Auxerre-OM (3-0) : La Canebière Académie trépigne avec ses petits poings serrés

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C’est plus rigolo quand ça se produit avec Arsenal.

Aïoli les sapiens,

Je crois qu’on a cherché trop profondément les causes des polémiques arbitrales à répétition concernant l’OM ces derniers temps. Alors que, comme souvent, l’explication la plus simple est souvent la plus rationnelle : si les arbitres entubent l’OM avec une telle régularité, c’est uniquement parce que c’est rigolo.

La preuve en images :

https://bsky.app/profile/madein0m.bsky.social/post/3lisd6b5vgs2c

C’est que nous, à la lecture d’un communiqué d’indignation de l’OM, on a tendance à imaginer Pablo Longoria trépigner avec ses petits poings serrés, mais les gens, en tribune présidentielle, ils constatent que ce n’est pas une image : Pablo trépigne VRAIMENT avec ses petits poings serrés. C’est tellement irrésistible, comment voulez-vous ne pas avoir envie de remettre une pièce dans la machine à chaque semaine. Soyons honnêtes, à la place des arbitres, on se dirait quoi, dans l’oreillette ?

  • J’ai un gros doute sur l’action précédente, vous ne croyez pas que j’aurais dû siffler pénalty ?
  • Oui, y a totalement faute, évidemment.
  • Ca veut dire que si je ne siffle pas, il va nous refaire les petits poings serrés devant notre vestiaire ?
  • Ouihihihihihi.
  • Allez, banco.
  • Ah, au fait, essaie quand même de pas trop rigoler, ça se voit à l’antenne, là.

Cela étant, quelles sont les options à disposition de notre président :

  • option 1 : l’Iris blanc. Accepter le fait que, tout comme le policier, l’arbitre de Ligue 1 a toujours raison et mérite le plus grand respect en toutes circonstances, y compris et surtout quand sa décision contredit l’évidence des images ; Pablo viendrait leur mettre des fleurs dans les cheveux à la mi-temps, en leur disant « la paix soit sur toi mon frère, tu as infligé ce carton rouge car il existait sans doute une faute dans ta propre dimension astrale, et ça je le respecte, car nous sommes tous des êtres de paix et de bienveillance. » Autant, ils le trouveront tellement ennuyeux qu’ils arrêteront de le provoquer, on ne sait jamais.
  • option 2 : la Pape Diouf. Si tu estimes qu’il y a un scandale, ta réaction est à la hauteur : tu boycottes le match à venir, tant pis pour le classement. Présente au moins l’avantage du panache.
    • option 2bis : la Claude Bez : tu ne boycottes pas le prochain match, tu descends directement péter un scandale sur le terrain (mais par contre, sans faire les petits poings serrés, sinon tu vas encore faire rire tout le stade) ;
  • option 3 : la Aulas : tu fais les communiqués que tu veux, l’important c’est qu’à force d’influence tu mettes tout le monde à ta botte dans les instances.
    • option 3bis : la « maintenant je sais comment on gagne une coupe d’Europe » : la même que la précédente, mais en illégal. Efficace sur le court terme mais souvent cher payée.
  • option 4 : l’espagnole (l’actuelle de Longoria, donc, mais qui a l’air aussi très tendance à Madrid) : tu perds ta dignité dans des communiqués incessants qui ne servent à rien, si ce n’est à obnubiler toute l’équipe autour de l’arbitrage et à généraliser une ambiance « à mort l’arbitre » qui risque d’être un chouïa pesante à la longue.

On ne citera que pour mémoire l’option zéro (prétendre que l’OM n’est victime d’aucune injustice particulière), hypothèse encore défendue de nos jours contre l’évidence par quelques illuminés, sans doute les mêmes qui continuent à qualifier François Bayrou de centriste.


Et tout ceci, bien sûr, sans se dispenser d’agir sur l’un de ces autres mille-et-un-paramètres mineurs mais qui, mis bout à bout, s’avèrent d’une aide précieuse pour remporter des matchs : savoir bien jouer au football.

Sur ce plan, la rouintadasse subie ce soir paraît si spectaculaire qu’elle nous ferait paradoxalement plaider pour l’anomalie de parcours. L’effectif reste malgré tout en construction, surtout bouleversé tous les quatre matins : croire que nous traverserions une saison sans subir ce type de claque épisodique aurait relevé de l’utopie. Face à l’accumulation d’événements contraires, les joueurs ont lâché mentalement jusqu’à avoir une énergie d’estrasses imprégnées : soit. En ce sens, la période nous rappelle énormément la fin d’hiver sous Bielsa quand, après une série d’événements arbitraux surréalistes, l’équipe avait fini par complètement démissionner pour saccager ses belles promesses sans l’aide de personne. Espérons seulement, dix ans plus tard, que nos gars se montreront plus intelligent que les starlettes de l’époque et sauront reprendre le fil de leur projet commun. Voici un enjeu qui justifierait pleinement quoi ? hein ? hein ? Un STAGE DE TEAM BUILDING DE MALLEMORT PARDI.

Allez, haut les cœurs, on repart de l’avant, on repense à tout le plaisir que cette équipe nous donne par ailleurs, et on ne gâche pas tout au premier incident de parcours je vous prie.


Les Longorious Basterds

Rulli
Murillo– CorneliusKondogbia (Garcia, 81e)
Luis Henrique (Lirola, 81e) – Bennacer (Maupay, 60e) – Højbjerg – Merlin (Dedic, 60e)
Greenwood (honte à nous, Rowe, 86e) – Rabiot
Gouiri

Balerdi, suspendu pour accumulation de cartons jaunes, est remplacé par Cornelius, qui lui-même est remplacé sur l’axe gauche par Kondogbia.


Le match

Revanchards par rapport au match aller, les Olympiens ne laissent pas respirer leurs hôtes et monopolisent la balle dans le camp adverse. Il leur faut cependant un quart d’heure pour se montrer réellement dangereux. Auteur d’un bel appel tranchant au cœur du jeu, Bennacer parvient enfin à trouver une ligne de passe pour Merlin. Le centre à ras de terre vicieux de Quentin échappe à Gouri pour finir sur le poteau.

A prioi moins menaçantes qu’au Vélodrome, les contre-attaques adverses se révèlent quand nos joueurs, Højbjerg notamment, omettent de suivre un appel en profondeur. S’ensuit un centre en retrait habituellement imparable, mais sur lequel l’attaquant a la bonne idée de viépaner sa reprise.

Une fois passé cet avertissement sans frais, l’OM reprend sa domination, trop souvent entachée d’hésitations ou d’erreurs techniques pour se traduire en vraies occasions. Si les dieux de l’efficacité ne sont pas avec nous, les démons de l’analité défensive resurgissent quant à eux dans toute leur splendeur. Visiblement, le terme de « couverture » n’évoque à Kondogbia que le tissu que l’on se met sur les genoux pour avoir chaud à l’Ehpad, et non une quelque notion de protection défensive. Ne compensant pas la montée de Merlin, il ouvre un boulevard à Perrin, que Quentin s’efforce de combler en revenant à fond de cinquième. L’Auxerrois s’empresse de le ridiculiser en se recentrant puis en lâchant sans opposition un enroulé barre rentrante (1-0, 34e).

On sent l’OM ébranlé à l’idée de devoir se fader le bloc auxerrois avec un but de retard, du reste l’ouverture du score ouvre-t-elle une période relativement slipométrique. Un nouveau placement à la zob de Kondogbia aboutit ainsi à un centre en retrait sauvé d’un tacle désespéré par Cornelius.

Dans le temps additionnel, une jolie combinaison sur la droite autorise Merlin à zigzaguer dans la  surface, où il est accroché par un défenseur. « Siffler péno pour l’OM ? et pourquoi pas voter à gauche aussi, non ? » déclare l’arbitre, qui laisse la contre-attaque se dérouler. Elle se déroule tellement bien, d’ailleurs, qu’un Auxerrois dépose Murillo sur une nouvelle passe en profondeur, reprise victorieusement par Bair devant Kondogbia. Un bref espoir nous saisit en voyant l’arbitre porter la main à son oreillette, mais la vidéo ne revient que sur un hors-jeu auxerrois : pour le pénalty, c’est l’option « les petits poings serrés rigolos de Pablo » qui est retenue.


La seconde période reprend sur la même alternance de possession olympienne et de randonnées bourguignonnes dans notre défense de stassis. Cornelius doit encore y aller de son tacle in extremis, avec pour une fois les Olympiens dans le rôle des contreurs assassins. Lancé seul face au gardien, Gouiri voit malheureusement son petit extérieur fuir le cadre.

Amine se rachète trois minutes plus tard en concluant victorieusement un centre de Luis Henrique, lui-même lancé par Greenwood (honte à nous). La VAR confirme hélas ce que la vidéo laissait craindre : la position de nos attaquants était bien trop avancée pour être honnête. C’est ensuite au tour de Luis Henrique d’aller défier Léon à la réception d’une délicieuse louche d’Højbjerg, mais le gardien sort victorieux du duel.

Alors qu’à l’heure de jeu De Zerbi entreprend ses changements, l’élan marseillais est brutalement interrompu par l’expulsion de Cornelius. Alors que Derek s’impose une nouvelle fois au physique entre deux défenseurs, l’arbitre interrompt l’action et sort le deuxième carton jaune à la surprise quasi-générale. Cela dit, on a assez reproché à la LFP de ne pas vivre avec son temps, au moins ici on peut considérer qu’en ayant donné des responsabilités à un type qui tord la réalité pour imposer sa vision, fait expulser les arabes (oui oui, Benatia contre Lille, c’était lui) et humilie les Canadiens, les instances collent parfaitement à l’actualité.

On en revient alors à ce choix cornélien (c’est le cas de le dire) qui se pose à l’équipe : soit elle considère que l’attitude de l’arbitre est un scandale qui appelle une réaction ferme et immédiate – quitter le terrain – soit elle avale le venin et retourne au combat sans perdre davantage de temps et d’énergie. De ces deux choix l’OM n’en retient aucun : pendant qu’en tribune Pablo Longoria trépigne avec ses petits poings serrés, sur le terrain nos joueurs lâchent complètement la rambarde. Rulli doit ainsi sauver la patrie après un mauvais contrôle de Kondogbia, puis dix minutes plus tard sur une longue passe en profondeur que dégun ne couvrait. Cette seconde fois, Sinayoko se montre plus malin que notre gardien, le dribblant habilement avant de se faire accrocher. Indiscutable, le pénalty est transformé plein axe par Jubal, Geronimo ne pouvant qu’effleurer du pied ce tir en finesse (2-0, 75e).

Le dernier quart d’heure s’avère particulièrement pénible, d’autant que Greenwood (honte à nous) satellise une reprise immanquable après une tête de Kondogbia sur corner. Déjà dans le bus du retour, nos joueurs regardent à peine Jubal placer sa tête après un corner prolongé au premier poteau (3-0, 91e).


On laissera à De Zerbi le soin de remobiliser les joueurs après cette baffe de haut niveau, afin que celle-ci ne relève jamais que de l’incident isolé, en les concentrant sur le jeu et uniquement sur le jeu indépendamment des gesticulations présidentielles. Pour le reste, on fera confiance à Pablo Longoria pour peser un peu plus efficacement dans les instances qui comptent ou, à défaut on prendra le pop-corn pour aller rigoler avec tout le monde devant son numéro de petit monsieur indigné.


Les joueurs

Rulli (2+/5) : Le quota habituel de miracles avant de finir lui aussi en rullibre.

Murillo (2/5) : Il était là sans être là, pas franchement mauvais, pas vraiment tranchant.

Cornelius (3-/5) : La méchanceté de Winnie l’Ourson mais le palmarès disciplinaire de Cyril Rool. Va comprendre.

Kondogbia (1+/5) : En le voyant depuis la tribune, Guy Roux s’est dit qu’il l’aurait bien recruté (pour faire une partie de Scrabble).

Garcia (81e) : Entré au milieu d’une cohue de gens qui n’en avaient plus rien à foutre, ça devait ressembler au métro parisien.

Luis Henrique (1+/5) : C’est ça l’inconvénient avec Saint-Etienne au match précédent, c’est que même en étant moyens on les atomise. Du coup, les esprits faibles peuvent s’imaginer que ce sera pareil à tous les matchs suivants…

Lirola (81e) : Il est trois heures et quatre minutes du matin et tu crois vraiment que je vais me casser le cul à trouver une vanne qui décrive le quart d’heure de jeu de Pol Lirola ?

Merlin (2-/5) : Ok, d’accord, les petits poings serrés de Pablo sur le pénalty qui t’a été refusé c’est une chose. Mais le gros poing que l’attaquant auxerrois t’as mis jusqu’à l’avant-bras sur l’ouverture du score, il va falloir en parler aussi.

Dedic (60e, 1/5) : Entré pour faire souffler un vent de fraîcheur et de folie sur la triste lande icaunaise. Ce qui s’avère triplement décevant car en termes de vent de fraîcheur on n’a même pas eu droit à un semblant de prout. Quant à la triste lande icaunaise, en réalité c’est du bocage.

Højbjerg (2-/5) : Quand il mit les mains sur les hanches en disant « Bon… », nous avons entrevîmes l’espoir. Quand il compléta sa phrase par « … c’est triste à mourir ici, je me taperais bien une andouillette », nous constatâmes avec amertume que même les plus grands hommes ont leurs moments de faiblesse.

Bennacer (1+/5) : T’as pensé à faire tes offrandes à Erzulie ? Non, parce que sinon, tu vas devenir pas bon, et ce sera uniquement la faute du sort de titularisation éternelle de Valentin Rongier.

Maupay (60e, 1/5) : Quand j’étais jeune il y avait eu un tuto de Fluide Glacial « comment remplacer sa carte graphique par une saucisse de Morteau ». Je ne sais pas pourquoi mais ce remplacement m’y fait songer.

Rabiot (1/5) : Gagner avec les tresses il l’a fait. Gagner avec le maillot Lustrucru sur le dos il l’a fait. Mais gagner avec les tresses ET le maillot Lustucru en même temps, faudrait voir à pas trop provoquer le destin non plus, hein.

Greenwood (honte à nous, 1-/5) : Nous disions en début d’académie espérer que l’équipe ne lâche pas la rampe en se comportant comme les starlettes d’il y a dix ans. Tu ne serais pas une starlette qui lâche la rampe, toi, n’est-ce pas ?

Rowe (81e) : Entré à la meilleure place pour regarder les Auxerrois marquer le troisième.

Gouiri (1+5) : Ah forcément, quand ton budget « occasions de but » se fait sucrer aux trois-quarts par rapport aux exercices précédents, ça oblige à te montrer plus rigoureux dans l’emploi de ce qui te reste. Et encore estime toi heureux, t’as pas Amélie de Montchalin comtesse de la bagouze qui vient avec sa gueule de pain sucé pour te faire la leçon tout sourire en disant « il va falloir faire mieux avec moins ».


L’invité zoologique : Donovan Caméléon

Animal passé maître dans l’art du camouflage, le caméléon n’a pas son pareil pour engluer l’imprudent d’un coup de langue, avant de retourner à sa lenteur et son strabisme disgracieux.

  • Les autres : « Chaque pot à son couvercle », a-t-on coutume de dire dans les agences matrimoniales de la campagne bourguignonne. Ou chaque pied a sa pantoufle, c’est selon. Eh bien l’AJ Auxerre, par exemple, ça ne va avec rien, sauf avec nous. Après des matchs et des matchs de marche douloureuse, cors et durillons, nous sommes leurs pantoufles qu’ils aiment à enfiler bien confortablement.
  • Le classement : Lille revient à 5 points, Nice potentiellement à 3. Ne flanchons pas.
  • Coming next : Nantes et Lens précèderont le PSG avant la trêve.
  • Les réseaux : ton dromadaire blatère surFacebook et BlueSky. Didier A. remporte pour la deuxième fois de suite le concours zoologique.
RAPPEL : Ne rate pas l’occasion de participer au plus grand Motchus Laïve de l’histoire ce vendredi à la Buzine ! Inscription ici : https://www.marseille.fr/inscription-motchus-buzine


Bises massilianales,
Blaah

1 a réfléchi à «Auxerre-OM (3-0) : La Canebière Académie trépigne avec ses petits poings serrés»

  1. La plus belle acade du monde.

    Merci.

    Le passage sur la modernité de la lfp est délicieux.

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