Brésil – Costa Rica (2-0) : La Ticos Académie fait ses bagages

Enfin au niveau mondial, mais trop tard.

Bonjour mes amours,

J’ai une mauvaise nouvelle pour vous, pour moi et surtout pour mes Ticos d’amour : notre aventure commune s’apprête déjà à s’arrêter cette fois-ci, trop tôt, beaucoup trop tôt par rapport à notre dernière coupe du monde.

Et pourtant, dieu sait qu’ils m’ont réveillé tout plein de picotements là, et aussi un peu là, mes coquinous, dans ce match contre les Brésiliens. En première mi-temps, deux lignes infranchissables, un keylorgasme keylorgasmique, et surtout des projections en contre-attaques : j’ai cru revoir par moments le Costa Rica-Italie de 2014.

Sauf que… sauf que cette fois-ci, l’efficacité n’était pas au rendez-vous sur nos trop rares actions, sauf que cette fois-ci, il s’agissait d’un match-couperet après une défaite initiale contre la Serbie, sauf que cette fois-ci, eh bien le billet de retour est déjà en poche avant même la fin du premier tour.

Le dernier match sera, pour un certain nombre de ces joueurs d’une fabuleuse génération, la dernière occasion de se montrer dans une coupe du monde. Eux qui ont tant sollicité mes fluides corporels au cours de leur épopée ne me tireront que des larmes. Je les aime. Je les aimerai toujours.

Boule fière de la Patrie.

L’équipe

Keylorgasme dans les buts, ça ne change pas.

Les trois centraux : Acosta, Gonzalez, Duarte, ça ne change pas..

Les latéraux : Gamboa à droite, ça ne change pas. A gauche en revanche, Oviedo retrouve sa place, lui à qui Calvo avait été préféré contre la Serbie, avec un succès mitigé.

Au milieu, Guzman récupère et Borges transmet, ça ne change pas.

Devant, Ruiz papillonne et Venegas prend l’aile opposée, ça ne change pas. Bolaños et Campbell sont toujours jugés trop juste physiquement pour tenir tout le match. En pointe, Ureña se prépare à de longs moments de solitude, ça ne change pas et ça ne changera jamais.

Les changements : Bolaños remplace Ureña en début de seconde période (Venegas prenant alors place en pointe), Calvo remplace Gamboa à un quart d’heure de la fin, Tejeda remplace Guzman à la 83e.

 

Le match

Après des mois et de mois poussifs, ennuyeux, amorphes, et qui incluent malheureusement ce demi-match contre la Serbie, les Ticos retrouvent enfin ce qui fait leur sel : le schéma reste toujours hyper-défensif, d’accord, mais alors quand nous nous décidons à attaquer, nous ne faisons pas semblant. Evidemment, le Brésil domine, mais la meilleure occasion est nôtre : un somptueux une-deux Gamboa-Venegas voit le latéral du Celtic déposer son vis-à-vis et envoyer un amour de centre en retrait à Borges, qui rate son tir. Après les deux occasions manquées en début de match contre la Serbie, ce manque d’efficacité nous handicape lourdement.

A la pause ceci dit et cette regrettable manque de réalisme mis à part, le scénario est parfait. Reste à éviter le deuxième écueil qui nous attend habituellement : ces reprises négociées avec la vivacité d’un troupeau de boules en pierre. Ca ne rate pas, le début de seconde période me fait crisper tout ce que je peux crisper ; heureusement que mon assistant Eduardo est resté au pays, je crois que d’anxiété, j’aurais pu lui broyer tout ce qui se trouvait à portée de mes mains. Presque-CSC, tête sur la barre barre, sauvetage sur la ligne, keylorgasme, toute la palette du stress défensif y passe en dix minutes.

Boules sibériennes.

Malgré tout, le score reste aussi vierge qu’un stagiaire qui ne serait jamais passé par mon laboratoire, et on peut même se prendre à regretter que les Ticos ne négocient pas mieux leurs contres. La tension monte peu à peu dans le dernier quart d’heure, généreusement alimentée par le comportement d’un Neymar que vous qualifieriez dans votre jargon, je crois, de « salope ». Coups en douce, simulations, pleurs, jérémiades… lui qui est tellement fan de Jésus, si son idole s’était comportée comme lui à l’époque, c’est tout Nazareth qui aurait vendu des clous aux Romains. De grâce, arrêtez un peu avec votre Sergio Ramos qui a au moins le mérite d’assumer son vice. Neymar, lui, est aussi sournois que veule.

Heureusement, ce bel homme de Bjorn Kuipers a rapidement cerné l’énergumène ; j’ai toujours trouvé cet idiome barbare mais quand on y regarde bien, le néerlandais est une très belle langue quand on l’utilise pour demander à Neymar de fermer sa gueule. De même, moi qui n’étais jamais très favorable à la vidéo (dans le sport, pas dans mon laboratoire, hihihi…), je trouve cette invention formidable dès lors qu’elle permet à l’arbitre de revenir sur sa décision d’accorder un pénalty après une simulation grotesque.

Epuisés, nous finissons par recourir à tous les expédients pour gagner du temps, au grand dam des esthètes du football. C’est vrai, après avoir résisté heure et demi face à des joueurs dix fois plus talentueux et nous ayant gratifiés (surtout un) de comportements de gens de peu de vertu [Kimberly veut dire « de putes », NDLR], nous aurions pu avoir envie de nous montrer chevaleresques. Et même de leur faire des cadeaux, tiens.

Bon, le problème dans tout cela, c’est que le Brésil reste le Brésil et que, sitôt le temps additionnel annoncé, leur énième tentative est la bonne. Un centre est remis de la tête par un Brésilien au duel avec Calvo, Gabriel Jésus dans les 6 mètres pivote autour de Gonzalez, et trouve Coutinho lancé qui conclut de près. Assommés, nous ne trouvons même pas la force d’envoyer des saucisses à l’avant et, après une ultime perte de balle, un contre se termine par un but facile de Neymar, qui s’empresse dès le coup de sifflet final de convoquer toutes les caméras de sa planète pour montrer à quel point il s’agit d’une âme humble et sensible.

Les larmes vraies et nobles sont celle de mes héros, qui n’ont pas démérité mais n’ont cette fois-ci pas su dépasser leur nette différence de niveau individuel. Peu de regrets finalement de cette défaite, c’est surtout ce premier match perdu par frilosité – à l’image finalement de ce qu’était devenue la sélection – qui nous aura coûté. Et maintenant, place aux jeunes… mais quels jeunes ?

Boule à assistance vidéo.

Les boules  :

Navas (4 boules) : Ouh, lui je pense qu’il me fera encore frétiller quelque temps. C’était du grand, du bon, du beau.

Un homme noble dans un monde vulgaire.

Jhonny Acosta (3 boules) : C’est au meilleur moment que l’on a retrouvé nos défenseurs, très peu élégants et efficaces pris un par un mais qui me donnent des frissons à force d’abnégation collective. Un peu comme mes étudiants de 3e année, d’ailleurs.

Giancarlo Gonzalez (3 boules: Idem, comment voulez-vous que je le sacque ? D’accord, il est battu sur le but, mais quelle résistance dans les 90 minutes qui ont précédé. Belle lucidité aussi d’avoir senti bvenir la simulation de fourbe de Neymar et d’avoir retiré son bras au dernier moment.

Oscar Duarte (4 boules) : Et le voilà, le symbole de la montée en gamme des Ticos. Oscar a assuré ses tâches en défense, et s’est en plus permis de presser et monter quand l’espace le lui permettait. Je me répète, mais que n’avons-nous fait ça contre les Serbes, nom de nom ! Ah ça y est, je pleure de nouveau, et quand je pleure, je surnote.

Cristian Gamboa (3 boules) : Un match quasi-parfait face à Neymar, sauf à la 72e où il comment l’erreur qui, selon l’adage, « ne pardonne pas à ce niveau de compétition ». Si ce n’est que cette fois, ça a pardonné, donc moi aussi.

Remplacé par Calvo (73e) : Se fond dans le moule, mais perd un duel aérien fatal sur l’ouverture du score.

Bryan Oviedo (3 boules) : Très en vue en première mi-temps, y compris pour se rendre disponible en attaque. Evidemment, vu le serrage de fesses généralisés en seconde période, il a surtout participé à l’écopage du navire, comme tout le monde.

David Guzman (3 boules) : Encore une faute bête tout près de la surface dès la 9e minute. Je craignais le pire mais finalement, David a très largement rempli sa mission consistant à pourrir le jeu des Brésiliens.

Remplacé par Tejeda (87e, 0/5) : J’ai appris votre dicton sur ceux qui aiment bien et châtient bien, or j’aime énormément mon Tejedounet. Mais pourquoi zéro ? Non, pas pour ce karma de chat noir qui voit son entrée coïncider quasiment avec l’ouverture du score. Pas non plus pour sa perte de balle causant le 2e but, de toute façon l’on jouait la 97e et nos joueurs faisaient mumuse depuis 40 secondes à se passer la balle en retrait au lieu de tenter quelque chose. Mais non de Dieu (pardon), Yeltsin, quand Neymar t’a fait son dribble d’otarie Youtube, tu as armé la cisaille, je voyais déjà son genou partir dans la Neva et ma main dans mes dentelles… pourquoi t’es-tu arrêté ? Tu te rends compte du mal que tu as fait au football en ne lui explosant pas les rotules ? La seule excuse que je veux bien accepter, c’est si tu as considéré que les Serbes feraient mieux que toi mercredi prochain.

Celso Borges (2 boules) : Ouh que je suis sévère, ouh que ça me fait mal de le noter si durement alors que lui aussi a fait un bon match. Mais lorsqu’on se procure une aussi belle occasion, il ne faut pas rater si piteusement son tir, mon beau Celso… et puis je crains que ce ne soit lui qui omette de suivre Coutinho dans la surface, à la 91e… ça y est, je pleure… mais cette fois je ne surnote pas.

Bryan Ruiz (3 boules) : Quoi qu’il arrive, un pays dont les enfants auront appris le football en regardant jouer Bryan Ruiz restera toujours un pays de football. Je pleure, et quand je pleure je suis prête à passer sur de petits détails gênants, comme deux pertes de balles devant sa propre surface.

Johan Venegas (3 boules) : Je ne réclame pas monts et merveilles de Johan mais, puisqu’il sait se débrouiller si honorablement contre le Brésil, pourquoi ne parvient-il pas à le faire dans d’autres matchs ?

Marco Ureña (3 boules) : Beaucoup de mauvais choix, mais quel courage également d’abattre un tel travail en étant envoyé seul au front.

Remplacé par Bolaños (54e, 1/5) : La seule vraie grosse déception individuelle de la rencontre. En une mi-temps il a à peu près tout raté, y compris des situations qui auraient pu nous procurer des contre-attaques tout émoustillantes.

Boules marquées.

La suite

Jubilé programmé contre la Suisse, qui devra au moins obtenir le nul pour se qualifier. Mais la suite n’a guère d’importance. Je pleure.

Kimberly GutiérrezYigüirro

 

Kimberly Gutiérrez Yigüirro

Un commentaire

  1. Un match héroïque, genre sacrificiel. Tellement dommage, il s’en est fallue de pas grand chose, notamment si les quelques contres avaient été mieux menés. Il est possible que vous soyez salement vengés, j’espère que Brésil n’ira pas beaucoup plus loin, c’est affligeant.

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