On a testé pour vous : Brisbane Road

– « Y a des jours où tu te dis que la vie c’est de la merde et du coup tu pars voir des matchs de foot dégueulasses dans les stades les plus pourris aux quatre coins de l’Europe.

Aujourd’hui, je (Fred-Eric) vous emmène au bout de la Terre, je vous emmène aux pays des merveilles. Euh non, pardon. Je vous emmène en Angleterre, je vous emmène aux pays des Wetherspoon (mes nouveaux compagnons de voyage horsjeuïens en sont d’ailleurs tombés amoureux). Je vous emmène plus précisément au Nord-Est de Londres, voir le fameux (ou presque) club de Leyton Orient affronter Port Vale.

-Tout à fait Fred-Eric, mais je (Luke) me permettrais une petite mise en contexte sur comment nous en sommes arrivés là. Flashback, fondu au noir.

:BROUAHAH de bar BROUAHAH de bar:

Après tout, c’est à 15 minutes à pied de l’appartement, autant y aller.
– N’y allez pas, c’est une ambiance de merde, je le sais, j’y suis déjà allé
– Oui mais bon quand même
– C’est de la merde.
– On peut aller à Southend voir Accrington sinon. C’est à une heure en train et puis en partant de Stratford, c’est direct !
– EXCUSE ME ?!
– C’est de la merde
–  Les 7 pintes, c’est pour qui ? (ndlr : pour des raisons évidentes les interventions de la serveuse ont été traduites en français)
– C’est nul !

– M’en fous je vais faire un sondage twitter
– C’est pour moi.

– Le sondage ?
– Non les pintes
– Allez c’est plié.
– Bon et puis du Championship, c’est cool, ça devrait le faire.
– Leyton joue en D4…
– EXCUSE ME ?!”

Voilà peu ou prou, pour la mise en contexte, une retranscription de la discussion du vendredi soir, portant sur le programme du samedi après-midi londonien d’une poignée d’académiciens venus fêter l’un des leurs.
On parle ici de Capitaine Raï, Jonathan Jägermeister, Dylan Thomas, de votre nouvel ami globe-trotter Fred-Eric et de votre serviteur. Les protestations venaient de Laezh Dour (responsable de notre venue en Albion).
Oui la fine équipe avait bu plus que de raison. Mais ce n’est pas ça qui aura eu raison de leur résolution le lendemain.
Ils pensaient que la gueule de bois les en empêcherait, pourtant ils l’ont fait.

ALLER AU STADE 2,5/5

(Pour des raisons évidentes de moyenne à deux, certaines notes seront décimales, désolé)

Alors pour venir au stade, faut prendre le métro londonien jusqu’à l’arrêt Leyton (fallait y penser) mais du centre ça coûte 5 putains de livres (la monnaie bien sûr) pour faire 4 arrêts !Le stade est assez simple à trouver puisqu’en Angleterre tous les clubs sont indiqués sur des panneaux, il n’y a qu’à suivre la direction. Et aussi suivre les 400 personnes qui marchent toutes vers le même endroit.
L’enceinte est enfermée au milieu d’un quartier résidentiel et entouré d’immeubles. Je vous avouerai bien que je ne l’avais pas vu du premier coup alors qu’il était 100m devant nous. (Fred-Eric – 3/5)

35 minutes de marche, sans déconner…
Bon, oui alors d’accord, la vraie station la plus proche est à 10 minutes à pied du stade. C’est juste que notre joyeuse bande s’était réfugiée dans un des nombreux Wetherspoon de Londres (celui perdu en pleine zone des supporters de West Ham, à Stratford), afin de petit-déjeuner-déjeuner-picoler-rigoler (pour pa cher). Du coup voila, 35 minutes à pied (on vous passe le détour par l’appart pour que l’un récupère sa veste, l’autre passe se soulager etc.)
Et le chemin est triste. Déjà parce qu’il fait gris, ensuite parce que c’est une infinie route de maison aux façades défraîchies, de restaurants de plus ou moins grosses envergures dédiés à la bouffe pas hyper recommandée par les médecins (grosse présence de la méga-puissance Kebabish avec deux établissement sur 700 mètres, n’y allez pas, genre vraiment n’y allez pas, enfin on y reviendra).
Seul le petit parc de Coronation Gardens offre un peu de verdure et de couleur sur le chemin. A noter la présence d’une statue dédiée à Laurie Cunningham, une des grandes gloires locales, au parcours pro rocambolesque (de Leyton au Rayo en passant par le Real, MU, Marseille etc.), qui fut l’un des premiers joueurs noirs à intégrer la Three Lions et aussi le premier Anglais à jouer en Espagne… Et qui est malheureusement mort dans un accident de voiture à 33 ans.
La route était triste on vous a dit. (Luke 2/5)

LA GUEULE DU TRUC 3,5/5 

Quand soudain, tout de tôle et de brique surgit de derrière les arbres Brisbane Road… Enfin le Breyer Group Stadium, mais bon, on prend pas d’argent sur le naming nous, alors du coup on va en rester à Brisbane Road… Et puis comme ça, ceux qui n’ont pas lu ce papier attentivement penseront qu’on était en Australie et tout…
Suffit donc de faire le tour pour trouver le guichet, de lâcher 22£ (pour on le rappelle, un match de D4), de refaire le tour, de passer par un couloir plus étroit qu’une coursive de prison, puis un tourniquet/guichet guère plus chaleureux, pour ensuite admirer les briques blanches de la tribune et se dire que quand, même, tout ça mériterait bien un bon petit coup de peinture. Nous voici en East stand. Une tribune qui a encore plus de charme quand on la voit d’en face.

Oui bon, vous noterez bien les poteaux qui tiennent le toit et qui peuvent s’avérer pénibles quand il s’agit d’avoir une vue d’ensemble de la pelouse, dont acte : 

Stade de 9000 places (et des brouettes) datant de 1937, Brisbane Road dispose d’une petite originalité de type immobilière. 

photo : Martin Belam, Flickr

En effet, en 1995, alors que le club est au plus mal financièrement, son nouveau propriétaire Barry Hearn a eu “l’idée de génie” de vendre les virages du stade. Rasés, ils ont pu laisser place à des habitations, qui comme vous pouvez l’imaginer, sont des places de choix lors des jours de matches (les logés doivent-ils payer un abonnement chaque année sous peine de voir leurs fenêtre condamnés et leur terrasses minées ? Personne ne le sait. Combien se loue un appart là-dedans ? Aucun d’entre nous ne veut savoir ). Enfin au moment d’apposer la note finale, on se dit que pareille idée vaut bien un point bonus de la honte.

Ah oui à noter la présence d’un “troisième banc” des remplaçants, au pied d’un des immeubles, réservé à quelques spectateurs qui avaient sans doute gagné un concours, on ne sait pas trop… Quoiqu’il en soit ils ont eu de la pizza livrée en scooter à la mi-temps et pas nous. (Luke 3/5)

Alors le stade, c’est typiquement anglais. 4 tribunes distinctes, proches de la pelouse. Le problème ce sont les putains de poteaux qui sont en plein milieu de la tribune. Avec Monsieur Seafer, on ne voyait pas le rond central (pas très grave aux vues des tactiques de jeu de la League Two, on y reviendra). (Fred-Eric 4/5)

L’AMBIANCE (1,5/5)

Circulez, y a rien à voir.

On est sur du stade typiquement anglais où il y a très peu de chants mais repris par tout le stade. Sauf qu’on est dans le bas du panier à Leyton, on a dû entendre 2 ou 3 chants dans le match. Comme toujours ce sont les supporters Away qui ont donné de la voix (et là on avait un parcage plein de supporters de Port Vale, qui chantaient jusqu’à la 93ème, mais ça aussi on y reviendra). (Fred-Eric vieux routier blasé 0/5)

Comme tout match en Angleterre, c’est avant tout les “away fans” qui mettent l’ambiance” avançait l’ami Dylan, aventurier des stades devant l’éternel et force est de constater que cela s’est vérifié puisque c’est le parcage des gars de Port Vale, plein à craquer qui s’est chargé de faire du bruit. Il y avait aussi les gamins de l’école primaire, placés derrière nous qui ont passé leur temps à geindre, mais c’est surtout parce qu’ils n’en avaient rien à foutre du match et que c’était plus rigolo de nous mettre des coups de pied dans le dos.
Le public local aura néanmoins un peu haussé le volume sur les 10 dernières minutes afin de pousser son équipe vers la victoire. « Come on Orient » (Luke, impressionnable 3/5)

LE MATCH (7,5/5) 

On va pas se mentir, on ne savait pas à quoi s’attendre… Et dans les effectifs, seule la légende jamaïcaine Jobi McAnuff (finalement absent) nous disait vaguement quelque chose… Ah non pardon les deux zinzins que son Dylan et Fred-Eric (seul non horsjeuien de l’escouade) ont pu nous informer que Luke Joyce de Port-Vale était passé par Accrington où il fut même capitaine.
Bref, tout le monde y va de son prono, du 0-0 au 2-4, personne ne voit Leyton gagner, après tout ce sont les promus…

C’est donc tout naturellement que Leyton ouvre le score dès la 4e minute de jeu, d’une tête de Wright esseulé dans la surface et servi par Conor Wilkinson (gardez ces noms en tête, le reste on s’en fout). Le reste de la mi-temps est à sens unique, Port-Vale égalisant à la 23e par Scoot Burgess tout heureux de voir le ballon lui arriver après une action rocambolesque faite de glissades et de déviations. Port-Vale prend l’avantage à la 28e grâce à Leon Legge alors que je regardais sur mon téléphone le classement de la D4 justement. (C’est un ballon repris sur corner)
Le changement de côté des équipes (après un interlude samba des plus dépaysants et un concours de tirs au but impliquant des jeunes de plus d’un mètre 12 à même de mettre de la force dans leurs frappes, prends ça le challenge Orange) est l’occasion d’observer que j’ai le physique pour être gardien de Leyton Orient. Ce qui n’est pas un compliment pour Dean Brill.
On commence à se cailler sévère en tribune mais c’est Port-Vale prend un gros coup de froid quand Wilkinson égalise d’un délicat enroulé à l’entrée de la surface à l’heure de jeu. On précise « délicat » car le gaillard qui dépasse le mètre 90 a plutôt un physique à envoyer des sacoches.
Le match monte en tension, ça tacle franchement à la limite du footanglaicistiquement correct (Big up à George Marsh de Leyton qui prend un jaune pour la balayette la plus gratuite de l’histoire du football). Le public commence sérieusement à pousser. Arrive le moment de la bagarre, qui verra la légende Wilkinson attraper son défenseur par le col et le décoller du sol, littéralement. Le mec fait tellement peur que l’arbitre y réfléchit à deux fois avant d’intervenir. L’instant d’hésitation qui permet au reste des 20 acteurs de se grimper dessus… Pas de débauche de violence excessive néanmoins, surtout de la bousculade, un petit jaune pour l’ami Conor en passant et le jeu reprend. 

Il reste 10 minutes à peine, je commence à expliquer aux copains que je connais le football (j’avais pronostiqué 2-2) quand Port-Vale reprend l’avantage : Jake Taylor s’offre lui aussi son amour d’enroulé en lucarne. 2-3 à la 88e, c’est plié. Merci au-revoir…
A moins que… Au terme d’arrêts de jeu infinis (6 minutes annoncées), ce diable de Wright ne vienne clore la marque comme il l’avait ouverte, d’une tête mais cette fois-ci plongeante, décroisée et des plus spectaculaires).
6 buts, des tacles et de la bagarre. Le contrat est dûment rempli.
Merci messieurs. (Luke 5/5)

On ne s’attendait pas à grand-chose de ce match de League Two, le 21e reçoit le 13e. Nous fûmes surpris. (ndLS purée je viens de dire qu’on ne savait pas à quoi s’attendre Gégé, elle est où la cohésion ?)

Leyton marque de la tête sur la première occasion du match à la 4e. Après une action totalement bordélique et billardesque, Port Vale égalise, puis prend l’avantage 5 minutes après sur corner. La première mi-temps est à l’avantage des visiteurs. La tactique de jeu est simple, les défenseurs récupèrent les ballons et balancent devant. Les milieux de terrain voient la gonfle passer en continu à 20m au-dessus d’eux. Du grand football.

En 2e mi-temps, une frappe magnifique des 20 mètres du 9 de Leyton leur permet de revenir à la marque. Ensuite, après un accrochage dans la surface, ce même numéro 9 (ndLS : mais c’était Wilkinson, j’avais dit de retenir son nom purée), qui fait un bon mètre 90, soulève le défenseur par le col. S’en suit une bagarre générale. L’arbitre veut intervenir mais le 15 de Leyton n’est pas d’accord et lui hurle dessus. L’arbitre recule alors gentiment de deux mètres le temps qu’ils finissent.

A 5 minutes de la fin du match, un milieu de terrain de Port Vale, qui en avait marre de ne pas toucher le ballon, envoie un joli enroulé du droit dans la lucarne opposée. En réaction, les locaux poussent jusqu’à la 90+3ème minute où ils égalisent d’une tête plongeante décroisée. La fameuse douche froide pour les supporters de Port Vale (au propre comme au figuré, vive la météo). (Fred-Eric 10/5)

Les images en mono-camera :

LE POINT GUIDE DU ROUTARD (???/5)

Ecoutez, entre la file d’attente interminable pour la buvette qui se mélangeait à celle des toilettes, la petitesse du lieu (alors qu’on ne pouvait emmener sa bière en tribune et que l’on refusait de boire parqués tels des ultras interdits de déplacement) on a laissé filer la pause gourmande (pour se rabattre sur des sandwiches achetés en zone commerciale auprès d’un fan de Louis de Funès qui nous accueilli avec un “Vive la France mes chéris”, mais c’est une autre histoire), nous n’avons pu tester la buvette. A noter néanmoins, du choix, et notamment un “vegan sausage roll”. N’allez pas croire qu’on fait du prosélytisme mais c’est toujours cool de voir que tout le monde est considéré. 
Après on a pris le train et on est allés boire des coups. (Luke NN/5)

Sur le reste du week-end, on a goûté la crème de la crème de la bouffe locale : le Kebabish, petite boutique de bouffe qui arrive à servir des burgers très moyens avec un ersatz de viande. A tester (si possible tard dans la nuit).
Ou encore le BFC, belle imitation d’une chaîne de fast food connue (celle avec Pierre Ménès), je vous laisse deviner laquelle (pas facile).
Sinon, je ne vais pas revenir sur les spécialités anglaises, vous les connaissez toutes. (Fred-Eric, c’est de la viande ?/5)

Fred-Eric Lobèse et Luke Seafer

Luke Seafer

Fils de Satan, fils du metal, fils de la haine, fils de Cobra.

5 commentaires

  1. Ca va, tranquille Monsieur Seafer, on se tape des vacances en Australie pendant que tout le monde bosse ici ?!

    J’ai même pas lu l’article tellement je suis consterné par votre manière de vivre.

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