Romanie

Bon je vais vous avouer quelque chose, je travaillais sur ce papier car un phénomène qui arrive assez peu devait se dérouler ce week-end. Avant la dernière journée de Virsliga, championnat de Lettonie, Ventspils et le Skonto étaient à la bagarre pour le titre de champion. Le Skonto, jusque-là invaincu, se retrouvait à la deuxième place et à la merci du résultat du leader Ventspils. Malgré tout, le Skonto aurait pu réaliser l’exploit de finir 2è mais invaincu. Malheureusement ce week-end, Ventspils a gagné et le Skonto a perdu, mettant fin à son invincibilité. Est-ce une raison pour jeter ce papier ? Non ! Alors bienvenue au royaume de ceux qui ont fini deuxièmes tout en restant invaincus toute une saison.

Benfica saison 1977/1978

Avant cette saison 1977/1978, Benfica restait sur une série incroyable de 14 titres lors des 18 saisons précédentes. Seuls les voisins du Sporting avaient réussi à casser cette hégémonie à 4 reprises.

Mais lors de cette saison 77/78, ce n’est pas contre le Sporting mais contre le FC Porto que Benfica luttera toute la saison pour savoir qui finira champion. Le FC Porto n’a plus été champion depuis 1958/1959 et reste sur quelques places d’honneur.

Cette saison est serrée de bout en bout. Le FC Porto ne perd qu’un match alors que Benfica reste invaincu toute la saison. L’antépénultième match de la saison offre une confrontation entre les deux équipes. Le score final est de 1-1.

benfica

Crédit : gloria-vermelha.blogspot.com

A la fin de la saison, les deux équipes auront le même nombre de points : 51. Seule la différence de buts sacre le FC Porto, porté par sa sublime attaque (81 buts) alors que Benfica avait surtout brillé par sa défense (11 buts encaissés en 30 matchs).

Malgré les buts marqués par Nene (21 cette saison-là en championnat), Benfica doit s’incliner et ce sera encore le cas la saison suivante où Porto gagnera le championnat avec un point d’avance sur l’équipe de Lisbonne ! Bien entendu, tout cela n’est pas sans rappeler la saison dernière où le FC Porto, invaincu, a gagné le titre avec un point d’avance en gagnant à quelques matchs de la fin face à Benfica, qui finira la saison avec une seule défaite.

Ce Benfica 77/78, c’était celui de John Mortimore, entraîneur anglais qui a connu les championnats grec, anglais, espagnol et portugais durant sa carrière. Il gagna un titre de champion avec le Benfica en 77 avant de revenir dans les 80’s et de remporter à nouveau le championnat et deux coupes du Portugal. Mortimer restera l’homme d’un record à Benfica: 56 matchs sans défaite entre 1976 et 1978.

Avant cette saison 1977/1978, Benfica avait remporté 23 titres et le FC Porto 5. Depuis, en 36 ans, le Benfica en a ajouté seulement 9 à son palmarès alors que Porto en gagnait 22 autres. Cette saison 1977/1978 a marqué un tournant dans l’histoire du football portugais.

Perugia saison 1978/1979

Ah l’Italie des années 70 et son lot d’images d’Epinal. Bien entendu, il y a l’aspect politique avec les Brigate Rosse et l’assassinat d’Aldo Moro en 1978 mais il y a également l’aspect artistique avec les films de Scola, le beau Gassman, la gueule cassée de Manfredi et la délicatesse de Sandrelli.

« Le Pérouse des miracles » est sans doute à classer dans cette catégorie artistique. Le Mister de l’époque, Ilario Castagner, était avant tout un pragmatique qui a voulu remodeler à sa sauce le football total de l’Ajax qu’il avait tant apprécié les saisons précédentes. Malgré le départ de l’excellent Novellino pendant l’été au Milan AC, Castagner parvient à diriger son équipe en s’appuyant sur Franco Vannini, l’homme à tout faire de l’équipe et sur les ailiers Salvatore Bagni et Walter Speggiorin.

La saison débute sublimement avec notamment une victoire sur le terrain du champion en titre : la Juventus. Si Pérouse est plaisant à voir jouer, c’est aussi avant tout une force collective qui se dégage de l’équipe avec seulement 6 buts encaissés en 15 matchs, jusqu’à l’hiver. Pérouse est la seule équipe à tenir le rythme du Milan. Après la trêve, l’équipe reprend avec un nul sur le terrain de Lanerossi Vicenza puis vient le match contre l’Inter à domicile.

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A la mi-temps, l’Inter mène 2-0 avec notamment un pion d’Altobelli. Tout le monde craint pour la série de Pérouse mais les hommes en rouge trouvent les ressources pour bousculer l’Inter et reviennent avec un but de Vannini et un autre de Ceccarini à la 90è! Ce nul, fêté comme une victoire, est malgré tout entaché par une grave blessure pour Vannini. Le pion essentiel sera absent jusqu’à la fin de la saison.

La lutte continue jusqu’à la fin avec l’AC Milan. Malheureusement, le nombre élevé de matchs nuls sur la phase retour (11 en 15 matchs) ne permettra pas à Pérouse de finir devant le Milan, qui terminera la saison avec 3 points d’avance et 3 défaites.

Cette saison reste la plus belle pour le club de Pérouse, avec ce brin de romantisme lié aux « perdants ». A la fin de cette saison, le meilleur buteur Speggiorin signera à Naples. Le malheureux Vannini ne pourra jamais rejouer suite à sa blessure contre l’Inter et l’entraîneur Castagner quittera le club une saison plus tard.

Galatasaray saison 1985/1986

En 1985, Galatasaray n’a plus gagné le championnat depuis la saison 1972/1973 alors que Trabzonspor et Fenerbahce dominent la décennie. Entre 1974 et 1986, les deux clubs gagnent 11 titres (1 de plus pour le Trabzon).

A l’été 1985, Galatasaray perd un de ses piliers : Fatih Terim, qui prend sa retraite. La recrue phare arrive de Yougoslavie et se nomme Xhevat Prekazi, qui a notamment brillé au Partizan Belgrade. Prekazi s’avérera une superbe recrue pour le club d’Istanbul et restera notamment dans les mémoires pour un superbe coup-franc marqué de 35m contre Monaco en coupe d’Europe face à Jean-Luc Ettori en 1989.

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Lors de la saison 85/86, Galatasaray est à la lutte toute la saison avec le Besiktas du capitaine Samet Aybaba. Le 4 mai 1986, à 5 journées de la fin, les deux clubs se rencontrent. Galatasaray mène au score mais Besiktas égalise dans le dernier quart d’heure ! Malgré un sans-faute de Galatasaray dans les 4 derniers matchs (4 victoires), le Besiktas gagne le titre à la différence de buts ! Galatasaray finira invaincu mais Besiktas avec ses 2 défaites profitera du nombre supérieur de matchs nuls de son adversaire…

Ce Galatasaray, c’était avant tout celui de l’entraîneur Jupp Derwall. Arrivé en Turquie en 1984, il fera un énorme travail au sein du club. On parle quand même d’un gars qui a été sélectionneur de l’Allemagne de l’Ouest de 1978 à 1984… En Turquie, il restera très apprécié. Fatim Terim a loué à de multiples reprises son influence en tant qu’entraîneur. Ses idées sur le terrain et sa conception de l’entraînement ont réellement bouleversé le football turc à l’époque.

Après ce brillant exercice non récompensé, Derwall et sa troupe finiront champions la saison suivante avant que l’Allemand se retire. Depuis, le club a gagné 12 titres de champion et reste le roi de Turquie juste devant le Fener mais loin devant Trabzon ou Besiktas.

Merci à @Jonathannn_R et @_JYoun pour leur aide respectivement sur Benfica et le foot turc.

Tristan Trasca

8 réflexions sur «Invincibles mais…»

  1. Merci Tristan pour ces histoires. Une question: sais-tu si la victoire valait 2 points ou 3 points à l’époque dans ces championnats respectifs? (Je suis très mauvais en maths, et je n’arrive pas à me faire une idée précise sur l’instauration généralisée de la victoire à 3 points)

  2. Merci!

    Tristanec: C’était bien 2 points à l’époque par victoire. La victoire à 3 points a été instaurée dans les 90’s apparemment (94 en France).

  3. Toujours aussi bien ces papiers. La réponse à toutes ces questions que je me pose parfois et que j’ai la flemme de surfer pour trouver les réponses. Sauf quand c’est facile.

    Par exemple sans tricher, savez-vous quel est le club de L2 le plus ancien (consécutivement) cette année ? A la 1ère réflexion, moi j’avais trouvé les 2eme et 3eme. Et pourtant c’était évident. Sachez qu’il y a 9 ans d’écart entre le 1er et le 2eme.

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