïné que Patrick Bateman et Frédéric Beigbeder réunis

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