Oh la grosse crise. Tottenham 3-1 Real Madrid

« Au jour des grandes crises, la fièvre des idées est salutaire »

Holà les muchachos,

Rien ne va plus à Madrid. On ne va pas se mentir, parce que les amis ne mentent jamais, tout est parti en couille, le jour où j’ai commencé à écrire ici. Entre un début de championnat raté, les blessures qui se succèdent et la Catalogne qui file à l’anglaise, la Merengue Académie cumule. A l’heure où le Real pointe déjà à 8 points du Barça en Liga, le premier déplacement de son histoire à Wembley chez une équipe dont le jeu est loué dans toute l’Angleterre, faisait figure de grand examen. Le constat est sans appel : Madrid est malade. Complètement malade. Euh.

La composition choisie par Zidane est classique et plutôt cohérente sur le papier. Mais ce 11 madrilène est en fait celui d’une équipe amputée de nombreux titulaires : Gareth Bale, Raphael Varane Dani Carvajal, et Keylor Navas manquent toujours à l’appel. Pareil pour Mateo Kovacic. Achraf, Nacho, Casilla et Isco sont donc appelés à la rescousse. Zidane répare, bricole, colmate, tout ce que vous voulez. Mais le sourire affiché est en réalité celui du plombier. L’entraineur français fait avec ce qu’il a, et si le banc du Real Madrid a longtemps été considéré comme l’un des meilleurs au monde, les départs de Morata et James ont, qu’on le veuille ou non, changé la donne.

Tout ça nous donne un 4-3-3 qui sur le terrain ressemble plutôt à un 4-4-2 avec Benzema et Ronaldo tout seuls devant. Si seuls…

 

El partido :

Les merengues abordent la rencontre tout de noir vêtu en cette fête de la Toussaint. Vivement le 11 novembre, qu’on sorte le treillis.

D’entrée de jeu, Madrid pose le pied sur le ballon tandis que les hommes de Mauricio Pochettino pratiquent un jeu très direct. Une opposition de style qui tourne nettement à l’avantage de Tottenham qui se procure les meilleures situations. L’ouverture du score intervient à la 26e minute par Dele Alli à la suite d’un très beau mouvement entre Pif, Paf et Poum. Au ralenti on s’aperçoit que Paf alias Trippier est hors-jeu. Je vous vois venir :

Quoi Sergio tu oses te plaindre de l’arbitrage ? Mais c’est l’hôpital qui se fout de la charité !

Je vous l’accorde. Et puis l’action est tellement limpide que le but mérite franchement d’être validé. Sans parler des 4 défenseurs madrilènes qui escortent gentiment l’attaquant anglais jusqu’à son face à face avec le gardien. Même si le Real va réagir dans le dernier quart d’heure de la première période, ce sont bien les Spurs qui mènent à la pause. Tottenham 1-0 Real Madrid (27’). La révolte attendue en deuxième mi-temps n’aura pas lieu. Ni tactiquement, ni collectivement, ni individuellement. Dele Alli fait l’amour à Casemiro au milieu de terrain qui se retrouve les quatre fers en l’air dans un remake de « coupe toi les ongles et passe-moi le beurre ». Sergio Ramos lui, tient la chandelle et dévie la frappe dans son propre but. Habile, tout ça ! Tottenham 2-0 Real Madrid (56’).

Les Spurs continuent leur marche en avant et assènent le coup de grâce sur un contre emmené par Dele Alli, décidément dans tous les bons coups hier soir. L’attaquant anglais lance Harry Kane sur la droite qui remet délicieusement dans l’axe pour Eriksen. Le Danois ne laisse aucune chance à Casilla. Tottenham 3-0 Real Madrid (65’). Une action qui n’est pas sans rappeler le temps ou la BBC caracolait sur ces mêmes phases de jeu…

Le Real aurait même pu prendre une valise si Alli, encore lui, n’avait pas manqué le triplé en fin de match. Mais Madrid a eu le mérite de ne jamais lâcher et d’y croire jusqu’au bout. Une abnégation récompensée puisque Ronaldo réduit le score en fin de match. Tottenham 3-1 Real Madrid. (80’). De quoi entrevoir une incroyable remontée ? Négatif. Simple baroud d’honneur d’une bête blessée.

Quoi qu’il en soit, même si le Real est une équipe mal en point, Wembley a assisté hier soir à l’acte de naissance européen du trio Kane-Alli-Eriksen. La KAE. Ouais, c’est sur ça sonne moins bien que la BBC ou la MSN. C’est même imprononçable ! Je vous laisse chercher un blaze digne de ce nom. Parce que si Tottenham continue à jouer de cette manière, il faudra sans doute se pencher sur la question…

 

Las notas :

Kiko Casilla 2/5 : Un bon gardien aurait été capable d’anticiper le centre sur le premier but. L’espace d’un instant on a cru que Kiko nous avait sorti un arrêt. Mais c’est bien la main de Sergio Ramos qui repousse la frappe de Harry Kane (40’). Rendez-nous Keylor.

Achraf 2/5 : Son premier contact avec le très haut niveau a été difficile. Sans doute le Madrilène qui a le plus souffert. Mais il ne s’est jamais caché et a couru comme un dératé sur son côté droit pour proposer des solutions offensives. Très courageux sa part.

Nacho 2/5 : Sur le premier but, il a autant de sang sur les mains que le gardien. Et le sang, dieu sait que ça tâche. Heureusement qu’on ne jouait pas en blanc. Bordel Nacho ne te gêne pas pour passer devant l’attaquant la prochaine fois.

Ramos 3/5 : Soirée animée pour Capitaine Sergio. D’abord solide dans ses duels avec Kane, puis malheureux sur le deuxième but des Spurs. Jalousé en fin de match par Moussa Dembélé qui visiblement avait envie de se frotter à plus fort que lui. Une minute de plus et le Belge aurait eu le droit à un tacle « appuyé » au niveau des deux genoux. Qu’on ne t’y reprenne plus !

Marcelo 1/5 : Le symbole d’une équipe en fin de cycle. Quand il s’agit de faire n’importe quoi et de donner tout pour l’attaque comme le Real a tenté de le faire en deuxième mi-temps, ça il sait faire. Mais jouer le rôle du latéral classique qui défend avant d’attaquer ça il n’aime plus. Arrête ton cirque, Marcel.

Casemiro 1/5 : Le bulldozer brésilien avait oublié de sortir ses chenilles. Il a fini sur le cul dès le premier duel ce qui est assez rare pour le signaler. Son tacle dans le vide sur le second but londonien est à (ne pas) montrer dans toutes les écoles de foot.

Kroos 1/5 : Trop propre, trop bien coiffé, trop facile. C’est comme s’il avait eu peur de se salir. Je m’occupe de la lessive si c’est ça le problème. Et puis ses petites passes courtes qui ne servent à rien c’est plus possible. Pareil pour celles de 40 mètres qui arrivent systématiquement dans les bras du gardien.

Modric 2/5 : J’ai un petit faible pour le joueur je l’admets. Certes sa prestation n’est sans doute pas à la hauteur du grand footballeur qu’il est, mais on a senti que l’étincelle pouvait venir de lui. Bon ok elle n’est jamais venue. Remplacé par Théo Hernandez 81’ qui s’est distingué par un beau centre directement en tribune.

Isco 2/5 : A l’image de son équipe il a été décevant. Il n’a pas apporté le soutien nécessaire dont Ronaldo et Benzema avaient besoin et n’a pas été assez percutant quand il en a eu la possibilité. Remplacé par Mayoral 74’ qui s’est montré directement en étant impliqué sur le but de Ronaldo. Peut-être aurait-il fallu le faire rentrer plus tôt ?

Benzema 2-/5 : Notre Karim national s’étonnait cette semaine que Fifa l’ait fait « pourri ». A aucun moment il n’a été en mesure de véritablement inquiéter Lloris et son jeu de remise n’a pas non plus pesé. Ça fait trop peu, d’où peut être la carte toute « pourrie ».  Même s’il est vrai que son milieu de terrain l’a complètement abandonné. Tu vaux mieux que ça, Karim. Remplacé par Asensio 74’ qui lui aussi s’est signalé d’entrée…

Cristiano Ronaldo 3+/5 : Le meilleur Madrilène hier soir. Courage, force et robustesse. Un joueur obsédé par la victoire qui ne lâche jamais rien. Il a laissé entendre après le match que son équipe était meilleure l’année passée. Aie aie aie. J’ai bien peur qu’il ait raison.

Loin de moi l’idée de « Bruuuuuler ce queeeeeeeeee l’on adoooore » mais cette équipe du Real a besoin de changement, c’est indéniable. Hier le triangle d’or Casemiro-Kroos-Modric longtemps clé de voûte du 4-3-3 madrilène double vainqueur de la Ligue des champions a été méconnaissable. Même constat pour Marcelo qui n’y est pas depuis le début de la saison. Le plus dur est à venir pour Zidane. Il trouvera les solutions.

NB : Vous aussi vous le voyez le venir le PSG-Real en 1/8e de finale ? Hihihi. Rendez-vous en février.

Hasta luego

Sergio Jamón

9 Comments

  1. Quand tu compare sur action une action similaire ce que fait Casilla sur le premier but, et ce que fait Lloris sur une action similaire en seconde, tu peux penser que la vraie différence entre les deux équipes c’est le gardien…

  2. Sergio Jamon est un bel homme. Tottenham, c’est pas Gijon, c’est pas Valladolid, mais sur ce que j’ai vu, j’ai l’impression que le Real les a bien aidé à se faire fesser.

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