NANCY-LE MANS (2-1) : LA CHARDON A CRAN ACADEMIE REVIENT DE LOIN

Toujours invaincue en L2 après trois nuls en autant de matchs, Nancy roule sur la deuxième division française. Emmenée par son entraineur José Pep Louis Garcia, l’ASaNaL semble armée pour faire plier toutes les équipes de L2, les unes après les autres.

L’euphorie éthylique passée, on se met en place en tribunes, au chaud cette fois, pour affronter Le Mans, club que nous n’avions pas rencontré depuis 2011 … époque où Bakaye Traoré n’avait pas encore enflammé San Siro, époque où Vahirua pagayait régulièrement, époque où Julien Féret était déjà le meilleur n°10 français. Mais ce temps est révolu …

La Compo :

Le bon Mura blessé, Seka la brute prend son poste et c’est El Kaoutari le truand qui prend la place du capitaine en latéral gauche. Au milieu, avec les blessures de Marchetti et de Akichi, Jean Lou Garcia nous prépare une belle double lame Nguiamba-Nguessan (spoiler alert : aucun des deux ne prendra de jaune, contrairement à moi plus tard dans la soirée) qui ne rassure ni les supporters ni les mollets des sarthois.
Le reste c’est désormais du classique, deux ailiers Bertrand et Cissohko, un 10 brésilien virevoltant et Dona N’Doh qui fera ce qu’il sait faire de mieux, emmerder les centraux adverses.

Le Match :

Comme depuis le début de saison, le jeu est au rendez-vous (quel plaisir d’écrire ça). Dès le début du match, ça joue, ça essaye, et ça se met en danger, aussi. A deux doigts d’en prendre un, c’est le futur ballon d’or Vagner qui ouvre le score d’un sublime coup-franc de 30m et excentré (1-0). Encore une fois décisif, ce joueur prêté par le Saint Etienne de @Rorogromerdier est une réelle pépite qui fait encore lever les 10 000 supporters de Nancy. Les dix courageux manceaux venus bâcher font la gueule.

Hormis ce but, pas grand-chose à se mettre sous la dent, si ce n’est l’arbitre qui interrompt très rapidement (beaucoup plus rapidement que n’ont écrit les journalistes et autres qui n’avaient rien vu du match), quelques secondes le match pour chants homophobes. Une première en France, vous n’aurez pas échappé à cela j’en suis sur. Je laisserai mon camarade Marcel Picon vous parler de cette histoire. Il le fera bien j’en suis certain.
Nancy a du mal, Le Mans garde la balle et Bassi se prend un petit scud entre les deux yeux avec une banderole sympathique pour avoir dévoilé publiquement son intérêt de rejoindre le FC Metz. Intérêt unilatéral puisque les allemands n’en veulent absolument pas. Une belle saison à la cave, ça lui remettra les idées en place.

En 2e mi-temps, il se passe beaucoup plus de choses en très peu de temps … Un premier carton rouge à la 52e pour Valette notre gardien qui a cru bon d’aller cueillir les champignons à 25m de ses buts en percutant un manceau. Cinq minutes plus tard (57e chiffre maudit), Le Mans égalise sur pénalty suite à une main d’El Kaoutari (1-1). Cinq minutes plus tard, c’est Seka qui prend rouge en jouant des épaules. Quand tu fais 120 kilos et que tu joues des épaules c’est parfois dangereux. Nancy se retrouve à 9vs11 pendant encore trente minutes, sans avantage au score. Ça s’annonce dur.
Les changements sont défensifs, Nancy recule encore, l’arbitre cartonne à tout va devant un public qui le condamnerait à mort s’il le pouvait, mais Nancy tient. Et à la 93e, suite à un énième raid dans le camp nancéien, un contre éclair surprend l’ancien MUC 72 et grâce à un Vagner impeccable de sang froid, Karamoko se fait arracher dans la surface adverse (en vrai, c’est devant moi, y a pas grand-chose) et l’arbitre, pour rentrer chez lui sans risque, siffle le pénalty. 93e à 9vs11, Vagner prend ses responsabilités et tire, c’est au fond, l’arbitre siffle, rideau.

Les Notes :

Valette : 0/5 : Ça commence à faire pour l’ancien nîmois. Pas irréprochable sur les trois premiers matchs. Rouge maintenant. Pas impossible que Sourzac son remplaçant en profite.

Karamoko : 4/5 : Toujours là, même à la 93e à neuf pour maintenir le score et même pour aller tomber dans la surface adverse et choper un péno.

Seka : 1/5 : Un rouge à la 60e c’est quand même pas malin pour un central. Surtout pour geste d’humeur. Un petit tour sur le terrain et puis s’en va pour le grand Ernest.

Libohy : 3/5 : Rassurant comme depuis le début de la saison. Garcia compte beaucoup sur lui, Garcia a raison.

El Kaoutari : 3/5 : Dans l’axe ou à gauche, le marocain rend service et bien. Homme fort de notre défense.

Nguiamba et Nguessan : 3/5 : Ont passé leur temps à courir. Partout. Toujours. Sans prendre de jaune. Sans toucher le ballon.

Bertrand : 3/5 : Toujours les mêmes régalades techniques. Toujours pas décisif. Allez bébér, contre Sochaux ce sera la bonne.

Cissohko : 2/5 : Pas le bon soir pour Cissohko, qui a eu du mal à se régler.

Ndoh : 2/5 : Remplacé à la 55e après le rouge de Valette. N’a pas fait grand-chose avant. Compliqué ce début de saison pour l’ami Dona.

Vagner : 5/5 : Un coup franc magnifique. Un péno à la 93e dont il est le principal responsable. Un match énorme. Goat comme on dit en Amérique.

Note Artistique de l’équipe : 4/5 :

De grosses difficultés dans le jeu, sans doute fatigués du début de saison, de la coupe et des gros efforts fournis dernièrement et des trente dernières minutes jouées à 9 contre 11. Et pourtant l’ASaNaL gagne et reste invaincue. Trois nuls, une victoire en quatre matchs, et quelle victoire … Arrachée à la dernière seconde. Arrachée au mental. On passera sur le cliché mais c’est ce genre de match qui peut faire basculer une saison. Imaginez l’inverse. Ce match, perdu à la dernière seconde. Trois nuls et une défaite. Une 16e place et un mental en berne. On serait bien dans la merde.
A la place, on gagne à l’arrachée, on reste invaincu et Vagner renforce encore sa cote de popularité. Tout va bien dans le meilleur des mondes. En tout cas, des tribunes et sans parler de l’histoire d’homophobie, le match était vraiment plaisant à suivre, et l’ambiance qui régnait à Picot, notamment à la fin du match était une ambiance qu’on n’avait pas connue depuis quelques temps. Et ce genre de choses, même contre Le Mans, en L2, un soir d’août ça permet d’ouvrir le tiroir à souvenirs enfoui dans un coin de ma tête. Et tout supporter qui se respecte sait que le foot sert à ça. A se charger en souvenirs et à provoquer de l’émotion. Au stade le plus souvent.

Roger Piantoni Vairelles

3 commentaires

  1. Sacré coup franc du compositeur Capverdien! il devrait finir par rester par chez vous, depuis le temps, ça m’étonnerait que Sainté envisage de le conserver.

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