Montpellier-Nîmes (3-0) : LA PAILLADE A VAINCU A GRANDS COUPS DE SAUCISSES

Ils sont rouillés ou ils sont pas rouillés les seigneurs du Languedoc ?

 

Si par aventure, la question était posée, on répondra que c’était un dimanche. Qu’il y avait un léger soleil rasant la fin de l’après-midi. On racontera qu’on s’était massés dans les gradins et que des chants fusaient ça et là. Qu’on riait et qu’on tapait dans les mains. Si par hasard des détails étaient demandés, on dira qu’il n’y avait pas eu pareille fête depuis des lustres. Qu’on avait trouvé un certain délice devant la mise à mort. Que le sang, après avoir répandu son odeur galvanisante sur tout le Clapas, avait délecté les palais des connaisseurs de son goût victorieux. Si jamais on venait à suspecter quelque aliénation mentale, on tranquillisera d’un chant camaradonesque. On décrira les trois banderilles plantées dans le corps orgueilleux de l’ennemi, la réduction à néant des volontés téméraires d’un petit qui a voulu se faire grand. On ponctuera le récit d’un grand cri, celui qui terrifie les crocodiles cherchant toujours à retrouver leur queue, un grand cri donc, un aboi qui résonne partout sur la terre où règnent encore les seigneurs légitimes, un tumulte dont les pierres se font les émissaires :

« PAILLADE ! »

Taisons-nous un instant. Écoutons. Vous n’entendez rien ? Si, si, tendez l’oreille, vous allez voir. Voilà, ça y est. Vous vous demandez quel est ce son, n’est-ce pas ? Je vois votre mine dubitative face au bruit qui se fait assourdissant désormais. Vous ne le connaissez pas, j’en suis sûr. Laissez-moi éclairer votre lanterne.

C’est le bruit des grosses couilles montpelliéraines sur les têtes nîmoises.

 

Les notes :

Lecomte (4/5) : loups des mers méridionales au pied malin pour détourner les vaguelettes rigolotes poussées par les goélettes nîmoises.

Aguilar (3/5) : messager démiurge à la course preste et aux semelles enflammées caracolant sur le dos d’une chimère joyeuse.

Mendes (3/5) : lance fière dans la mêlée dont l’estoc n’a d’égal que la puissance de son poitrail-muraille paré à toute ruade.

Congré (5/5) : généralissime besogneux n’hésitant pas une seule seconde lorsque vient le saloir.

Cozza (4/5) : brave lionceau à la cuirasse impénétrable poursuivant la proie jusqu’au trépas.

Oyongo (4/5) : Hermès léopard.

Skhiri (4/5) : commandeur magnifique des steppes du milieu au jugement terrible pour les braconniers franchissant les frontières interdites.

Le Tallec (4/5) : bourreau exécutant du précédent à la hache teinte du sang des condamnés.

Mollet (5/5) : virtuose à moteur sept symphonies parcourant toutes les notes de l’histoire en mode majeur.

Delort (3/5) : guerrier à gouaille qui carbure aux larmes de crocodiles.

Laborde (3/5) : éclaireur expert en occultation sur terrain pentu.

Les remplaçants :

Sambia gratte encore les os nîmois de son coutelas d’ivoire, Lasne achève les survivants de sa pique furieuse et Skuletic joue les charognes.

 

Le bisou vigneron à tous ceux qui ont sauté avec nous dans cette joyeuse sarabande, à tous ceux qui ont ouvert le portillon grillagé (et pas arraché, coucou les cons), à tous ceux qui ont voulu aller castagner les petites vertus qui ont cru qu’afficher leur forfait était une victoire, à tous ceux qui ont confectionné les 134 bombes agricoles qui ont pété pendant la partie, à tous ceux qui ont craqué les fumis, à tous ceux qui ont chanté pour Souley Camaradona, à tous les seigneurs du Languedoc, 

Marcelin Albert.

marcelin

Qui ne saute pas est un Nîmois.

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