Nîmes-Lyon (2-5) : La Crocro Académie règle ses comptes

Salut les pitres,

On ne va pas se mentir, c’est la tristesse qui domine ce matin. Tristesse pour tous ceux qui se prennent cette relégation en travers de la gueule même si on la sentait venir sans trop vouloir s’y résoudre. Tristesse pour Renaud Ripart, notre capitaine irréprochable dont les yeux rougis et l’air hagard dans le rond central hanteront nos nuits pendant longtemps. Tristesse à la pensée de l’immense et incompréhensible gâchis qu’a été cette foutue saison. On y a cru, ou au moins on a fait semblant d’y croire, jusqu’au bout, en espérant des exploits improbables et des revers chez nos concurrents directs. La vérité est que cette descente s’est jouée il y a déjà longtemps, et qu’un énième renversement de fin de saison aurait été certes jouissif, mais finalement presque immérité au vu de la taille des bâtons qu’a donné le club pour se faire battre.  

Reprenons… Fin de la phase aller de la saison. Le NO est dernier de Ligue 1, avec un bilan famélique, une équipe en dépression. Les seules éclaircies auront été les victoires à la Mosson et au Vélodrome (on ne crache évidemment pas dessus, mais il faut rappeler quand même qu’on gagne à Montpellier avec un seul tir cadré et à Marseille face à une équipe qui n’en avait rien à branler). Lorsque Pascal Plancque récupère les clefs du camion, après l’éviction d’Arpinon, il récupère surtout une équipe en ruines. Il n’a pas tout bien fait, on a connu avec lui un terrible passage à vide avec la série des matchs qu’on aurait dû gagner en mars-avril (Strasbourg chez nous à 11 contre 10, Lens ENCORE à 11 contre 10, le match nul contre Reims…). Mais le simple fait d’avoir pu finalement croire un maintien possible en étant parti de si bas est en soi un miracle, et il faut lui faire crédit de ça. Au-delà du bilan comptable, les seuls matchs vraiment aboutis de notre saison sont à mettre à son actif, avec notamment plusieurs joueurs complètement relancés, Koné et Fomba étant les plus évidents. Le coach évacué, remontons la chaîne des responsabilités, voulez-vous.


À tout seigneur tout honneur, commençons par toi, camarade Rani Assaf. Pour ceux et celles qui ne connaîtraient pas ta gueule patibulaire ni ton pedigree, rappelons que tu es d’abord arrivé comme actionnaire minoritaire à la glorieuse époque Jean-Marc Conrad, avant de sauver le club en 2014. Et ça, contrairement à ce que tu te plais à répéter dès que tu daignes parler dans les médias, personne ne l’a oublié à Nîmes. Tu jouissais même, jusqu’à il y a peu, d’une bonne côte auprès d’une majorité confortable et silencieuse de supporters. Tu as préféré, par opportunisme ou par entêtement personnel, t’inventer une sorte d’aura de paria, d’incompris, de mec-qui-dérange-mais-qui-s’en-bat-la-race (ce faisant, cher Rani, tu collais ainsi parfaitement à la figure-type du Nîmois grande-gueule et casse-couilles que tu sembles détester tout particulièrement), en promettant que les anciens du club, les supporters, le microcosme nîmois, la Mairie, Simon Casas et Julien Doré t’en voulaient à mort, alors que toi tu n’étais qu’un honnête businessman qui avait sauvé le club, n’est-ce pas.

Alors regardons-y un peu, va. À l’heure de faire le bilan de la façon la plus objective possible, je dirai juste quelques évidences en me basant lâchement sur ma propre expérience, que j’ai la faiblesse de croire partagée par d’autres. C’est vrai, je ne t’ai jamais particulièrement porté dans mon cœur. D’abord parce que tu as toujours fait le maximum pour te rendre détestable, à coups de déclarations à l’emporte-pièce, de silence quasi autistique confinant au mépris, d’attitude de matamore vis-à-vis des groupes de supporters même si certains méritent aussi qu’on leur chie à la gueule, on y reviendra. Que tu le veuilles ou non, tu es l’un des principaux responsables de cette descente, même si tu as habilement tenté de te prémunir des critiques, par la voix du camarade Jean-Jacques Bourdin notamment (cf. infra), pour rappeler à plusieurs reprises que Nîmes avait l’un des plus petits budgets de Ligue 1, que qu’est-ce que voulez ma bonne dame, c’est pas nous qu’on va pouvoir se payer Neymar, hein, nous sommes un modeste club sudiste condamné à refiler des caisses de pinard à la mi-temps, les paillettes c’est pas pour nous. Mais tu oublies que ce n’est pas le budget modeste qui est responsable de la saignée de l’été 2019 et du recrutement de joueurs franchement décevants, pour rester poli (Sarr, Stojanovski, Duljevic, pour la première fournée, puis Burner et Aribi ensuite) ; que ce n’est pas le budget qui est responsable de la démission d’un directeur sportif en plein mercato avec un psychodrame publiquement étalé dans la presse, ni de ton  manque de présence au quotidien (doux euphémisme, d’après les échos en provenance de la Bastide), de ta communication désastreuse  et de ton mépris susmentionnés. Tu te plais à répéter que tu t’en tapes, que tu gères le club comme tu veux puisque c’est toi qui balance l’oseille, et que d’ailleurs à l’étranger on ne voit jamais les présidents dans les médias. Pourquoi pas, mais dans ce cas-là va jusqu’au bout de ta logique, et clarifie un peu l’organigramme de ce putain de club ! Nomme un véritable DS avec de la gouaille, qui puisse parler à la presse à ta place. Reda Hammache est à l’évidence un type sérieux et un bon recruteur, qui bénéficie d’une grosse cote chez les supporters, mais qui n’est visiblement pas fait pour les relations publiques. Or, on le sait depuis des lustres, le vrai manque se situe à ce niveau. Il nous faut quelqu’un capable d’endosser l’habit de représentant du club, auprès des médias mais également en interne. Parce que raconter qu’en Allemagne ou en Angleterre, personne parmi le public ne connaît le nom des présidents des clubs c’est bien joli, mais encore faudrait-il que dans ton propre club on ne te prenne pas pour Fantomas. Par ton manque d’implication dans la gestion quotidienne du club, c’est toi qui auras permis de couvrir des agissements lunaires, de la part notamment d’un entraîneur inexpérimenté et aux méthodes totalement inadaptées, dont le licenciement trop tardif pèse dans la balance de la relégation. Alors oui, aujourd’hui et surtout après tes sorties aussi terribles que stupides sur l’inutilité d’un centre de formation, et malgré tous les bienfaits (réels) que tu auras apporté, j’ai envie de te dire d’aller mais alors bien te faire mettre.

Pour autant et en dépit de tes multiples responsabilités dans cet échec, les « supporters » qui aujourd’hui paradent en clamant qu’ils avaient vu venir tout cela depuis 2015 n’ont guère de crédibilité, pas plus que ceux qui ressentent cet échec comme une revanche personnelle du fait de leurs inimitiés avec toi : ex-bénévoles désintéressés privés de leurs invitations jadis généreusement distribuées, proches d’ex-employés du club, ou tout simplement gros débiles bas du front en chemise Souleïado ouverte sur les poils du torse qui dépassent et qui n’ont jamais pu piffrer tout ce qui était plus ou moins « Arabe ». Vous tous, supporters de la « grande époque » de Jean Bouin, vous tous vieux reboussiers plus prompts à vous mettre en avant qu’à vous déplacer pour soutenir nos joueurs et qui pour certains fantasment sur une époque qu’ils n’ont même pas connue, vous ne vous rendez même pas compte de l’immensité de votre bêtise. « Je vous l’avais bien dit moi qu’Assaf c’était rien qu’un mercenaire qui veut notre bon argent de bons Nîmois pur jus » !!! Ben voyons, et tu avais aussi imaginé la montée et la saison 2019, génie ? Et ce tas de pitres, pour ceux du moins qui ont su appréhender la technologie, se répand sur les réseaux sociaux pour réclamer à qui mieux mieux le remboursement de leurs abonnements sous prétexte qu’ils auraient été trompés sur les résultats sportifs ou qu’ils ne veulent pas remplir les poches du président qu’ils abhorrent. Tas de cons, ce fric va dans les comptes du club, pas dans la poche d’Assaf !


Nous avons également la chance d’avoir un invité surprise dans cette acad’, qui est d’ailleurs également la surprise dans l’organigramme du club, j’ai nommé bien sûr notre grand et fier Jean-Jacques Bourdin national !

Cher JJ, toi, mais alors toi, déjà que je n’avais jamais aimé ta gueule de faux dur des plateaux, cet espèce d’emblème que tu étais devenu pour ces journalistes dont la seule conviction est de montrer qu’on est capable de devenir un acteur minable du spectacle global, il a fallu qu’en plus tu deviennes une espèce de clown inexistant, le « président d’honneur »  du NO… Président d’honneur ? Président, ça voudrait dire que tu sers à quelque chose, or, à ma (modeste) connaissance, tu sers à peu près à autant de choses qu’un trou du cul sur le coude, comme dirait l’autre. Ah si, attends, il paraît que tu es pote avec Jean-Michel Aulas (et ça, déjà, ça prouve ta haute valeur humaine) et que c’est grâce à toi qu’on avait eu les Lyonnais en prêt. Tu te rappelles, Jordan Ferri ? Celui qui est parti à la Paillade entre temps ? Bon, on va pas te blâmer pour ça, allez. Mais donc c’est ça ton rôle ? D’ailleurs, tu fais tout ça pour la beauté du sport visiblement. C’est sans doute pour ça que tu te contentes d’une apparition et demie par an, parce qu’il faut pas trop déconner quand même, tu as un vrai métier à côté. Alors comme ta parole est rare, tu te contentes de faire le ventriloque du président, le vrai. Tu répètes la bonne parole, tu sors quelques banalités (aaah mais la mentalité nîmoise ! aaaah mais l’ambiance des Costières ! et la Feria, vous connaissez la Feria ? Super sympa, la Feria de Nîmes !). Pas président donc, et pour ce qui est de l’honneur, sans doute était-ce une référence à la tribune où tu daignes, de temps à autre, poser ton cul.  

Son cul, je ne sais pas vraiment où le caporal Jérôme Arpinon est allé le poser, mais l’important étant que ce soit loin, très loin du club. Ce club qu’il a plus ou moins considéré comme sa chose pendant des années, en faisant la pluie et le beau temps, distribuant les bons points et les coups de pression plus ou moins imagés, contre les joueurs dont les agents ne lui revenaient pas, contre les journalistes qui avaient le tort de ne pas lui tenir la main voire autre chose. La victoire dans le derby aller lui a donné une sorte de totem d’immunité, et il l’a utilisé jusqu’au bout… On peut avoir une forme d’attachement pour le personnage, pour sa tronche, sa gouaille et son authentique amour du club. Mais cet esprit nîmois est devenu au fil du temps un effet pervers. Il ne suffit pas d’être du cru pour être compétent, ni pour parvenir à insuffler une dynamique. Par ses choix, par sa rhétorique survalorisant « l’engagement », « l’agressivité » ou « l’envie », Arpinon a su incarner à merveille la caricature et la frilosité du coaching à la Française. Comme s’il suffisait, pour se maintenir et produire du jeu, d’un peu de sueur et d’une grosse paire de couilles.  À l’hiver 2020, alors que le NO était déjà un peu au fond du trou, le gros Jé avait fait une sortie dont il a le secret suite à une défaite à Marseille, en substance « Tout le monde dit qu’on est au fond du trou mais ils oublient qu’on a connu pire », en ressortant encore une fois la saison à -8 points pour étayer son propos. Personne n’a oublié cette saison fondatrice de l’ère Blaquart, mais pourquoi rejouer sans cesse le couplet victimaire, sur l’air du « impossible n’est pas Nîmois » ? Pourquoi ne pas surfer sur la vague positive crée par la superbe saison 2019 qui fit suite à notre remontée en L1 et arrêter de jouer les victimes d’entrée de jeu ?

La transition entre le football et le monde du spectacle est toute trouvée pour évoquer nos amis de la presse. Il n’est aucunement question de rejeter sur eux la responsabilité des errances en matière de gestion ainsi que des résultats sportifs, mais qui ont fait preuve, pour un média en particulier (indice : il n’y a pas si longtemps, son activité de production de contenu consistait à faire des copiés-collés d’articles de l’AFP auxquels était rajoutée la signature d’un étrange dénommé Mike), d’une mansuétude assez incroyable vis-à-vis de notre ancien entraîneur. Oui, notre ami le susmentionné caporal Jé, recalé du banc de touche après avoir été recalé pour le rôle du sergent instructeur Hartmann dans Full Metal Jacket. Alors que le club végétait dans les profondeurs du classement et qu’il apparaissait évident à tout le monde que le coach était à court d’idées, de solutions, qu’il flinguait le mental des joueurs (trois avant-centres différents par match, par exemple) et que son discours ne passait plus, notre mystérieux Mike se fendait d’un billet totalement lunaire dans lequel le caporal était présenté comme « le dernier résistant » (après tout, pourquoi pas, on verra bien s’il sera sera inhumé au Mont Valérien), avec notamment ce passage mythique :

Quel culot incroyable d’écrire cela alors que des articles datant de l’été et publiés sur ce même média faisaient état du fait que tous les recrutements étaient validés par l’entraîneur et que certaines recrues avaient même été obtenues grâce à ses propres réseaux ! Et quel culot également de s’en prendre à des supporters qui dénonçaient l’escroquerie, en les désignant implicitement comme responsables de la mauvaise ambiance au club. Mais les faits ne trompent pas et la différence de points acquis sous l’ère Plancque par rapport à l’ère Arpinon, avec le même effectif, remettent ce genre de prose à sa place, à savoir celle qu’on est censé laisser dans le même état qu’on l’a trouvée en entrant. Et puis évoquons aussi les lives vidéos dans lequel tout un aréopage de demeurés, de traîtres et d’ex-joueurs ratés bons qu’à quémander des invitations – mais en Ligue 1 hein, pas en Ligue 2 ou en National – raconte n’importe quoi, sans que jamais il ne leur soit demandé des comptes. Comme dans cet épisode hallucinant où le fils de l’ancien président Gazeau réécrit totalement l’histoire à sa sauce devant deux journalistes impassibles, ou bien cette autre vidéo live au cours de laquelle l’adjoint du maire délégué aux sports et accessoirement ancien directeur sportif (merci gros pour le mercato de l’été 2019), tutoie le journaliste et l’invite tranquilou au resto. Même pas besoin de faire semblant, ce petit monde se connaît et vit dans l’entre-soi. Comment dès lors espérer, ou ne serait-ce que caresser l’espoir, d’un traitement objectif de l’actualité du club ? Et quelles valeurs, quelle déontologie ressortent de cela ? Tout ça pour éructer ensuite « les faits, les faits, les faits » sur Twitter en saupoudrant le tout de leçons journalistiques dégoulinantes de condescendance…   Serait-ce trop demander aux médias que de leur dire d’essayer de traiter l’actualité de notre club de façon objective ? D’arrêter de sucer des chibres dans l’espoir de quémander une nouvelle ? L’absence d’analyse tactique, la flagornerie, l’inconséquence, tout y est passé cette année. Le tout saupoudré d’une petite couche de merde avec les sous-entendus récurrents provenant d’observateurs plus ou moins marseillais ou montpelliérains, laissant fuiter des rumeurs de vestiaires jamais totalement claires, sur le mode « ah si vous saviez ce qu’il se passe à Nîmes ». En fait, ce serait peut-être votre taff que de nous l’expliquer, figurez-vous.

Ce tableau réjouissant ne serait évidemment pas complet si on oubliait nos joueurs ! Je n’ai pas envie de passer en revue tout l’effectif et de donner des bons ou des mauvais points, peut-être pour l’acad’ suivante (car oui, il nous reste un match pour du beurre à Rennes #hâte). Disons simplement qu’à côté des tauliers (Briançon, même blessé, Reynet irréprochable, et bien sûr notre bien aimé Renaud Ripart), on peut tout de même citer un certain nombre de boulets dont l’attitude et/ou la nullité auront fortement pesé : Sidy Sarr et sa combativité, Nolan Roux et son efficacité devant le but, Karim Aribi et sa conduite de balle, Patrick Burner et son sens du placement, Haris Duljevic et son instinct de buteur… Tous ces mecs dont l’existence doit nous rappeler, dans une forme d’aveu d’humilité, qu’on descend aussi parce qu’on a joué comme des chèvres toute la saison.  

Allez va, on range le venin pour quelques heures. Allez tous vous faire enculer, et surtout allez Nîmes.

Karoud Fider & Stan Carwash  

Karoud Fider

4 commentaires

  1. Cette descente ne me réjouis pas, j’aurais aimé travailler sur un GIF avec des ordures d’où-vous-savez balancées au rebus… Enfin bon, je continuerai à vous lire même en ligue du pneu, dans l’optique d’un retour en ligain (et pourquoi pas en attendant un mâche de CDF où vous feriez un hold-up chez vos voisins honnis).
    LBA
    (PS : Vous m’en voyez navré, mais je me permets de décliner votre proposition d’aller subir un rapport anal)

    • Merci de tes commentaires, ça fait plaisir malgré ta frilosité anale bien regrettable. Allez, on va continuer malgré tout, et puis la L2 c’est le vrai foot populaire, c’est bieng

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