Pas la même passion

Pourquoi parler des matchs quand on peut se foutre sur la gueule sur d’autres sujets ?

Samedi 25 juin 2016, la phase finale de l’Euro 2016 débute. Les éliminations directes vont faire un peu remonter le taux d’adrénaline retombé lors de la phase des derniers matchs de poule. Oui oui oui sauf les derniers matchs un peu fous, il faut bien reconnaître que la course à la 3e place a fait perdre un peu l’intérêt de la victoire absolue pour accrocher le wagon des premiers ou deuxièmes places de chaque groupe. Arrêtons de nous plaindre du format à 24 équipes, l’Euro 2016 est comme elle est, rien n’y changera, il faut s’en accoutumer et profiter du spectacle qui nous a été offert, ne soyons pas tristes, c’était pas mal. Dommage que certains sujets trop présents ont un peu parasité les chants des supporters venus de toute l’Europe. Nous prions les saints journalistiques pour que les erreurs du début de compétition ne se reproduisent pas. Car peu se souviendront vraiment des matchs en France, et de l’ambiance générale. L’intérêt tardif pour les supporters européens, les vrais supporters et les vrais européens, traduit une tendance optimiste.

Il serait évidemment facile de jeter la pierre à quelques responsables à plume et je m’empresse de le faire. Franchement les gars, la polémique Griezmann, les polémiques Pogba autour de l’équipe de France étaient quand même assez mal senties. Et personne ne les a suivies. Vous vous êtes retrouvés seuls à justifier les titres de Une dans un retro-pédalage assez ridicule. Résumons en quelques temps forts :

1) Il faut polémiquer, vous diriez « créer le débat », les projecteurs se braquent sur vous et tout le monde en parle à commencer par vos copains des autres supports, incapables de prendre de la distance ou de créer de l’information. Vous vous faites inviter, interroger, on vous cite, l’écho de vos hurlements vous repaît. Cela fait réagir, cela fait vendre, cela vous fait exister, cela vous fait passer pour l’objecteur de bonne conscience et la maîtresse difficile à satisfaire en espérant nous faire aimer cela.

2) Il faut polémiquer en gros, il faut que ça se voie, il faut qu’on ne voie que cela.

3) Il faut compenser par un vrai article à l’intérieur qui en fait ne dit pas trop ce que le titre annonçait. Peu importe le souci de cohérence, si on arrive à cet article, c’est qu’on a acheté le journal.

4) Il faut avoir la super parade si jamais vous ne maîtrisez plus le sujet et qu’on s’enflamme un peu trop de votre bouillie: « c’est celui qui dit qui y est ». Explication : les messages un peu forcés ne sont pas dus à la ligne éditoriale, au choix de la rédaction, non non non. Ils sont ce que « l’entourage de l’équipe de France » ou plus directement Deschamps laisse filtrer pour faire passer des messages.

5) Il faut être gagnant de tous les côtés : putassier en gros, ça fait vendre, un peu de contenu à l’intérieur, ça équilibre, et les éventuels reproches, c’est la faute des autres. A croire qu’on vous tient la plume, ou qu’on vous la positionne bien.

6) Il faut détourner l’attention. Trahir le journalisme ne pose donc pas de problème en avouant calmement que les polémiques, sacrément bidon en plus, ne sont pas de votre fait, mais cela une fois seulement qu’on en a parlé et que vous avez vendu. De la merde, mais cela n’a pas l’air de vous gêner.

7) Il faut se draper de la splendeur de votre titre. Ceux qui ne comprennent pas la mission de service public que vous faites au péril de votre vie sont de sombres abrutis qui méritent à peine de posséder la monnaie pour acheter votre journal. Cela tombe bien, les lecteurs partent d’eux-mêmes.

8) Il faut évacuer tout sens de la responsabilité, pour vous il s’entend, pas pour ceux que vous accablez. Le fait que des « Pogba ne doit plus jamais porter le maillot bleu » ont été diffusés par ce connard (ce n’est pas une insulte, cf la jurisprudence Bedos/Morano) de Gilles Verdez qui place la responsabilité envers les Français d’un Pogba au-dessus d’un élu de la République multi-condamné, ne vous gêne absolument pas.

9) Il faut être inconscient, un peu fou pour ne pas voir l’effet boomerang. Mais votre contenu de qualité à l’intérieur, on s’en fout, on n’en veut pas, on n’arrive même pas à tourner la première page.

10) Il faut résister quoi qu’il arrive et venir donner la leçon d’une morale qui vous échappe depuis longtemps en vous appuyant sur un statut que vous ne conservez qu’en tuant les tentatives de rédactions et de lecteurs qui veulent autre chose.

11) Il faut sortir les fantassins pour assurer une défense tout terrain. Grâce aux plaidoiries publiques sur Twitter où encore une fois, le statut de votre employeur n’est pas suffisant pour faire de vos argumentaires des paroles d’évangiles. Reconnaître ses torts est aussi une preuve d’intelligence et cela ne doit pas seulement arriver selon les victoires ou les défaites de l’équipe de France.

12) Il faudra assumer. J’espère bien que à l’issue de la compétition, vous serez plusieurs à vous prendre une paire de tongs dans la gueule, en sachant pertinemment qu’elles ne viendront pas du principal intéressé trop policé par la pression médiatique et sur la carrière duquel le moindre écart peut avoir des conséquences.

Je passerai donc rapidement sur les sorties de Blatter et ses boules chaudes ou froides selon la pilule avalée, sur les « merci Platini pour cet Euro » qui avouent ne pas savoir que Platini ne portait pas la candidature ou que le vote d’attribution était truqué, bref une belle de corporatisme aveugle.

Et un grand bravo au futur vainqueur de l’épreuve, j’anticipe un peu mais cela plus tellement de doute pour les spécialistes que vous êtes. Bravo pour cette formidable performance, ce travail d’équipe, bravo à l’UEFA qui a su se faire organiser une petite compétition tranquillou, en laissant la gestion de la sécurité à son hôte, en ne changeant presque rien dans les stades, quitte à laisser des Russes envahir la tribune des Anglais, en parquant les gens dans des fans zones franchisées, en n’assumant absolument pas d’éventuelles sanctions sportives pour les nations qui attisent la haine, mais qui vont accueillir bientôt (dans 2 ans) la Coupe du monde.

Du sport, rien que du sport, heureusement, tous les académiciens de horsjeu.net font le boulot.

Frantz-Christophe Van Dustgroski

Je travaille pour un employeur fantôme et ce n'est pas un emploi fictif. Je parle comme je veux de ce que je veux quand je veux. Tu n'es pas obligé d'aimer. Tu n'es pas obligé de lire. Tu es obligé de savoir que je suis là

Un commentaire

  1. Bonjour Monsieur,
    j’éprouve les plus grandes difficultés à me procurer du MC Footix, qui plus est sur votre site. Alors que bon. Bonne journée !

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