Dimitri Payet m’a fait mal

Paroles d’ex

Je voulais écrire quelque chose sur Dimitri.

Sur le mal qu’il m’a fait depuis qu’il vit sur cette planète football. Depuis que je l’ai vu fouler les pelouses avec un maillot canari. C’était hier. C’était il y a une éternité. Je ne sais pas ce qu’on vous a dit sur l’amour, mais moi on m’en a toujours parlé comme si c’était une évidence. Moi je faisais non de la tête parce que je voyais les cœurs se briser et ça avait l’air de faire beaucoup trop mal pour dire que ça venait d’une évidence. Mais quand j’ai vu Dimitri toucher son premier ballon sous le maillot nantais, j’ai tout de suite pardonné à tous ceux qui m’avaient, je croyais, menti. C’était évident que je l’aimais, ce petit gars de la Réunion. Alors je ne l’ai jamais lâché. Jamais.

Je ne suis pas vraiment supporter d’un seul club, mon père est Grec et fou du Pana, il n’a jamais arrêté de me parler de la finale 71 contre l’Ajax. Enfin si, il a arrêté, mais c’est parce qu’il est mort. Il est arrivé à Nantes et il a rencontré ma mère, qui n’est pas du tout Nantaise puisqu’elle est née à Cherbourg. Je regardais un peu de foot petit, ce n’était pas vraiment mon truc. Je faisais semblant, en grandissant, de m’intéresser au championnat de France, aux cartes Panini et à Téléfoot, mais c’était surtout pour faire comme les autres. Et pour éviter que Julie me prenne pour un marginal. Julie c’est mon premier et seul amour, c’est elle qui m’a brisé le cœur, comme je vous le disais. J’ai vite compris que j’étais amoureux quand j’ai vu Dimitri marquer pour la première fois en pro, c’était le 21 janvier 2006 contre Metz, en fin de match. C’est à ce moment-là que j’ai décidé que j’allais non pas supporter un club, mais un joueur. Je l’ai suivi à Saint-Étienne, à Lille, à Marseille, à West Ham puis re à Marseille. Je l’ai aimé, de toute mon âme, de toute ma tête et de tout de mon corps. Je n’ai jamais vraiment compris pourquoi on m’avait choisi dans le grand dessein pour aimer Dimitri, mais je m’y suis plongé sans vraiment réfléchir. C’est peut-être ça l’amour, pas une évidence, mais une stupidité. Mais il a commencé à changer lorsqu’il était à Marseille, il a grossi, même de la tête. Il a commencé à être un peu trop sûr de l’amour que je lui portais. Il s’est mis à très bien jouer en équipe de France, à être considéré comme un craque partout en Europe. Il est allé à West Ham où on a chanté pour lui. Et moi je commençais à comprendre qu’il prenait un peu trop de place dans ma vie.

Julie m’a quitté pour un autre. Un type qui avait un enfant d’un premier lit. Le type, je l’ai appelé Dimitri dans ma tête. Parce que j’ai compris que Julie est partie à cause de Dimitri. J’ai tout jeté en une journée. Les taies d’oreillers imprimées avec la tête de Dimitri, les housses de couettes avec ses jambes, le papier peint avec tous ses maillots. Je ne pouvais plus supporter de voir tout ça, comme elle ne l’avait plus supporté. J’ai pleuré pendant des jours. Et lui ne le savait pas. En fait il n’en a jamais rien su de tout cet amour. Et il s’en fout probablement, cet égoïste. Je n’ai vraiment rien gardé de lui, ni d’elle d’ailleurs. J’écris tout ça parce que j’ai vu la polémique sur ses chambrages, avec Paris et aussi aujourd’hui avec Garcia.

J’écris parce qu’aujourd’hui, je suis heureux et épanoui, j’ai une femme et une petite fille que j’aime terriblement. Je ne regarde plus beaucoup de foot. Enfin, je vis à travers votre site, que m’a fait découvrir un collègue l’an dernier. Vous me faites rire. Blaah surtout. Embrassez-le de ma part.

Voilà, j’ai tout dit ou dans les grandes lignes. 

Bien à vous,
M.

Terminalector

Je suis la majuscule sur ton gentilé. Je suis l'ordre et le chaos de la modération. Je suis la loi en tribune.

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