PSG-Lille (3-1) : L’argent ne fait pas le bonheur de l’Unlimited académie

Avant-match :

La semaine qui a précédé le match étaient fabuleuse. Pour la première fois de la saison, nous avions joué deux matchs corrects de suite, et gagné contre une équipe du haut de tableau, qui joue bien, compte en son sein des joueurs de talent, et nous faisait franchement peur. Nous avions aussi gagné contre Toulouse. On était lancés à 200km/h sur l’autoroute du beau jeu, et l’objectif de top 5 annoncé en début de saison semblait finalement atteignable.

Comme dans un rêve, nous abordions ce match avec la confiance du supporter qui a déjà oublié que son équipe aurait perdu contre une équipe de bambous un peu trop durs sur l’homme deux semaines plus tôt. Le temps de l’absolution était là. Le projet LOSC Unlimited commençait vraiment. Tout cet argent dépensé n’était pas vain. En face, le PSG n’était pas dans la forme de sa vie, et leurs trois meilleurs joueurs, Neymar, Thiago Silva et Ballo-Touré étaient absents pour ce match. Cette spirale négative de notre adversaire nous a rendus nostalgiques de cette époque PASSÉE et RÉVOLUE où le LOSC pouvait perdre un match. C’était le bon temps. On allait les faire souffrir.

La formation lilloise utilisée dix jours plus tôt, ouvertement inspirée par la ligne Maginot, n’aurait peut-être pas stoppé le Bayern, mais elle a amplement suffi contre Lyon. Notre quatuor d’entraîneurs ressort donc cette même formation, avec Pepe titulaire pour remplacer numériquement Ballo-Touré, ce qui ne manquera pas de faire plaisir à tous ceux qui ont déjà vu le bon Fodé jouer. Le football ressort victorieux de cette composition.


Pour accompagner l’entrée des joueurs, des dizaines de milliers de personnes pleurent en entendant un des nombreux tubes de Johnny la légende. Il y a au moins un des deux clubs qui respecte les anciens ici.

Déroulé :

Notre plan de jeu en début de match est assez limpide : tous les joueurs se calquent sur le style d’un bon Amadou ou d’un Alonso, à savoir que les entraînements de la semaine ont très certainement eu lieu dans une arène de Wrestlemania. Des entraînements qui ont payé d’ailleurs puisqu’on fait ça si bien qu’on ne prend pas de carton et qu’on arrive à peu près à les contenir. De l’autre côté du terrain, on tente bien de placer un ou deux contres assassins, mais on ne désapprend pas quatre mois de « méthode Bielsa » comme ça. Toutes nos situations intéressantes sont gâchées par une excessive envie de construire, de prendre son temps. En temps normal, ça ne me dérangerait pas forcément, mais on joue le PSG ce soir. Et ils savent défendre, les bougres.

Comme à chaque match, Maia rate une frappe de trente mètres dans les dix premières minutes. Voilà à peu près tout pour nos occasions de la première mi-temps.

Pendant ce temps, Paris tourne autour de notre but sans forcer, attendant la faille. Et puis ce qui devait arriver arriva, Di Maria marque tranquillement de la tête sur un centre du 7e meilleur joueur du monde, parfaitement hors-jeu. Johnny, pas en reste, participe à la fête en allumant le feu. Dans la foulée, l’artiste Pastore tente un lob de quarante mètres et le bon Kylian tire à côté. Juste avant la mi-temps, on réagit timidement et on arrive presque à les mettre en difficulté en jouant sur Berchiche, seul parisien qui a le niveau pour être repéré par un recruteur lillois.

On rentre aux vestiaires en se demandant comment on pourrait marquer. Les Parisiens ne sont pas au top et n’ont pas non plus raté une pelletée d’occasions, mais leur avantage est mérité. Notre équipe a vraiment l’air de penser que cette défaite ne serait finalement pas si infamante.

Si le discours des coachs était de paniquer complètement au retour des vestiaires, alors félicitations aux joueurs qui ont parfaitement appliqué ce plan tactique ambitieux malgré leur jeune âge. Quelques minutes après une nouvelle chanson de l’idole des jeunes balancée au retour sur la pelouse, toute notre équipe se synchronise pour faire n’importe quoi et Pastore marque. Et dire qu’on reproche au LOSC de manquer de cohésion. Le plus triste dans ce but, c’est que même Maignan, notre gars sûr, notre roc, notre messie, passe complètement à côté. Si même lui se troue, il ne me reste plus aucune certitude. Toute ma vie n’est qu’un mensonge. Qui suis-je vraiment ? Maman ? Suis-je seulement ton fils ?

Fidèles au plan de jeu établi à la mi-temps, nous mettons alors tout en place pour en prendre un troisième, mais celui-ci n’arrive pas, et le PSG semble se satisfaire de son avantage. Pendant 20 minutes, on voit alors un vrai bon match de ligue 1 entre deux équipes heureuses d’un résultat.
Puis El Ghazi entre en scène. Comme d’habitude, chacune de ses prises de balle se solde par une frappe, aucune surprise de ce côté-là. Ce qui m’a vraiment étonné en revanche, c’est que l’une d’entre elles finisse au fond, sur un joli numéro du jeune Soumaré, auteur d’une entrée intéressante. C’est à ce moment qu’on se dit que sur un malentendu, on peut ramener un point. Pensée fugace s’il en est, tant Paris nous étouffe et rate d’occases dans la foulée pour nous remettre à notre place de nouveau riche qui a bien du mal à placer son argent.
Puis, dans les derniers instants, vient un corner. Maignan monte, on se prend à rêver, la défense dégage, Mbappé marque, Johnny allume le feu, et l’arbitre siffle la fin du match.

Au final, on a pas vu un grand match de foot, mais n’oublions pas qu’on a pris 3-0 contre Amiens il n’y a pas si longtemps. On verra bien. Nous voici débarrassés de nos illusions de début de match. On peut toujours viser le top 5, mais prenons notre temps. En 2021, par exemple, ça semble être envisageable.

Les notes des joueurs :

Maignan (1/5) :
Grosse déception du match, il n’a fait qu’un arrêt, et pas le plus dur. Totalement fautif sur le deuxième but parisien et coupable de n’avoir pas marqué l’Histoire en égalisant sur le dernier corner.
Edgar Ié (2/5) :
Sérieux mais pas flamboyant. On ne peut pas lui en vouloir, c’est quand même un DC droitier qui a joué à gauche face à Mbappé. C’est compliqué.
Alonso (1/5) :
Pas très rassurant, on ne compte plus ses relances ratées. C’est l’une d’elles qui amène le deuxième but.
Soumaoro (3/5) :
Solide. Difficile d’en dire plus sur lui, tant c’est son unique véritable qualité.
Malcuit (2/5) :
Seul à tenter de se bouger avec Pépé, il est complètement dépassé derrière et part du principe qu’il n’a pas besoin de marquer Di Maria sur l’ouverture du score.
Maia (2/5) :
Il regrette de n’avoir pas signé au PSG et ça s’est vu. Il a tenté des gestes de fou pendant tout le match pour se faire remarquer, mais il n’en a pas réussi beaucoup. S’il accomplissait tout ce qu’il tente, ce joueur serait une compilation Youtube permanente. Remplacé par Soumaré (85e), très intéressant, il est décisif sur le but. On demande à revoir.
Amadou (3/5) :
Il a fait ce qu’il a pu dans un plan de jeu duquel il était probablement la pièce centrale.
Mendès (2/5) :
La prestation très en dessous de notre meilleur joueur se traduit en une statistique : 0 frappe en lucarne ce soir. Remplacé par Araujo (74e), qu’on a très peu vu.
Pépé (3/5) :
Avec Malcuit, il a bien tenté quelques combinaisons, mais avec peu de réussite. Il confirme qu’il est quand même bien meilleur au poste d’ailier. Remplacé par El Ghazi (76e), qui a marqué et moins raté que d’habitude.
Benzia (1/5) :
Invisible une grande partie du match. À sa décharge, il était opposé à Dani Alves, un joueur à la fois plus offensif et plus défensif que lui.
Ponce (2/5) :
J’aimerais lui donner plus, parce qu’il donne tout ce qu’il a et qu’il est indéniablement talentueux. Mais il n’a presque jamais eu le ballon.

Michel Saistout

5 commentaires

    • Merci pour l’accueil, j’espère atteindre ta longévité ici. Et pour Bielsa, c’est clair que vous vous en sortez mieux avec notre entraîneur de coeur que nous avec le votre.

  1. Bienvenue à toi la Miche ! Content d’avoir un académicien du LOSC, parce que je sens qu’on va bien se marrer avec le Unlimited Project. Enfin, surtout la DNCG.

    • Merci de t’inquiéter, mais j’ai pleine confiance en Gérard Lopez, ses explications sont claires et précises, c’est un homme honnête.

  2. À Strasbourg, le défenseur central droitier Ernest Seka a parfaitement contenu Mbappé en jouant latéral gauche, lui.
    Ouais je n’en reviens toujours pas…

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