Nancy-Reste du Monde : La Chardon à Cran Académie vous parle de la série de défaites.

Et des quelques écarts que cela fait commettre à son auteur.

Je m’étais pourtant promis de ne pas faire de cette académie une tribune, à un moment. Je ne sais plus lequel, je devais être sobre.

Mais ça fait trop mal, putain, ça me ronge, me hante, cela putréfie de l’intérieur la petite portion encore vaguement pure de l’âme qui me restait, ou du moins la partie que le diable et la drogue salissante n’avaient pas encore grignotée (car oui, l’âme est divisible, tout comme le caca, sachez le). Je souffre, j’ai mal, à tel point que je ne sais pas précisément quelle est la nature de l’acide que je pleure tous les matins, quand mon corps me commande méchamment de me réveiller alors que j’avais prié pour ne plus jamais ouvrir les yeux après cette nuit horrible qui se profilait à l’horizon.

Même une visite en Lorraine ne pourra plus ravitailler ma grisaille intérieure de sa lumière anthracite. Un cœur qui ne bat plus que pour expulser le seul souffle de vie qui restait en circulation dans son système sanguin pourri, que devient-il ? Il ne mérite pas mieux que le titre archi-usurpé de « anti-système », comme tous ces peigne-culs se l’appropriant sans se rendre compte qu’une fois ventricules et oreillettes dévidées de leur contenu, le grand vide exsangue ne demande qu’à se remplir à nouveau, l’avide salopard, et sa nature poreuse même suffit à aspirer en son sein toute cette merde pitoyable. Mais je n’en veux plus, moi. Je veux que ces petites traînées d’oreillettes se taisent et se complaisent dans leur surdité magnifique à la recherche de la fine brise de printemps qui agite tendrement le brin de gazon synthétique. Je veux qu’à nouveau des crampons aiguisés comme des poignardes fendent ma chair et déchirent mes tendons, que la souffrance de la torture réduise mes os en poudre et donne à mon âme pourtant solidement trempée de ciment armé des Lorrains malheureux et fidèles à leur détresse le pouvoir de crier une dernière fois « assez », et qu’on me laisse là une fois l’ultime bouffée d’oxygène passée, dans le caniveau dont je n’aurais jamais dû sortir.

Lorsque scarifications, folie et masturbation ne suffisent plus à se sortir cette période sinistre de la tête, que faire ? Retourner le flingue contre ma casquette à poils et me l’extirper par le feu du plomb ?

Dans mon malheur, j’ai fauté gravement. J’ai commis l’irréparable en m’inscrivant sur Twitter, ce qui n’aurait jamais du arriver. Peut-être que j’entretenais le fol espoir de sensibiliser certaines âmes faibles à mon amour inconditionnel de l’ASaNaL. Je m’étais promis de ne parler que de football et de Nancy, par exemple. Nulle démence ne saurait être plus vite diagnostiquée chez un sujet autrefois sain. J’ai vu que certains rigolaient avec des sujets périphériques. J’ai aperçu quelques camarades horsjeuïens poster des choses, fort rigolotes au demeurant, sur divers sujets comme la politique, l’actualité, les formes généreuses de représentantes du sexe féminin soucieuses de correspondre à l’idéal crétin du mâle, et bien d’autres choses moins avouables comme du handball, ou encore des enfants dont ils sont l’instigateur. J’ai moi-même bien vite cédé à ces pratiques fort dispendieuses en temps et bien moins rentables que de se ronger les ongles. Au point bien sûr de parler dans le vide des mêmes choses que tout le monde. Au point aussi de commencer à suivre n’importe qui, comme par exemple le conseiller municipal de l’opposition de mon patelin, Denis Balbir ou encore Pierre Ménès. Et Footmercato. Et dans un monde parfait, tout aurait dû concorder à me faire ignorer superbement ces athlètes de la connerie footballistique. Sauf que quand l’un s’est mis à parler à l’autre, et alors que rien n’exigeait de choisir son camp, j’ai craqué. J’ai pris la défense du site d’ordinaire honni contre le golem dégonflé, en rappelant même pas méchamment ce dernier à sa propre bêtise. Ménès venait de publier un article dans lequel il concluait « On va me dire que je retourne ma veste. Je répondrai que c’est Emery qui m’a pris sur ses genoux (il peut aujourd’hui) et me l’a retournée lui-même. » Une phrase qui a même été recensée dans l’indispensable Comité. Sans vergogne, Footmercato titrait dans les minutes suivantes « Pierre Ménès assume son retournement de veste sur Emery ». La joute entre les deux ténors de la bouillie analytique pouvait commencer par le truchement du bleu volatile, et l’individu contre le consortium de signifier que non, ce n’était pas en son nom qu’il affirmait « retourner sa veste », que l’expression lui était d’ailleurs désagréable. Chose que Footmercato n’avait pas comprise, et qu’ils répétaient tels des idiots psittacistes dénués du fameux Second Degré indispensable pour saisir la substantifique moelle du flaccide aboyeur.

Mais ton rôle n’est pas celui d’un ironiste, ni ton envergure celle d’un disputateur de haute volée, mon cher. Et qu’il fut bon de te signifier que ce qui valait pour du « second degré » (arme absolue des espiègles qui n’assument pas leurs dires a posteriori) n’était en fait que de la prétérition, soit l’arme rhétorique du professeur des écoles qui parvient à peine à clouer le bec de ses CE2 en leur assénant, un doigt menaçant levé bien haut : « NE ME FAITES PAS DIRE CE QUE JE N’AI PAS DIT ! ».

« Mais il l’avait dit, il l’avait même écrit… ! » pleurait Picon dans son coin, tandis que son équipe d’amour restait à 18 buts inscrits en 20 matchs joués, et se penchait dangereusement au-dessus de l’abîme à nom de pizza dégueu. Bref. J’ai cédé à cette tentation trop savoureuse de rentrer dans le lard de celui qui n’en a plus, mais rarement occasion moins glorieuse fut donnée à un pourfendeur de la connerie, que celle qui m’a finalement vu prendre la défense de Footmercato.net ce jour-là.

Et ce frisson de honte suicidaire qui me parcourt encore l’échine ne veut pas partir, il s’est mué en une nageoire caudale indéfectible que je suis contraint de dissimuler sous mes frusques sans quoi le bourgeois raciste et craintif me jetterait briques et tessons à la figure, des pommes pourries, des souliers d’enfant ! Déjà qu’avant, bon, c’était pas la joie niveau apparence (et ne croyez pas Luke Seafer, j’étais au top du style pour les Van Nobel, j’ai même lavé ma chemise)…je suis en train de devenir un putain de silure tout juste bon à manger de la vase.

Visez un peu :

 

Lyon Nancy : 4-0. Le soir des Van Nobel, pour se mettre en bonne condition, on assiste à un magnifique multiplex jalonné de ces tututututut insupportables ponctuant sans vergogne chaque pion inscrit par les séides de l’hydre à deux anus dont une morale naïve et provinciale réprouve d’écrire le nom.

Voulez-vous des notes ? Reportez vous au score de Nancy, appliquez une multiplication par celui de l’adversaire du jour, saupoudrez sur tous les noms de joueurs nancéiens que vous trouvez.

Puis ça :

 

Nancy Montpellier : 0-3. Quelques jours plus tard, même pas fatigués, à domicile et face à une équipe reprise en urgence par un mec dont Laurent Blanc avait à peine la confiance. De ce match, nous n’avons rien vu. Rien. Et comme à Hiroshima, on a tout vu, tout.

Notez tout ce que vous voulez, en divisant cette fois le score de Nancy par la racine de celui de l’adversaire, ou lisez plutôt ce qu’en pensait Marcelin Albert, vous perdrez moins de temps.

Et enfin, Angers. Je n’ai pas les images. Mais vous n’en avez pas besoin, tas de petits obsédés scopiques, pour savoir que l’on a perdu, perdu, perdu pour la troisième fois, comme de foutus Américains au Vietnam, comme des amoncellements de cellules à peine humains au génome plus proche de la matière fécale que du grand singe, comme la lumière contre la nuit, on ne fait que PERDRE, on ne sait que PERDRE.

Pour les notes, recette : buvez six litres de café, mangez libanais, accompagnez le tout d’une bouteille de rhum. Interdit de vomir, car c’est ce qui sort par en bas qu’il faudra analyser. Hahaha même ces putain de jeux de mot freudo-débiles ne m’amusent plus.

Si la vie a un envers, c’est l’ASNL. Si elle n’en a pas, c’est que l’ASNL doit se nier pour le devenir. On pue le devenir-mort, c’est tout simplement prodigieux. En un hiver, une des plus belle série de ligain est devenue la fosse commune des nobles intentions de début de saison. Et quoi, vous croyez que je vais poireauter le printemps en pleurant avant de me relancer dans des académies ? C’est possible. J’en sais rien. Niquez vous. Peut-être à demain.

Marcel Picon.

Marcel Picon

Ras le cul de toutes ces conneries.

4 commentaires

  1. Plus qu’un débat Proutmercato / Ménès sur Twitter, c’est d’avoir cédé aux sirènes médiatiques qui te vaut cette diarrhée scorale. Oui, te prélasser en direct sur un canapé pour participer aux Van Nobel, voilà bien un acte misérable qui appelait une sanction footballistique à la hauteur. Pablo Correa t’a puni. Cela fait sens. Et je le sais, je crois en Pablo Correa.

  2. C’est dans la douleur que vous êtes le plus beau, Marcel. Même si le fait de vous mettre à côté de Luke sur un canapé peut également jouer en votre faveur sur le plan esthétique.

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