Thionville-OM (0-1) : La Canebière Académie évite le ridicule

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Sans gloire mais avec le slip immaculé.

Aïoli les sapiens,

Entre l’absence des internationaux africains, un mercato d’hiver toujours propice au n’importe quoi et la probabilité d’un traquenard en coupe face à des amateurs d’un bled improbable le mois de janvier est particulièrement favorable à la franche déprime footballistique. Il n’en représente pas moins un passage incontournable pour toute équipe souhaitant espérer un peu de plaisir au printemps. En effet l’itinéraire du succès est rarement constitué de quatre-voies bitumées, et implique plus sûrement de devoir débuter au tournant de l’hiver par le franchissement délicat des sentiers de chèvres les moins carrossables : c’est d’ailleurs pour cette raison que l’on appelle ce mois le draille january (et blam, en voilà au moins un que Médéric Gasquet-Cyrus n’aura pas).


Les Longorious Basterds 

Blanco
Murillo – Meïté – Gigot– Balerdi – Lodi (Claus, 46e)
Kondogbia – Nadir (Harit, 72e) – Veretout
Aubameyang – Vitinha

La Coupe d’Afrique des Nations, ce moment éphémère où les électeurs marseillais du RN s’agacent de voir les noirs et les arabes quitter la ville pour repartir dans leur pays, alors qu’ils militent exactement pour cela tout le reste de l’année. L’équipe doit ainsi se passer des Marocains Ounahi et Harit, des Sénégalais Gueye, Ndiaye et Sarr, du Congolais Mbemba, des Camerounais Ngapandoutenbu et Mughe (qui a refusé la sélection mais se voit privé de match de club en punition, ça doit être une combine de sa part pour avoir le temps de finir le jeu Playstation qu’il a reçu à Noël), de l’apatride sans famille Correa. Nous gardons en revanche Vitinha malgré les vains efforts de Gattuso pour le faire enrôler sans la sélection burkinabée sous le sobriquet de « l’étalon de Bobo-Dioulasso » histoire de gagner trois semaines de repos nerveux.

Si le 11 de départ conserve une certaine tenue, le banc de touche se trouve donc abondamment garni de jeunes sans expérience pour tenir compagnie aux seuls Clauss, Lopez, Soglo, sans oublier Luis Henrique que Longoria n’a pas oublié de rapatrier de Botafogo pour participer à son « OM-qu’est-ce-que-je-fous-là project ».


Le match

La peur d’être ridiculisé par des amateurs est d’autant plus forte que le nom desdits amateurs est exotique. Autant dire que du tirage au sort au coup de sifflet final, l’intégralité de ce trente-deuxième de finale s’est vécue dans l’angoisse d’être éliminés par les Portugais de Fionville.

Nos joueurs ne font d’ailleurs pas grand-chose pour dissiper la crainte, rassemblant tous les ingrédients pour un bon gros échec des familles : domination pépère sans impact, mollesse dans les duels, erreurs techniques, bref un nivellement total de l’écart de niveau pourtant censé nous séparer du club de national 3.

Soyons cependant justes, hormis quelques pets vaguement humides, la défense tient sans trembler : c’est surtout devant que les choses se corsent. L’OM garde le ballon sans se procurer une seule occasion, les Fionvillois sont incapables d’exploiter nos flottements, bref la seule chose qui nous empêche de nous ennuyer, c’est l’envie de coller des baffes à nos joueurs, aux arbitres tolérants envers les taquets que nous collent les amateurs, et aux commentateurs pro-petits-poucets-de-mes-couilles. En quatre mots : ça sent le lapin.


Clauss remplace Lodi dès la pause, ce qui permet incidemment à Murillo de retrouver son côté gauche. L’OM entame la seconde période avec plus d’allant, se procurant d’ailleurs son premier tir digne de se nom sur une volée de Veretout.

Jordan fait d’ailleurs partie de ces quelques-uns résolus à élever un tantinet leur niveau de jeu, certes sans viser la stratosphère mais au moins pour émerger au-dessus du niveau de la merde. La délicieuse ouverture longue distance de Veretout trouve ainsi Aubameyang plein axe, qui ajuste le gardien d’un petit piqué une main dans le slip (0-1, 62e).

Le binôme récidive moins de dix minutes plus tard, mais cette fois-ci Jean-Bite ne trouve pas le cadre. Même Vitinha met le gardien adverse à contribution, ce qui laisse espérer qu’un OM un peu protagoniste parvienne à se mettre rapidement à l’abri. Espoir vite dissipé : notre équipe baisse rapidement d’intensité pour assurer une gestion minimaliste du score. La tactique est médiocre mais payante : la différence de condition physique se fait sentir et les Lorrains ne posent aucune espèce de problème à notre défense, si bien qu’Aubameyang peut s’autoriser un dernier raté infâme sans conséquences autres que pour l’honorabilité de sa mère.


Les joueurs

Blanco (3/5) : Devant la rareté des sollicitations adverses on n’ira pas jusqu’à dire que Buren Blanco s’est astiqué la colonne, mais pas loin tout de même.

Lodi (1/5) : OK, il n’a rien branlé mais soyons justes, moi aussi si au sortir du réveillon on me dit d’aller bosser à Metz j’ai pas envie d’y aller, surtout s’il y a pas Grayou.

Clauss (46e, 3/5) : Sérieux et impliqué : lui n’a pas oublié la saveur du football vrai, des autocollants Pitch sur le maillot et des supporters bourrés qui entonnent des chants racistes.

Meïté (3-/5) : Prestation honorable quoiqu’entachée de quelques douteuseries, dont un carton jaune admirable de débilité.

Gigot (3/5) :

– Coach, j’aime bien mes nouveaux copains, mais ils sont déjà tout cassés, tu crois qu’on peut leur demander d’en envoyer des nouveaux.
– Bah écoute, t’as qu’à aller jouer toute la deuxième mi-temps en attaque, ça te fera d’autres copain à détr… pour t’amuser. Et si au passage tu peux donner quelques coups de pieds au cul à tes coéquipiers ça sera sympa aussi.

Balerdi (3/5) : A fait le pari d’être totalement abstinent de balerdises en janvier. Courage, encore trois semaines à tenir et il pourra de nouveau se lâcher.

Murillo (1/5) : Tiens donc, ce garçon est donc capable de matchs authentiquement merdiques. Dont acte. Eh bien écoute, maintenant qu’on est au courant, tu n’auras plus besoin de le répéter n’est-ce pas.

Kondogbia (2/5) : On a bien combattu notre flemme de regarder le match, il aurait pu combattre sa flemme de le jouer.

Veretout (3/5) : Une première mi-temps bien navrante avant de se rappeler qu’il y a pire que de jouer un trente-deuxième de finale de Coupe de France en janvier contre des amateurs lorrains : c’est de rentrer à Marseille d’un trente-deuxième de finale perdu contre des amateurs lorrains.

Nadir (2/5) : Son statut de jeune joueur le protège automatiquement des insultes académiques : c’est une sécurité, un peu comme le limiteur de vitesse des Formule 1 dans la voie des stands. Cela étant, vu la gueule de son match, on était pas loin de passer en mode manuel, j’avoue.

Luis Henrique (82e) : Prêt pour une seconde chance.

Aubameyang (3-/5) : Jean-Bite aurait dû marquer trois buts, mais quand le syndicat dit « service minimum », c’est service minimum.

Vitinha (1/5) : Comme on n’est pas le PSG, on n’a pas eu droit à l’aide de Chibrald pour faire sauter les impôts sur son transfert. En revanche, si on le fait passer pour une action caritative on pourra défalquer 50 %.

Soglo (92e) : Revient sur les lieux de son premier but en pro. Tu parles d’un pèlerinage.


L’invité zoologique : Adrien Ferhino

Il faut parfois klaxonner un peu pour qu’il pousse son gros derche hors de la route, mais en dehors de ça le rhinocéros n’est pas un mauvais bougre, si on est convenablement équipé pour la rencontre. Voici ses observations.

  • Les autres : Valeureux, football vrai, laisser la recette, patin, couffin.
  • Coming next : Prochain rendez-vous vendredi contre Strasbourg, avant de disputer le 16e de finale contre un adversaire que nous connaîtrons demain. Suivront Monaco, l’éventuel 1/8e, Lyon, l’éventuel quart, Metz, le Shaktor Donetsk…
  • Les réseaux : ton dromadaire préféré blatère sur Facebook, sur Twitter, ainsi que sur BlueSky. Olivier L. remporte le concours zoologique.


Bises massilianales,

Blaah

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