Catania – Juventus (0-1) : La Bianconero Académie livre ses notes
Michel Platini et la mort du football
Prenez quelques erreurs d’arbitrage, humaines au demeurant. Ajoutez-y des journalistes qui excellent dans l’art du pompier-pyromane. Saupoudrez de tifosi décérébrés. Ne laissez surtout pas reposer. Et vous obtenez une théorie du complot à l’italienne. Michel Panini se contre-fiche des discussions arbitrales, elles sont l’apanage des nazis du football. Bergessio aurait dû marquer, Bendtner était hors-jeu. Les dirigeants de la Juve auraient été inspirés d’arborer profil bas dans leurs commentaires, mais pas se fouetter en place publique non plus comme réclamé par ceux qui aiment à surfer sur le scandale.
SUL CAMPO DI CALCIO
Vingt premières minutes à l’avantage de la Juve. Les visiteurs s’appliquent à la construction du jeu, et alternent entre verticalité pour passer d’une surface à l’autre, et phases de préparation grâce aux remises de Vucinic. Mais si les actions sont bien amorcées, la mise en situation de but s’avère difficile, Catania adoptant une ligne de défense basse et les espaces dans les couloirs étant réduits. La Vieille Dame s’en remet à des frappes en dehors de la surface, et trop rarement à des tentatives à l’intérieur de celle-ci. Puis interviennent cinq minutes au cours desquelles les Siciliens s’activent. Les hommes de Rolando Maran décident d’aspirer le trio du milieu afin exploiter l’espace laissé par les déplacements de Vidal. Une première fois, sans conséquence, puis sur une action qui exploite désorganisation collective et défaillances individuelles. A la suite d’un corner, le chilien sort au pressing, les joueurs de Catania combinent et écartent côté droit où Pirlo essaie de coulisser. Lichtsteiner, encore dans la surface suite au coup de pied de coin, c’est Chiellini qui se présente face à Marchese dans son couloir, mais il est en retard et le premier peut centrer sans adversité. Son centre termine sur le poteau, mais Bergessio conclut, et après 40 secondes de délibération, le corps arbitral annule le but, à tort. Les Bianconeri reprennent le contrôle du match, et la seconde période débouche sur une succession d’occasions. Les lignes des insulaires se distendent, la fatigue aidant, Vidal ouvre le score suite à une frappe de Bendtner repoussée par Andujar, mais le Danois était légèrement hors-jeu. La fin de match perd en intensité, il n’y aura pas de but supplémentaire en dépit des tentatives de Bendtner et de Giovinco.
OSSERVAZIONI
- Les attaquants ont marqué 6 des 20 buts de la Vieille Dame, ce qui pourrait être rédhibitoire en Ligue des Champions.
- A titre indicatif, Catania n’a plus gagné contre la Juventus depuis 1964.
- Les commentateurs de la chaine Canal plus ont parlé d’un « très bon match » de Pogba. Promotion plutôt qu’information.
- Le président de Catane a raison, la fin de l’arbitre maison en Sicile, c’est vraiment la « mort du football ».
VALUTAZIONE
Buffon 3/5 : fêtait son 500e match en championnat, et hormis quelques ballons aériens à capter, il a joué en smoking pour l’événement.
Barzagli 4/5 : incorruptible en terre sicilienne, il prend tout de la tête, là où les étrangers prennent tout en pleine tête d’habitude. Ses anticipations sont tranchantes et il a été brillant lorsqu’il s’agissait d’allonger le jeu.
Bonucci 4/5 : n’a pas les courbes délicates de la poitrine de Malena Costa, mais il est redoutable dans ses amortis. Un match maitrisé, entaché par un coup d’épaule aussi gratuit que malintentionné sur Bergessio.
Chiellini 4/5 : alter-ego vicieux de Barzagli, il joue toujours autant le ballon que le joueur, notamment sur les phases de jeu arrêté. Voltigeur défensif et rampe de lancement offensive.
Lichtsteiner 2/5 : Stefan a failli inventer le but contre son camp en coup du scorpion du dos. Décevant offensivement. Où es-tu ? Quand tu es côté droit ? Débordes-tu ? Seulement deux ou trois fois.
Vidal 4/5 : a profité des espaces entre les lignes en seconde période pour accumuler les déboulés balle au pied. Marque un but, mais n’est pas loin du doublé. Sa fougue lui fait défaut, et les Rossazzurri ont su l’exploiter en marquant ce but refusé. Néanmoins, étant donné son match, il y a prescription.
Pirlo 4/5 : ouvre le champ des possibles tel un biscuit Lu. Même sous pression, d’un contre-pied il parvient à décocher une ouverture fulgurante. En libéro du milieu de terrain, il a ratissé les sorties de balles hasardeuses des joueurs de Catania.
Pogba 3/5 : en difficulté à chaque collision comme un habitué de PES découvrant FIFA. Prometteur, mais décevant ensuite, entre contrôles ratés (il n’a pas valorisé les services de Vucinic) et frappes non cadrées. Il doit s’insérer davantage entre les lignes, et user de la profondeur comme Marchisio, car lorsque ce fut le cas, il délivra un bon ballon à Bendtner en fin de match.
Asamoah 2/5 : prévisible au possible dans ses tentatives de débordement. Il ne passe plus son adversaire direct comme en début de saison, mais ferme bien son couloir en phase défensive.
Bendtner 2/5 : le pion qui venait du froid n’a pas réussi à révéler son talent de génie incompris à la face du monde. Le grand flamby a des idées, mais n’a pas les moyens de sa politique. Frappes trop courtes, et contrôles trop longs.
Vucinic 2/5 : est décisif à la construction, à défaut de l’être à la finition. Si Pirlo peut verticaliser à sa guise, c’est parce qu’il trouve en Mirko et ses décrochages – remises, le point d’appui adéquat. En revanche, il doit marquer sur la déviation du grand blond.
LA RISERVA
Giovinco : s’est procuré deux occasions. Une pour faire briller Andujar, une autre qui termine au-dessus à la 91e minute.
Caceres : entré à la 89e.
Padoin : entré à la 90e.
Tout est décidé avant par les francs maçons.
Même les académiciens jouent à qui atteint le point godwin le plus vite maintenant?
Quel point Godwin ?
Gianluigi Buffon Est le Plaisir !
Bendtner, ce génie incompris.
« Michel Panini se contre-fiche des discussions arbitrales, elles sont l’apanage des nazis du football. »