Pau-Nancy (1-1) : La Chardon à Cran Académie ne croit pas à l’orgueil.

C’est parfois blessé dans son orgueil que le sous-homme, celui qui n’est rien, celui qui hante les gares et les aéroports désertés en temps de pandémie, ravalé au rang d’Amish prétendument arriéré ou de séparatiste sur la base d’une relation sociale que l’oppresseur n’est simplement pas en capacité intellectuelle de comprendre -et il s’en tape, soyons clair-, c’est parfois contraint par une force extérieure trop indicible, trop injuste et trop malodorante, un peu comme un Garde des Sceaux, c’est parfois sous la contrainte d’une nécessité que seule la métaphysique parvient à définir comme l’essence parfaitement pure de la bêtise que l’homme moyen, le sous-homme, l’Untermensch, l’homme sans qualités, Marcel Proust, appelez ça comme vous voulez, se hisse à la hauteur (celle d’où vient l’adjectif « hautain », porteuse de toute la vanité) de son dominant, à une altitude atteinte le temps seulement de sortir sa petite zigounette qui pue d’un trop long séjour dans le slip et de se soulager sur les pompes de l’ordure qui lui fait face, les yeux dans les yeux et un sourire narquois derrière le masque. Ainsi le compteur est remis à zéro, un partout, balle au centre.


Sourzac 2/5
Tandis que certains font illusion quant à leur talent pour occuper un poste ingrat, exigeant et par trop spécifique en affichant une confiance inébranlable, en sortant un arrêt de temps en temps ou en se laissant affubler du patronyme rocambolesque e Guy-Roland, lui ne cache pas qu’il était simplement trop grassouillet pour atteindre la barre avant les autres au moment de se choisir un poste.

Karamoko 2/5
On a tendance à ignorer ces braves rouages d’une équipe inconsistante jusqu’à ce qu’ils sortent du triste ordinaire en se singularisant par une volée monumentale qui obtient le prix du but de la saison ou bien par une tendance à aller au combat tête en avant face à des vissés de 15 sans même fermer les yeux. Précédemment on ignorait qu’il soit autre chose qu’un nom balancé sur la feuille de match pour éviter de perdre sur tapis vert, et même si on ignore encore jusqu’à son prénom, son but contre son camp nous a permis de me repérer, ça y est, cet animal.

El Kaoutari 2/5
Désormais chef de la grande cause de la défense, il ne l’a pas joué Moudjahidin non plus en chargeant seul à cheval toute une division blindée soviétique. Son truc à lui c’est pas la témérité, c’est plutôt la taiseuse observance de la catastrophe à venir, et tant pis s’il fait sauter le pont qui laisse passer le convoi ennemi un peu trop tard. Bon, là t’as fait sauter nos troupes, Abdelhamid…

Coulibaly 2/5
Juger, c’est mal. Noter, c’est juger. Noter c’est mal. Ça tombe bien, on aime se faire mal. On n’a pas dit mal faire, juste s’attacher les couilles à un poteau solidement ancré dans le sol et lâcher des guêpes tueuses carnivores difficiles à battre au sprint.

Fischer 1/5
On ne fera pas de blague sur le nom de ce jeune homme pistonné à mort à base de bière alsacienne dégueulasse, on préférera parler de son football qui…ah non, excusez nous, le seul bilan que l’on puisse tirer de son match est qu’il est un gros pistonné qui a un goût dégueulasse.

Akichi 1/5
Une demi-heure, c’était presque trop pour le grand corps d’Edmond. Plutôt que de risquer l’abimer encore un peu plus à force de courir et de se heurter à ces jeunes godelureaux occupés à lui piailler autour, il a préféré jeter toute sa masse dans une dernière course grandisose, de celles qui finissent dans une apothéose de tendons sectionnés à vif, de fémorale ouverte déversant de gros bouillons rouges, de poudre d’os en suspension dans la haute atmosphère.

Haag 2/5
Le molosse à peau douce de notre milieu erre sans précepteur digne de ce nom dans notre double pivot, et quand bien même un grand tas de viande soûle l’abandonne (ou qu’on lui met un sac d’os nommé Lefebvre en remplacement), il se démène avec vigueur et vaillance pour tenter de colmater les brèches. C’est qu’il n’a pas vraiment envie d’assister à des duels impliquant El-Kaoutari, comme nous tous.

Bassi 3/5
Cela nous arrache le slip et son contenu d’un seul geste de le reconnaître, mais le bougre a enfin pondu un bon match. Était-ce parce qu’il voulait soigner sa sortie en vue de dernier jour du mecracrato ? On n’ose le penser. Ou alors si on se permet d’y songer, on aimerait que l’appât du gain lui secoue ses grandes dents un peu plus régulièrement. Donnez la prime, président.

Biron 3/5
Le génie spinalien dans toute son expression la plus fondamentale : entre Durkheim, Mauss et lui, on n’ose désigner celui qui éclaire notre vie de plus de sapience, de félicité et de contradiction.

Bertrand NN
Sacrifié sur l’autel de la bêtise d’Akichi, il a toutefois serré la main du coach en sortant, comme satisfait du travail bien fait. Sans se douter que le staff n’avait hésité qu’une demi-seconde pour choisir qui sortir. Il est brave.

Philippe 1/5
Arrive de Dijon, arbore un catogan huileux, rate une tête à deux mètres du but déserté par le gardien adverse, ne fait rien d’autre, cède sa place à Barka qui marque le but égalisateur sur une passe de Triboulet, et de tout ça vous voulez qu’on retire de la suavité et du miel sur le gland. Connards.


Note artistique de l’équipe : 2/5

Malmenée par des tocards célestes coachés par l’inénarrable Dider Tholot, l’AS Nancy-Lorraine a encore puisé très profondément dans les réserves insondables de sa propre nullité pour sortir une demi-heure de basse volée avec pour point culminant l’expulsion logique d’un Akichi rarement aussi bête que quand il se meut à l’horizontale.

Mais de cet acte fondateur à l’envers est venu une étrange mobilisation donnant il est vrai lieu à de grandes sessions guignolesques à l’image de cette phase de jeu dans la surface adverse à côté de laquelle la construction d’une horloge initiée par des militants de la manif pour tous sous captagon aurait parue presque poétique.

Alors un petit match bien nullard comme le point qu’on ramène d’un stade qui a dû découvrir qu’on pouvait jouer avec un ballon sphérique il y a moins de 5 ans. Je ne dis pas ça pour vous rendre triste, juste parce que c’est vrai. Et la vérité est bien pire que nos perceptions délurées des événements.

Marcel Picon

Ras le cul de toutes ces conneries.

4 commentaires

  1. Votre compo a un côté « carnets de campagne ». Je ne saurais dire pourquoi.

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