Red Star – ETGXYZ (2-2) : La Jules Rimet Académie livre ses notes

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L’art et la manière.

lapoutre

Et oui, notre ami Porthos Molise se la coulant douce à Miami, retraite anale bien méritée, et Jean-Claude Pied ayant décidé de n’académiser que les victoires, c’est Pierre Lapoutre, ce vieux satyre, qui vous la colle.

Le Red Star ne finit pas de nous surprendre. Une victoire contre les buveurs d’eau, Evian-Volvic-Danone et le maintien est assuré, enfin pour les matheux du foot, la suite on verra au fil des matchs et du spectacle qui nous est offert ce soir en terre picarde, sur un terrain façon champ de betteraves ou champ de patates, enfin chui pas agriculteur, les péquenauds du coin doivent savoir…

Pas folichonne la pelouse offerte à nos joueurs et aussi à nos adversaires du soir, Croix de Savoie, siège à Thonon, stade à Gaillard et statue à Evian, mais on en reparlera très vite… de leur statue. Car les statues c’est devenu à la mode dans les stades, on en change même souvent et ça coûte un bras de couler des bronzes. La preuve à Bonal, ils ont déjà viré le lion sot lubrique avec sa saucisse décrit par JC Pied… Et ils ont mis la statue d’un singe, pour un an seulement afin de ne pas heurter la sensibilité du nouvel actionnaire… Et puis, mais c’est encore des mauvaises langues qui le disent, à Charlety, plus d’Hercule. Il paraît que cela déplaisait à la nouvelle mairesse, et puis elle était vermoulue jusqu’au trognon, la statue d’Hercule… On aurait donc mis un gorille à la place, on sait pas si c’est pour attirer des investisseurs ou pour satisfaire les lèvres pulpeuses de notre édile enfin… Revenons au match .

Car à Beauvert en ce soir un peu frisquet, ils avaient aussi dressé une statue, une éphémère. Mais comme le Red Star est un club pas comme les autres, ils se sont pas laissé aller à l’étron conceptuel façon place Vendôme ou Versailles… Ils ont fait dans le naïf, dans le figuratif outrancier… Et oui pourquoi cette bouteille d’eau minérale gazeuse et italienne dont le logo intègre une étoile rouge ? Il doit y avoir un problème de communication au club car on a jamais su si c’était une campagne contre l’alcoolisme (ces gens-là, les Lensois sont passés par là) ou si c’était pour attirer un nouveau sponsor…

C’était plutôt une grosse provoc à l’égard de nos adversaires, car eux ils ont eu un chouette investisseur, un qui donne dans les eaux minérales, et oui on ne s’appelle pas Evian pour rien… Pourtant la ville a peu à voir avec l’histoire de ce club, et ils pouvaient pas l’appeler Volvic ou Actimel à cause de la géographie. Mais ils ont pas de chance les buveurs de flotte, ils avaient beau être ambitieux en début de saison, ils sont dans le ventre mou du championnat et depuis leur histoire de statue, ils ont choppé la guigne. C’est vrai que l’investisseur s’est fait un peu la malle et que le club dégringole tranquille après une ascension fulgurante.

Pourtant ils avaient vu grand à Evian. Ils avaient commandé en Suisse sur l’autre rive du lac une statue de Zidane, un truc en matériau onéreux revêtu de feuille d’or, normal, Zizou il avait fait la pub pour Volvic, mais bon embrouille… On sait pas pourquoi la statue de Zidane s’en est allée dans le Puy de Dôme et c’est une statue de Gérard Depardieu en Bacchus qu’ils ont livré à Evian… Et comme il y a pas de stade, Depardieu en ivrogne érigé à coté de l’usine d’embouteillage d’eau minérale, ça a fait scandale et ça a découragé les investisseurs… On n’a jamais su si c’était une provocation contre la sobriété ou une sale histoire d’évasion fiscale. La Suisse, on peut s’y rendre en bateau à moteur ou en barque, que le lac à traverser… Enfin faut espérer que quand le Red Star aura un stade, il y aura aussi une belle statue… Il se dit que ce sera certainement pas un rhinocéros, ni Adams Doumbia non plus, un mec qui porte haut les valeurs du neuf-trois, lui ! Il se murmure que cela pourrait être Rui Almeida… Le mec il est sévèrement burné, et il sait coacher, et il l’aura démontré ce soir.

Ce fût un match bien généreux en intensité émotionnelle, on aura tout connu, tout vu, tout ressenti… Le Red Star aura été dominé, hésitant et maladroit comme le démontre l’ouverture du score survenue en début de seconde mi-temps qui pourtant ne réveille pas tout de suite des vert-et-blanc un peu amorphes. Coach Almeida ne se démonte pas, il fera jouer l’équipe avec quatre attaquants, on assistera à dix minutes de pure folie et deux purs buts.

D’abord entrée plutôt prometteuse d’Issa Baradji. Malgré sa forme incertaine et ses poignées d’amour en voie de disparition, il crée le danger et manque de peu un superbe pivot. Puis entrée et bizutage pour notre rouquin préféré qui, après quelques minutes nous colle un coup de tronche sur un coup franc millimétré de Bouazza.

Ce mec, le nouveau, on l’a baptisé d’emblée le Rouquin, il va nous faire oublier Despois de Folleville (enfin on espère) et pour tout vous dire aussi, ça fait grand plaisir à Porthos Molise dont la toison pubienne est poil de carotte. ll s’appelle Fernando ARISTEGUIETA. Enfin, attendons, on se souvient de Jean-Jacques Mandrichi, un mec qui écumait les kebabs de Saint Ouen et qui a fait du lard après un début tonitruant… Mais au moins lui, il est entré dans l’histoire du Red Star.

(Note de JC : à ce moment, Sliti marque le but du 2-1)

Le match on l’a pas gagné, l’arbite avait un problème avec son chronographe, donc un penalty viendra interrompre notre érection soutenue à la 96e minute. Putain quelle tuile, en mode déconfit hagard, subitement mou du gland même plus la niaque pour traiter l’arbite d’inverti, de bougre voir d’homophobe… Mais bon dans les stades il y a aussi des familles donc autant éviter les grossièretés et puis ça aurait rien changé, il a sifflé juste après le péno, l’arbite.

Malgré dix minutes de folie et un but supersonique de Sliti, pas certain qu’on méritait de le gagner ce match, mais on méritait pas de le perdre non plus… Un point de pris ça se refuse pas face à une équipe pas bandante qui cravache et verrouille pour se maintenir. On va en rencontrer pas mal des comme ça dans les semaines à venir des équipes qui ne veulent pas mourir, comme on va aussi affronter des concurrents directs à la montée. On verra bien faut pas encore en parler.

Les notes :

Arnaud Balijon, 3/5 : compte tenu de l’incapacité de notre défense à relancer, on a pu admirer son jeu au pied, sinon comme d’hab toujours la main ferme.

Lloyd Palun, 3/5 : il est à l’origine de la passe improbable vers Fournier qui a provoqué le but casquette, mais aussi du superbe centre qui a conduit au but de Sliti, solide et guerrier.

Julian Jeanvier, 2/5 : pas aussi à l’aise qu’à son habitude, il provoque le penalty survenu au-delà du temps réglementaire et il prend un carton rouge.

Rémi Fournier, 2/5 : un peu à l’origine du but casquette mais la passe en retrait était perrave (voir Palun), du bon dans les interventions mais pas mal d’imprécision dans la relance.

Jérôme Hergault, 3/5 : pas mal le Hergault, en plus il tente d’apporter des situations de contre-attaque, technique et appliqué . Remplacé par le Rouquin.

Danilson Da Cruz, 4/5 : un guerrier ce mec, un bonhomme, il défend, il relance, il harangue, il est au four et au moulin, il vient du neuf quatre mais on lui pardonne.

Yann Boe-Kane, 2/5 : il fut le maillon faible du début de match, à la peine à la récupération, peu à l’aise il sera remplacé par Baradji à l’heure de jeu.

Florian Makhedjouf, 2/5 : c’était pas véritablement un match pour lui, trop verrouillé enfin il demeure assez juste dans ses gestes techniques.

Naïm Sliti, 4/5 : un but venu d’ailleurs et une réelle implication dans l’embellie de dix minutes qui nous a permis de reprendre l’avantage et de bander.

Hameur Bouazza, 4/5 : des beaux gestes, un coup franc au cordeau qui aboutit à un but, un des tauliers offensifs de l’équipe et puis il a porté le maillot des Blue noses donc on s’abstient de critiquer.

Anatole Guacamole, 3/5 : pas avare de son énergie un superbe équipier.

Les remplaçants :

Xavier Chavalerin (pour Makhedjouf, 62′), 1/5 : entrée en jeu non convaincante, on dirait qu’il a peur d’attaquer le ballon, peur pour sa mise en plis. Enfin transparent, évanescent, insignifiant.

Issa Baradji (pour Boe-Kane, 62′), 4/5 : on se moquait de ses poignées d’amour, on l’avait vu erratique, on l’a vu un peu plus affûté, belle tête, superbe tir en pivot hélas stoppé par un exploit du gardien adverse.

Fernando Aristoguieta (pour Hergault, 81′), 5/5 : il remplace Hergault et plante une tête magnifique après quelques minutes, de l’impact, du placement, des cheveux roux.

Vive le Red Star, vive le sport, et vive Gérard Depardieu.

Pr. Pierre Lapoutre.

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