« A chaque fois qu’il y a enculade en coupe du monde, l’Allemagne était dans le coup »

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2e épisode de Routourne vers le futur

johny-creuz

Avant de commencer, rendons à César ce qui est à César et à Lucarne Opposée ce qui est son tweet. Ce magnifique titre est en fait une de ses répliques lors d’une conversation sur le fameux « match de la honte ». (En passant, si vous n’êtes pas allés lire sa magnifique www.histoiremondiale.fr , vous avez raté votre vie). Pour comprendre ce qui a pu motiver cette affirmation quelque peu péremptoire, voici un petit florilège de ce qui fait qu’on adorait détester la RFA en Coupe du Monde. Paye ton modèle allemand, soit dit en passant.

1954 : Le miracle des Bernés
On connaît la chanson. La Hongrie, peut-être la plus belle équipe de l’histoire, retrouve en finale la RFA qu’elle a étrillé (8-3) au premier tour, le 4 juillet 1954 au Wandkorf de Berne. Invaincue depuis quatre ans et première escouade à faire tomber les Anglais à Wembley (6-3 hein, autant faire les choses bien) en leur donnant en prime une leçon tactique mémorable, l’équipe hongroise prend rapidement les choses en main et deux buts de Puskas et Czibor dans les dix premières minutes semblent sceller son succès. C’est alors que le « miracle » se produit, bien aidé par la pluie battante qui fait rouiller la mécanique des Magyars. Morlock (10e) et Rahn (18e) ramènent la RFA à hauteur avant la pause. Ce dernier récidive à la 84e minute et offre sa première Coupe Jules Rimet à la Mannschaft (désolé au besoin pour l’orthographe, ils n’ont qu’à utiliser des mots faciles à épeler, genre « teutons » quoi).
Oui, youpi, on est les champions, Deutschland Uber Alles tout ça. Sauf que Puskas s’est vu refuser un but parfaitement valable à l’ultime minute de jeu. Sauf que curieusement les joueurs allemands seront victimes d’une étrange épidémie d’hépatite. Une étude allemande a depuis révélé que la Panzer Company aurait été chargée à la pervitine (métamphétamine). Bon après, les équipes d’Europe de l’Est n’étaient pas connues pour tourner à l’eau claire. Plutôt à l’eau lourde, même. Toujours est-il que ça laisse un goût amer aux amoureux du beau jeu.

1958 : Le Code pénal à géométrie variable
Quatre ans plus tard, Helmut Rahn, héros de l’arnaque euh de la finale précédente, n’est plus que l’ombre de lui-même. Devenu alcoolique, il se paye désormais un ventre digne de Planus un lendemain de méchoui. Surtout, une arrestation pour conduite en état d’ivresse en 1957. Mais l’intervention de Sepp Heberger auprès à la fois des autorités et de la fédération vaut bien une carte « vous êtes libérés de prison ». L’ami Helmut, reconnaissant, en plante six, dont l’habituel but pour sortir la Yougoslavie. La RFA ne s’inclinera qu’en demi contre la Suède, avant de permettre à Justo Fontaine de porter son total à 13 réalisations. Un taulard repenti qui fait gagner son équipe. Jean-François, tu sais ce qu’il te reste à faire.

1966 : La Main de Dos
La finale de la Coupe du Monde 1966 (ANG 4 – 2 RFA) est restée célèbre pour son éternel débat « rentré/pas rentré ? » sur le «but » de Hurst à la 100e minute (je me suis d’ailleurs posé la même question la dernière fois que je me suis réveillé en charmante compagnie, regrettant qu’on n’ait pas eu la vidéo pour vérifier, mais passons). Mais deux autres buts de ce même match sont au moins aussi contestables. Déjà, le 4e but anglais, celui du « hat-trick » de Hurst fut inscrit alors que le public avait déjà commencé à envahir la pelouse, donc bon… on ne peut pas dire que les Allemands se soient défendus bec et ongles…
Toujours est-il que le débat sur la validité de ces deux réalisations n’aurait jamais dû se poser. A quelques minutes de la fin du temps réglementaire, les Rosbeefs mènent en effet 2-1 (deux buts de Hurst et Peters contre un de Haller). L’arbitre, M. Dienst, accorde alors un bon coup-franc aux germaniques, pour une faute imaginaire de Jackie Charlton sur Held. Emmerich prend sa chance. Contré. Y retourne. A nouveau contré, par le dos de Schnellinger. Sur le rebond, Wolfgang Weber est le plus prompt et trompe Gordon Banks pour arracher les prolongations. A y regarder de plus près, le ballon est touché par le bras de Schnellinger, de façon si flagrante que sur les photos, l’Allemand semble carrément le prendre sous le bras. Mais le but est validé.
Finale étrange, entachée de tellement de buts foireux que notre cher quotidien sportif national titre le lendemain : « score virtuel : 2-1, les trois derniers buts contestables ». On va dire que pour une fois les Teutons n’ont pas profité de l’arnaque. Mais au vu du déroulé de la Coupe des Anglais, on ne peut pas vraiment s’en réjouir…

1974 : Nos chers voisins
Nouvelle formule pour cette dixième édition. Après un premier tour classique, en lieu et place des phases à élimination directe, un deuxième tour opposant deux poules de quatre. Le 1er va en finale, le 2e dispute la finale pour la troisième place et on remercie les deux autres pour leur participation. Grand favoris sur leur sol, les Allemands de l’Ouest, champions d’Europe sortants, ont eu la surprise de tirer pour leur dernier match du 1er tour… la RDA. Déjà qualifiée, la RFA fait face à un dilemme. Le vainqueur du match sera en effet vraisemblablement opposé au second tour au Brésil, promis à la 2e place de son groupe sauf victoire par dix buts d’écart contre le Zaïre, à l’Argentine et… aux Pays-Bas. Les Hollandais, dont le football total a fait voler en éclats l’Uruguay (3-0), font peur. Alors que l’autre poule semble partie pour accueillir la Yougoslavie, la Pologne et la Suède. Entre la poule de la mort et un groupe difficile mais pas impossible, le choix est vite fait. La RFA déjoue et subit donc une défaite « historique » contre la RDA (1-0).
En revanche, au deuxième tour, les Allemands de l’Ouest ne se posent plus de question et battent la Yougoslavie (2-0) avant de peiner contre de surprenants suédois (4-2) et de venir à bout de la Pologne sur un terrain absolument impraticable (1-0). De leur côté, les Bataves déroulent contre la RDA (2-0), humilient l’Argentine (4-0) et tombent le Brésil (2-0). Cette fois, l’affrontement aura bien lieu, mais en finale, match tellement à part. Demandez aux supporters Clermontois en rugby…
Si les Hollandais ouvrent le score sur la première action (après 17 passes et un rush monstrueux du roi Johan), ils tombent ensuite dans le piège germanique aussi sûrement que Cédric Carrasso dans le pot de confiture (oui je sais, c’était facile). Et, après la Hongrie vingt ans plus tôt, la RFA se paye à nouveau une équipe enchanteresse. Monde de merde.

1982 : Le summum
Alors là, j’avoue ne pas savoir comment commencer. Bon allez, démarrons sur une bonne note avec la victoire d’une superbe équipe algérienne contre la RFA, pour leur premier match dans cette compétition (2-1). Assad en feu follet intenable, Madjer et Belloumi pour conclure… Si vous n’avez jamais vu la vidéo de ce match, malheur à vous tant vous ratez quelque chose. Sur le match, cette victoire n’est en rien due au hasard, la RFA a bien perdu contre plus fort qu’elle. Malheureusement, lors du 2e match, l’Autriche ramène l’Algérie sur terre (2-0). Surtout, lors de leur troisième match, les Fennecs mènent 3-0 à la mi-temps mais voient revenir le Chili sur leurs talons (3-2). Après un rapide calcul, l’enjeu du match RFA-Autriche est simple : une victoire 1-0 de la RFA qualifierait les deux équipes. Je vous laisse deviner ce qui s’est passé…
Le résumé du match tient en une phrase : « Hrubesch marque rapidement ». Après ? Plus RIEN ! Passes en retrait, frappes de loin Mendiesques et surtout non-jeu au ralenti pendant 80 minutes. Éberlué, le public espagnol scande « Algeria, Algeria… ». Mais rien n’y fait, l’Algérie est éliminée sur ce monument de cynisme. Depuis, les deux derniers matches de chaque poule ont lieu simultanément. Un moindre mal…
Mais attention, ce n’est pas fini ! Car en demi-finale, la France se dresse sur le chemin des Allemands. On n’épiloguera pas trop dessus, car ce match risque de faire bientôt l’objet de… haha suspense, teasing de malade tout ça. Mais bon, si on avait une seule image à retenir du match, ce serait évidemment le… euh… comment dire ? Attentat, ça paraît faiblard comparé à ce que Schumacher a fait subir à Battiston. Et le plus dingue dans tout ça ? Charles Corver, pourtant à quelques mètres de l’action, n’y trouve rien d’anormal. Il n’y aura même pas de pénalty alors qu’à part lors du match Italie-Chili de 1962, je n’ai jamais vu un truc pareil en Coupe du Monde. Schumacher ferait presque passer Jetchev et Morais, les deux gardes-chiourme qui ont blessé Pelé en 1966 pour des enfants de cœur. Parce que pendant que Battiston gît au sol, avant d’être emporté sur civière, le portier allemand… jongle, prêt à jouer son 6m. Il va même narguer le public qui le hue copieusement.
Malgré tout, cette enculade a une saveur toute particulière. Sans elle, la prolongation dantesque n’aurait probablement pas eu lieu. Ce match mémorable n’aurait probablement pas la même saveur aujourd’hui. La cruauté de ce scénario a rendu cette rencontre unique et elle doit le rester. Donc si votre voisin prévoit d’utiliser sa DeLorean pour offrir des lunettes à Charles Corver la veille du match, offrez-lui votre fille. Ca va le calmer.

1990 : En mode petit bras
Malgré toute la sympathie que j’éprouve pour certains participants du Mondiale Italien, il n’y a pas photo. La RFA était de très loin la meilleure équipe de la compétition. Sauf qu’elle n’a jamais réussi à le montrer le jour de la finale, face à des Argentins très regroupés. Un petit coup de M. Codesal Mendez n’est donc pas de trop. 65e minute : Pedro Monzon, entré en jeu depuis seulement vingt minutes, sèche Jurgen Klinsmann. Grosse faute, certes, mais première faute pour l’Argentin. La sanction ? Rouge direct. Sachant qu’il n’y avait jamais eu de carton rouge sorti en finale de Coupe du Monde. Ah oui quand même. Encore mieux, à cinq minutes de la fin, Rudi Voller se laisse gentiment tomber dans la surface argentine. Sensini a beau sembler jouer seulement le ballon, le référé mexicain désigne le point de pénalty. Matthaus, le tireur habituel, n’ose pas, de peur de voir Goycochea sortir sa tentative. Brehme s’en charge. But. La RFA fête son 3e sacre. Diego pleure.

Depuis la réunification : pas grand-chose à se mettre sous la dent
Curieusement, depuis que l’Allemagne a récupéré l’usage de son hémisphère droit, pourtant peu réputé pour avoir respecté l’orthodoxie sportive durant les trente années de séparation, elle semble assagie. Bon, en 94, elle a sorti la Belgique alors que les Diables Rouges auraient dû bénéficier d’un pénalty flagrant, mais rien de bien méchant. Contre la Bulgarie en quarts, Klinsmann montre ses qualités de plongeur et obtient un pénalty inexistant. Matthaus, qui semble avoir retrouvé ses testicules, s’élance et ouvre le score. Mais dans la foulée, Stoitchkov lui aussi tombe comme une feuille morte, à l’entrée de la surface. D’un coup-franc magistral, la carne bulgare égalise. A chacal, chacal et demi. Ironie suprême, sur l’engagement ou presque, les Bulgares récupèrent le ballon et la tête plongeante de Letchkov élimine le champion sortant (2-1).
En 1998, RAS, à part la déculottée reçue en quarts contre la Croatie (3-0 !). Sachant que ce qui restait de la Yougoslavie avait réussi à se hisser en 1/8e, je vous laisse imaginer ce qui se serait passé si elle était restée unifiée. Ça laisse rêveur. Jean-Marie Blanchard a réécrit le scénario d’ailleurs.
Depuis, un seul gag à peine, l’élimination des USA en quarts de finale en 2002, malgré un arrêt Suarezien d’un défenseur allemand. Je n’en rajoute pas sur l’arbitrage lors de cette Coupe asiatique, on ne tire pas sur une ambulance enflammée. A vous de vous faire une idée.

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Par contre, rien en 2006, alors que l’Allemagne évoluait à nouveau à domicile. Tout se perd ma pauvre dame… En 2010, un unique fait à signaler : le but inscrit par Lampard, injustement refusé alors que le ballon était rentré d’à peu près 60cm (c’est Claude Makélélé qui a mesuré). Mais bon, il y a eu 4-1 au final, les Anglais ont bu la tasse (de thé ?) une bonne partie du match et au pire, ils se seraient fait tondre aux tirs au but.

Voilà, et vous, qu’en pensez-vous de ce « modèle allemand » ? Vous les sentez comment cette année, même sans Reus ? De toute façon, on va assister au réveil quadriennal de Lukas Podolski…

Johny Kreuz

14 réflexions sur «« A chaque fois qu’il y a enculade en coupe du monde, l’Allemagne était dans le coup »»

  1. Dites, si y a des Allemands qui traînent ici… Allez lire la dernière académie du Red Star.

  2. Il y aussi le match de la premiere guerre mondial pour le Nouel 1914 face aux alliés. Treve emouvante et score sans appel de 9-0 pour les casques à pointe, mais deja beaucoup d’irrégularités et un arbitrage laxiste.

  3. En 1954 le 8-3 a surtout servi à la manshafette de bien bousiller Puskas au cas où elle aurait à le recroiser. Et on oublie l’invention du crampon vissé du Feld Mareschal Adolf Dassler qui permettait de bien accrocher la pelouse et les tendons hongrois.

    Quant au dopage bon, Pays de l’Est, Argentine et même Algérie sont bien douteux sur les CDM…

  4. Sinon les espagnols devaient plutôt scander « Argelia ». Oui ben j’encule les mouches si je veux.

  5. @ Raymond Kropack : mais de rien, surtout que j’en reparlerai très bientôt

    @ Ohissan Cule : c’est exact, tu as bien raison de pratiquer la sodomie de coléoptères, c’est une erreur de ma part. Quoiqu’il arrive, je pense que le public espagnol a du légèrement leur en vouloir ^^

  6. …et que dire du fait que 8 ans à peine après la Coupe du Monde 2006 les allemands jouent de nouveau à domicile ?

  7. Et le jour ou Ronaldo le meilleur joueur du monde a l’epoque tombe a l’hôpital avant de jouer la France en final(En France!) les Allemand était aussi pour quelle que chose?

  8. 8 fautes en une question, j’espère pour toi que tu es germanophone comme ton argumentaire le laisse supposer.
    En tout cas, t’as du bol que le gars deux commentaires au-dessus ne soit pas dans les parages.

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