OM-Montpellier (5-1) : La Canebière Académie pose ses limites
Il y a des limites à l’indignité.

Aïoli les sapiens,
Perdre comme des merdes contre des bons qui n’ont pas envie de faire des efforts, on sait faire, c’est même ce qui nous arrive à chaque match contre le PSG. Perdre comme des merdes contre des nuls qui font le mach de leur vie, on sait faire aussi, c’est même ce qui nous arrive un match sur deux contre des relégables (en alternance avec les défaites en coupe contre les amateurs, les années paires).
Mais perdre comme des merdes contre des nuls qui n’ont pas envie de faire des efforts, ça, de mémoire de dromadaire, ce serait relativement inédit. On remerciera ici les Olympiens de ne pas avoir cherché à satisfaire notre curiosité, et de s’être épargné une fin de saison bien fume-cyprès en roulant proprement sur des Montpelliérains à l’agonie.
S’il faut ainsi retenir un enseignement de ce match, c’est qu’on n’est quand même pas nuls à réveiller les morts. Pour le reste, on n’est guère plus avancés.
Les Longorious Basterds
Rulli
Murillo – Kondogbia – Garcia
Luis Henrique (Lirola, 86e) – Rongier (Bennacer, 65e) – Højbjerg– Merlin (Harit, 77e)
Greenwood (honte à nous, Harit 84e)– Rabiot
Gouiri (Rowe, 65e)
De Zerbi maintient la même composition dépourvue de défenseur central, un problème de riche si l’on compare avec la composition montpelliéraine dépourvue de joueur de football.
Le match
Montpellier l’annonce : ils ne sont pas venus pour passer 90 minutes à souffrir, et c’est pourquoi ils se font seppuku dès le début de la rencontre. Une tentative déviée de Gouiri part en cloche et Greenwood (honte à nous) se montre plus prompt que les zombies d’en face pour reprendre, malheureusement sur la barre. Qu’à cela ne tienne, Montpellier met les choses au point avec une action défensive d’une débilité chimiquement pure : sur une combinaison à gauche, Garcia provoque des contres favorables face à des défenseurs déjà au bout de leur vie. Ndolo Bille se contente de tendre la jambe, envoyant Ulisses dans le gazon pour le pénalty le moins contestable du monde. « C’est quand même très gênant », semble signifier le coup de sifflet de M. Brisard. La gêne, voici bien un sentiment que Mason Greenwood (honte à nous) ne connaît pas, et voici le pénalty converti d’un contre-pied assuré (1-0, 8e).
Il n’y a d’ailleurs guère que l’Anglais pour animer un tantinet une première période soporifique au possible. Il faut ainsi attendre la demi-heure pour revoir quelques actions dignes de ce nom, à commencer par une percée de Greenwood (honte à nous), mise en échec par le gardien en angle fermé. Ajoutons-y une tête de Rabiot sur un centre de Luis Henrique, et voici résumée une mi-temps où la principale compétition entre les deux équipes semble être à celle qui restera le plus longtemps sans se sortir les doigts. Et à ce jeu, vu que cela fait trois mois que les Montpelliérains s’exercent à pratiquer des touchers hépatiques par voie rectale, autant dire qu’ils sont intestables.
Délivrant les 22 acteurs et surtout le public, le sifflet de M. Brisard semble soupirer « c’est vraiment, vraiment très gênant ». Cela étant, il faut bien se remettre au travail, et le retour des vestiaires nous laisse admirer un festival d’hippopotacles, de passes ratées, de pertes de balles anales, et même un amour de coup-France raté de Gouiri, qui laisse M. Brisard assis sur la pelouse en sanglots, la tête entre les mains.
Car si Montpellier n’a pas renoncé à se faire hara-kiri, c’est en suivant les préceptes de Sensei Louis Nicollin, c’est-à-dire en se poignardant le cul avec une saucisse. Forcément, cela prend plus de temps, et si l’OM fait bien le siège (ha ha) de la surface, la défense parvient toujours à écarter le danger in extremis.
C’est sur le côté gauche que survient la craquante fatale, quand Murillo, servi par Luis Henrique, profite de la glissade intervillesque de son défenseur pour déborder. Son très beau centre trouve la tête de Merlin, qui dans un match normal aurait fini barre rentrante. Mais sous cette rencontre placé sous le signe de Pinder, le ballon rebondit sur la barre, puis sur la ligne, puis re-sur la barre, puis finit poussé dans les filets par deux Montpelliérains en panique sous la pression de Gouiri. Effrayé à l’idée de devoir revisionner une scène aussi gênante, M. Brisard ne demande même pas l’aide de la VAR pour valider ce but confus (2-0, 60e).
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Niveau de gêne ressenti devant le match : le même qu’ici, à peu de choses près.
Cette fois c’est officiel : Montpellier ne fait même plus semblant. Luis Henrique donne à Murillo, qui s’offre une randonnée sans opposition jusqu’à la surface, où il trouve Greenwood (honte à nous). Le premier défenseur se trouvant à un mètre, notre attaquant a tout le loisir de placer sa frappe une main dans le slip (3-0, 67e).
Seul bémol, l’OM se met à son tour au niveau de l’adversaire et se met à ne plus rien branler, laisssant celui-ci tenter de sauver l’honneur pendant cinq minutes pathétiques dans notre surface de réparation. Højbjerg dit alors « bon » et invite ses équipiers à lancer une attaque rapide, pour une fois : sa pass tranchante est relayée par Merlin vers Garcia, qui adresse au premier poteau un amour de centre en une touche de balle. Rowe devance son défenseur pour marquer d’une jolie kung-fu-talonnade-aile-de-pigeon-reverse-high-kick, en tout cas un but spectaculaire qui nous réveille un peu des autres inscrits en marchant (4-0, 74e).
Une clineushite serait cependant trop demander à notre équipe, qui contribue à maintenir tout en haut le quota de gênance du match. Face à Garcia, un Montpelliérain décale un coéquipier dans la surface ; celui-ci est devancé par Kondogbia, dont l’intervention se transforme malheureusement en passe lobée dans le dos de Luis Henrique. Or en ce moment, demander à notre ailier de jouer un duel aérien défensif, c’est comme demander à Gaston Lagaffe de boucler ASAP un Powerpoint sur les perspectives de développement structurel à court et moyen terme. Le Brsilien fait à peine semblant de tendre la jambe devant Micarelli, qui catapulte une tête hors de portée de Rulli (4-1, 83e).
Le dernier mot revient cependant à l’OM, avec une ouverture absolument somptueuse de Bennacer pour Rabiot. La passe s’avère cependant un peu moins somptueuse à seconde vue, le ralenti montrant que la défense héraultaise confond Adrien avec la première danseuse du Crazy Horse et lui offre une haie d’honneur avec bras levés, seins nus et plumes d’autruches bleu-blanc-rouge au derrière. Lancé seul face au gardien, le Duc conclut sans trembler (5-1, 90e).
Personne ne sera dupe de la performance sur le fond, mais ce petit plaisir facile aura permis à l’OM de franchir une étape de plus en position favorable. Les places européennes semblent se concrétiser, mais Il faudra une toute autre qualité de jeu pour prétendre conserver cette seconde place (qui serait très gênante du point de vue de la qualité du championnat de France, reconnaissons-le).
Les joueurs
Rulli (3/5) : A complété son Goaledex en encaissant un but contre chaque équipe de Ligue 1 rencontrée cette saison. C’est là qu’on voit que Géronimo n’a pas l’expérience d’un Steve Mandanda, qui se serait débrouillé pour se blesser ou se faire expulser en cours de saison pour éviter ça.
Murillo (4/5) : « Dites, les Montpelliérains, vu que vous faites rien la saison prochaine, ça ne vous dirait pas d’être notre équipe de rééducation ? Genre, dès qu’on a quelqu’un de pété, avant de le refaire jouer contre des vraies équipes de foot on organise un match contre vous pour le remettre en confiance. En plus, c’est sur prescription médicale et remboursé par la Sécu, vous n’aurez pas de rentrée d’argent plus fiable l’an prochain de toute façon. »
Kondogbia (3/5) : Ça c’est pas de bol, pour son match le plus sérieux depuis longtemps, il faut quand même qu’il soit impliqué dans un but par pure malchance. Faut dire que tout le karma négatif accumulé ces dernières semaines n’allait pas se rembourser en une fois, non plus.
Garcia (4/5) : Pour lui aussi, une performance sans doute beaucoup plus flatteuse que son niveau réel, sauf que je l’aime bien. Sa coolitude me fait penser à Gerson, mais sans l’envie de lui coller des baffes.
Luis Henrique (2+/5) : Un nouveau match de gros matou castré, celui où tu tentes tout pour qu’ils se bouge son gros cul, même que t’achètes la souris mécanique à pompons clignotants parfumée Sheba à la truffe, il lui donne trois coups de pattes pour te faire plaisir avant de se recoucher en disant « flemme ». Et en n’oubliant pas de chier à côté de la caisse pour te rappeler qui c’est le patron.
Lirola (86e) : Entré à 4-1, pile au moment où le subconscient de chacun, De Zerbi compris, se dit « OK, Montpellier vient de sauver l’honneur, ça s’arrête là. Rien d’autre. Il ne va rien se passer de plus et on va vivre une fin de soirée tranquille. Hein ? HEIN ? »
Merlin (3+/5) : Un match bien sympathique rehaussé par une présence adéquate à la finition, dans la surface adverse. J’ai envie de croire que son association avec Ulisses Garcia a trouvé l’alchimie idéale, même si je crois malheureusement qu’en réalité la meilleure des alchimies, c’est d’avoir joué contre de gros nullards.
Harit (77e) : Fait tranquillement ses burns pour se préparer à rouler sur Brest puis Lille.
Højbjerg (3+/5) : Un match de lampe à moustique bleue. Les Montpelliérains réalistes ont évité de l’approcher, les autres sont venus se cramer en faisant « bzzt ».
Rongier (3/5) : Après trois semaines à Notre-Dame-des-Landes, le Ministère de l’Intérieur offre une récréation à ses CRS en les envoyant maintenir l’ordre dans des manifestations de polyhandicapés anorexiques non-violents. Rongier a fait pareil avec les Montpelliérains : c’est pas que ce soit très amusant de les tabasser, mais ça délasse.
Bennacer (65e, 3+/5) : En ce moment ma fille regarde Blue Lock, un anime de foot où ils réfléchissent tellement entre deux touches de balle qu’en comparaison, Olive et Tom c’était speed. Au moment de sa passe à Rabiot, Ismaël s’est cru dans un anime Japonais, il a eu le droit à trois épisodes dont un flash-back sur son enfance avant que la défense ait l’idée d’intervenir.
Rabiot (3/5) : Il a passé le match à rater des choses pour avoir l’air proche du peuple, plus un but pour quand même rappeler qui est le Duc.
Greenwood (honte à nous, 4/5) : Voilà. Plus qu’à faire la même chose contre des adversaires qui obligent à faire des efforts, et on pourra reparler de matchs satisfaisants.
Gouiri (3-/5) : Fantomatique dans le bon sens du terme. C’est-à-dire qu’on ne l’a quasiment pas vu du match, sauf quand il a fait sursauter les Montpelliérains en faisant « BOUH » derrière eux, et les pousser à marquer contre leur camp. Tous les amateurs de films d’horreur vous le diront, un bon jumpscare, c’est celui qu’on ne voit pas venir.
Rowe (65e, 4/5) : Ça ne vaut pas un but à la 96e minute au Groumapa Stadium, mais c’était mignon quand même.
L’invité zoologique : Théo Sainte-Puce
Les primates, humain compris auraient-ils atteint un tel stade de développement social sans la puce ? En observant les groupes de singes se livrer à l’épouillage, on comprend à quel point ce rituel joue un rôle crucial dans les relations inter-individuelles et la cohésion de tout le groupe. Se débarrasser mutuellement d’un parasite commun serait ainsi un facteur-clé d’évolution, insuffisant cependant : par exemple, même en disposant d’un MHSC à victimiser, la Ligue Professionnelle de Football ne parvient pas à ne pas se déchirer (il faut dire que les spécimens qu’on y rencontre sont plus cons que des macaques de Bornéo).
- Les autres : L’agonie la plus pénible à vivre du moment, à part celle de la démocratie française.
- Le classement : Monaco et Strasbourg se neutralisent, ce qui nous rend automatiquement la seconde place. Le fait que tous nos rivaux accueillent divers clubs de viers marins ce dimanche nous empêche d’espérer d’autres bonnes surprises.
- Coming next : L’enjeu est net pour la réception de Brest dimanche prochain : une victoire, ou même un match nul, et c’est au moins une « petite » coupe d’Europe quasiment assurée. L’inverse nous garantira trois derniers matchs au slipomètre (Lille, Le Havre, Rennes).
- Les réseaux : ton dromadaire blatère surFacebook et BlueSky. Diego Aïoli. remporte une le concours zoologique.
- Le message : L’Etablissement français du sang nous alerte d’une situation relativement moche sur le plan des stocks de produits sanguins, notamment en Provence. Alors si tu le peux, va donc sur http://dondesang.efs.sante.fr t’inscrire pour une collecte de sang, de plasma ou de plaquettes : ça ne coûte rien à part un peu de temps, l’accueil est ultra-sympathique et surtout ça sauve des vies !
Bises massilianales,
Blaah