La Canebière académie émet des hypothèses (les arrivées)

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Attention : contient un scénario improbable.

Aioli les sapiens,

Suite de tes lectures de vacances : après la rétrospective XXL et l’hommage à ceux qui nous quittent, dressons la liste des recrues et essayons d’imaginer leur avenir chez nous.

Sommaire : DiabyDiarra Ocampos Nkoudou Pelé Rekik Manquillo Zambo AnguissaSarr – MISES A JOUR Michel (21/08) – Cabella (21/08) – Haugan (07/09) – Isla (07/09) – Silva (07/09) – Rolando (07/09) – Détchéyé (07/09)

 

Abou Diaby (Arsenal, libre)

– la belle histoire : Du mois d’août au mois de mai, Abou met la ligue 1 à ses pieds. Infatigable, il règne si bien sur notre entrejeu que Bielsa peut se permettre de faire monter Mendy et Dja Djédjé en ailiers dans un nouveau 3-1-3-3. En février, Marco Verratti se blesse en tentant de le tacler au genou, et se montre indisponible toute la fin du championnat : un boulevard s’ouvre alors vers notre titre de champion, auquel Abou ajoute l’Euro 2016 dans la foulée. Notre milieu de terrain suscite l’intérêt des meilleurs clubs britanniques, mais c’est Arsenal qui le convainc finalement de revenir, pour une indemnité de transfert de 58 millions d’euros. Un cigare à la main, Vincent Labrune savoure ce coup de maître en contemplant le tifo à son effigie réalisé en son hommage par le Virage Sud.

– la sale histoire : Dès l’ouverture du championnat, Abou doit sortir, victime d’une torsion testiculaire à la retombée d’un duel. Une avalanche de messages moqueurs déferle sur Twitter, Facebook, autour des machines à café, dans les spectacles d’Anne Roumanoff. Même le plus constipé des experts comptable dans la plus sinistre entreprise de pompes funèbres lyonnaise s’urine dessus de rire en émettant une plaisanterie sur la fragilité de notre joueur. Jean-Claude Gaudin nomme Bengous adjoint à la culture suite au succès de son sketch intitulé « AbouuuuDiabyrhaaaafragile rhaaat’es un mort rhhhaaaaa tferniker ». Ce 8 août 2015, l’humour est mort.

Rappel.

Lassana Diarra (free like a bird)

– la belle histoire : Si heureux de reprendre le football après un an d’interruption, Lass bouffe en six mois plus de pelouse qu’un chauffeur de la mairie d’Aix dans sa carrière. Ca tacle, ça presse, ça frappe, ça harcèle, si bien que Romao se donne une fracture de fatigue rien qu’en le regardant jouer. Pour la première fois, Bielsa remet en cause son sacro-saint principe du surnombre défensif : la paire Diaby/Diarra est si infranchissable que Nkoulou suffit à gérer une main dans le slip les quelques ballons qui passent. Sparagna et Rekik sont envoyés dédoubler Mendy et Dja Djédjé – déjà repositionnés comme ailiers – dans un nouveau 1-2-3-4. Les tacticiens du monde entier viennent voir cet OM qui révolutionne le football, et le plus beau succès éditorial de 2016 est cet essai de Pierre Ménès : Pourquoi j’ai toujours cru en Bielsa.

– la sale histoire : A court de compétition, Lass se traîne et se démotive à toute vitesse. Lors de ses rares apparitions, il ne dépasse guère le rond central. De partout surgissent des comparaisons drolatiques avec son homonyme et prédécesseur Alou Diarra. Les plus originaux d’entre nous tentent même de combiner ces blagues avec des saillies acérées sur les blessures d’Abou Diaby, avant de se suicider. Avisant le réservoir inépuisable de lol constitué par les milieux olympiens, Vincent Bolloré repasse les Guignols en clair, portés par leurs nouveaux auteurs Stéphane Collaro et Jean Roucas. Dans la même veine, Stéphane Ravier se voit décerner le prix de l’humour politique pour sa petite phrase : « Qu’ils sont cons, ces nègres, quand même ».

 

Lucas Ocampos (AS Monaco, transfert)

– la belle histoire : Pleinement intégré à l’effectif, Lucas s’avère une pièce maîtresse de notre jeu. Son entente avec Michy n’est pas sans rappeler les grandes heures du duo Magnusson-Skoblar à une presse avide d’analogies faciles. Passion, élégance, virilité : cet OM-là devient la coqueluche des Argentins, eux qui croyaient la France condamnée à ne se pâmer que devant les arabesques efféminées de Javier Pastore. Alors que la Provence se raye de ciel et blanc, Maryse Joiassains pète un fusible et se prend pour Eva Peron : la vidéo de la première magistrate chantant Don’t cry for me Aquae Sextiae perchée sur la Rotonde occasionne 650 000 vues sur Youtube et 12 internements d’office à Montperrin, dont le sien.

la sale histoire : Pleinement intégré à un effectif qui n’en a rien à foutre, Lucas se laisse vivre et n’influe en rien sur nos performances. Son absence d’entente avec Michy n’est pas sans rappeler les grandes heures du duo Mendoza-Gimenez à une presse avide d’analogies faciles. Ecoeuré d’avoir été lâché par ses joueurs, Bielsa démissionne et rentre au bled malgré la tentative de débauchage de Jean-Michel Aulas. Définitivement vacciné contre les recrutements exotiques, Labrune rappelle Elie Baup et lui offre un contrat à vie. Ocampos n’accomplit rien de bien jusqu’à sa reconversion dans le tennis-ballon, discipline dont il remporte trois championnats du monde d’affilée.

 

Georges-Kévin Nkoudou (FC Nantes, transfert) :

– la belle histoire : « Marseille, j’y serais même venu à Velaux ». Cette citation de Georges Kévin Ncoudoux montre tout l’attachement à notre club du jeune espoir (prénommé ainsi en hommage à Best et Keegan). Progressant patiemment, il s’aguerrit jusqu’à avoir sa chance de plus en plus souvent en seconde partie de saison. Il joue un rôle de premier plan lors de la ½ finale retour de Ligue Europa contre West Ham, qualifié au titre du fair-play faut-il le rappeler : alors que le match vire à la boucherie, il récolte le 4e carton rouge de la partie après avoir blessé Dimitri Payet d’un tacle de djihadiste. Injurié par la France entière, Georges-Kévin ressoude la communauté olympienne autour de lui. Remontés comme jamais, les supporters mettent un oai monstrueux à Bâle, pour la finale de C3, puis trois jours après à Saint-Denis pour la finale de Coupe de France. En été, la France se foire lamentablement au premier tour de l’Euro mais Marseille s’en bat les couilles, toute à l’euphorie de son doublé.

– la sale histoire : recruté mi-juin et oublié dès le mois suivant alors que toute la sphère olympienne est occupée à se masturber sur les plus improbables rumeurs sud-américaines, Georges-Kevin passe une année à jouer au Puissance 4 avec Doria. Confondant le mercato d’été avec le vide-greniers de Mas-Blanc-des-Alpilles, Labrune le fourgue in extremis au premier Hollandais passant par là en juin. Un an plus tard, l’AZ Alkmaar transfère Nkoudou à West Bromwich Albion pour 25 millions d’euros.

 

Yohann Pelé (FC Sochaux, libre) :

– la belle histoire : débarrassé de ses ennuis de santé, Yohann retrouve l’allant de son début de carrière et convainc Bielsa de lui faire jouer les coupes nationales. L’OM se hisse en finale des deux, au terme d’un parcours jalonné de sept séances de tirs au but victorieuses. Sans remettre en cause la titularisation de Mandanda sur le long terme, Yohann devient le porte bonheur du club, sa joie de vivre contaminant positivement le vestiaire (demandez donc aux Sochaliens ce qu’ils en pensent). Yohann devient ainsi une sorte d’Elinton Andrade 2.0, la drogue en moins et le talent en plus.

– la sale histoire : Motivé et confiant, Yohann place cependant un peu trop d’espoir dans son nouveau club. Mandanda est intouchable, et notre gardien remplaçant s’étiole. En coupe de la ligue, le 1er tour à Niort est un traquenard, et il commet une bourde à cause d’un faux rebond. Discrédité, il tue son désœuvrement en errant à la Plaine. L’atmosphère enfumée de la place Notre-Dame du Mont lui provoque alors une rechute, l’éloignant définitivement des terrains de football. En catastrophe, l’OM recrute l’Algérien Raïs Embolie (ce calembour est l’œuvre de Franck Ripoux, sous vos applaudissements).

 

Karim Rekik (Manchester City, transfert)

– la belle histoire : l’entente avec Nkoulou est immédiate, faisant de notre charnière centrale un véritable broyeur à attaquants. Lors d’un match homérique contre le PSG, le duo place Edinson Cavani en position de hors-jeu à 36 reprises. Le lendemain, l’Equipe place la photo de l’Uruguayen en une sous le titre « Put1 il é tro nul ce baltringue », inaugurant ainsi sa ligne éditoriale consistant à écrire ses articles sur la base des meilleurs tweets de la soirée. Souhaitant éviter de tomber dans la facilité, Karim invente un nouveau style de jeu, le « Rekik and rush » : relance en chandelle de 80 mètres, sprint à la retombée du ballon, reprise de volée. La tentative procure un ulcère à Marcelo Bielsa mais aboutit à un but d’anthologie contre le TFC. Malgré son statut de star, Karim sait rester simple et se contente d’utiliser sa notoriété pour emballer les groupies. Dans les bandes dessinées de Riad Sattouf, Karim apparaît en rival sérieux de Pascal Brutal.

– la sale histoire : la tête encore à City tandis que celle de Nkoulou est à Lyon, Karim ne s’entend pas avec son partenaire, faisant de notre charnière centrale un véritable broyeur à zygomatiques. Relances foirées, duels anémiques, placement postmoderne… En Coupe de France contre Evian, la paire n’arrive pas à prendre une seule fois Gianni Bruno au piège du hors-jeu. La défaite 3-0 signe l’arrêt de mort de notre défense : Labrune conduit lui-même Nkoulou au Novotel de Gerland tandis que Karim est victime d’un mystérieux cambriolage à domicile, avant un transfert non moins mystérieux à l’Espérance de Tunis. La presse est quant à elle, unanime : Doria aurait fait mieux.

 

Javier Manquillo (Atlético Madrid, prêt) :

– la belle histoire : Javier s’avère à Brice Djé Djédjé ce que la cravache est au prisonnier d’Ilsa, tigresse du goulag : une incitation à filer droit. Conscient d’être désormais sur un siège éjectable, Brice cesse de faire n’importe quoi dès qu’il est un tant soit peu en réussite, et s’appuie sur ses bonnes performances pour montrer toujours plus de perfectionnisme. De plus, maintenant que nous disposons d’un autre joueur potable au poste d’arrière droit, le community manager de l’OM est autorisé à demander au public lors de quels matches Djé Djédjé peut être autorisé à tomber la muselière. Résultat : contre Nice, Brice est expulsé sous les acclamations du public pour avoir cassé les jambes de trois adversaires en un seul tacle. Sa suspension de quatre mois fermes lui permet de se reposer tout en donnant du temps de jeu à Javier, pendant lequel l’Espagnol enchaîne les bonnes performances. La qualification de l’OM en Ligue des Champions incite le staff à renouveler cette tactique l’année suivante, nous permettant de disposer d’un latéral droit en pleine forme à chaque moment de la saison.

– la sale histoire : vite renommé Javier Branquillo, le latéral est victime d’un mauvais début de saison. Il n’a que peu d’occasions de se racheter ensuite, Bielsa préférant pallier les suspensions de Dja Djédjé en titularisant Lemina au poste d’arrière droit. Il est rapidement rendu à l’Atlético pour vice de fabrication, puis s’échange au mercato plus souvent que des aimants de frigo Savane dans une cour de récréation ou des morpions aux Horsjeuïades. En 2035, son nom nous permet de jouer aux vieux cons lorsqu’il resurgit à la faveur d’un article So Foot « Au fait, tu te souviens de Javier Manquillo ? ».

 

André-Frank Zambo Anguissa (Coton Sport FC, premier contrat pro)

– la belle histoire : Arrivé avec humilité mais ambition, André-Frank poursuit sa post-formation avec application et persévérance, se faisant un nom dans le championnat de France amateur. Une conjonction d’absences l’amène à disputer un quart d’heure avec l’équipe première à Bordeaux. A la 89e minute, le ballon lui parvient par hasard après un cafouillage sur un corner olympien. Instinctivement, il place une mine sous la barre : l’OM s’impose 0-1. André-Frank retourne ensuite à ses gammes sans rechigner. En 2042, une tempête ravage le Nouveau Stade des Girondins, qui doit être démoli : l’histoire retiendra que Bordeaux n’aura jamais réussi à s’y imposer contre l’Olympique de Marseille.

la sale histoire : Vincent Labrune est réveillé à 3 heures du matin par l’irruption de la « Brigade de répression du trafic de bougnoules et assimilés », unité toute nouvellement créé par décret du Ministère de l’Intérieur. Enlèvement, garde à vue, fouille anale, le natif d’Orléans craque et révèle la supercherie : André-Frank Zambo Anguissa n’existe pas, c’est un nom inventé sur un titre de séjour que se refilent les immigrants clandestins à tour de rôle. « Vous nous avez déjà fait le coup avec Victor Agali, faudrait voir à pas trop nous prendre pour des cons non plus », déclare le procureur.

 

Bouna Sarr (FC Metz, transfert)

– la belle histoire : Bouna affole tant et si bien les défenses de Ligain et d’Europe qu’il est vite surnommé « le nouveau nouveau Waddle ». Son aura est telle qu’une photo en boîte avec Thiago Silva et Marco Verratti n’entame pas sa popularité. Chacun d’entre nous efface ses messages sarcastiques du mois de juillet pour affirmer : « j’ai toujours défendu son recrutement ». Privés d’une source facile de railleries, les Marseillais cherchent alors du côté de la mairie s’il n’y aurait pas quelques pitres certifiés de qui se moquer. Bingo : très vite, les séances du conseil municipal sont retransmises sur Comédie !, puis le Ravi et Marsactu multiplient les ventes à force de révéler les dernières clowneries de nos élus. Cette prise de conscience amène les Marseillais, une fois la rigolade finie, à dégager la fine équipe au profit d’une nouvelle municipalité élue sous l’étiquette du PIIM (parti indépendantiste internationaliste marseillais). Toutes les énergies travaillent en commun au renouveau de la ville, dans un élan mêlant toutes les classes sociales et toutes les origines. Les bateaux de croisière sont renvoyés à Nice, pour faire de la place aux chantiers navals où les conditions sociales d’avant-garde éloignent toute menace de grève. Les cafés associatifs bourgeonnent dans tous les quartiers, les riverains préférant descendre faire la fête plutôt que de porter plainte pour tapage. A Saint-Louis, le roi Bouna inaugure la grande mosquée œcuménique Averroès, d’où affluent l’ensemble des étudiants du monde arabe pour accomplir leurs humanités avant de rentrer au pays mettre leur race aux obscurantistes. Point d’orgue de ce renouveau, l’inauguration à Fos-sur-Mer du Stade Olympique Lux Botté : hôte des JO 2032, cet équipement révolutionnaire construit en paille de chanvre est ensuite reconverti en centrale solaire fournissant la métropole marseillaise en énergie propre et abondante, faisant de la cité phocéenne le phare de la science et de la pensée du 21e siècle.

– la sale histoire : Tout se passe comme prévu : bien que joueur honorable, Bouna est pris en grippe par les supporters qui ne digèrent pas que l’on n’ait pas recruté Gareth Bale à sa place. Il se fait donc pourrir par les virages, mal aidé par une communication malencontreuse (une sale histoire de selfie au restaurant Flammenkueche, qui provoque des menaces d’intégristes massaliotes mécontents qu’il n’ait pas plutôt dîné chez Toinou). Alors que toute l’attention est focalisée sur l’OM, nos dirigeants peuvent tranquillement accumuler les conneries, la dette de la ville atteint l’équivalent du PIB Slovène, un couvre-feu est fixé à 22h sur la Canebière tellement règne le bordel, le FN est à 45%. Mais on reste fiers, ce qui est bien le principal.

 

MISES A JOUR (21/08)

Michel (libre) :

– la belle histoire : Affable, portant beau et apprenant rapidement le français, notre nouvel entraîneur est très vite la coqueluche du monde médiatique… pour deux semaines seulement : invité au Canal Football club dont la ligne éditoriale se résume désormais à une alternance entre calembours sur son nom et vacheries sur Bielsa, Michel craque au bout de 40 minutes et étale Pierre Ménès d’une droite bien sentie. Et c’est reparti pour un tour : controverses, polémiques, éditoriaux, lettres ouvertes… chacun, à propos de l’OM, se remet à parler de tout sauf de football. Libérés d’un poids médiatique désormais assumé par leur entraîneur, les Olympiens jouent sans pression et enquillent les points. A la 34e journée, la victoire acquise à Monaco grâce à un ballon piqué de Romao concluant un triple une-deux avec Dja Djédjé nous offre une avance décisive pour le titre. Le dimanche suivant, le CFC ouvre son émission sur un questionnement innovant : « Michel, génie ou chanceux surcoté ? ».

– la sale histoire : Fier de sa réputation d’entraîneur-communicant, Michel met un point d’honneur à apprendre le français au plus vite. Pour tester ses compétences, il tente d’entamer une conversation sur Twitter avec Benjamin Mendy et Michy Batshuayi. Et là, c’est le drame. Ne comprenant rien au langage de ces deux analphabètes et de leur CM, Michel doute de ses capacités et s’effondre mentalement. Michel vient aux entraînements à moitié ivre, mal coiffé et en habits informes (une amusante méprise l’amène d’ailleurs à être invité sur le plateau du Phocéen.fr en cours de saison). Perdu, l’entraîneur ne s’exprime plus que dans un sabir incompréhensible mêlant français et espagnol, foutant un bordel monstrueux dans l’équipe. Lui aussi au bout du rouleau, Vincent Labrune rappelle Fabrice Olszewski, convaincu que lui seul parviendra à communiquer avec le coach. Filmée par OMTV, la mort de notre traducteur par AVC dans les vestiaires au moment de retranscrire une intervention à l’improviste de Margarita Louis-Dreyfus nous vaut 2,5 millions de vues sur Dailymotion ainsi qu’une condamnation record aux prud’hommes.

Première impression lors de sa présentation sur OMTV : c’est vrai qu’il communique mieux que Bielsa, ce Michel.

Rémy Cabella (Newcastle, prêt) :

– la belle histoire : l’ancien Montpelliérain s’intègre rapidement et devient un n°10 incontournable. Dribbles, passes, buts, Rémy montre tout son talent en même temps qu’un profil de gendre idéal rassurant toutes les ménagères marseillaises. Son sourire s’étale sur toutes les publicités vantant les meilleurs produits marseillais, du Four des Navettes à Brick City en passant par les pompes Farina. La tendance marketing vire au raz-de-marée lorsque les grandes entreprises phocéennes se sentent pousser un élan de patriotisme économique : bien inspirée, Margarita Louis-Dreyfus vend le club à un consortium réunissant la CMA-CGM, le groupe Pernod-Ricard et Airbus HélicobitHelicopters. L’OM devient alors un monstre capable de rivaliser avec les Qataris, à ceci près que les propriétaires préservent le caractère populaire du club : les CSP++ sont encadrées par des CRS en nombre et confinées dans les loges, où elles ne peuvent pas perturber le spectacle. Les porteurs d’équipements aux couleurs de Chelsea, du Real ou du Milan AC sont expulsés manu militari et interdits de stade. Les supporters des virages surpris à ne pas chanter ou pire, à s’asseoir, reçoivent un courrier d’avertissement. Trois ans plus tard, Rémy Cabella soulève la Ligue des Champions, contribuant à la victoire en finale grâce à sa passe décisive pour Eden Hazard.

– la sale histoire : Leurs parcours en sens inverse et une vague similarité d’allure confondent rapidement Cabella et Thauvin dans « l’esprit » de certains supporters. C’est donc naturellement que Rémy succède à Florian comme tête de Turc officielle, essuyant dès le premier match une bordée d’injures et de sifflets totalement gratuits. Désappointé par cet accueil, notre milieu de terrain livre une performance moyenne, qui n’a pour seul effet que de faire redoubler les sifflets, et ainsi de suite à chaque match au Vélodrome. Le coup de grâce lui est donné à l’approche du match contre Montpellier, lorsqu’il est assassiné dans une interview de Louis Nicollin par Pierre Ménès dans Le Figaro littéraire. Oubliant le contrat qui le lie déjà avec le joueur, Newcastle le recrute pour 20 M€. Interrogé sur l’échec de son retour en France, Rémy livre cette analyse : « c’est tous des cons. »

 

MISES A JOUR (07/09)

Eirik Haugan (Molde, transfert)

– la belle histoire : Eirik peaufine sa post-formation en CFA, où il se révèle un excellent joueur. Ses progrès indéniables l’amènent à participer de temps à autre à l’équipe première, dont il devient au bout de deux ans l’un des cadres. Trois ans plus tard, il est transféré en Angleterre pour 25 M€. Et à ceux qui me reprocheraient de n’avoir rien d’écrit d’extraordinaire ces trois dernières lignes, je répondrai qu’ils ne connaissent pas réellement l’OM.

– la sale histoire : Eirik suit le parcours habituel de nos jeunes en post-formation : végétation en CFA, apparitions bouche-trous en Coupe de France le temps de se faire sortir par un club amateur, prêt dans un club improbable, retour pour vice de fabrication, loft, dépression, toxicomanie. Eirik subsiste en prêtant ses traits à la campagne de communication de la mairie du 13-14 intitulée « Les vrais visages de Marseille ».

 

Mauricio Isla (Juventus, prêt)

– la belle histoire : Fort de sa victoire en Copa America, Mauricio draine vers l’OM un nombre accru de supporters en provenance d’Amérique latine. Les belles performances de notre recrue ne font que renforcer l’histoire d’amour entre Marseille et le Chili. Les échanges culturels se développent entre nos deux peuples, amenant tout naturellement cette découverte mutuelle : Gérard Holtz emmerde les uns en juillet avec le Tour de France et ses pièces de théâtre à chier, les autres en janvier avec le Dakar. Nous nous unissons alors pour réaliser cet alliage inédit dans l’histoire des exactions humaines, entre le savoir-faire phocéen en matière de home-jacking et l’expertise chilienne en matière de saut d’hélicoptère sans parachute. C’est ainsi que, sans Mauricio Isla, jamais le monde n’aurait pu être débarrassé d’une nuisance plus coriace que la variole.

– la sale histoire : Présenté comme « infatigable polyvalent » par le site officiel, Mauricio suscite vite la méfiance de supporters nourris au « Tu n’es pas bon à rien, tu es mauvais en tout ». Le « Schpountz d’Antofagasta », comme on le renomme vite, passe derrière Dja Djédjé dans la hiérarchie des latéraux, derrière Romao dans la hiérarchie des milieux défensifs, et derrière la mascotte pour sortir du stade sans se faire jeter des pierres. Prenant ouvertement l’exemple de Cat Stevens, il tente de donner un nouveau souffle à sa vie en se convertissant, changeant son nom en Mauricio Islam. Immédiatement interdit de train et d’avion, Mauricio passe le reste de son existence à faire la manche dans les festivals de punk-à-chien de l’arrière-pays Drômois.

 

Lucas Silva (Real Madrid, prêt)

– la belle histoire : Beau gosse, sympa, pas prétentieux et surtout talentueux, Lucas Silva devient rapidement la coqueluche des supporters olympiens. Alors que son retour de prêt à Madrid s’annonce comme un déchirement, Vincent Labrune brandit une réclamation inattendue : le contrat signé à l’été 2015 consiste en un transfert en bonne et due forme. L’UEFA donne formellement raison à l’OM : le Real a bien coché la case « transfert » dans l’outil de traitement informatisé, et Vince-le-filou s’est bien gardé de leur signaler l’erreur.

« Avec le recul, c’est vrai qu’elle est bizarre, l’asso qu’on a choisie pour donner des cours du soir à Florentino. »

– la sale histoire : Malgré toutes ses promesses, Lucas n’est jamais aperçu sur le terrain. Pis, l’on finit par découvrir qu’un sosie kosovar se faisait passer pour lui aux entraînements et sur le banc de touche. Mis sur le coup, la DCRI et Tracfin retrouvent la trace du vrai Lucas Silva à Saint-Barthélémy, où il travaille comme gogo-jardinier à la villa Balkany. Une fois remontée, la filière aboutit aux sociétés Mondial Sport Management et Doyen Sport, qui s’avèrent en réalité des agences de placement de personnel de maison par le truchement d’emplois fictifs dans les clubs de football, les collectivités territoriales étant définitivement trop surveillées.

 

Rolando (FC Porto, transfert)

– la belle histoire : Le « Colosse du Cap Vert », comme l’a nommé le site officiel – après avoir longtemps hésité avec « Le dépeceur d’enfants de São Vicente » – se fond tout de suite dans l’effectif olympien, son faciès de psychopathe dissimulant mal des qualités humaines exceptionnelles. Si le dimanche il occasionne des fractures tibia-péroné à ses adversaires rien qu’en leur souriant, il s’investit tout le reste de la semaine auprès des enfants marseillais. En partenariat avec les Cap-Verdiens de Noailles, il aide d’ailleurs à remonter le Festival du Soleil : lors de la soirée de clôture, la population en liesse investit le tout nouvel hôtel de luxe des Feuillants, le vide de ses parasites friqués et le transforme en centre socio-culturel.

– la sale histoire : Rolando peine à convaincre, et se voit prêté dès l’hiver au SC Bastia. Dès la première rencontre, l’arbitre couard Anthony Gautier est victime de convulsions en croisant son regard dans les couloirs de Furiani. Malgré leurs protestations, les Corses sont exclus d’un an de toute compétition nationale pour délit de contexte. Cette injustice ne fait qu’aggraver le sentiment de persécution de ce peuple, qui se replie dans l’insularité jusqu’à régresser progressivement au rang de la bête, un peu comme dans L’Île du Docteur Moreau. Rolando, lui, disparaît jusqu’à ce qu’un cinéphile retrouve sa trace sur Nanarland, dans le rôle-titre d’Analrapist zumbies from outer space.

Invasion Los Caillols, starring Roiddu Pipo.

 

Paolo De Ceglie (Juventus, prêt)

– la belle histoire : Le succès footballistique et esthétique du beau Paolo est fracassant (du moins quand il s’abstient de son sourire sadique à la Richard Kiel). Si sa capacité à fluidifier les muqueuses féminines d’un seul regard lui vaut le surnom judicieux « d’hygromètre du Val d’Aoste», sur le terrain, Paolo n’est pas en reste non plus. « Laboure-moi comme tu as labouré van der Wiel » s’exclament les supportrices – et quelques supporters – à l’issue d’un classico où Paolo fait subir au Néerlandais un traumatisme footballistique particulièrement sévère.

– la sale histoire : Indépendamment de ses performances, Paolo est d’emblée pris en grippe par les Marseillais, lassés de se faire donner des leçons de prononciation italienne par des snobs eux-mêmes infoutus d’articuler « Cassis » ou « Luberon » correctement. Par dérision, « détchéyé » entre dans l’argot du Stade Vélodrome comme synonyme de « tout pourri », « mal branlé », « moisi » ou « délabré ». Hélas, les performances de Paolo ne font rien pour contredire cette mode, et des travées du stade descendent les « HO PAULO, T’ES DETCHEYEEEE AAAARH ». En fin de saison, déconfit mais gardant de la suite dans les idées, Paolo est transféré au Stade Rhéné.

 

Mise en situation : « Ho Paulo, qu’est-ce que tu te la pètes, là, il est tout détchéyé, ton tir. »

Bises massilianales,

Blaah.

12 thoughts on “La Canebière académie émet des hypothèses (les arrivées)

  1. Il me semble que c’est un Sofitel, à Gerland.

    Le Novotel est à Bellecour.

    C’est peut-être pas très pertinent, j’en conviens.

  2. Du très très bon, mais faut être d’ici pour tout piter !!!
    Bravo Blaah t’es le meilleur

  3. Tu es en forme, ça fait plaisir. Je pense également qu’après Mamad, Bouna peut-être notre prophète 2.0

    Par contre, Dimitri en demi-finale d’Europa League, je n’y crois pas une seconde. On prend West Ham en poules et on leur met une volée aller retour.

  4. Je veux voir un Rekik’n rush…
    Merci pour ce bon moment, à l’heure où d’autres se volatilisent sous prétexte de vacances (chômeurs et vacanciers, on aura tout vu). Je vois 5 belles histoires sur 9 se concrétiser. Pour les autres, on serre fort, faut pas que ça sorte.
    PS: « la fine équipe »… attention à l’attaque copyright, les temps sont durs pour tout le monde.

  5. Faut quand même bien avouer que sans mon calembour, ce papier n’aurait pas la même saveur. Vous dites ? Meilleur ? Oui, peut-être…

  6. Bouna Sarr sauvant le monde, c’est fabuleux, et je peux pas m’empêcher d’y croire un peu quand même. Encore bravo

  7. Franchement trop naze la vanne sur le PIB Slovène, ca sent le mec qui savait plus quoi dire a la fin

  8. On nous parle beaucoup de Michel, ok. Mais quelqu’un a des news de Jacquie? Dans tous les cas, je sens que c’est encore l’OM qui va se faire enfiler!

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