FONDEMENT (cycle postérieur) : Épisode premier

Le cycle initianal est ici pour les retardataires : 12345678910.

Dans un monde où tout s’est effondré, le football n’est plus qu’un prétexte pour gouverner le nouveau monde, où les anciens clubs sont devenus des états, géré par la Federafion avec à sa tête le tout-puissant Fifaraon. Au milieu du marasme ambiant, l’Analternance résiste. Parmi eux, Louis Gustave, emprisonné pour des raisons obscures. Mais une curieuse armée verte vient de le libérer….

La course du ballon se stoppa juste au niveau de la frêle ligne blanche tracée à la craie à même le béton craquelé. D’un sillage de poussière jaillirent alors deux jeunes garçons, luttant épaule contre épaule, ahanant sous le poids de l’autre, les yeux rivés sur le rond de cuir décharné. Le plus grand d’entre eux, parvenant finalement à repousser son adversaire, s’en empara et l’éloigna du pied gauche de la ligne. Au moment de reprendre sa course, il vit deux mains s’accrocher à son short et tirer de toutes leur force. Il sentit le sol se dérober sous lui et il s’écrasa contre le béton, se râpant l’intégralité de ses deux genoux.

Un vacarme surgit alors et une masse de gamins s’abattit autour d’eux. 

— Faute ! Faute, putain ! Qu’est-ce que tu fous, sac à merde ? C’est du béton, regarde, il pisse le sang !

— Il l’a à peine touché, arrête tes conneries ! C’est pas sa faute s’il se jette par terre comme un abruti !

— Ah ouais ? Et celle-là, elle t’a à peine touché, la con de tes morts ?

— Oh, putain, on va pas se battre, non ? Allez, relevez-vous, c’est juste râpé…

— Putain, les gars, c’est quoi ça ?

Un bourdonnement avait envahi l’espace, puis une ombre était apparue. Soudain, descendant du ciel, trois carrés de ferraille noirs se posèrent à côté du groupe.

— Des Bad Drones ! Putain, on se casse, vite !

Ils n’eurent même pas le temps d’entamer leur fuite, les machines avaient émis un son strident qui les clouèrent au sol.

— Ceci est une communication de la Brigade Sécuritaire de la Coalition nordiste. Vous êtes en infraction de type 40, veuillez rester couchés et maintenez vos mains sur la tête. Nous allons procéder au contrôle scan des identités.

Aucun gamin ne tenta de regarder ce qui se passait, mais ils sentirent tous les drones se déplacer au-dessus d’eux. Ce n’était pas la première fois qu’ils subissaient ce genre de contrôle, ils avaient l’habitude et connaissaient parfaitement la marche à suivre, ce qui pouvait être fait et ce qui était stupide de tenter. Il ne devrait pas y avoir de problème.

— Commandant, je reçois une notification d’anomalie de la part de trois drones sur le secteur du plateau de Santerre. Ils ont intercepté un groupe en infraction 40.

— Et alors ? Quel est le problème ?

— Ils ne trouvent aucune correspondance pour les identités.

— Pardon ? Procédez immédiatement à l’immobilisation et envoyez des agents physios !

Ils attendirent le bip caractéristique d’un drone qui reçoit un ordre spécifique pour se lever et détaler. Tous parvinrent à gagner les entrées de tunnels qu’ils empruntaient à chaque fuite. Ils s’y aperçurent alors qu’un des leurs manquait à l’appel : celui qui avait eu auparavant les genoux écorchés sur le terrain. Il boitait un peu plus loin, cherchant le plus rapidement possible à atteindre la cachette avec ses amis. Mais les drones avaient reçus leurs instructions et étaient maintenant opérationnels. Ils fondirent sur le jeune garçon, émettant à nouveau leur sirène incapacitante. Celui-ci tomba sur ses genoux blessés et hurla de douleur. Son corps inerte s’affaissa sur le béton. Tous ses camarades poussèrent un cri d’horreur en voyant la scène. Ils s’apprêtaient à se ruer à la rescousse de leur ami lorsque des grands claquements se firent entendre sur leur droite. Ils virent les drones bombardés de projectiles, un premier fut durement touché et s’écrasa sur le sol. Une ombre verte jaillit alors dans les airs et se posa sur le dos d’un des deux drones restants. Les enfants regardèrent les yeux écarquillés une sorte de ninja transpercer de son sabre la coque du Bad Drone. Le dernier engin essayait lui d’esquiver les tirs d’une arme dont le porteur n’était pas encore apparu dans le champ de vision des jeunes. Ce fut pour eux une vision presque épique, celle d’un grand type musclé, droit et fort, qui visait avec une précision incroyable l’appareil. Il n’eut besoin que de quatre coups pour faire exploser celui-ci.

Le calme revint alors sur la dalle de béton. Le ninja vert fut rejoint par d’autres, et le héros tireur d’élite s’approcha du corps évanoui de l’enfant, le pris dans ses bras pour le poser délicatement contre un sac qu’un des ninjas avait posé au sol.

Il vint alors doucement à la rencontre des autres garçons, toujours blottis dans l’entrée du tunnel.

— C’est fini maintenant les mecs. Restez là, on va soigner votre pote et ensuite on vous suivra dans le tunnel. Les troupes physios vont pas tarder à débarquer, et cette fois il vaudra mieux que tout le monde soit loin d’ici. 

Pierre-Issa Kasimov

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