Malaga-Dortmund (0-0) : la Borussia Akademie livre ses notes
Toulalan ist wunderbach
« Arrakis enseigne l’attitude du couteau : couper ce qui est incomplet et dire : ‘Maintenant c’est complet, car cela s’achève ici.’ » Extrait de Les Dits de Muad’Dib, par la Princesse Irulan.
Jean n’a pas noté les deux derniers matches de Bundesliga, car Jean sait très bien que c’est bouclé, que le Bayern est trop loin devant. Et il était dur psychologiquement pour Jean de se forcer à regarder la déroute familiale au Westfalenstadion (victoire 5-1 du Borussia devant Freiburg) et il a été entraîné sournoisement hors de chez lui par quelques personnes dont le Rekordmeister à l’heure de Stuttgart-Dortmund. Mais rien ne peut faire plus plaisir à Jean qu’une victoire devant les Benz’ qui retarde le couronnement du Bayern.

Ce mercredi, par contre, rien ne pouvait empêcher Jean d’affronter BeIn Sport 2 et s’offrir 90 minutes à la Rosaleda. Malaga-Dortmund, un tirage qui donne lieu aux fantasmes de « l’équipe surprise qui ira en demie-finale », avec la pointe de mépris qui va bien, autant pour la Ruhr que pour l’Andoulasie. Whatever works. Ce sont les quarts et on est là.
Il surgit au-dehors dans la nuit illuminée par les flammes et les gardes se mirent sur le qui-vive et l’examinèrent. On avait mis le feu aux palmiers qui bordaient la route. La fumée noire du liquide inflammable que l’on avait utilisé rampait entre les flammes orange.
En voyant ce Malaga-Dortmund, Jean ne pouvait que se réjouir du tirage, de toute manière. Un jeu léché et sublime pendant 45 minutes, de part et d’autre. Une intensité telle que la deuxième mi-temps a forcé les équipes à trouver une parade et calculer plus efficacement chaque effort. Mais la première… N’en déplaise à Frank Herbert, c’était fumée blanche contre flammes jaunes. Les Borussen se permettent de partir dans des mouvements simples et fluides, qui filent le tournis devant la télé. Malaga, compact, se laisse grossir, prendre des forces, et envoie ses vagues vaporeuses après 40 minutes. Aucun but de part et d’autres, le statut quo est de mise mais les force en présence se sont faites sentir. Leur force avec. Le respect avec.
Yueh acquiesça et, avec une lenteur calculée, il s’éloigna le long de la façade et tourna à l’angle, perdant de vue les palmiers embrasés. Très vite, chacun de ses pas trahissant son anxiété…
Seulement voilà, quart de finale aller, aucune équipe ne prendre le risque idiot de fin de match. Plus encore que l’anxiété, la fatigue trahit les gestes des 20 joueurs de champ. Les gardiens font le reste du travail pour assurer un match sans but, malgré une belle partie. 0-0. On se renvoie la balle jusqu’à mardi prochain : chacun aura ses chances, le Borussia reste invaincu.
Une fois encore, il s’avançait dans la nuit incendiée. Il ramena sa cape autour de lui et son regard courut entre les flammes. Bientôt, je verrai le Baron et je saurai. Et le Baron, lui, trouvera devant lui une dent, une petite dent.
Les notes :
Weidenfeller (5/5) : clean shit et pourtant il s’est pris deux-trois pralines de Joaquin/Isco/Toulalan et il a dû sortir aux devants de Saviola plusieurs fois. Sérieux, appliqué, au niveau.
Piszczek (4/5) : Antunes a compris sa douleur dans la première demie-heure et s’est fait mangé littéralement par le meilleur latéral droit polonais du monde. Puissant, appliqué, au niveau.
Subotic (3/5) : très fort dans les duels en première mi-temps, il a été pris de panique en seconde, comme un apprenti conducteur de quinze ans.
Santana (3/5) : un peu comme Subotic, avec moins de travail. Comme un maître d’auto-école apprenti.
Schmelzer (4/5) : pas évident d’aller au contact avec son masque, il a joué la carte de l’effrayement pour éviter que les Andalous viennent trop vers lui. A joué 40 minutes dans la surface adverse sans que cela porte préjudice à son équipe. Offensif, appliqué, au niveau.
Kehl (4/5) : s’il n’était pas capable de faire les 90 minutes du point de vue physique, il a sorti ses 70 minutes comme si de rien n’était, avec la facilité de l’expérience.
Toulalan (5/5) : un régal tant il était partout, prêt à se sacrifier pour sauver un corner, prêt à prendre sa chance aux trente mètres, prêt à placer une tête un-peu-comme-il-peut en second couteau, prêt à courir encore dans le temps additionnel, prêt à montrer au monde entier qu’il est parmi les meilleurs au monde.
Gündogan (5/5) : un soleil qui délivre ses passes, qui crochète, qui accèlere, qui dirige le jeu comme personne. Il a débuté malheureusement ses mauvais choix vers la 70ème, commun symbole de la perte de lucidité de l’ensemble de l’équipe.
Großkreutz (4/5) : à la fin de la première mi-temps, le bilan était mitigé pour Jean. Dès le début de la seconde, il a prouvé ce qu’il avait dans le ventre, dans le cœur et dans les couilles : de l’énergie à ne plus savoir qu’en foutre.
Götze (4/5) : okay, il tire trois fois sur Caballero. Okay, mais il se procure ses trois frappes et il a massacré les reins que plus de revendeurs d’organes en une semaine dans les rues sombres de Hong-Kong.
Reus (2/5) : absent, même sur coup-franc. Jean attend un mot d’excuse mardi prochain.
Lewandowski (4/5) : Il foire ses frappes. Okay. Sauf qu’en observant son jeu en petit périmètre, ses multiples déviations et ses accélérations qui mettent sur le cul une défense entière, je frétillais dans le bas ventre.
Les remplaçants :
Bender, aka « assurer un peu de solidité de fin de match », Schieber, aka « tirer loin du cadre dès que possible » et Kirch, aka « oui Rigobert, j’étais à ‘Lautern l’an dernier et je viens de jouer un quart de LdC ».
Et comme ne l’a jamais dit Stéphane Chapuisat : « Bis näääächste Woche ! »
Jean Colère
Toulalan il joue pour 2 équipes à la fois. Il va finir complètement lunatique le pauvre vieux.
J’ai raté le match aller mais je ferais pas la même erreur au retour.