OM-Amiens (2-1), La Canebière académie clôt

Au terme d’une soirée sans miracle, nous achevons le championnat à une quatrième place méritée. Une saison satisfaisante ? Sans aucun doute, à condition de tenir les promesses qu’elle a fait naître. Le plus dur commence…

Aioli les sapiens,

Une qualification en Ligue des champions aurait fait gagner un temps fou au Projet®. La direction juge que notre absence de cette compétition n’a rien de rédhibitoire d’un point de vue financier ? soit. Sportivement parlant, il est évident que la « petite » coupe d’Europe nous sied davantage. Avant de tirer le rideau sur cette saison interminable et riche en émotions, la première analyse ne retient que la victoire, et de victoire il n’y a pas eu. Le cœur ne remplit pas une armoire à trophées et, comme nous le disions au soir de cette défaite en finale de coupe d’Europe : félicitons cette équipe, remercions-la de tous les beaux moments qu’elle nous a apportés mais, qu’on y prenne garde, cet amour n’est pas acquis. L’OM de Bielsa avait également conclu une saison aussi riche d’embrassades que pauvre en palmarès : on sait ce qu’il est advenu la saison suivante, comme l’on sait les mornes suites des finales européennes de 1999 et 2004.

Rien n’est acquis, Messieurs les dirigeants, Messieurs les joueurs. Soyez sages de garder à l’esprit que vous avez fait naître cette année l’énergie la plus terrible qui puisse animer Marseille : l’espoir. A tous les niveaux du club, votre progression devra se poursuivre et, compte tenu des niveaux que vous venez d’atteindre cette saison, il ne vous restera plus pour seule juge que la victoire.

 

L’équipe

Mandanda

Sarr – Kamara – Rolando (Zambo Anguissa, 78e) – Sakai

Lopez – Luiz Gustavo

Thauvin (Amavi,87e) – Sanson Ocampos

Mitroglou (Germain, 71e)

Le carton rouge reçu par Mandanda à Guingamp est annulé par la LFP, qui oblige par ailleurs l’arbitre à copier 100 fois et à tous les temps « je dois apprendre mes directives arbitrales et ne pas siffler n’importe quoi ». Rami, lui, est toujours suspendu : la charnière Kamara-Rolando permet à Luiz Gustavo de reprendre place au milieu. Sakai est préféré à Amavi, Lopez à Zambo Anguissa, Mitroglou à Germain et, enfin, Sanson prend place en meneur de jeu en l’absence de Payet.

 

Le match

Libres de tout enjeu sportif et surtout venus pour visiter Marseille en bermuda et en tongs, les Amiénois nous laissent tout le loisir de récupérer les ballons dans leur camp et de développer nos attaques. De notre côté, une victoire est impérative pour qu’un mauvais résultat de Lyon face à Nice puisse nous hisser sur le podium. Cette motivation, bien aidée par l’absence de hargne adverse, nous permet de vite concrétiser. Kamara enchaîne récupération à 30 mètres, dribble et petite passe de l’extérieur pour démarquer Sanson, qui contrôle et allume le gardien (1-0, 10e). Huit minutes de domination totale plus tard, Thauvin centre pour Ocampos, seul, qui place une tête repoussée par Gurtner. Mitroglou a suivi et marque facilement (2-0, 18e).

Simultanément, Nice ouvre le score à Lyon et nous laisse rêver à une soirée grandiose. L’OM baisse le rythme, en espérant qu’à la différence des Guingampais la semaine dernière, nos adversaires comprennent bien que leurs vacances ont commencé. Sévèrement sermonné après le but encaissé jeudi, Mandanda se prévient quant à lui de toute relance dans l’axe. Cette fois-ci, ce n’est donc pas une passe, mais un missile qu’il expédie à Sanson en ratant son dégagement sur un bête pressing. Morgan ne peut pas contrôler, et le ballon échoit à Konaté pendant que Kamara traîne et couvre le hors-jeu : « bis repetita mes couilles », comme dit l’adage (2-1, 30e).

Après avoir offert ce but, l’OM repart timidement de l’avant, mais c’est Amiens qui est tout près d’égaliser dans le temps additionnel. Notre milieu laisse Gakpé être servi une main dans le slip pour tirer de l’entrée de la surface, une tentative que Mandanda détourne d’une fort jolie claquette.

A la pause, si tout va pour le mieux d’un point de vue comptable, notre avance accuse une fragilité regrettable, face à une équipe pourtant pas venue pour se surpasser. C’est pourquoi nous attaquons la seconde période au taquet, à peine perturbés par l’annonce de l’égalisation lyonnaise. Dominateurs, nous nous faisons plaisir à coups de tirs enroulés et de petites tentatives de lobs, mais cette pignolade n’a qu’une seul effet : nous faire approcher de l’heure de jeu avec un totale de 24 tirs contre 2 pour une avance au score d’un seul but. Pressé de ne pas rater le before à la Maronaise, Ramon Thomas Monconduit s’éclipse prématurément, par le truchement d’une semelle de porc sur Lucas Ocampos : carton rouge, et l’OM passe les 35 dernières minutes à 11 contre 10.

Un frisson fugace nous saisit en apprenant qu’Amiens se réorganise par l’entrée de Matthieu Bodmer. Toutefois, la crainte de voir un ancien lyonnais nous la mettre une nouvelle fois s’éclipse aussi vite qu’elle est apparue, en voyant la terreur entrer sur le terrain lestée de trois mentons et sans doute une bonne dizaine de kilos surnuméraires. Je ne sais pas, peut être l’entraîneur lui a-t-il dit que Mandanda cachait derrière son but un pot de beurre de cacahuètes, c’est une source de motivation comme une autre après tout.

Bref, Amiens ne nous inquiète pas. Ce qui est un tout petit peu plus irritant, c’est cette propension non démentie à tirer à côté du but, et surtout ce second but lyonnais qui vient porter un rude coup à nos espoirs de podium.

L’entrée de Germain à la place de Mitroglou, pour intéressante qu’elle soit, ne nous fait pas gagner en efficacité. Tout au plus offre-t-elle l’occasion à l’arbitre de nous priver d’un pénalty, quand Valère subit un cravatage en règle de la part de son défenseur. Le dernier quart d’heure se déroule sur un faux rythme, encore davantage plombé quand Rolando s’effondre suite à un appui anodin, victime semble-t-il d’une blessure au tendon d’Achille.

Nous toujours imprécis, Amiens de plus en plus résigné : l’intérêt de ce match le cède à l’attente du résultat des lyonnais. Ceux-ci aggravent le score mais se font reprendre dans la foulée, avant qu’un crétin astronomique ne lance en pleine tribune la rumeur d’une égalisation niçoise. Le stade gronde d’une joie vite démentie : nous finissons bel et bien quatrièmes de Ligue 1 pendant que – du moins je l’espère – l’indélicat farceur finit nu et fouetté dans les chiottes du Vélodrome.

 

Les joueurs

Mandanda (2+/5) : Un bel arrêt pour un but donné, et une fin de saison en forme de gros point d’interrogation.

Sarr (3/5) : Une performance sobre. D’un autre côté, après avoir débuté la saison en se faisant chier dessus par tout ce que la planète foot compte de médias, Canebière académie comprise, Bouna a fini élu dans l’équipe-type de la Ligue Europa : à mon avis, il s’en fout un peu, que nous lui donnions une note moyenne pour son match contre l’Amiens SC.

Kamara (4-/5) : Une regrettable couverture de hors-jeu qui vient rappeler tout ce qu’il lui reste à apprendre. Ceci dit, il a maté du Picard pendant tout le reste du match, passe décisive à la clé.

Rolando (3+/5) : L’homme-parpaing, mur sur lequel s’écrasent les attaquants et lanceur de moellons de 15 sur chaque ouverture longue. Foudroyé par une blessure dont on espère de tout cœur qu’elle n’est pas si grave qu’elle en a l’air.

Zambo Anguissa (78e) : Cette fois-ci t’as pas été drôle, Erzulie.

Sakai (3+/5) : Honorable conclusion pour Hiroki, qui va pouvoir désormais se consacrer à une Coupe du Monde pour laquelle nous lui souhaitons le meilleur (en l’occurrence, un carton rouge dès le premier match et une élimination prématurée du Japon, ce qui lui permettra de vite regagner la Provence frais et dispos pour la nouvelle saison).

Luiz Gustavo (4/5) : Au milieu, définitivement au milieu. Quand on peint la beauté de Cléopâtre, on lui place le nez au centre du visage et pas sur son cul, nom de nom.

Lopez (3/5) : Petit matelot, vaillant à la tâche mais sans responsabilité pour guider le navire. Il va falloir faire le nécessaire pour monter en grade, moussaillon.

Thauvin (3+/5) : Toujours percutant, mais il lui faudra recommencer à simplifier son jeu à l’approche de la cage au lieu de faire le paon en parade nuptiale devant le gardien ou les défenseurs.

Amavi (87e) : Le temps d’un débordement plein d’énergie pour finir sa saison sur une note d’espoir.

Sanson (4-/5) : A l’inverse de Florian, Morgan a remisé au placard ses émois de pucelle pour aller droit au but dès la 10e minute. Un bon enchaînement contrôle-lourde sous la barre, l’essentiel est purgé et on verra pour les sentiments une autre fois. Ah, il y a aussi ce contrôle raté sur le dégagement raté de Steve, mais j’imagine qu’à ce rythme les joueurs cesseront un jour d’être surpris.

Ocampos (4-/5) : Cette saison, les adversaires directs de Lucas Ocampos ont été tellement harcelés qu’ils auraient pu monter ensemble les marches du Festival de Cannes.

Mitroglou (3/5) : Un but pour nous rappeler ce qu’est un avant-centre qui réussit, et une énorme occasion expédiée au-dessus de la barre en toute sobriété, pour rappeler à Clinton Njie qu’un avant-centre peut aussi rater des occasions sans pour autant se croire obligé de mimer une loutre qu’on démembre.

Germain (71e) : Bon, il a toujours la réussite de François Hollande, mais au moins il cadre.

 

L’invité zoologique : Gaël Kakutatatoès

D’un abord mignon et séduisant, le cacatoès est en réalité une vraie tête de con, doublée d’un animal à la voix de crécelle. Ce n’était donc pas forcément l’invité approprié pour parler de notre adversaire du soir, mais ce jeu de mots me paraissait d’une telle beauté formelle que je n’ai pas pu m’empêcher de le placer. Après tout, c’était le moment ou jamais de faire tomber quelques barrières, et ce ne sont pas les Amiénois qui me contrediront.

– Les autres : Touristes.

– Le classement : Pas de miracle donc, dans une course au podium où les points nous avaient échappé en maintes autres occasions.

– Les réseaux : ton dromadaire préféré blatère sur Facebook, et sur Twitter. A l’unanimité du jury, Blaah remporte le concours zoologique. Le vainqueur du classement général sera prochainement annoncé sur Facebook.

Bises massilianales,

Blaah.

Blaah

Dromadaire zoophilologue et pertuisien. Idéal féminin : à mi-chemin entre Scarlett Johansson et Maryse Joissains.

7 Comments

  1. Bonne vacances l’ami.
    Merci pour toutes ces bonnes akad qui nous ont remonter le moral, fais rire et ont partager nos peine et nos espoirs.
    En espérant te retrouver l’année prochaine.
    B.A

  2. gustavo c’est au milieu, je vous l’avais dit.
    merci pour cette fantastique saison d’académies blaah !

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