Manchester United-Rosotv (1-0) : La Raide et Vile Academy livre ses notes de coupe d’Europe.

Salut à tous,

ce jeudi 16 mars, les truculentes tapineuses de Manchester United recevaient dans leur caboulot de luxe d’Old Trafford de grossiers ouvriers russes rassemblés sous la bannière de Rostov. Un match qui comptait pour le 8è de finale retour de l’Europa League, une compétition qu’on adore. Après une performance difficile pour différentes raisons, dont une crise de mélancolie aiguë de notre Mourigne, il était temps de finir le travail à la maison, sans faire de vague de préférence. Et comme de bien entendu, tout ne s’est pas passé comme prévu.

Nous ne reviendrons que brièvement sur notre élimination en huitième de finale de FA cup : on a perdu à Stamford Bridge, contre Chelsea, Bruno Constant et autres suce-boules ont sorti leurs constats géniaux comme quoi Pogba était une arnaque, trop contents de pouvoir reprendre leurs accusations après plusieurs mois de vaches maigres quand Paul était redevenu le patron du game. Et nous voilà dans une compétition de moins, chose pour laquelle on ne va pas se réjouir, mais qu’il serait malhonnête de considérer comme une catastrophe.


LES DIABLESSES.

Où l’on voit que Mourinho, pas tout à fait remis de ses expériences russes, insiste avec ce 3-4-3 (ou plutôt 3-4-2-1) sorti de nulle part. On s’interroge réellement sur le besoin de de jouer dans ce système, même si sur le papier, il n’a rien de dégueulasse : Valencia et ses huit poumons et trois cœurs est libéré dans son couloir, avec toujours l’opportunité de jouer latéralement sur Herrera ou face à lui avec Mata. De ce côté rien ne change. Seul vrai bouffeur de ligne de l’effectif, l’Équatorien confirme match après match que l’on peut compter sur lui, même si son apport offensif laisse un peu à désirer (en terme de passes décisives, surtout).

De l’autre côté, on aimerai pouvoir dire la même chose de Darmian ou Shaw, mais on est loin du compte. Mourinho compense donc par Blind, c’est-à-dire le plus technique des trois, et celui qui est doté du meilleur sens de l’anticipation. On n’est pas certain en revanche que sa condition physique lui permette autant de courses que Valencia (c’est même évident que non).

En attaque, sans réel ailier, le Mou confie l’animation à Mata et Mkhitaryan derrière Ibra. Soit.

Dans une équipe qui manque singulièrement de vitesse, l’idée n’est pas mauvaise en soi, mais exige des combinaisons au cordeau, ce qui explique certainement l’intérêt d’avoir 3 défenseurs au lieu des deux centraux habituels : les deux pivots obligés d’apporter un soutien haut, ils laissent un espace béant derrière leur dos, et sont forcés de cavaler comme des dératés pour faire le piston. Or avec Rojo et son jeu long digne d’un Howitzer et Bailly avec sa technique plutôt honorable, la relance peut presque partir de derrière. Presque.


LE MATCH.

Le début ronronne pas mal. Le jeu long de Pogba et la technique des deux meneurs permettent d’accéder rapidement à la surface de Rostov. Ces derniers tentent de jouer direct et se battent sur les deuxièmes ballons, mais les trois colosses de notre ligne arrière veillent, et prennent un plaisir sadique à voir ces puceaux venir tenter de rivaliser avec les brutasses qu’ils affrontent tous les week-ends en Premier League.

À 20 minutes, la possession est en faveur de nos diablesse à hauteur d’environ 128%, mais les occasions réellement dangereuses se font attendre. C’est aux alentours de la demi-heure de jeu que MU accélère, avec un service de Mata pour Mkhitaryan dans la profondeur, mais le lob de ce dernier passe de peu à côté ; cinq minutes plus tard, Ibra touche le poteau sur une belle frappe.

Le jeu de nos gagneuses repose avant tout sur les contres et les centres. Rostov n’a fait que reculer au fil des minutes, mais les diablesses rouges ont manqué de précision dans la finition.

À l’orée de la deuxième mi-temps, Pogba n’attend pas que quoi que soit prévienne pour se péter. La cuisse est touché, et l’éloignera des terrains pendant trois semaines, ce qui nous fait penser que la pause internationale tombe à pic. En revanche, voir Mourinho accuser le calendrier alors qu’il n’a pas dû lui laisser plus de deux matchs de repos dans une saison qu’il a commencé sans préparation nous fait un peu relativiser la bonne foi à géométrie variable de notre bien aimé portugais d’entraîneur.

À l’heure de jeu, c’est au tour de Blind de sortir, contraint par un coup de coude subi lors d’un contact aérien, qui l’a laissé ko. Jones le remplace, ce qui nous laisse penser que Rojo va glisser à gauche et céder sa place au beau Phil à l’arrière, mais non : c’est bien Phil Jones qui joue à gauche. N’importe quoi.

L’ouverture du score intervient à la 70è : il suffit d’une récupération haute de Mata sur une mauvaise passe adverse, et le petit Espagnol sert Ibra face au but. Ce dernier transmet à Mkhitaryan sur la droite, il centre, le Z tente une talonnade circulaire qui se transforme en passe décisive pour Mata qui avait poursuivi son effort. Et dire que l’on avait rien vu en 25 minutes. 1-0.

La fin de match se résume à une gestion quelque peu ennuyante de nos gagneuses, jalonnée par deux ou trois tentatives désordonnées des Russes pour égaliser. On se satisfait toutefois d’avoir trouvé un gardien d’envergure internationale en fin de partie, en la personne de Sergio Romero. L’homme qu’il manquait à Manchester United. Euh, attendez…


LES NOTES.

Romero 5/5 Décisif jusqu’à la dernière minute. S’il ne fera jamais de l’ombre à De Gea, c’est rassurant de se dire qu’on a un remplaçant de son niveau en cas de pépin.

Bailly 4/5 Propre dans tout ce qu’il a fait, avec une relance haute et un marquage incisif.

Smalling 3/5 Ça s’est bien passé pour lui, à partir du moment où il n’a eu qu’à balancer.

Rojo 3/5 Son fort n’est pas la relance, mais plutôt le gros coup de botte paysan pour expédier le ballon le plus loin possible. Au moins, c’est efficace.

Valencia 4/5 Le malheureux latéral qui lui faisait face n’a eu le droit de visiter qu’un petit dixième de la pelouse pendant que ses camarades avaient l’autorisation de courir un peu plus. Une séance de torture que notre Équatorien au souffle de super tanker a pris un malin plaisir à prolonger jusqu’à la dernière minute.

Herrera 4/5 Il a pris ses responsabilités quand Pogba n’était plus là, même si cela a été un peu compliqué physiquement en fin de match.

Pogba 3/5 Parfois fébrile entre deux gri-gris, avec des pertes de balle inhabituelles. Sa blessure a quelque chose d’étrangement soulageant, étant donné le mois d’avril de barbare qui nous attend.

Blind 3/5 Appliqué et toujours bien placé. On le sent content de retrouver un rôle de latéral, même sur le côté d’une défense à trois (comme sous Van Gaal avec les Pays-Bas, à l’époque où cette équipe écrasait l’Espagne en coupe du monde).

Mata 4/5 Brillant balle au pied, et buteur. Dans un rôle exigeant physiquement, il a tout donné.

Mkhitaryan 3/5 Un peu brouillon parfois, mais il a lui aussi fait preuve d’une belle abnégation, à l’image de ses quelques retours défensifs sympathiques.

Ibrahimovic 3/5 Paradoxalement, c’est en étant perso qu’il passe à un cheveu d’ouvrir le score alors qu’il a une solution, et c’est quand on le pense dans la meilleure disposition pour marquer qu’il devient passeur d’une talonnade géniale. Allez comprendre ce qui se passe dans la tête d’un type comme ça.

SUBS.

Fellaini 4/5 Excellent mi-temps à la place de Pogba, où il n’a évidemment pas eu le même impact offensif, mais a parfaitement suppléé le Français en récupérant proprement les ballons et en s’appuyant intelligemment sur ses partenaires pour aérer le jeu.

En quarts, nous retrouverons les Belges d’Anderlecht, avec un retour à la maison. Match aller le 13 avril, au milieu d’un calendrier de folie.


Bobby Carlton.

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Bobby Carlton

Académicien et souteneur de la Raide et Vile Academy.

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