Stade Rennais F.C – F.C Nantes (3-2) : La Breizhou Académie s’adjuge le derby

Le gourdin est une arme des plus primitives. Dite de mêlée ou de contact, il semblerait qu’elle ait été exclusivement utilisée par l’Homme. Défini par l’académie française comme « un gros bâton court », le gourdin aura été le symbole de ce vendredi 31 janvier, tant l’attente de ce derby et son dénouement satisferont les culottes et caleçons bretilliens.


En tribunes, le RCK et le parcage nantais assurent le spectacle : un joli tifo sur la tribune Mordelles fait honneur au patrimoine de la ville, tandis que les Nantais allument des engins pyrotechniques à faire pâlir un 13 juillet sur la Riviera. En amuses-bouches, la présentation de Steven N’Zonzi, le champion du monde français, qui vient de s’engager pour au moins 6 mois (prêt avec option d’achat en cas de qualif’ en C1).


La compo’ :

Après 120 minutes de fou furieux en Anjou mardi soir, Stéphan a composé avec ses cadres habituels et ses forces disponibles. Tait et Gélin, dans la continuité de leurs bonnes performances récentes, sont préférés à Bourigeaud et Gnagnon dans le 4-4-2 de Stéphan.

Mendy – Traoré, Da Silva, Gélin, Maouassa – Camavinga, Léa-Siliki, Tait, Raphinha – Hunou, Niang


Le scénar’ :

Troisième avec un petit confort de 4 points sur son poursuivant, le SRFC reçoit un FC Nantes sur le papier diminué par des blessures et suspensions, mais dont l’envie et la niaque auront forcément posé problème à nos Rennais.

Si la sono du stade et la pelouse sont toujours aussi pourries, les joueurs ne montrent guère plus de maîtrise. Léger avantage Nantes même, concrétisé par une frappe lointaine de Blas, captée sans difficulté par Mendy (7e). Le temps passe et la physionomie de la rencontre se précise : les deux équipes alternent des phases de possession sans pour autant réussir à être dangereux dans les 40 derniers mètres. A l’image d’un Raphinha remuant mais trop imprécis, le derby tant attendu manque de passion et de folie. La plus grosse occasion viendra tout de même du breizhilien : sur une belle ouverture dans le dos de la défense, il trouve Hunou dont la frappe croisée termine sur le poteau d’un Alban Lafont battu. Ce même portier nantais qui n’imagine pas encore comment sa soirée va se terminer en un cauchemar de chambrage.
Enfin on est à la mi-temps, et le constat est douloureux : ce derby est à chier. 0-0 (45e)

« Et on retrouve Laurent PAGANELLI pour une interview de Christian GOURCUFF avant la reprise du match ».
Paga : « Christiang, on a senti Nantes maîtriser le début de match mais ensuite il ne s’est plus passé grand chose, qu’est-ce que vous avez dit à vos joueurs dans le vestiaire ? »
C.G. : « Oui »
Paga : « Merci Christiang, on vous le souhaite »

*

La deuxième mi-temps reprend, et c’est Nantes qui se montre plus conquérant. Sur un corner obtenu juste après le coup d’envoi du deuxième acte de ce derby, un cafouillage entre Gélin, Wagué et Da Silva voit ce dernier pousser involontairement le cuir dans ses propres filets. (46e, 0-1)
S’il fallait ça pour que Camavinga et ses comparses se mettent à jouer, alors je signe. Car depuis le début du match, celui qui n’a que 17 ans mais qui fait saliver tous les autres clubs est invisible, il ne touche peu de ballons exploitable, et le reste du milieu de terrain en pâti terriblement. Et comme un derby doit toujours partir en couille, le portier nantais Alban Lafont commence à chambrer Raphinha qui ne se laisse pas démonter, et c’est parti pour une gentille partie de savate entre tous les joueurs. Rennes semble réagir dans le jeu, et sur un ballon dans la surface, Niang est accroché par Khrin et s’écroule. Benoît Millot, l’arbitre de la rencontre, désigne le point de pénalty. L’international Sénégalais, déjà mis en échec par Lafont au match aller, s’occupe de remettre les compteurs à zéro… C’est stoppé par Lafont, mais repoussé dans les pieds de Raphinha qui a bien suivi, et qui pousse le ballon dans les filets. (69e, 1-1). Le Roazhon Park peut enfin exulter et pousser son équipe pour aller chercher la victoire, alors que l’ascendant psychologique passe du camp nantais à Rennes. Mais les canaris n’ont pas abdiqué, et obtiennent une énorme occasion sur une percée en solo de Bamba, qui perd son face à face contre Mendy, de nouveau sauveur sur le deuxième ballon de Blas (74e). Après un corner mal négocié par le Stade Rennais et une perte de balle de Camavinga, Nantes réalise le coup parfait en marquant sur une contre-attaque bien menée, et conclue par Simon (ou Camavinga en c.s.c) (76e, 1-2). Les Rennais reprennent un sacré coup derrière la nuque, alors qu’il reste moins d’un quart d’heure et que Nantes s’apprête à remporter son premier derby en terre rennaise depuis 2013. Le parcage visiteur est en ébullition, et craque des fumigènes qui obligent l’arbitre à interrompre la rencontre quelques minutes, le temps que la fumée se dissipe. Néanmoins, les entrées de Bourigeaud, Gboho et Del Castillo galvanisent les joueurs et le public, qui pousse derrière son équipe. Mais ni Raphinha de la tête ou de volée (80e, 90+2e) ni Tait (94e) ne parviennent à tromper Lafont. Plus que 2 minutes à jouer dans les 6 minutes de temps additionnels, lorsque le jeune et intrépide Yann Gboho combine avec Tait côté gauche, et son centre en retrait millimétré trouve Bourigeaud, dont le plat du pied légèrement contré trompe Lafont pour l’égalisation dans les dernières secondes ! (2-2, 90+5‘). Bourij’ fait exploser le Roazhon Park et protège le Stade Rennais d’une humiliation sur ses propres terres. Sur le coup d’envoi suivant le but, Nantes dégage une praline dans le camp rennais, et il y a donc une dernière cartouche pour nos Rouge & Noir. Le ballon arrive à Niang, qui à l’entrée de la surface dégaine une belle frappe enroulée qui oblige Lafont à se déployer, et Raphinha, comme toujours à l’affût, voit le ballon lui parvenir et n’a plus qu’à pousser le cuir dans le but vide. L’arbitre siffle d’abord un horsjeu, avant d’être déjugé par l’assistance vidéo, et accorde donc le but à Raphinha, dans un Roazhon Park en fusion… (3-2, 90+7′).

Dans la foulée, l’arbitre siffle la fin du match, et le Stade Rennais est parvenu à gagner l’ingagnable. La réussite est bel et bien de notre côté mes amis, mais que dire de cette force de caractère qui définit notre équipe depuis quelques mois. Si cette victoire aussi fantastique qu’invraisemblable est, au niveau comptable, une opération en or dans la course au podium, il faudra cependant rester lucide sur le contenu du match. Rennes a manqué de maîtrise technique et collective pendant plus de la moitié du match, et la fébrilité défensive demeure palpable, comme à Angers mardi dernier.

Cependant Stéphan et sa troupe demeure troisième de Ligue 1, avec 7 points d’avance sur ses poursuivants au soir de cette victoire. Et si on commençait à regarder le pare-brise plutôt que les rétros ? Marseille et sa Bonne-Mère ne sont, après tout, plus si loin…


Les notes :

Mendy : 3/5. Le portier sénégalais s’est encore pris deux buts, mais il ne pouvait pas y faire grand chose ce soir. Bien présent dans les airs et sur les frappes lointaines.

Traoré : 2/5. Hamari peine à retrouver son impact offensif de l’année dernière, et le manque de complicité avec Raphinha lui porte préjudice. Il a cependant permis aux Rennais de se projeter plus rapidement vers l’avant en deuxième mi-temps.

Da Silva : 2/5. Malchanceux sur le but contre son camp, il a globalement été en difficulté sur les incursions rapides nantaises.

Gélin : 2/5. Si un pion remarquable peut donner des ailes, il peut aussi nourrir des attentes chez les supporters. Jérém’ n’a pas été plus convaincant que son capi’, et a manqué beaucoup de relances.

Maouassa : 3/5. L’un des meilleurs Rennais hier soir. Dans son couloir gauche avec Tait, il a apporté tous les dangers en première mi-temps. Moins en vue en deuxième, il aura eu le mérite de porter son équipe une partie du match.

Camavinga : 2/5. Le petiot a peiné à trouver des espaces hier, étant cadenassé par le milieu nantais. Peu de ballons exploitables et donc une sortie prématurée, qui lui permettra de souffler un peu avant Lille mardi. Remplacé par Del Castillo (82e), dont l’activité a transfiguré l’attaque rennaise.

Léa-Siliki : 2/5. A l’image de Cama, celui de la Sarcelles Industrie n’aura pas su faire ce qu’il sait faire de mieux. Son harcèlement défensif demeure important lorsqu’il faut gratter des ballons, et son état d’esprit irréprochable. Remplacé par Bourigeaud (64′), dont le but libérateur a engendré cette fin de match tout simplement incroyable.

Tait : 3/5. L’ancien Angevin a bel et bien retrouvé le niveau pour lequel nous l’avons recruté cet été. Percutant, précis dans ses passes et intelligent avec la balle, il a parfait sa complicité avec Maouassa dans son côté gauche. Il justifie pleinement la confiance que lui accorde Julien Stéphan depuis 2 semaines.

Raphinha : 4/5. Le p’tit génie Brésilien a galéré en début de match, comme souvent, mais sa pugnacité et sa volonté de bien faire sont souvent récompensées. Ses deux buts, en renard des surfaces, prouvent qu’il s’investit de plus en plus dans le groupe. Il mérite sa casquette de héros de la soirée.

Hunou : 2/5. Match difficile pour Adri, qui n’aura pas eu beaucoup de bons ballons à jouer. Malchanceux sur son poteau (35e), il est remplacé par Gboho (56e) dont la passe décisive pour Bourij’ (95e) fait foi de son dynamisme et de sa percussion.

Niang : 2/5. M’Baye a fait du Niang : un péno provoqué, un péno raté, et des pralines cadrées. S’il n’a pas pu être décisif ce soir, il a été à l’origine des deux buts de Raphinha ce soir.


Quel final mes aïeux, quel final ! Et quelle vie de soutenir le Stade Rennais… Si ce derby a longtemps eu le goût de l’amertume pour les Rouge & Noir, le druide Stéphan a sorti son grimoire et a encore envoûté la capitale bretonne. En deux minutes, Nantes est passé de 2 points de retard à 8. Une opération qui permet de croire plus que jamais en nos chances de podium. Et puis on a notre vengeance du match aller, ça reste Nantes quand même…

Tu cherches encore d’autres comptes à suivre sur Twitter ? Tout pareil.

ALLEZ RENNES !
Bengui Jump

Bengui Jump

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.