Granville- Bordeaux (2-1 AP): La Scapulaire Académie creuse encore

Si avec tout ça, M6 ne produit pas le remake de six feet under…

2018. Non pas les jours séparant les Girondins de leur dernière victoire, mais la nouvelle année, celle qui devait nous amener sur le podium ou en finale de la Coupe Moustache à la maison. Enfin, celle qui risque surtout de nous faire plonger en Ligue 2… Mais avant de nous projeter, réalisons un petit retour en arrière.

20 décembre 2017. Dernier match de la phase allée, réception de Montpellier, défaite 2 à 0 et une quinzième place au championnat avec seulement un point d’avance sur le barragiste.

Le lendemain, réunion au Haillan, en présence du meilleur entrepreneur de France, Nicolas de Tavernost:

« Jocelyn, les supporteurs veulent ta tête… Mais vu la conjoncture actuelle et le cours de la vie, je vais attendre les soldes de janvier pour savoir si je peux trouver un coach au rabais. En attendant, je te garde.

– Merci boss! Quand j’ai vu une vague de supporteurs débouler l’écume aux lèvres, j’ai senti la houle déferler, j’ai vraiment eu peur. Je peux encore redresser la barre et réaliser le sauvetage du club, merci pour votre confiance! »

L’annonce de la nouvelle n’a pas tardé à arriver:

« Chers journalistes, chers supporteurs. Monsieur Martin et moi-même, le meilleur proprio du monde, nous vous annonçons que Monsieur Gourvennec reste l’entraîneur des Girondins. Après une mûre réflexion, on s’est dit que c’était la meilleure solution. Il connaît le club, en plus, il maîtrise le vocabulaire marin et on est à Bordeaux il ne faut pas l’oublier. Et puis, ça va être Noël, j’ai autre chose à foutre que de chercher un appart’ pour un nouvel entraîneur, j’ai pas encore fait mes courses pour le réveillon. Et grâce à l’économie réalisée par son non-licenciement, nous pourrons recruter un défenseur central et un attaquant! Youpi, c’est extra, souriez, de quoi vous vous plaignez ? Bon maintenant, je vous laisse avec Nicolas De Préville, qui a bien des choses à se faire pardo… euh à raconter »

Un court échange eu lieu entre les deux hommes:

« Nico, comment j’ai été?

-Comme toujours, patron. Limpide, efficace. Et je m’y connais!

-Oh merde… »

« Les temps ont changé, Bixente. On peut être quinzième au championnat sans pour autant cartonner dans les autres compétitions! »

Petit saut dans le temps, maintenant. Passons les vacances, les rumeurs de transferts et l’acquisition d’un arrière gauche, un certain Poundjé. Quoi, c’est pas un homonyme? Ils ne doutent de rien. Heureusement, le défenseur central tant espéré est arrivé! Costaud, avec de l’expérience et tout et tout! Son nom est Pabl… Oh putain mais c’est pas vrai, ils nous refont le coup!

Comme tout va de travers cette saison, même la météo est contre nous. La tempête Carmen gâche le stage de l’île de Ré. Qui peut lutter contre la nature me direz-vous? Bien sûr, mais qui a décidé de se rendre quand-même sur l’île dans ces conditions?

« Vous êtes sûr que les tickets Sodexo de la cafèt ne sont pas remboursables? Ah… Bon les gars, c’est décidé, on y va! »

J’ai comme l’impression qu’on manque de professionnalisme. Ah, autant pour moi, il est vrai que le club a réussi à faire venir « Sous l’eau » Méïté, un milieu créateur (!!!). Enfin, ce n’est pas plus étonnant que Pellenard en défense centrale ou Gajic à gauche. Manquerait plus qu’ils nous mettent Sankharé milieu gauche dans un 4-3-3, ha ha ha (rires).

« A l’île de Ré, pas moyen de s’entraîner! » « Arrête tes conneries Jocelyn! Et remets ta cravate, les journalistes sont là! »

Ces considérations tactiques nous mènent tout droit au dimanche 7 janvier et le traditionnel match de Coupe de France. Le charme de ces petits stades sans tribune où on entend la mauvaise foi qui résonne à chaque coup de sifflet, la hargne de ces garagistes qui se dépouillent sur la « pelouse » après avoir déplumé votre portefeuille durant la semaine, les maillots numérotés de 1 à 11, les brosses à crampons et les jets d’eau à l’entrée des vestiaires pour faciliter la tâche de Jean-Guy et René, le lundi matin.

C’est sûr, voilà un match pour se relancer, permettre à notre défense de reprendre confiance et à notre attaque de créer et marquer. Il faut montrer à Granville qui est la Grande Ville!

La composition:

Costil (1)

Sabaly (2) – Koundé (11) – Pellenard (4) – Poundjé (3)

Toulalan (6)

Lerager (5)               Méïté (10)

Malcom (7)                                          Sankharé (8)

De Préville (9)

Tel un nouveau départ, on peut noter le retour de Costil. Comme un mea culpa, le replacement de Toulalan au milieu (enfin!). Conséquence d’un délire de fin de soirée du Nouvel An trop arrosé, Sankharé milieu gauche (ah ben ça alors!). Et moitié de 22, voilà le Koundé, suite à une cascade de forfaits derrière.

Le match:

Comme à leur habitude, les Girondins manquent leur entame de match, à l’image de Poundjé qui rate tout ce qu’il entreprend. Les courants d’air qu’il laisse dans son dos se sont répercutés sur toute la ville. Les amateurs d’en face montrent qu’ils ont du ballon en réussissant plusieurs enchaînements intéressants, mais aussi de la malice, comme lorsque leur jardinier a plongé dans la surface pour vérifier que la pelouse avait bien été arrosée. Pellenard, dont l’intelligence de jeu n’est pas le point fort, est intervenu de façon un peu maladroite et l’arbitre a désigné le point de penalty. C’est peut-être sévère, mais avec un minimum d’autorité, ce dont devrait faire preuve un arrière central, ça ne serait pas arrivé. Heureusement pour Bordeaux, Jean-Jacques, l’homme à tout faire de l’USG, a été tellement pris par l’installation de la tireuse de la buvette, qu’il a un peu bâclé le gonflage des ballons. La passe de Douniama a été facilement arrêtée par Costil.

Ce coup de frayeur va-t-il réveiller les joueurs de la Belle Endormie? Pensez-vous, les Normands nous asphyxient, Costil a déjà sorti la savonnette et les autres garçons ne sortent de leur léthargie seulement pour balancer de longs ballons, alors qu’il y a un vent terrible. Le pressing adverse n’est pas celui de l’Atletico, mais on n’arrive pas à ressortir proprement. C’est vraiment désolant de voir qu’on ne parvient pas à assoir notre jeu. Toulalan se démène au milieu mais il est bien seul, Méïté étant absent des débats. On ne peut pas (encore) lui en vouloir, mais ça n’aide en rien le capitaine.

Nous parvenons néanmoins à ouvrir le score sur une de nos rares actions collectives. Malcom, servi sur la droite de la surface, repique au centre, transmet à Lerager qui centre en une touche. De Préville effleure le ballon mais Sankharé a bien suivi. Il marque d’une tête plongeante (1-0, 37e).

La première période s’achève. C’est un vrai match de Coupe de France: des amateurs rugueux et fougueux, qui, une fois leur chance passée, se retrouvent menés par des professionnels réalistes. On peut s’estimer heureux mais pour une fois qu’on a un peu de chatte et que Costil est décisif, on ne va pas se plaindre.

La deuxième période peut se résumer ainsi: Bordeaux tient le ballon, se procure quelques occasions gâchées par De Préville. Granville sort à peine, et Toulalan et Koundé sont là pour annihiler toute tentative d’incursion. Mais de manière incompréhensible, les Girondins vont se saborder. Ils semblent s’agacer  des coups reçus. Sabaly se fera expulser, Carrique remplace Sankharé et nous reculons dangereusement. La fatalité aura eu raison de notre incapacité à savoir gérer le résultat, même réduits à dix. L’égalisation à la dernière seconde aura été un terrible coup de massue (1-1, 90e+4).

Kamano et De Préville se sont retrouvés esseulés en attaque

La prolongation est une mascarade. Carrique veut profiter de la nomination de Brunel à la tête du XV de France pour s’essayer au plaquage. Pas de chance, nous ne sommes pas Bordeaux- Bègles mais Bordeaux TOUT COURT! Penalty, ballon regonflé par Jean-Jacques et but! (2-1, 103e) .

Le cauchemar continue avec l’expulsion de Plasil qui a du dire qu’il trouvait jolie la maman de Monsieur l’arbitre. On doit donc terminer la rencontre à huit contre onze, perdre contre une National 2 ne devait pas être assez humiliant en soi.

Fin du match, nous sommes donc éliminés dès le premier tour d’une compétition pour la troisième fois de la saison! C’est assez hallucinant. Chaque défaite semble plus humiliante que la précédente. Où la dégringolade va-t-elle s’arrêter?

Le coach ne veut pas retenir que l’élimination. A la mi-temps, Costil disait pourtant que seule la qualification comptait… Bon, on en n’est plus à une incohérence près.

Nous n’avons donc plus que le championnat à jouer. La deuxième partie de saison risque d’être aussi longue et dure que l’engin de Rocco à son apogée. Et j’ai peur d’avoir mal au cul comme si je prenais l’engin de… Non, c’est dégueulasse. Mais je ne vois pas comment on va pouvoir s’en sortir avec tant d’apathie et d’incompétence. Le mercato peut nous aider, on parle d’ailleurs de l’arrivée d’un enfant du cru, Paul Baysse. Après, reste à savoir qui voudra s’engager dans une galère pareille, même avec un coach qui maîtrise le langage marin…

Les notes des 33:

Benoît Costil 3/5
Pour une fois que le nombre d’arrêts est supérieur à celui des buts encaissés, je lui mets une note d’encouragement.

Youssouf Sabaly 1/5
Finir à dix par ta faute, passe encore. Mais finir à dix avec Carrique à ta place, merci du cadeau! Euh sinon, tu comptes retrouver ton niveau quand?

Jules Koundé 3/5
La bonne surprise. Souvent bien placé, dans l’anticipation. Il dévie malencontreusement le ballon sur l’égalisation. Le bon vieux Marius croit en lui, je vais lui faire confiance.

Théo Pellenard 1/5
A gauche, ce n’est pas ça. Dans l’axe non plus. Et à Granville?

Maxime Poundjé 0/5
Pertes de ballons, bouffé par son ailier, il concourt pour la Miss Immonde des footballeurs les plus énervant. Sérieusement les gars, vous croyez qu’on a pas besoin de recruter? Trémoulinas, il ne traîne pas dans les parages?

Jérémy Toulalan 4/5
Il a retrouvé son vrai poste. Et on peut se demander comment on a pu se passer de lui durant autant de matches. On l’aura vu à gauche, à droite, derrière et même devant. A huit, il courait encore et encore. C’est un exemple pour les autres, et lui, respecte le maillot. Il faudrait juste penser à lui mettre des collègues performants à ses côtés.

Lukas Lerager 2/5
Une passe décisive mais il a eu de la chance, De Préville a failli reprendre le ballon… Les films de costauds, c’est toujours pareil: des coups qui pleuvent, du tape à l’œil, mais un jeu d’acteur vraiment moyen.

Soualiho Méïté 2/5
Il a vite pris se repères au sein de l’équipe. Malheureusement.

Remplacé par un Plasil qui avait oublié ses petites gélules qui détendent à Mérignac.

« Le pire, c’est que j’ai du lui répéter! Il a d’abord cru que je parlais d’un pote, Vlad Fermetr! »

Malcom 2/5
Il ne peut pas tout faire tout seul. Mais il gagnerait à moins s’énerver, parfois. Même si être autant au-dessus des autres doit être frustrant. Il mérite une autre équipe, mais ne me semble pas encore prêt pour le top européen. Pas en réalisant ce genre de match, en tout cas. Kamano l’a supplée pour le faire souffler. Il a du comprendre que c’était à lui de souffler, on ne l’a pas vu.

Younousse Sankharé 3/5
Ce n’était pas son poste, OK. Il a marqué, d’accord. Mais milieu gauche, vraiment ? C’était pour contenir le coach adverse, c’est ça ?
Sacrifié au nom du collectif, il a cédé sa place à Aurélien Rougerie Thomas Carrique, qui a un peu plus enfoncé l’équipe en réalisant un combo faute stupide, penalty, carton rouge. Donc, si j’ai bien compris, on va dire à Gajic de jouer le prochain match, lui qui est devenu le 78e latéral dans la hiérarchie.

Nicolas De Préville 5/5 pour la chorégraphie 1/5 pour la technique
Esseulé, mais a su se créer des occasions. Plein d’envie, il se bat sur chaque ballon, on ne peut pas lui enlever cela. Mais bon sang, applique-toi! J’aime te voir sprinter pour récupérer le cuir. Mais j’aimerais aussi te voir réussir un truc une fois que tu l’as dans les pieds.

En face: Le débarquement de Normandie

Les hommes à Gallon ont réussi l’exploit de vaincre une armada plus puissante, mais pas forcément mieux préparée. La hargne des combattants et les conditions extérieures peuvent vite niveler les écarts. Et les bleus ont craqué nerveusement devant cette saloperie de boucherie. Il était temps que l’arbitre siffle l’armistice. Bon vent à Granville, nous on va tenter de panser nos plaies.

A suivre:

Un déplacement à Troyes nous attend samedi. Il faut se remettre en selle avant qu’il ne soit trop tard!

Portez vous bien d’ici là et surtout, ne perdez pas espoir. Si vous le pouvez.

 

 

Nausée Savajicl

Nausée Savajicl (50% Vosgien, 50% Arcachonnais, 100% Bordelais) Vosgien issu de l’immigration girondine, j’aime surfer à la Moselle et faire du patin à glace sur la jetée Thiers. Mais surtout j’aime les Girondins car parfois, leurs matchs me paraissent beaucoup plus longs que l’hiver de par chez nous.

5 Comments

  1. Nausée, je ne peux pas t’envoyer de Mail et je le vis très mal…

    Ils me disent que ta boite mail est pleine à fond.

    Sinon, quel courage d’écrire une académie après une telle humiliation.Respect.

    • Kiki, je peux recevoir les mails. Je suis nul en informatique et mon ordi est encore plus con que moi, il ne faisait pas ce que je lui demandais… Mais, ça y est, c’est bon! Et merci pour ton soutien.Ce match m’a pourri la santé. J’en fais encore des cauchemars.

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