Les dessous de la Jup’ : La Belgique se dévoile

LES DESSOUS DE LA JUP’

Fini le simple compte-rendu, place au journalisme d’investigation ! Et oui public aimé, une nuit le fantôme de Michel Daerden m’est apparu. Bon je t’avoue qu’au début, j’ai cru que c’était le vague fruit d’une imagination un peu trop tirée par la bière artisanale bue plus que de raison ce soir-là mais l’ectoplasme ne semblait pas flotter droit. Et il puait l’alcool. Pas de doute, c’était bien « Papa » qui se présentait à moi, et apparemment ils savent boire chez le Patron. De sa voix si familière, il me dit :

« Fiston *hips*, la Belgique est un gros panier d’crabes, du simple libraire de Wavre à la plus couronnée des têtes du pays. Et ça, Papa le sait ça. Tu dois sauver *hips* le pays, dénoncer toutes ces ca*hips*lomnies, et instaurer la bière OBLIGATOIRE dans toutes les cantines de Belgique !

–       Mais M’sieu Daerden, comment pourrais-je faire ? Le seul lien qui me relie à notre Plat Pays, c’est le football, et encore je ne suis jamais sûr de maîtriser le sujet.

–       Et alors *hips* ? Moi le seul sujet que je connaissais c’était la binouze *hips* et j’peux t’assurer que j’le maitrisais le sujet hein. Non gamin, la réussite ne se limite pas qu’à la compétence et n’oublie jamais qu’en politique, le pire c’est pas les cons qui s’présentent mais les cons qui croient en eux *hips*. Si ton seul rayon c’est le foot, fonce ! Là-bas aussi c’est magouille et Vincent Kompany *hips* ! Les paris chinois, Bayat, le trafic de joueurs congolais *hips*, le licenciement de Georges Leekens, le…

–       Le QUOI ???? Le licenciement de Leekens, c’est du pipeau ?

–       Tu croyais quoi gamin ? Ce licenciement était prévu depuis le début, et ça va plus loin que la fédé, plus loin que le palais royal lui-même ! *hips* »

Pour moi c’était clair. Soit j’étais complètement jeté, soit c’était lui. Mais même si l’enveloppe Daerden a toujours été endommagée, le colis à l’intérieur savait rester intact. C’est qu’il faut être très intelligent pour passer pour un con.

« Bon admettons M’sieu Daerden, même si le licenciement de Leekens était un coup monté, comment je ferais moi pour dénoncer ça au grand jour ? J’bosse même pas chez Sharkfoot !

–       J’vais t’aider gamin. Papa sait se montrer *hips* généreux. Mais pas tout de suite. Là, faut que j’aille voir mon grand ami Jean-Louis Borloo pour un projet de grand *hips* parti »

Quelques jours et une ellipse plus tard, alors que je tentais de retirer les poils de cul de mon coloc qui bouchaient la douche, l’esprit de Papa revint à moi :

« Alors, quoi de neuf gamin ? Ah, je vois qu’on a les mains dans la cambouis ? Tiens *hips* ça me rappelle cette affaire en 94 à Liège quand…

–       Bon vous êtes quand même pas venu pour me parler de votre vie, surtout que vous êtes morts… »

J’ai senti que ça l’a gêné ce que j’ai dit, au moins que ce ne fut l’odeur de la canalisation.

« Bon… Vous comptez m’aider ou on va se regarder comme deux puceaux à un bal de promo ?

–       Tu parles vrai *hips* gamin et ça, Papa il aime ça. Je vais t’aider, t’emmener dans des coins où t’as jamais pensé aller… Hein ? Mais non pas « dans ton *hips* cul » ! Là où toutes les décisions se prennent. Allez viens ! »

Il commença à me porter (si, un fantôme qui vous porte, c’est possible. Vous n’avez jamais lu « le Noël de Scrooge » ?) et nous quittâmes le froid de l’appartement pour retrouver le froid de la rue. Seul deux clodos se battaient pour savoir qui aurait sa place sous la lumière étincelante des lanternes chinoises accrochées à la façade d’un restaurant, chinois aussi, à côté des chiens errants venant chercher leur repas du soir, des restes du resto. Poussière tu étais, bouffé par tes congénères tu seras. Nous flottions à travers la ville jusqu’à ce que nous arrivâmes dans le quartier désaffecté. Il fût un temps où cet endroit faisait la prospérité du coin, jusqu’au jour où les ouvriers firent tout cramer pour réclamer une semaine de congé payé supplémentaire. Ils ont eu plus que ça, ça s’appelle l’allocation chômage. Papa me reposa assez brusquement sur le sol, faut dire qu’il n’a jamais été fort en dérapage contrôlé. Il me montra un hangar en me disant :

« Va là-bas *hips* gamin. Tu trouveras tout ce qu’il faudra trouver sur ce qu’on cache au peuple aimé à Papa. Mais fais *hips* gaffe, si on te choppe , on se risque de se retrouver vite fait, et tu seras plus beau à voir »

Son image s’effaça, un peu comme dans cette mauvaise série avec une meuf aux gros seins qui dit parler aux fantômes. J’avançai doucement vers l’entrée de ce hangar, d’abord par ce que je me demandais bien ce qu’il y avait dedans, mais surtout parce qu’il y avait du brouillard. Une petite fenêtre à côté de la porte donnait sur l’ensemble de la salle. Malgré le grand espace que pouvait donner ce hangar, il n’y avait qu’une table, avec autour quelques chaises sur lesquelles étaient assis Dieumerci Mbokani muni de son casque à la Darth Vader et qui jouait avec un sabre laser qui étrangement ne s’allumait pas, Marc Wilmots qui triait des cartes nerveusement, Jan Vandenbroeck le PDG de Jupiler, sirotant une mousse issue de ses usines chinoises, comme les restos, le premier ministre Elio Di Rupo jouant avec son légendaire nœud papillon et Bernard Arnault, au téléphone.

« Mais que fais-tu là nom de djeu dit ?!! »

Une grand main m’agrippa par le col et je me retrouvais face à ce que je pensais être un garde. Je me suis fait ni plus ni moins pécho que par sa Majesté Albert II, roi de profession.

« Tu vas répondre oui p’tit merdeux ??! »

Putain ! Pris comme un rat ! Et par le Roi en plus ! J’étais bien trop surpris pour parler, il fallait même que je supplie mon anus de ne pas parler à ma place, on va quand même pas se chier dessus devant le Roi. Albert me tira alors et rentra dans le hangar :

« Regardez ce que j’ai trouvé les filles !

–       Cool ! Un nouveau zouet pour moi ? Le mien est tout cassé, dit une voix fluette qui ne m’était pas inconnu »

Je tournai la tête et découvrit Eden Hazard, une sucette à la main, une casquette « Allez les Dogues » sur la tête, ayant à ses pieds une petite cage dans laquelle bougeait une genre de bête blessée.

« Arrête de le malmener comme ça Eden, il devrait nous servir encore ! aboya Wilmots. Allez, laisse respirer un peu Georges »

Georges ? me disais-je. Et oui, je venais de rencontrer sans le savoir Georges Leekens…

 

Bart Van den Van Krrr.

 

L'ancien

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.