Angleterre – France, 17/11/2010.

Sa conférence de rédaction télévisée à peine terminée, le Président présente son nouveau gouvernement dans la « cathédrale…le temple…l’écrin…ruineux » de Wembley. Pelouse teintée, arceau lumineux et protocole officiel pour un objectif : l’ inauguration en 2012.

Sélectionneur le mieux rémunéré du championnat le plus riche de la planète, Fabio Capello n’en reste pas moins victime des limites du modèle. En effet, 5 êtres lui manquent et apparaît dès lors la réalité du football anglais, popularisé par la Premier League mais représentée par sa championship. Gerrard capitaine et second attaquant d’un 451 furieusement 442 voire 424, un sprinter gymnaste dans le couloir droit et un CAP Charisme en guise d’avant-centre ne compensent pas l’absence d’agressivité et de technique d’une bande de lionceaux de circonstances. « La seule ressource qu’ils ont, c’est de jouer long »… « désespérant. » (Wenger)

Manifestement fasciné par l’histoire architecturale de Wembley, Blanc trouve l’inspiration pour façonner son édifice. Ainsi, le 433 sentinelle aligné associe – enfin ! – deux servomoteurs chargés d’animer les côtés, au service d’un Benzema oscillant entre 9 et 9 ½. Placé sur le côté (plus souvent le gauche), le « seul buteur de niveau international » de Blanc oblige à un jeu latéral développé par Abidal-Nasri-Malouda à gauche, Sagna-Gourcuff-Valbuena sur le flanc droit et M’Vila en relais. Ainsi, la largeur du terrain est divisée en 2 X 3 couloirs dans lesquels les joueurs permutent, produisant un jeu court fait de redoublements de passes au service d’un avant-centre…ailier gauche. Constatant que ses Twin Towers ne rejoignent que trop rarement l’axe pour présenter une réelle menace, Blanc invite ses joueurs à s’inspirer du nouveau Wembley.

Mi temps : « Il peut avoir le sourire le lutin marseillais,

Le torse bombé,

Il a marqué à Wembley,

Il aura des souvenirs à raconter »

CJP, GCM

Aussi, Benzema se recentre, Nasri et Gourcuff se rejoignent pour former une arche entre les deux tours. Au duo de servomoteurs, s’ajoutent les incursions de Malouda pour un trio de meneurs auxquels Valbuena aime à participer même si les errances de Benzema l’appellent souvent aux avants postes. Plus verticale, l’animation tricolore se fait de suite plus dangereuse comme en témoignent les mouvements aperçus aux 8ème et 18ème. Le but de Benzema illustre à moitié cette évolution car l’attaquant madrilène, trouvé dans la profondeur, en profite pour fixer puis s’appuyer sur Malouda en position de meneur et déposer l’amorphe défense anglaise d’un coup de reins : 0-1, 16ème. « A moitié » car si le danger naît du recentrement, le temps d’élaboration du une-deux reste offert par l’adversaire. Toutefois, la même combinaison répétée par Nasri et Benzema (23ème) ainsi que la contre-attaque de la 27ème préfigurent peut-être un style plus axial, direct et percutant.

Les revues d’effectif autorisées en seconde mi temps atténuent l’intérêt d’un match maîtrisé par l’équipe de France et que seuls quelques coups francs anglais viennent animer. Une percée axiale de Nasri réveille Wembley (58ème) assommé quatre minutes auparavant par une combinaison Valbunea-Gourcuff-Sagna dont le centre trouve le dwarf de volée : 0-2, 54ème. « Il n’y a pas eu beaucoup de rythme en seconde mi temps » (Wenger) ce qui a permis aux bleus de conclure – enfin ! – une combinaison latérale par un centre et une reprise. Un poteau de Nasri (82ème) et « deux mètres zéro deux » plus tard, le score est porté à 1-2 par une reprise de Crouch sur corner (85ème.) L’équipe de France respecte sa fébrilité sur coups de pied arrêtés mais rejoint tout de même le continent avec une victoire de prestige et les plans du London Bridge dans ses bagages tactiques.

3 thoughts on “Notre footballologue analyse Angleterre-France

  1. Je suis d’accord, l’équipe de France mérite sa victoire. Peu importe l’équipe pseudo bis anglaise, ca fait tout de même plaisir de triompher à Wembley. Mais les boys de TF1 n’ont pas réussi à s’accorder !

  2. j’ai du mal à suivre l’analyse, notamment l’exposé comme quoi Benzema joue trop à gauche, pour « enfin » se recentrer, citant en exemple de ce recentrage des occasions dont une à la 8e: bref c’est quand alors que Benzema était trop à gauche? Les 5 premières minutes?

  3. Tout le temps…

    Benzema a été formé à l’école clarckiste de l’OL par François Lapeyronie.

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