Milan-Fiorentina (1-3), la Chianti Académie livre ses saintes notes

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Du foot, des femmes, et de la culture, qui dit mieux ?

Amaranto-Académie


Ciao chers fidèles ! Come va ? Fra Francesco vous bénit ! En premier lieu, je tiens à m’excuser pour ne pas avoir commenté notre brillante victoire face à Cagliari. Les jours qui suivent le 1er novembre, mon plus gros chiffre d’affaires de l’année, sont très souvent consacrés à la sieste, la récupération et à la chignole. Cette année, j’ai ramené deux veuves chez moi, malheureusement pas en même temps. Je vous épargne les détails mais c’est tout de même surprenant tout ce qu’on peut faire avec un crucifix et des cierges allumés !

J’ai beau passer une très grande partie de mes journées sur mon prie-Dieu dédicacé par Jean-Paul II, il arrive quelquefois que mes prières restent impuissantes face à la musique des orgues de l’Enfer et que le Seigneur ne puisse rien face aux desseins sournois de Satan, ce figlio di putana. Après le match exceptionnel de Stevan Jovetic, questo bel fuoriclasse, face à Cagliari, le Diavolo a envoyé ses ondes néfastes et notre Jo-Jo s’est blessé pour deux semaines. Du coup, on a dû aller à San Siro sans lui. J’avais des doutes mais, maintenant, j’en suis sûr : Lucifer est rossonero. Pas pour rien que son blase sert de surnom au club de Zio Silvio, questo cazzo.

En plus, à titre personnel, Milan est une ville que j’abhorre au plus haut point, rapport une de mes histoires d’amour, une qui vous laisse une profonde cicatrice au cœur, de celle qui ne s’en vont jamais réellement. Elle s’appelait Anna. Elle était mariée, j’étais curé, on était fait pour coucher ensemble. Lors d’un vernissage dans une galerie près du Duomo, nous avions été amenés à causer art contemporain, refuge de nombreux snobs et autres bigleux désireux de flamber en société en utilisant un accent ridicule. Que cela soit dit et bien dit, il n’existe qu’un seul Rothko : c’est Rothko Siffredi ! Venu en civil, je l’ai rapidement séduite, grâce à mon bagout et mon sourire (à l’époque j’avais encore toutes mes dents de devant). Epouse d’un riche industriel lombard continuellement en voyage d’affaires, Anna se sentait délaissée et cherchait une meilleure compagnie pour occuper ses journées et, surtout, ses nuits. Dès le premier regard, mon cuore a fait BOOM, comme un Saint-Bol de la Banco Nazionale dell’ Agricultura de la Piazza Fontana le 12 décembre 1969. C’est vrai qu’elle était belle Anna ! Les Italiennes sont les plus belles femmes du monde, y a pas à dire… Malheureusement, son amour n’était guère sincère, je m’en rendis compte bien assez tôt lorsque, après avoir évité un bambino au milieu de la route, j’ai fait une embardée et plié sa Rolls dernier modèle. Fâchée, Anna a bloqué une machina et demandé au chauffeur de la ramener à Milano pendant qu’elle me laissait seul à attendre le dépanneur. Quelle humiliation ! J’ai laissé la bagnole sur le bord de la strada, après avoir déféqué sur le siège conducteur en guise de souvenir. Rancunière, elle ne m’a jamais rappelé.

Il faut avouer qu’avec les ragazze, j’ai le chic pour fondre un fusible. Pas plus tard que la semaine dernière, j’ai ruiné tous mes espoirs avec une charmante biondina aux yeux nocciola avec qui j’avais engagé une correspondance épistolaire fort prenante et passionnante. D’ordinaire peu porté sur les femmes mariées (je préfère les veuves  et les veline en règle générale), je me suis pris au jeu, envoûté par ses caresses, sa jalousie adolescente et ses compliments qui résonnaient en moi comme autant de baisers fougueux. Mais alors que je me prenais d’affection, elle m’écrivit que l’éloignement et ses obligations maritales devaient nous séparer. Refusant cette funeste éventualité, vaincu par plusieurs nuits d’interrogations, je tentais de répondre par plusieurs provocations qui eurent exactement l’effet inverse de mes espoirs. Campione del mondo Francesco ! Vexé, manquant de sommeil, perdu dans les méandres de sombres pensées, je l’ai couverte d’un chapelet d’injures, avant de dessaouler et de me rendre compte quel cretino j’étais. Même si elle m’a répété due volte qu’elle m’avait pardonné mon flagrant délire, le mal est fait. Que voulez-vous, les plus belles créatures de Dieu me rendent complètement pazzo au point d’en perdre le sommeil et la raison… Comme dit Nanni Svampa, mi sunt un malnatt.

Mais trêve d’atermoiements sentimentaux, parlons calcio miei cari lectori ! Inutile de préciser qu’après ce match, mon éminence est dans tous ses états. J’avais bien raison de croire aux Forces du Bien ! Alors Satan, t’as cru que nous priver de Jo-Jo nous empêcherait de pulvériser les Rossoneri ? ! Et y a pas à discuter théologie pendant des heures hein ! C’est net, sans bavure et le score est flatteur pour le Milan en plus ! Pato m’a bien fait rire quand il a buté une tourterelle sur le rigore généreusement accordé par l’arbitre. Parce que bon, j’ai beau être tifoso des Gigliati, il y a penalty comme moi je suis monogame !

Non mais, sérieusement, c’est devenu ça le Milan ? D’ailleurs, peut-on encore l’appeler le Milan ? Kevin Constant arrière gauche en deuxième période, Bonera-Mexès en charnière, Bojan en sauveur de la patrie ? Boateng, El Sharaawy, Robinho, au mieux tu les mets dans un bassin au Marineland d’Antibes avec leurs congénères otaries mais pas davantage. Ambrosini, on dirait le Ballack de fin de carrière : lent, emprunté, il ne lui reste plus que les coups pour rappeler qu’il est sur le pré. Sale pour un tel joueur. Urby (et orbi) Emanuelson, quand tu as été habitué aux Maldini, Baresi, Nesta, Zambrotta, ça te fait bizarre ! Les deux meilleurs joueurs des Casciavit, c’étaient Pazzini et Montolivo, deux anciens… florentins ! Bref, comme la stagione précédente, on repart avec trois points de San Siro et on revient à trois points de l’Inter et à sept de ces bastardi de la Juve.

A ce propos, même s’il est Toscan, la Fiorentina et Fra Francesco souhaitent  en avance de bonnes vacances à Max Allegri !

 

Match

Notes

Viviano (non noté) : aucun arrêt à faire, rien, niente, squeutz. Autoritaire dans ses sorties et ses relances, il part du mauvais côté sur le rigore de Pataud mais on s’en fout pas mal. Sur le but de Pazzini, il est surpris par l’aile de moineau de Mexès qui rebondit sur le poteau. Très rassurant pour sa défense.

Gonzalo (4/5) : superbe tacle dans la surface sur Emanuelson (14’), serein comme à l’accoutumée, face à des attaquants en bois.

Roncaglia (4/5) : du combat, des tacles, un combat de regard et de coupes de cheveux remporté face à Mexès, une frappe cadrée en début de match (4’). Mimisiku a livré un match «Ouakatapé baboune».

Savic (3/5) : son principal problème dans cette équipe, c’est qu’il est invisible par rapport à Gonzalo et Roncaglia. Pas mis en difficulté outre mesure, pas transcendant, il fait le lavoro dans l’ombre. Propre.

Pasqual (3/5) : je ne mets jamais moins de la moyenne au Capitano. Cependant, je suis sacrément embêté : je ne l’ai pas vu du match. Ça ira pour cette fois, vous pouvez circuler mais faite attention la prochaine fois Monsieur.

Pizarro (4/5) : pendant que la Roma se faisait taper par la Lazio, le Chilien ratissait, taclait, râlait, passait, harcelait. Hormis une perte de balle aux 35m qui m’a filé des sueurs calde (27’), il a été excellent.

Aquilani (4/5) : bambino, toi qui lis ces lignes et qui rêve de devenir giocatore professionnel, tu regardes le plat du pied d’Alberto sur l’ouverture du score (10’) et tu t’entraînes jusqu’à ce que cela soit instinctif. Quand tu y arriveras, tu seras titulaire où tu voudras. Et tu pourras séduire des filles comme Michela même si t’es très moche et adorateur du Duce.
P.S. : dédicace anale à Adriano Galliani, questo bel Kojak qui a viré Alberto en fin de saison dernière ! Baci.
Remplacé par Matias (65’).

Borja (5/5) : il y eut les Borgia, désormais il y a le Borja ! Quel match ! Outre son but de fuoriclasse où il humilie Mexès, Milan et toute la Lombardie sur 10 générations, l’Espagnol a réalisé le match le plus accompli de sa saison, un cran encore au-dessus de celui qu’il a livré face à Cagliari.

Cuadrado (5/5) : si Pasqual a semblé en demi-teinte, c’est surtout parce que Juanito a régalé la chique pendant 90 minutes. Virevoltant, abattant un travail défensif terrible, tranchant dans ses prises de balles, il a cramé les Rossoneri, au point que la cuisse de Bonera a lâché en fin de match. Par pure subjectivité, je lui accorde un passe déc’ sur le but d’El Hamdaoui.

Ljajic (2/5) : c’est une belle victoire, je n’ai pas envie de massacrer stasera. Mais hormis un tir à la 5e minute, le Serbe a été absent. Difficile de pallier l’absence de Jo-Jo…
Remplacé par El Hamdaoui (56’).

Toni (4/5) : une déviation décisive sur l’ouverture du score, de l’envie, des duels, des coups reçus en pagaille, une activité de tous les instants. Le football de haut niveau a manqué à Luca et c’est beau de le voir se battre sur tous les ballons.
Remplacé par Cassani (75’).

 

Sostituzioni

El Hamdaoui : s’il n’avait pas marqué ce but sublime, je l’aurais pourri comme il fallait ! Jusqu’à présent, il était le seul attaquant de la Viola à ne pas avoir encore marqué. Maintenant que c’est fait et magnifiquement fait, j’espère qu’il épurera son jeu et qu’il jouera un peu moins seul. Sinon, je lui achète un ruban rose et une panoplie complète de Ben Arfa.

Matias : en mange une énorme alors qu’il est tout seul au point de penalty (77’).

Cassani : la joue trop facile face à Abbiati l’abruti et touche le poteau alors qu’El Hamdaoui était seul à 3 mètres de lui (86’).

 

L’instant Michela 

Cet instant Michela est particulièrement dédié à Petit-Louis Fernandel qui n’a pas pu y avoir droit la dernière fois pour un problème technique, comme un symbole de Kevin Constant et à Bart Van den Van Krrr dont les compliments sont aussi doux qu’une pression en été.

 

Alberto a marqué, il y a donc du rab de Michela cette semaine !

 

La grande storia della Fio : Enrico Chiesa

Pour un ecclésiastique tel que moi, le nom de Chiesa résonne de manière particulière. Pour ceux qui ont pris Allemand LV2 au collège, chiesa signifie église. Malgré tout le bien que j’en pense, je ne parlerai point ici de Serge mais d’Enrico Chiesa. Génois de naissance, il a véritablement explosé lors de la stagione 1995-1996 à la Sampdoria au côté de Roberto Mancini, lors de son troisième et dernier passage chez les Doriani. Sur un nuage, il claqua 22 pions en 27 matches ! Après un passage de trois ans à Parme où il remporte la Coppa et la Coupe UEFA en composant un duo irrésistible avec Hernan Crespo (92 matches, 33 buts), Enrico arrive à la Fio avec une solide réputation de bomber. De 1999 à 2002, il a planté à 34 reprises (59 matches). Après une première année difficile passée dans l’ombre de Batigol (7 buts), il explose véritablement lorsque l’Argentin plie les gaules à la Roma. Alors que Nuno Gomes est censé succéder à l’idole, Chiesa prend feu et score 22 fois en 30 matches ! Accessoirement, il remporte la Coppa, dernier titre en date des Gigliati. Malgré les départs de Francesco Toldo et Rui Costa en 2001, Chiesa montre qu’il est toujours au top, marquant 5 reti lors des 5 premières journées de championnat. Malheureusement, il se déglingue un genou ce qui, avec la relégation en Serie C2, ce qui met un terme à son aventure dans la plus belle ville du monde. Amoureux de la Toscane, il signe à Sienne en 2003, après un intermède mitigée à la Lazio. Après cinq saisons chez les Bianconeri (132 matches, 32 buts mais aucun lors des deux dernières années), Chiesa rejoint Figline, pour le plaisir et participe à la montée en Serie C2 avant de mettre un terme à sa carrière en 2010, à 40 ans.

Enrico Chiesa à la Samp sur du Freddie Mercury
Porato en fait encore des cauchemars
Pour les balèzes en italien : Enrico Chiesa, il bomber elegante

 

Il Music Box di Fra Francesco : Lisetta Lichini
Pour je ne sais quelle raison, je n’avais pas encore proposé de chants toscans. Cet oubli est désormais réparé.
La strada dell’amore
Ohi ohi bene !
Mariannina
La rocca
Toscana, il mio paese : Palazzo Vecchio

Le Palazzo Vecchio est la mairie de Florence, située sur la Piazza della Signoria. Jadis, il servait de siège du gouvernement de la ville, avant le départ au Palais Pitti, du temps des Médicis. Le palais a été construit à partir de 1298 par l’architecte Arnolfo di Cambio (1245/1302 ou 1310) et achevé en 1314. Quand on voit la trogne du monument, on comprend vite qu’il a été bâti pour montrer la puissance florentine. La tour, la torre d’Arnolfo fait 87 mètres de hauteur. Inutile de préciser que les envahisseurs étaient vite repérés du haut du beffroi ! Si elle n’est pas située au centre de l’édifice, c’est pour une raison bien simple : elle a été construite sur les ruines d’une ancienne tour, des Foraboschi. La girouette a son sommet est un lion. La première horloge qui ornait le palais était l’invention d’un certain Donatello qui était avant tout un génie artistique avant d’être une Tortue Ninja (avoue que toi aussi, tu la kiffais April O’Neil !). En 1667, elle fut remplacée par une création de Vincenzo Viviani (1622-1704), mathématicien, physicien et astronome, disciple de Galilée, un gars plutôt coté dans le milieu. A l’entrée du Palazzo Vecchio, une reproduction du David de Michelangelo  et du Hercule et Cacus de Baccio Bandinelli ont été érigées. Fra Francesco pourrait en parler des heures mais il préfère que vous veniez le voir pour tout vous expliquer, du moment que vous lui offrez une bonne bouteille !

Copinage

Floriana n’est pas toscane, ce sont des choses qui peuvent arriver. Floriana n’est pas méchante non plus mais si tu n’écoutes pas ses conseils culinaires, elle pourrait très mal le prendre et venir chez toi pour t’expliquer la vie. Lis Mangia Ridere pour tout savoir sur le tiramisu’ et sur la pasta !

Hormis Fra Francesco, le meilleur de la Fio, c’est sur le Ternet ici et sur le Touitteur .

Le calcio italiano en version française, c’est uniquement sur Calcio Mio !

 

Toscanalement,

Fra Francesco

8 réflexions sur «Milan-Fiorentina (1-3), la Chianti Académie livre ses saintes notes»

  1. Sinon dans les liens Chiesa, y’en a 2 qui renvoient vers la même chose, du coup je m’en trouve fort troublé.

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