OM-Salzburg (2-0) : La Canebière Académie fait un grand pas

Les ingrédients du succès ? D’abord la solidité, ensuite l’efficacité, et enfin une bonne grosse dose de chatte quand les deux premiers font défaut.

Aïoli les sapiens,

Au stade, en ville, et partout sur la planète où battent des cœurs bleu et blanc, c’est un élan refréné pendant de trop longues années qui s’est remis à accompagner notre club vers les rêves et les exploits qui font sa grandeur.

Nous offrir un tel printemps après le piètre début de saison – que l’on se souvienne des deux confrontations contre ces mêmes Autrichiens – est certes la marque de progrès louables. Pour autant, en France comme sur le continent, le Projet® n’a pour l’instant rien acquis qui lui permette de passer un été serein : tout gagner ou tout perdre, mais vibrer et s’enthousiasmer quoi qu’il arrive, l’OM nous offre la promesse d’une fin de saison entre apnées nerveuses et slipomètre en furie. Avant de nous inquiéter rapidement du bête déplacement à Angers qui nous attend dimanche, savourons donc les quelques instants de sérénité que nous procure la belle victoire du soir.

 

L’équipe

Pelé

Sarr – Rami – Luiz Gustavo – Amavi

Lopez (Njie, 59e) – Sanson

Thauvin (Germain, 80e) – Payet – Ocampos (Zambo Anguissa, 52e)

Mitroglou

Sakai blessé contre Lille, Rolando encore juste physiquement, c’est avec un Luiz Gustavo replacé à l’arrière que Garcia entame ce match. Conformément à la tendance récente, Lopez et Sanson sont par conséquent alignés au milieu.

 

Le match

La soirée s’ouvre sur des tifos qui mériteraient, sans exagération aucune, de disposer d’une place éternelle au musée du Louvre, quitte à en dégager une ou deux croûtes au passage. L’entame de match est moins aérienne, surtout marquée par les duels de deux équipes appliquées à ne pas commettre d’erreur.

A ce jeu, l’OM ne peut guère initier d’action offensive sans que l’un de nos joueurs se trouve rapidement savaté par l’adversaire. L’accumulation de fautes est fatale aux Autrichiens quand, sur un énième coup-franc obtenu par Ocampos, Payet adresse le ballon au second poteau. Le gardien sort comme Gilbert Montagné un jour de grève des labradors, et Thauvin peut reprendre à bout portant d’une tête ratée se transformant en combiné front-genou-main du plus bel effet. Sur le terrain, personne ne bronche, et même parmi les quelques esprits chagrins croyant déceler une faute de main au douzième ralenti, peu sont suffisamment gonflés pour qualifier le geste d’intentionnel : le but est bien évidemment valable et validé (1-0, 16e).

Dans la foulée, l’OM oppose un important pressing aux sales zbourgeois, mais pèche trop souvent dans la dernière passe pour se procurer d’autres occasions. Parvenant rarement à sortir de notre emprise, les Autrichiens se procurent cependant une paire de tirs : aucun dégât au final, mais l’état de nos sous-vêtements est sans équivoque, quant au danger qui nous guette en cas de relâchement de nos joueurs.

Dès la reprise, l’édifice olympien vacille sévèrement : Ocampos doit sortir sur blessure, juste avant que Maxime Lopez ne se trouve à deux doigts de concéder un pénalty : la bienveillance arbitrale laisse l’action se poursuivre, donnant à Yohann Pelé l’opportunité de réaliser la raie de la soirée d’une magnifique claquette.

Les temps sont durs, mais il ne faudrait pas oublier que, pendant la semaine qui a précédé le match, André-Frank Zambo Anguissa ne s’est pas contenté de beurrer des tartines. Dans son réduit de la Commanderie, il a longuement, patiemment, sans cesse invoqué la déesse Erzulie. Enfiévrée et passionnée, la déesse vaudou s’est prise d’affection pour Marseille et quand elle a fini par apparaître devant André-Frank, nue comme à l’accoutumée, elle a enlacé son protégé un peu plus fort que d’habitude et lui a susurré ces mots réconfortants :

– J’ai cru comprendre que tu réclamais ton sort de titularisation éternelle pour une grande occasion, cette fois-ci, mon petit André-Frank ?

– Mprfrfff, a répondu le Camerounais, peinant à se dégager des seins généreux collés à son visage.

Non, non, ne dis rien, je vais te faire le grand jeu. Tu vas voir ce que tu n’as jamais vu.

– Je vais être titulaire, alors ?

Non, mais Lucas Ocampos va se blesser, et tu entreras avant l’heure de jeu.

– C’est honnête.

– Attends, je t’ai dit que j’irais loin pour toi, laisse-moi donc finir. Tu verras ton équipe bénéficier d’un arbitrage favorable. Pas injuste, car je suis une déesse intègre, mais favorable.

– C’est fantastique, déesse.

– Et aussi, comme je t’aime, je vais faire en sorte que ma bénédiction rejaillisse sur les tiens : tu vas voir Clinton Njie entrer en jeu. Et il réalisera un enchaînement contrôle-passe sur son premier ballon.

– C’est possible, ça ? Enfin, sauf votre respect, vous avez beau être une déesse, il y a des choses qui…

– Oui c’est possible, homme de peu de foi, et pour te prouver ma grandeur, sache que ton ami Clinton poursuivra alors son action, et que Payet le retrouvera dans la surface, et qu’il marquera alors, après un bon contrôle, d’un plat du pied parfaitement assuré.

– Mfrppfr. Si André-Frank a de nouveau suffoqué, les paroles d’Erzulie en sont cette fois-ci les seules responsables. Et ce soir, malgré toute la foi qui l’anime, c’est avec une certaine incrédulité qu’il voit le scénario se dérouler devant lui jusqu’à cette 63e minute. Et pourtant, il faut y croire (2-0, 63e).

Embellie inespérée au cours d’une seconde mi-temps où les joueurs semblent payer leurs efforts de début de rencontre, ce second but est un trésor dont chacun convient de se contenter. Notre défense s’en sort de belle manière, y compris pour rattraper des pertes de balle plutôt contrariantes des joueurs offensifs. Néanmoins, c’est une nouvelle fois Erzulie qui, fière de montrer qu’avoir touché Clinton Njie par la grâce n’a pas épuisé ses ressources surnaturelles, se charge d’expédier sur le poteau une reprise sale-zbourgeoise que n’importe qui aurait cru gagnante. A force d’abnégation et de solidarité, l’OM se débrouille malgré tout pour passer un dernier quart d’heure plutôt serein, si ce n’est une dernière intervention de Rami cataloguée « ça peut se siffler comme ça peut ne pas se siffler » dans le temps additionnel.

 

Les joueurs

Pelé (4/5) : Les pieds palmés, un envol laborieux, une certaine majesté dans les airs : Yohann n’a jamais autant mérité son surnom d’albatros.

Sarr (4+/5) : Les Autrichiens auront découvert qu’en marseillais, Wolfgang Amadeus se dit « Bouna Sarr ».

Rami (4-/5) : Sévèrement privé de la fin du championnat, il met un point d’honneur à emmener son équipe uriner sur l’immeuble de la LFP. Ou à défaut sur le stade de l’OL, ce qui revient plus ou moins au même.

Luiz Gustavo (4+/5) : Même les adversaires qu’il tacle tombent amoureux avant d’avoir mal.

Amavi (3+/5) : Irréprochable du début à la fin de la rencontre, enfin prêt semble-t-il à niquer toutes les mères nécessaires dans le sprint final.

Lopez (3-/5) : Honnête partition. Quant à son intervention litigieuse, voyons-y un heureux présage : et si, pour une fois, nous étions dotés de ce que l’on nomme trivialement « la chatte du champion » ?

Njie (59e, 5/5) : Inscrit le second but grâce à cette si fameuse lucidité, ce sang-froid qui est depuis toujours sa marque de fabrique (ce que nous avons d’ailleurs constamment écrit dans cette chronique).

Sanson (4/5) : Vous vous rappelez quand on le trouvait trop frêle pour s’imposer au milieu de terrain ? Eh bien pour les Autrichiens également, c’est un temps qui paraît très lointain.

Thauvin (3/5) : Un bon début de match ponctué par son but habituel, avant de se révéler plus lessivé qu’un euro dans une campagne de Nicolas Sarkozy.

Germain (80e) : Joue les utilités à droite, sans grand relief.

Payet (4/5) : Une première mi-temps intéressante, une seconde bien plus éteinte. Ah, et deux passes décisives en demi-finale de coupe d’Europe également, mais c’est seulement si l’on tient vraiment à entrer dans les détails.

Ocampos (3+/5) : Un apport défensif qui s’est fait sentir, en creux, lorsqu’Amavi a dû plus ou moins se débrouiller seul après sa sortie. Peu de faits d’armes si ce n’est d’avoir obtenu le coup-franc amenant le premier but.

Zambo Anguissa (52e, 3+/5) : De la même manière que le plombier dans un porno, son intervention est toujours un succès à condition qu’elle ne se produise pas trop tôt dans le film.

Mitroglou (2/5) : De la même manière que le punk à chien importune les passants en attendant un hypothétique ticket-restaurant, Kostas a pesé sans relâche sur la défense en attendant un hypothétique ballon de but.

L’invité zoologique : Moanes Dabouc

Animal du diable, dont l’odeur méphitique annonce l’arrivée du Malin et la perversion de tout ce qui vous est cher, le bouc – le Red Bouc comme on l’appelle aux enfers – est bien l’invité approprié pour évoquer avec moi ce que la firme au breuvage immonde apporte au football. Voici donc ses observations :

Les autres : Inférieurs bien des niveaux, mais valeureux et tout à fait capables de renverser la situations si seulement ils avaient eu un peu plus de réussite. Comme des français en coupe d’Europe en quelque sorte.

Bonus histoire ancienne : Pour mesurer le chemin parcouru cette saison, voici en bonus les deux académies des matchs de septembre et décembre contre ces mêmes sales zbourgeois.

Les réseaux : ton dromadaire préféré blatère sur Facebook, et sur TwitterJohny Kreuz remporte le concours zoologique.

 

Bises massilianales,

Blaah.

Blaah

Dromadaire zoophilologue et pertuisien. Idéal féminin : à mi-chemin entre Scarlett Johansson et Maryse Joissains.

2 Comments

  1. tu es dur avec salzboure, c’est vraiment une bonne équipe (3 très bons joueurs : l’arrière droit et les deux milieux défensifs).
    Fin de saison à suspense : qui de paillette, tovin ou bounasare aura le ballon d’or après le doublé europaligue/coupe du monde ?

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