Genoa-Fiorentina (0-1), la Chianti Académie livre ses saintes notes
Ciao chers fidèles ! Come va ? Fra Francesco vous bénit, surtout les demoiselles ! Quelle semaine j’ai passé, miei cari lectori ! Deux de mes amis rencontrés aux Etats-Unis du temps où j’étais séminariste à Las Vegas sont venus me rendre visite, à l’improviste, dans mon presbytère de Santa Maria a Monte. Celle-là, je ne l’attendais pas ! Imaginez mon étonnement de revoir ces valeureux compagnons, sur le parvis de mon église ! Mes ouailles ont été surprises de me voir aussi familier avec ces deux phénomènes, mais elles se sont habituées à mes amitiés particulières.
J’avoue que c’était un brin étrange de les voir se présenter avant la messe à toutes les vieilles grenouilles de bénitier : «Mi chiamo Hunter Duke, sono journalist ! And this is Oscar Zetagonzo, avvocato». Heureusement qu’ils ont des professions convenables parce que sinon, j’aurais célébré l’office à huis-clos. Autant le préciser, Hunter et Oscar ne sont pas des enfants de chœur et je ne les ai pas rencontrés dans une kermesse. Tandis que je voulais contribuer à évangéliser Las Vegas, j’ai croisé les deux compères au détour d’un hôtel, le Mint 400 il me semble. Dans un état second, ils m’ont harangué, pensant qu’avec mes habits sacerdotaux, je faisais partie d’un festival à la con rempli de puceaux, un peu comme moi à l’époque (j’avais trempé 2-3 fois le biscuit avec Sorella Valentina mais guère plus), la foi en Dieu en moins, les masques de Spiderman en plus. Intrigué, je suis donc monté à l’arrière de leur Cadillac, direction le Strip pour trouver un lieu de débauche digne de ce nom. Arrivé la Bible à la main, je suis ressorti le slip sur la tête (à cette époque, j’en portais, propres la plupart du temps), deux bombasses aux bras, la clope au bec et le nez tout blanc.
Cette nuit-là, le bon Dieu m’a montré que, jusqu’à présent, j’avais fait en partie fausse route et que je devais profiter de ma jeunesse et des créatures qu’Il avait créées. Sur notre lancée, nous avons passé trois jours dans ce temple de la débauche. Libéré de mes a priori, j’ai tout partagé avec Hunter et Oscar, mélangeant allègrement femmes, alcool, éther et LSD, parfois tout en même temps. Après plusieurs délires psychédéliques, je me suis endormi après quatre nuits blanches, me réveillant les pieds dans la flotte qui avait envahi ma suite. Ginger, Jane, Rita et Jenny dormaient encore, des lambeaux de ma soutane dans les mains. Si jamais j’ai fait un enfant à l’une d’entre elles, on pourrait en faire en une série : ça s’appellerait «How I Meth Your Mother»… Après avoir retrouvé mes comparses, nous avons pris la clé des champs, laissant les filles dans ce casino qui n’avait jamais aussi bien porté son nom, quittant sans payer une chambre d’hôtel admirablement saccagée. Cette histoire doit avoir 40 piges. Jamais je ne pensais revoir le porte-cigarette d’Hunter Duke et la moustache d’Oscar Zetagonzo. Pour nos retrouvailles, on a fait les choses en grand et nous sommes partis à l’assaut de la Ville Eternelle, avant le match contre la Lazio, sans penser deux secondes que le match était à Artemio-Francchi.
J’ai salement vieilli. Mes amis aussi d’ailleurs. Quatre décennies sans hallucinations ou presque (l’omelette aux funghi de la forêt de la bonne, à part faire apparaître des Christ dansant le jerk, ça ne fait rien) et, d’un coup, tout récupérer en une seule fois, c’est violent. Hunter et Oscar, eux, n’avaient jamais arrêté. Cela tient du miracle s’ils sont encore en vie, ces deux-là. Le monde qui tourne, la sueur qui perle sur le front, la chaleur qui t’envahit, même en s’y préparant, c’est costaud. Le whisky mélangé à la mescaline et le poppers-margarita (marque déposée), ça te ferait croire en Dieu ! La Piazza di Popolo tournoyait, les vendeurs à la sauvette formait des masses informes qui se jetaient sur nous, les touristes ressemblaient à des hérissons maléfiques que nous essayions de combattre avec des glaçons et du tiramisu’. Déambulant dans les rues de Rome, tout devenait plus petit, les murs devenant un étau liberticide, nous empêchant de respirer. Je ne sais comment, nous nous sommes retrouvés dans un bar remplis d’Irreductibili de la Curva Nord. Après avoir perdu de vue Hunter et Oscar, j’ai remis la main sur eux dans les chiottes du troquet, tandis qu’ils urinaient de concert sur une fresque de Paolo Di Canio, ce qui a constitué notre plus grand flirt avec la mort lors de notre virée. Heureusement, le 357 Magnum d’Oscar nous a redonnés du crédit et de la sympathie. Après une dernière lichette de mescaline, je me suis endormi en pleine rue et j’ai été réveillé à 6h du matin par un couple de Japonais venu satisfaire au rituel de la fontaine de Trevi. Si seulement ça avait été Anita Ekberg (celle de l’époque hein, qui posait dans Playboy) ! J’étais bien moi, la robe de bure trempée, allongé devant la statue de Neptune ! Après les avoir insultés copieusement et conseillés de mettre leurs pièces de monnaie au fond de leur cul, j’ai cherché en vain trace d’Hunter et Oscar. Volatilisés les deux zouaves ! A dans 40 ans les mecs ! J’ai mis deux jours pour revenir à Santa Maria a Monte et j’ai préféré tout mettre par écrit tout de suite pour ne rien oublier de cette aventure inouïe. Du coup, j’ai raté le match, remporté 2-0 grâce à des reti sublimes de Ljajic et Toni. Dans le pâté complet, je me suis demandé si j’allais regarder le match face au Genoa, le jour de la Toussaint. C’est que moi, je bosse le 1er novembre ! Et croyez-moi, il faut en inaugurer un paquet de chrysanthèmes, même si le jour des morts, c’est le lendemain ! L’avantage, c’est qu’on peut récupérer plein de numéros de veuves éplorées ! J’en ai fait de ces conquêtes dans les allées des cimetières !
Match
Première victoire à l’extérieur de la saison, tranquille Emile, face à des Grifoni franchement pas flambants. La défense a foutu un peu les jetons par moments, le milieu de terrain a géré, Jovetic a été divin et Ljajic a croqué. Le but de Pasqual est une merveille, même s’il faut bien admettre que Sébastien «Patapouf» Frey a été plutôt lent sur le coup. Dommage pour l’ancien de la Viola parce que, pour le reste, il a vraiment été bon. Sinon, Gigi Del Neri est le sosie officiel de Jean-François Pérès.
Notes
Viviano (4/5) : les Grifoni n’avaient pas envie de cadrer. Pour autant, Emiliano a été solide, soulageant sa défense fébrile avec des prises de balles autoritaires et des relances pertinentes. Du bon boulot.
Savic (2/5) : sa relance poucrave à la 20e minute a failli nous coûter très cher. Heureusement qu’Immobile a préféré contrôler du bras que de s’amener la gonfle avec la poitrine ! Pour le reste, il a été à l’image de ces collègues de défense : moyen.
Roncaglia (2/5) : chaque fois que je le vois, je pense à Mimisiku, Patrick Timsit, Tonton David et à cette canzone de légende.
Rodriguez (3/5) : Eli Manning + Peyton Manning + Michael Vick + Aaron Rodgers < Gonzalo Rodriguez. Sa passe décisive alla quaterback pour Pasqual, c’est au-dessus de la NFL !
Pasqual (4/5) : Il Capitano a enfin fait trembler les filets ! Oublié de la défense du Genoa, il a grillé Frey pour glisser un amour de ballon dans les cages ligures, à la 14e minute. Un rete qui permet à la Fio de prendre trois points cruciaux.
Pizarro (2/5) : capable de meilleur comme du pire, il a pris d’énormes risques sur deux relances à quelques mètres des cages de Viviano. La prochaine fois, on n’aura peut-être pas autant de chance.
Fernandez (2/5) : petit à petit, Mati revient dans la rotation de Montella, questo bel uomo. Timide et aléatoire sur coups de pied arrêtés, il reste quand même meilleur que Rômulo. Remplacé par Aquilani (59’).
Borja Valero (3/5) : l’Espagnol a encore été le métronome au milieu du terrain. Les défenseurs adverses l’ont criblé de coups tout au long de la rencontre. Plus beau crâne luisant de Serie A. Remplacé par Migliaccio, son alter ego dégarni (78’).
Cuadrado (4/5) : à la fin de la saison, les journaux ne parleront que de lui, annonceront des montants de transfert compris entre 30 et 40M€. En mode Ronaldinho avec son bandeau dans les cheveux, Juan a cassé les reins des Rossoblu.
Ljajic (2/5) : quand il aura le mental de Djokovic, il sera un sacré bomber. En entendant, il a le mental de Troicki, capable d’un gros coup mais très irrégulier. Remplacé par El Hamdaoui (67’).
Jovetic (5/5) : avec un J comme Joconde. Ce type est une œuvre d’art, il voit tout, il sent le ballon comme peu de joueurs, il est altruiste et il cadre à chaque tentative. Il ne lui a manqué qu’un but ou une assist. Pas grave, il a enchanté ma soirée !
Sostituzioni :
Aquilani : aussi moche que sa femme est belle.
El Hamdaoui : de l’envie, c’est bieng.
Migliaccio : chauve qui peut !
L’instant Michela
Cet instant Michela est dédié à Petit-Louis Fernandel qui a osé critiquer cette sculpturale naïade. J’demande à les voir tes camarades de 1e ES !
La grande storia della Fio : Angelo Di Livio
On peut avoir joué à la Juventus et avoir des valeurs une fois arrivé en Toscane. C’est le cas d’Angelo Di Livio. Le Romain formé à la Louve a avait été remarqué par la Vioque en 1993, après quatre saisons à Padoue. Près de 190 matches chez les Zebre, de 1993 à 1999, avant de voir la lumière et de rallier Florence, ça fout la trouille ! Milieu de terrain de devoir, il est devenu international en 1995, à 29 ans, tordant le cou à certaines antiennes ridicules qui estiment qu’à cet âge, il est trop tard pour représenter son pays. En tout, il a porté 40 fois le paletot de la Nazionale, jusqu’à cet infâme huitième de finale de la Coupe du Monde 2002, face à la Corée du Sud. Byron Moreno, si tu nous lis, du fond de ta prison… Di Livio a joué six ans à la Viola, de 1999 à 2005. Preuve de son intégrité et de son altruisme, Angelo est resté chez nous lors de la descente administrative du club en Serie C2, en 2002. Désigné capitaine, il a activement participé à la remontée du club, achevée en Serie A, en 2005. Avec la Fio, il a remporté la Coppa, en 2001. En tout, il a joué 169 matches sous nos couleurs. Incontestablement, Di Livio a marqué les récentes années de la Fiorentina.
Il Music Box di Fra Francesco : Roberto Alagna
Abbalati
A lu mircatu
Parla piu piano
La luna mezzo mari
Toscana, il moi paese : le Baptistère Saint-Jean
Le Battistero di San Giovanni se dresse majestueusement sur la place du Dôme de Florence, à deux pas de la cathédrale Santa Maria del Fiore. Des générations de Florentins y ont été baptisés, jusqu’à la fin du XIXe siècle. La légende veut que le baptistère a été érigé sur les bases d’un temple dédié à Mars bâti lors du Ier siècle après Jésus-Christ, notre Sauveur. Sa construction a démarré au IVe siècle et le baptistère était une cathédrale au IXe siècle. De style roman, le Battistero est construit selon un plan octogonal, en marbre blanc et vert à l’extérieur, rose à l’intérieur. Il est surmonté d’une toiture pyramidale. Le baptistère est connu pour abriter des mosaïques de style byzantin, des panneaux retraçant la vie de Saint Jean le Baptiste, un Christ du Jugement dernier impressionnant, ses portes de bronze ornées de bas-reliefs et les œuvres de Donatello.
Copinage
Floriana n’est pas toscane mais ça arrive à des gens très bien. Surtout, Floriana est aussi intransigeante sur la qualité de ses recettes que Fra Francesco avec ses conquêtes. Tu veux pécho ta voisine sur laquelle tu lorgnes depuis des plombes ? Tu veux l’impressionner ? Alors lis Mangiare Ridere !
Si tu veux tout savoir sur la Fiorentina, ça se passe ici. Pour suivre Fiorentina France sur Twitter, c’est par là.
Fra Francesco bénit Loulou La Fraîche, questo bel uomo pailladin, qui fête son anniversaire en ce 2 novembre. Tanti auguri Loulou !
Horsjeu.net est le meilleur site de calcio, Florence est la plus belle ville du monde, la Fiorentina a le plus beau jeu de la Botte et la Serie A est le meilleur championnat du monde. Alors, tu partages la Chianti Académie sur Facebook et Twitter. Dieu et Fra Francesco s’en souviendront quand tu viendras à confesse et que tu voudras du rab d’hosties. Amen.
Toscanalement,
Fra Francesco
moi je crois que cette annee mon equipe chouchou sa sera la fio !!
Merci à toi Fra Francesco, cette académie était un putain de cadeau.
Fra Francesco prie pour que les photos de Michela et du baptistère apparaissent! Grazie d’avance!
Dommage pour l’instant Michela. Ton intro est sublime !