Bordeaux-Dijon (3-1): la Scapulaire Académie entre aujourd’hui et demain

Vingt-septième match de la dernière chance. Comment cela, ce n’est pas un record qui compte?

Bordeaux-Dijon, un samedi à 20 heures, cela a de la gueule,non ? Bon, ce n’est pas l’affiche de l’année mais c’est une rencontre importante tout de même. Poyet a en effet prévenu: une victoire et la lutte pour l’Europe se fera jusqu’au bout alors qu’un autre résultat enterrerait les derniers espoirs et laisserait place à la préparation de la saison prochaine . Pour encourager les joueurs à donner le maximum mais aussi pour privilégier l’intérêt commun, le coach a su glisser qu’il voulait des hommes prêts à se surpasser contre d’autres équipes que Paris et qu’il comptait ne garder qu’une dizaine de joueurs actuels.

Il a sondé son groupe en ce sens:

« Les gars, depuis mon arrivée, je vous ai bien observé. Je commence à réfléchir à la saison prochaine et pour savoir qui garder, j’ai voulu me baser sur certains critères: la technique, le physique et le mental. Eh bien, je ne suis pas beaucoup plus avancé et il a bien fallu trouver autre chose. Du coup, qui aime le maté?

– Nous sommes footballeurs, coach… On aime tous mater!
– Merci pour cette remarque pleine de bon sens, Otavio. Je parlais du maté, une boisson de chez moi.
– Ici, à Bordeaux, la tradition est le ballon de rouge.
– Marius, je m’adresse aux joueurs.
– Le pinard et le camembert, c’est leur seule gloire à ces tarés!
– Monsieur Sagnol, vous n’avez rien à faire ici. Veuillez partir, s’il vous plaît. Où en étais-je?
– Vous parliez du maté, coach.
– Merci Jules. Oui, le maté. Qui pour me citer ses vertus?
– …
– Personne? Bon, Fernando, peux-tu leur expliquer?
– Cela augmente la réactivité et les capacités de concentration. Mon ancien coéquipier Cavenaghi en était fou.
– La veine cave de qui ? C’est pas un truc qui te ramène la merde aux poumons?
– Non, François. C’est la chicha, ça (rires).
– Younousse, j’avoue que c’était drôle mais je demande un peu de sérieux. Tiens, Max, tes lacets sont défaits. Et Valentin, arrête de chatouiller Malcom! Il s’en fout de ce qu’on dit mais toi, tu pourrais te montrer intéressé.
– Moi, je vous écoute, coach.
– Je sais Jules, je sais. Bon, ne faites pas attention à ce que je viens de vous dire, faites de votre mieux contre Dijon, on en reparlera… Euh, Paul?
– Il s’est endormi, coach!
– Oui, Jules. J’ai vu ».

Alors que l’on évoque la saison prochaine et d’éventuelles retouches de l’effectif, nous ne savons toujours pas qui aura l’honneur d’être l’heureux propriétaire des Girondins de Bordeaux. Les investisseurs américains ne semblent pas avoir les fonds nécessaires (ce qui est un comble). Ils veulent gagner du temps, donc de l’argent et Nicolas de Tavernost laisse planer le doute quant à la volonté du groupe M6 de rester dans le capital du club. Cela ne serait possible qu’avec l’arrivée de nouveaux actionnaires, la chaîne ne voulant plus mettre la main à la poche. Les rumeurs vont bon train: on a parlé d’un patron, le père de Rudolf,  « qui a tout compris » et d’Afflelou, ce qui a ravivé des souvenirs à certains. Ce dernier a vite démenti, il ne veut pas faire une Tapie. Et Daniel Hechter? Euh, sérieusement?

Les Boxers de Bordeaux, c’est en hockey-sur-glace, Daniel.

Il n’y a finalement rien d’autre à faire à part attendre et espérer que l’on ne se trompe pas en faisant confiance au boss actuel.

La composition:

Poyet a reconduit les joueurs qui avaient réalisé un bon match contre Paris, en dehors de Braithwaite, suspendu et remplacé par Laborde. Les jeunes devront encore attendre et Baysse n’est pas dans le groupe par manque d’investissement. C’est décidément un mal récurrent qui touche tout le club.

Costil (c)

Sabaly    Koundé    Pablo    Poundjé

Plasil

Lerager          Sankharé

Malcom                                  Kamano

Laborde

Le résumé:

Le match:

La première occasion a lieu sur le but de Costil. Ce n’est pas une alerte digne de Jacques Rousselot, notre capitaine n’a pas eu besoin d’un supplément d’adrénaline pour repousser le corner rentrant de Sliti. Bordeaux se montre dangereux à son tour. Malcom trouve Laborde qui remise pour Sankharé, qui tire à côté. La minute suivante, Kamano récupère le ballon aux vingt mètres, tente d’accélérer entre deux défenseurs mais est ralenti par un tacle. Il réussit à frapper mais bute sur Reynet. Le ballon revient sur Laborde qui tente un tir en pivot. Il était plus proche du danseur de breakdance réalisant une coupole que du renard des surfaces réussissant un geste de pur attaquant…

Et le ballon dans tout ça, Gaëtan?

Les Girondins mettent de la pression mais gâchent encore. Laborde et Malcom sont trop courts sur un centre de Kamano et ce dernier trouve le petit filet extérieur après une frappe enroulée. Les relances dijonnaises sont fébriles. En même temps, avec une « Yambedebois » en défense, comment cela pourrait-il en être autrement? Sur un ballon récupéré, Plasil donne dans l’axe à Kamano. Il percute en entraînant quatre adversaires et son tir repoussé revient sur Sankharé. Plat du pied, sécurité, il conclut dans le but vide. Retour du goleador Sankharé (1-0, 25e)!

Bordeaux se procurera deux occasions par l’intermédiaire de Kamano qui ne trouve pas le cadre et de Laborde qui voit son tir dévié en corner. Le dernier quart d’heure de la première période verra les Bourguignons tenter d’égaliser. Sliti enrhume trois défenseurs avant de frapper mais Costil a la main ferme. Quel bel arrêt! J’en mets la main dans mon slipi, c’est ferme aussi, mais ça n’influencera pas la suite de la rencontre. Notre gardien va ensuite donner une leçon au petit Kwon, qui s’était échappé de la défense sans en avoir demandé la permission. Poundjé, qui s’y connait en seconde chance, décide de lui en donner une, et manque complètement une remise pour son gardien. Le lob de l’attaquant passera à côté. Incorrigible…

Les hommes de Poyet mènent à la pause. Les intentions sont bonnes mais il ne faut pas se méprendre, la qualité du jeu n’est pas comparable avec celle proposée face aux Parisiens. Le déchet est trop important.

La seconde période débute par l’égalisation dijonnaise. Après une longue séquence de possession du ballon, les Girondins repassent par l’arrière, jusqu’à un contrôle manqué de Sankharé. En voulant réparer son erreur, il touche Sliti dans la surface et dans le même temps, Koundé manque son tacle. Le penalty sera transformé par Sliti lui-même (1-1, 52e). Se faire reprendre de la sorte, c’est plus que rageant!

Comme souvent cette saison, la moindre contrariété nous coupe les pattes. On ne parvient plus à mettre un pied devant l’autre mais nos artéritiques vont finalement reprendre leur marche en avant par la grâce d’une opération réussie par Poyet. Malcom est remplacé par Lewczuk, nous passons à trois derrière et deux devant. Les latéraux auront pour mission de prendre au maximum leur couloir. Ce que fait Poundjé quand, d’une passe sans contrôle, il lance Kamano dans la surface. Le Guinéen obtient un penalty et se fera justice lui-même (2-1, 72e).

Deux minutes plus tard, Sankharé récupère le ballon. Il envoie Kamano en profondeur. Il est percuté par Reynet à quarante mètres des buts adverses mais l’arbitre ne siffle pas et le sourire des deux hommes fait plaisir à voir.

Sur un débordement de Lerager (!), les Marine et Blanc obtiennent un corner. Malcom et Plasil ayant rejoint le banc, Poundjé s’apprête à le frapper. Là, on se dit que Poyet a de l’humour… Nous n’avons pas le temps de réaliser qu’il l’a finalement bien tiré que le ballon se retrouve au fond des filets, après avoir été boxé par Reynet sur la tête de Rosier (3-1, 81e)!

Il ne se passera plus grand-chose dans les dix dernières minutes, Bordeaux l’emporte!

Bordeaux reste à l’affût

Les notes des 33:

Benoît Costil (4/5):
Des arrêts déterminants, un jeu au pied de qualité: que demander de plus ? Un but concédé sur penalty, il ne peut pas tous les stopper.

Youssouf Sabaly (3/5):
Le système utilisé par Dijon avait pour but d’amener du monde sur les ailes et c’est ainsi qu’il s’est retrouvé avec Rosier à sa hauteur. Malcom n’a rien fait pour lui ôter cette épine du pied. S’il n’a que peu participé aux attaques, il a géré son côté.

Jules Koundé et Pablo (3/5):
Une fois encore, je ne souhaite pas les dissocier, tant ils forment une paire de toute beauté.

Désolé, Paul. Ce n’est pas contre toi mais le bon et la brute étaient déjà pris.

Maxime Poundjé (3/5):
Prestation très correcte de sa part. Sérieux et appliqué, sauf sur une remise hasardeuse pour Costil qui aurait pu coûter cher. On ne se renie pas comme cela, du jour au lendemain…

Jaroslav Plasil (2/5):
Il a pris une semaine en six jours et à son âge cela n’est pas anodin. Sans cela, il aurait pu apporter plus de maîtrise technique. Il est néanmoins à l’origine du premier but. Afin qu’il puisse se reposer, Méïté a pris sa place, sans montrer qu’il méritait plus de temps de jeu.

Lukas Lerager (2/5):
Il avait placé la barre tellement haut lors des derniers matches qu’on en attendait énormément. Il a moins régné sur le milieu mais il a joué à un poste hybride de « relayeur droit » en fin de rencontre. Il a essayé de déborder, ça n’était pas toujours académique mais cela démontre qu’il est voué au collectif.

Younousse Sankharé (3/5):
Il a ouvert le score sur un ballon repoussé par Reynet. Je suis ravi d’avoir à nouveau senti ce goût si spécial de ses buts! Ce n’est pas ce que vous croyez, bande de pervers. C’est juste que j’aime les milieux qui savent la mettre au f… Oh et puis merde, pensez ce que vous voulez. Il avait en tout cas beaucoup de choses à démontrer dont son sentiment d’appartenance aux Girondins (cela expliquerait son erreur technique à l’origine du penalty concédé).

Malcom (0/5):
Énième performance indigne de son talent. Il n’a fait aucune différence balle au pied, étant incapable de remporter le moindre duel. Et n’a que peu participé au travail défensif. Nommé dans la catégorie « meilleur espoir » aux trophées UNFP (Union de Naturalisation de Futurs Portugais), il a toutes les chances de remporter les suffrages et d’intégrer un jour la Selecção plutôt que la Seleção. Lewczuk l’a remplacé après l’heure de jeu, l’équipe passant à trois derrière.

Comme d’autres avant lui, Malcom est prêt à tout casser pour défendre ses couleurs. Peut importe lesquelles.

François Kamano (4/5):
Mon cœur le remercie pour cette performance, il a été essentiel dans l’acquisition des trois points. Ma tête lui en veut un peu, j’avais pris l’habitude de le charrier. A moins que ce ne soit le contraire.

Gaëtan Laborde (1/5):
On l’a vu au début, sur deux offensives. Et puis plus rien. Je parle de sa saison, là.

En face: Kim Dijon Un

Les rouges sont réputés pour amener une menace constante. Ils ont travaillé leurs attaques et font peur à beaucoup de monde. Mais une fois privés de munitions et en l’absence d’artilleurs capables d’envoyer des missiles, ils retrouvent leur statut de petit État. Surtout lorsque leur défense risque de prendre l’eau à tout instant. Ils ont fini par déposer les armes face aux Occidentaux.

Pour conclure:

A trois journées de la fin du championnat, les Girondins entretiennent l’espoir d’une qualification européenne. Ils accusent six points de retard sur les Verts, qu’ils rencontreront le weekend prochain (vous pourrez vous délecter de l’académie offerte par Kiki). L’Histoire bégaie: ce sera encore un match à quitte ou double, on en a l’habitude. Une victoire et la pression augmenterait sur nos adversaires. Une défaite et nous auront deux matches pour préparer la saison prochaine. Une saison qui verra le retour de Diego Rolan, son transfert à La Corogne ayant capoté. Il se dit que ce ne serait que le temps de trouver un autre club. Je pense que la présence de son compatriote Poyet pourrait bien l’inciter à rester… Après tout,pourquoi pas? Il doit aimer le maté.

A bientôt.

Nausée Savajicl

 

Nausée Savajicl

Nausée Savajicl (50% Vosgien, 50% Arcachonnais, 100% Bordelais) Vosgien issu de l’immigration girondine, j’aime surfer à la Moselle et faire du patin à glace sur la jetée Thiers. Mais surtout j’aime les Girondins car parfois, leurs matchs me paraissent beaucoup plus longs que l’hiver de par chez nous.

2 Comments

    • Merci beaucoup pour le compliment! C’est le plus joli que j’ai reçu depuis le jour où, après une échographie, l’obstétricien a dit à ma mère qui m’attendait que son fils était petit mais pas de partout.

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