Colombie – Japon (1-2) : La Takatoukité Akademi livre ses notes

Yo les Gaijin !Je sais qu’on s’est pas présentés. Et que j’arrive un brin en retard. Suimasen, grave, les boloss. Mais, hey, faisez pas les surpris, c’était écrit dans ma bio. Et puis bon, on est le grand peuple japonais, on a réussi à vous mettre à genoux avec les Pokémon, on fait un peu ce qu’on veut en fait.

La preuve, on tape même les équipes qu’on était pas censé taper. Ah, ça vous la coupe ça, la victoire sur les trafiquants de drogue dopés aux hormones avec nos physiques d’allumettes et notre réputation d’équipe « disciplinée mais sans imagination »? Ah, ça a dû en écrire des poncifs sur les descriptifs d’équipe. Moi, j’en ai pas fait, ça vous évite de lire plus de conneries, « entre tradition et modernité » et tout le merdier habituel. La vérité, c’est que, bon, c’est vrai, notre sélection, c’est pas fifou. Mais 1) quand on veut jouer au ballon, on peut se montrer surprenant 2) on est ptet plus costauds qu’on en a l’air et 3) point le plus important, nous on est pas complètement CRÉTINS.

Et oui, parce que ce premier match de phase finale s’est quand même joué sur la stupidité de certains, à commencer par le duo Sanchez et Sanchez. A peine quelques minutes après le coup de d’envoi, et alors que le commentateur de la BBC était justement en train d’encenser le central des Spurs, le voilà pris de vitesse par Osako sur un ballon anodin renvoyé par Yoshida et habilement prolongé de l’extér’ par Kagawa, ce bel homme. Placé beaucoup trop haut, le bloc colombien se fait surprendre, le gros Sanchez n’arrive pas à reprendre le dessus sur Osako, qui va néanmoins buter sur Ospina. Le ballon revient sur notre numéro 10 aux traits si fins qui l’envoie en lucarne avant que l’autre Sanchez, Carlos, celui avec les cheveux vendus tous ensemble, ne se décide à faire la doublure d’Ospina. Manchette, penalty, carton rouge, le tout à la 3e minute, on dit un grand bravo. S’ensuit un petit sketch où les Colombiens essaient de négocier – pourquoi, comment, dans quel but, ça reste un mystère – et où Ospina essaie de faire croire qu’il est méchant en jouant le trash-talk. Même Shinji, pourtant bien placé sur le pipoumètre, se fend la gueule et lui met un contrepied pépouze (6e minute).

Le problème, c’est que c’était moyennement prévu. De mener au score et de devoir faire le jeu. Et l’exotisme, l’inattendu, l’imprévisible, chez nous, on n’aime pas ça. Alors on s’en est tenus au plan, même à 11 contre 10 : on a joué bas, on les a laissés balancer quelques saucisses sur Falcao et tenter des dribbles (cha)loupés, tout en s’assurant d’être inoffensifs au possible quand on récupérait le cuir. La dernière partie a bien marché. La première s’est pétée la gueule quand on s’est rappelé que Kawashima avait 35 berges et qu’il avait mal aux genoux. Ouais, sumi, respect aux anciens. Mais là, quand même. Vieux coup-franc sous le mur de Quintero, et Osan met autant de minutes qu’il a de bougies sur le gâteau pour plonger. Ca rentre mollement entre ses mains et le poteau, en dépit de sa vieille tentative de trucage pour dire que c’est pas rentré (38e minute). Vient la mi-temps. Les Colombiens se disent qu’ils peuvent faire un truc. Ils tentent le coup et font rentrer un Lamesu Rodorigezu sur une patte. C’est le moment que choisissent nos fiers guerriers gachapon pour se transformer en Super Saïyens. Ca construit toujours de l’arrière, propre, avec l’aide du double pivot Shibasaki-Hasebe qui n’héiste pas à redescendre pour accélérer notamment côté gauche avec Nagatomo et Inui.

C’est jamais vraiment parfait, mais il y a de la spontanéité et un sacré volume de jeu qui finissent par amener des occasions quand les copains à Shakira étouffent sous leurs kilos de muscle et de gras. Et boum, suite à une énième banderille de Sakai, Honda dépose son corner sur la tête de l’omniprésent Osako, qui le catapulte en lucarne au milieu de tous les défenseurs colombiens et d’un Ospina sorti champêtrement (73e minute). Les clichés en prennent un coup dans la gueule et les paris de Pierre Ménès aussi. Il y aura bien une ou deux alertes avant la fin de la rencontre (notamment une frappe à bout portant de Lamesu, bloquée par Osako encore), symboles d’une petite révolte colombienn. Mais rien d’assez communiste pour inquiéter l’Empire nippon qui gardera globalement la mainmise sur le cuir avant de signer sa cinquième victoire en phases finales de Coupe du Monde. YATTA motherfucker.

 

 

 

KAWASHIMA : 1/5
Ou comment le Japon paye le vieillissement général de sa population.

NAGATOMO : 5/5
L’ancien latéral de l’Inter mérite peut-être mieux que Galatasaray et le championnat turc. A 31 ans, il a peut-être été le plus gros danger côté gauche, avec ses déboulés incessants, en se montrant cependant intraitable à l’arrière au point d’éteindre un Cuadrado sorti à la 30e minute. Seul hic : cette teinture blonde dégueulasse malheureusement beaucoup trop répandue chez nous. C’est pour ça que je me suis mis une passoire sur la tête. Pour me protéger.

SAKAI : 3/5
Auteur d’une première période oulala bof, la latéral droit marseillais a retrouvé ses esprits dans les quarante-cinq dernières minutes avec de nombreuses percées, certes un peu bordéliques, mais souvent dangereuses. La preuve : c’est une de ses frappes qui amène le corner du second but japonais.

SHOJI : 3/5
Un peu en retrait par rapport à Yoshida, il n’a pas eu autant de choses à gérer que le joueur de Soton et s’est contenté de relancer proprement, en gagnant un ou deux duels de ci, de là (comme contra Bacca en fin de match).

YOSHIDA : 4/5
Un peu troublé par les premiers appels de Gargamel, il a progressivement imposé son physique et a complètement dominé dans le jeu aérien malgré la présence d’un bon gros client.

SHIBASAKI : 5/5
Ma nouvelle idol. Aussi discret qu’efficace en meneur reculé, le joueur de Getafe était partout, sans en faire des caisses pour autant. Propre à la récup’, disponible dans la construction mais surtout cruellement incisif dans l’avant-dernière passe et dans l’orientation du jeu. Enorme plaisir.

HASEBE : 3/5
Dégaine de Premier ministre, profil solide et concret qui va avec. Le capitaine des Samouraïs n’a pa fait de vagues. Mmmm. Mauvais choix de mots là.

KAGAWA : 4/5
Ses petits camarades ne l’ont pas souvent trouvé entre les lignes, mais dès qu’il peut ouvrir le jeu, ça devient tout de suite plus vertical et plus dangereux. +1 point parce que, quel bel homme.

INUI : 4/5
Etrange garçon au profil blaisematuidien, qui court beaucoup, partout et un peu n’importe comment mais dont la générosité finit par user les défenseurs et par payer. Il est pas spécialement adroit ni spécialement rapide, mais bizarrement il est toujours dans les bons coups. Et entre lui et Nagatomo, le côté droit colombien a bien morflé.

HARAGUCHI : 3/5
Peu à son aise avec l’idée d’attaquer, il s’est montré intraitable dans le rôle de piston côté droit, ce qui a notamment permis à Shibasaki et surtout Sakai de s’impliquer dans les offensives nippones. Un milieu droit à l’ancienne.

OSAKO : 5/5
Et ben, pour un mec qui devait juste remplacer le shiny Okazaki, il s’est plutôt pas mal démmerdé. Profil indescriptible lui aussi, avec beaucoup de dézonages, de propositions d’appui, et des courses dans tous les sens, mais au final précieux par son activité.

Les Samouraï Shampooineurs :

HONDA (pour Kagawa à la 70e minute) : Vilain et mal coiffé, fracture de la lignée belhommiste entre Nakata et Kagawa, mais une passe décisive tout de même pour Keisuke et ses 32 ans.

YAMAGUCHI (pour Shibasaki à la 80e minute) : Surtout pas faire de connerie, redonner le ballon qu’on vient de me filer, surtout pas faire de connerie.

OKAZAKI (pour Osako à la 85e minute) : Annonciateur d’un changement dans la compo de Nishino au prochain match ? Ce serait dur.

 

Et voilà, hop, alors que personne ne nous donnait troisièmes, nous voilà en tête du groupe avant d’affronter le Sénégal dimanche à 17h. Nous on le savait, on a inventé Olive & Tom mon gars. On allait pas se faire bouffer par des mâcheurs de feuilles. Une chose est sûre : les tribunes seront propres à la fin.

Shinji Kagaouète

Shinji Kagaouète

"Tatati, tatata, les Japonais, ils sont toujours à l'heure, t'as qu'à voir leurs trains, eux au moins...". Toi coco, tu ne connais pas encore le sens du timing de Shinji.

7 commentaires

  1. « Yo les Gaijin !Je sais qu’on s’est pas présentés. Et que j’arrive un brin en retard. Suimasen, grave, les boloss. Mais, hey, faisez pas les surpris, c’était écrit dans ma bio. »

    null

    Foutage de gueule niveau « Académicien d’Arsenal qui dit qu’il va livrer un papier à l’heure » là…

  2. Cela dit, mettre moins de 5/5 à Sakaï, c’est avouer une certaine méconnaissance voire pire un partisianisme a priori qui ne peut faire douter de l’honnetêté de la personne sans doute de droite qui écrit cette académie.

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