Nancy-Rodez (1-1) : La Chardon à Cran académie ne veut pas lâcher.

À l’heure où la déflagration mondiale guette, et je ne parle pas de climat, une bataille de première nécessité fait rage entre les tribunes et les instances bureaucratico-staliniennes qui régissent le football en macronie : suivant le lancement de la mode par Nancy (en quel autre lieu un tel bourbier aurait pu prendre sa source ?), chacun se met à provoquer l’autre. D’un côté officiels, arbitres et bientôt ministres et même la communauté LGBT elle-même subit banderoles, chants et invectives à placer entre le fumet d’une miction féline toute fraîche et le niveau intellectuel d’un climatosceptique vendéen. De l’autre côté, d’ineptes baudruches répondent à l’aide de tweets et de postures fameuses, alimentant par leur seule cuistrerie l’escalade à la connerie.

À ma droite, « provocations », « second degré », avocat sympathisant de la cause des supporters se livrant sur les plateaux télés à des contorsions dignes du porno early-2000 pour expliquer ce qui est homophobe ou pas selon le Dalloz qu’il vient de se sortir du fondement (oups) – mais on attend toujours de voir vos diplômes en homophobie, hein.

À ma gau…encore plus à droite, interruptions de match, fermeture de tribune, menaces de sanctions toujours plus cruelles comme regarder des matchs du FC Metz commentés en néerlandais ou écouter Marlène Schiappa prononcer le nom de Karl Marx avec Hanouna qui rigole de son cheveu sur la langue en fond sonore, la ligue et ses potes s’ébat dans son petit uniforme de flicard excité par des documentaires d’Historia sur le IIIe Reich et inflige des punitions que l’on ne trouverait peut-être pas illégitimes si elles n’étaient pas exactement les mêmes que celles qui sont appliquées dans des cas de craquage de fumis ou de déplacement interdits.

Chacun persuadé d’avoir mieux saisi le problème que les autres y va de son commentaire et dans l’avalanche tempétueuse de déclarations toutes plus intelligentes que les autres dans ses petites interfaces Twitter et sur C News, on trouve des contre-feux évoquant le Qatar et un complot bien alambiqué contre les ultras, des félicitations à l’arbitre idoine pour avoir appliqué le règlement, la cause-juste-oui-mais-vous-la-discréditez, des rappels à la loi…et tout ceci jusqu’à la nausée tandis que les résultats de vos clubs sont nazes et votre gouvernement à chier mais c’est pas grave, continuez à faire de l’esprit et à surtout NE PAS ECOUTER NI DONNER LA PAROLE AUX PREMIERS CONCERNÉS, ce serait, il est vrai, bien fatigant.

À Nancy, où règne un esprit bien plus élevé que les autres, on a encore vu le match être interrompu suite aux provocations émanant de nos tribunes, œuvres de nos cerveaux les plus affûtés. À tel point que c’est Rousselot lui-même qui est venu tenter de juguler un peu les chants, sentant que le couperet allait tomber. Nos supporters « apolitiques » (droite) les plus virulents l’ont bien affirmé : pas question de modifier les chants et en substance l’homophobie est un problème dont on n’a rien à cirer dans le football. Alors les Messins sont toujours des pédés, si t’es d’accord tape dans tes mains, mais c’est pas homophobe puisque c’est la tradition d’être méchant entre adversaires. Vu ?

Ben oui mais les gens, on va finir par vraiment perdre des points à cause de vos conneries sans avoir à attendre que nos joueurs fassent de la merde, et quand ce seront les spectateurs voir les supporters qui vous accompagnent d’habitude en Piantoni sans pour autant embrasser votre lutte de haute importance qui demanderont à ce que vous soyez évincés du stade, faudra retenir ses larmes, hein.

Dans cette histoire, un peu de positif au moins : cela ne nous laisse pas énormément de temps et d’espace pour parler de la bouillie informe que des circonstances obscures nous ont présenté comme du football ce vendredi soir. Peut-être que la demi bouteille de gin n’y était pas pour rien non plus, mais quelque chose de franc et qui ressemble à de l’honnêteté mal placée nous expose tout de même qu’on a encore joué comme des carpettes contre un promu, selon notre bonne habitude de s’imposer avec l’autorité du lémurien face aux têtes accumulatrices d’abattage.



Les notes

Valette 3/5
Il encaisse encore un but mais sur celui-ci, il ne peut pas grand chose. Le reste de son match est plutôt convaincant, avec notamment de bonnes sorties aériennes bienvenues pour faire souffler une défense qui peine à trouver sa stabilité depuis le début de saison.

Karamoko 3/5
Étonnamment à l’aise dans les petits espaces, on l’a vu broder un peu sur son côté, combiner avec aisance, jouer les footballeurs qu’il n’était pas et continuer à inspirer peur et dédain à ses adversaires, qui s’appliquent donc à passer par l’aile opposée pour lancer leurs occasions et marquer.

El Kaoutari 2/5
Pas plus respecté par ses adversaires sur le pré que par ses supporters lorsque mission lui a été confiée d’aller faire taire les importuns lors de l’interruption de match, il a souvent été dépassé, laissé sur place, en retard. On le sait serein, dans l’anticipation, on espère qu’il ne confond pas cela avec de la flemme ou qu’il espère secrètement que des adversaires comme Rodez vont le considérer avec la commisération que d’autres réservent aux anciens champions de France. Il y en a un qui a essayé, un gardien. Il est bien vite rentré à Montpellier.

Coulibaly 2/5
Il dépannait à un poste qui n’est pas le sien, ce qui devrait nous forcer à l’indulgence. Que l’on se détrompe : bien loin de ses performances totalement insipides sur le côté, il a semblé vouloir mettre du piment dans nos vies et du fil à retordre dans celle de Garcia en sortant une performance plus qu’honorable. Reste que l’on aurait sûrement crié au génie s’il n’était pas directement responsable sur le but de Rodez, sa grande carcasse battue de la tête.

Néry 2/5
Lui c’est le côté qui pose problème, parce qu’il y a toujours un problème, un peu comme quand vous avec un ordi qui tourne sous Windows et un I-Phone ou l’inverse. Ses centres sont les plus nuls jamais enregistrés depuis le début des statistiques mais eh, il est là pour combler les brèches et il le fait sans rechigner, et puis surtout il a le mérite incomparable d’avoir tenu Vincent Muratori éloigné du terrain pendant au moins 75 minutes.

Nguiamba 2/5
Toujours discret comme un petit pois chiche au fond de la poêle se sachant perdu dans les grains de riz, sa place déjà réservée aux revenants, au futur. Le retour de la sauce Maggi va faire mal.

Rocha 3/5
Encore une grosse activité pour celui à qui on craignait de se faire bolosser par toute la Ligue 2 comme un vulgaire Jonathan Iglesias vu son physique. Il lui a manqué un peu de justesse technique, ce qui est un constat global, donc sans dire qu’il est notre leader technique, on peut dire qu’il était moins à chier que le reste. J’ai rien compris à ce que je viens d’écrire.

Bertrand 3/5
Agile en diable balle au pied, capable de donner à un simple contrôle la délicatesse d’une amitié entre un homme et son obersturmführer dans un film de Yann Moix, il est aussi celui qui est capable de marcher sur ses lacets au moment de dribbler et d’adopter la vision du jeu d’un Steevie Wonder coaché par Arsène Wenger dans des instants fragiles auxquels personne ne pense quand il vient à Marcel-Picot. Dans le trouble, il donne le centre de l’égalisation, ce qui lui vaut bien la moyenne.

Cissokho 3/5
Il virevolte. Il chevauche pieds au vent. Il élimine, puis rélimine, puis en élimine un autre et frappe. Il baisse la tête, se retrouve comme par enchantement 25 mètres plus haut, la balle toujours au pied. Il lève la tête et quelqu’un fait de la merde avec le ballon. Il en a marre d’être entouré de chèvres. Il se blesse et sort.

Vagner 2/5
Le coup de la panne ? On a connu avec d’autres petits jeunes à belle touffe de cheveux. Son prénom était Vinni, et Garcia ne l’aime pas, contrairement à nous. Mais ceci est une autre histoire. On peine à croire en définitive que la mega star de la Ligue 2 se soit subitement muée en un paillasson à crampons pour prises à deux musclées. La trêve lui fera du bien (en espérant que le Cap-Vert ne joue pas des matchs à Petaouchnok contre des sélections de bouchers).

Dembélé 1/5
On espère que le spectacle lui a plu en première période. En deuxième aussi, d’ailleurs.


Note artistique de l’équipe : 1/5

Entre le contenu lamentable des matchs, les scénarios dignes des boulards allemands de RTL9 qui ont charpenté ma vie sexuelle dégénérée, l’ambiance dégueulasse qui baigne notre stade et le football français en général, on ne vit pas nos meilleurs instants en ce moment. Des facteurs extérieurs sont cependant à l’œuvre : blessures en pagaille, groupe en reconstruction, arrivée d’un nouveau coach.

Pour tout dire, ça ne semble pas si catastrophique que cela compte tenu des données premières. Au moins n’a-t-on perdu que peu de matchs, même si deux points qui s’envolent contre un promu à domicile nous provoquent des aigreurs proches du prolapsus.

Des temps meilleurs reviendront peut-être, ou peut-être qu’on est sur un fil. Peut-être que l’accident à Sochaux n’en est pas un et que le programme qui nous attend est du même tonneau. Peut-être que résister vaillamment à des clients à la montée pour se faire exploser par des moyens et se faire damer le pion par des médiocres n’est pas réellement ce qu’on attend d’une équipe dont la place est en Ligain. Peut-être qu’un petit chauve à bedaine nous manque. Peut-être que vous êtes tous homophobes jusqu’à ce que j’en aie décidé autrement.

Marcel Picon.


N’oubliez pas d’appuyer sur les boutons ci-dessous. Ce sont les deux mêmes, mais on a écrit des choses différentes dessus pour vous faire sentir libre, ce qui est faux : vous êtes condamnés, autant que nous. Nous le sommes tous, c’est l’Éditeur qui l’a dit.

Marcel Picon

Ras le cul de toutes ces conneries.

8 commentaires

  1. Merci pour cette crotte de nez négligemment lancée à la face de l’avocat spécialiste du respect des supporters mais pas de celui des homosexuels.

  2. Mais attendez, je m’interroge… Etant d’obédience Messine, pédé et nazi ce serait pas incompatible ? Les livres d’histoire semblent tout de même aller dans ce sens.

    • Je pense que rien n’est réellement incompatible avec le nazisme, à moins d’être de mauvaise foi ou antisémite (mais tout cela est quand même vachement démodé). Le nazisme post moderne se décline à toutes les sauces, c’est ce qui fait sa force.

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