GFC Ajaccio ASNL 1-0 la Chardon à cran académie se radoucit le temps d’une allégorie

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Salut les moches (ben oui, je vous vois devant votre écran),

Bon, aujourd’hui je ne vais pas faire de chichi : on a perdu la match à ne pas perdre.
Seulement je vais quand même vous bassiner avec une intro bien longue et bien suintante, comme ma b… encore, oui je ne m’en lasse pas.

Alors, certains d’entre vous l’ont remarqué et me l’ont signifié vertement dans les commentaires, il n’y a pas à tortiller du cul pour chier droit : je suis une tanche en géographie. Je ne sais pas où se trouve Sochaux, je situe Laval en Bretagne, d’ailleurs je prête aux Bretons des habitudes bizarre comme le fait de manger des GALETTES SAUCISSES, etc.

C’est que mon éducation a tendu vers les lettres plus que vers les châteaux de la Loire et autres cours d’eau inutiles comme la Garonne… Quand j’étais gamin, entre deux coups de ceinturon (pour m’endurcir) et une bonne sodomie (pour m’adoucir), mon papa me lisait parfois des pages de romans pour la jeunesse, par exemple : j’ai un souvenir très net d’un bouquin de Roald Dahl qui s’appelait le Bon Gros Géant, et qui racontait les aventures d’un petit gars qui rencontrait un géant sympa et malin qui vivait au pays des géants, et qui se planquait des autres géants, cruels et vulgaires, et évidemment amateurs de chaire humaine.

Vous allez voir que tout cela a un rapport direct avec le match.

Vers les derniers chapitres, le jeune et le BGG (c’est comme ça qu’ils appellent le Bon Gros Géant, d’ailleurs dans la version originale, c’est le BFG, comme le big fucking gun de Doom, c’est rigolo) décident qu’ils en ont ras le cul de flipper leur race et de devoir tout le temps se planquer quand les autres rustauds rôdent dans le coin. Ils présentent le gentil géant à la reine d’Angleterre, qui n’est pas l’immonde salope décharnée qu’on imagine mais une adorable grand-mère à l’écoute, et cette dernière décide d’envoyer la glorieuse armée british faire la nique aux méchants géants cruels.

On se rapproche du fin mot de l’histoire.

Alors qu’ils sont en route dans un hélicoptère de la Royal Army, le géant et le jeune guident toute une escadrille vers le pays des géants, bien décidés à leur péter le fion façon Opération Tempête du désert. C’est alors que le pilote de leur hélico se rend comptent qu’ils sortent pour ainsi dire des limites du monde tel qu’il est cartographié par l’atlas géographique qui se trouve à bord de l’appareil. L’auteur recourt alors à ce que l’on peut sans trop se mouiller appeler un gag : le pilote ne se démonte pas, et se figure sans procès que les pages vides à la fin de l’atlas, pages dont il s’était toujours demandé pourquoi elles étaient là, trouvent enfin leur raison d’être pour éclaircir leur situation : il indique un point un peu au pif sur une des pages blanches, et affirme sans sourciller qu’ils doivent se trouver à peu près là.

Comme je sais qu’on aime les allégories sur horsjeu.net, je vous offre, dans un grand élan de mansuétude, l’information suivante : une allégorie, ça peut aussi se passer d’image, on appelle ça une allégorie textuelle.

Après, allégorie de quoi, à vous de voir : de la saison de l’ASNL ? De mes compétences en géographie ? Du sens profond de cette académie ? Peu importe…le force de la métaphore, c’est pas seulement ce que ça indique, c’est aussi ce que ça laisse libre à l’interprétation.

Une prof (d’histoire géo, justement), m’a dit un jour : « Marcel, si tu veux plus pécho, cultive toi un peu ». Bon, c’était pas une de mes profs, pour ça il aurait fallu que j’aille un peu plus loin que le CM2 (mais on n’a pas accès au collège quand on prend du crack, en Lorraine). C’était dans un bar, elle trainait là, et évidemment, tu te doutes que quand elle s’est mise à me demander mon tour des capitales européennes idéales et que je lui ai répondu Luxembourg, Liechtenstein et Bruxelles, elle s’est comme qui dirait détournée de ma conversation. Mais bizarrement, comme si ce qu’elle m’a dit m’avait un peu remué, j’ai suivi son conseil, et je me suis abonné à J’aime lire.

 


Remarquez la couverture prémonitoire
 

Pour en venir au match, l’ASaNaL avait donc rendez vous en quelque sorte au pays des géants cruels, au beau milieu d’une des page blanches du monde, vendredi soir. Le Gazoduc Ajaccio, club totalement surprise de la Ligue d’Eux cette saison, deuxième équipe à domicile au coup d’envoi, quasiment imprenable dans son stade Patrick Fiori, épouvantail des matchs aller, se trouve figurer contre toute attente un concurrent direct à la montée.

Bizarre de se dire que deux équipes seulement ont réussi à s’imposer dans un stade de 3000 places avec des bandeaux publicitaires qui affichent des réclames pour « Codipral », « Côté Fort, Restaurant Pizzeria », ou encore « Macron » (sic)…je suppose qu’ils bénéficient de la sacro-sainte « ambiance corse », mélange d’intimidations racistes, de jet de projectile, de « arbitre enculé », de terrain en forme de champ de betterave ukrainien, et j’en passe. En tout cas ce genre de contexte campagnard-consanguin-chômeur-alcoolo n’empêche pas des équipes comme Clermont ou Chateauroux de prendre des roustes fréquemment, donc c’est qu’il doit y avoir autre chose…un fond de jeu ? Ne me faites pas rire.

Apparemment, ils ont aussi un ancien nominé au ballon d’eau fraiche dans leur équipe, ce qui m’empêche de pouvoir affirmer en toute résolution que les gentils dans cette histoire, c’est nous. Si on m’avait dit un jour que Gazprom et Les Cahiers du foot s’allieraient pour me râper les roustons…

Toujours est-il que ces rustres se taillent une bonne place au classement, et que nos petits chardons y ont eu droit eux aussi : la fessée même pas méritée.

Oh, je ne blâme pas les mecs d’Arles-Ajaccio pour leur prestation plus anale qu’une semaine de l’éditeur rédigée par un roux : leur but est chanceux, et surtout offert par le mec le plus dangereusement idiot de notre effectif, dont je suppose que Gwen Tagrenmer pourrait vous parler des heures durant à l’aide d’allégories non textuelles : Guy Roland Ndy Assembé

intérimaire lui-même, Guy vante ses deux employeurs sur son maillot moche
 Une bien belle sortie des deux poings qui empêche un renvoi de la tête forcément hasardeux de la part de Joel Sami, un ballon qui atterrit directement sur un type nommé Larbi et hop, le petit lob bien comme il faut qui part se loger dans nos filets. On jouait la 70è, une corne de burne enrouée retentissait dans le stade à ce moment, annonçant la grisaille à venir, et tu viens d’annihiler quasiment tous nos espoirs de montée, mec. Ndy merci, sois poli.

Maintenant, place à la haine.

La Corse. Les mecs qui ont inventé la consanguinité, et y ont ajouté l’esprit insulaire. On dirait une recette de cuisine pour empoisonner un troupeau de démons de l’enfer. Pas de doute qu’après leur victoire, leurs enfants biberonnés à la bonne morale napoléonienne se tirent tranquillement sur l’élastique en pensant à Laetitia Casta tandis que chiens et chats couchent ensembles, accueillant même sans trembler les cochons sauvages du coin dans leurs partouzes.

En fait, le secret de ces baltringues, ça ressemble à du GHB dans le verre : personne ne fait rien pour que cela s’apparente à du foot, et on compte sur le caractère profondément docile du lorrain moyen pour se laisser allègrement marcher dessus. Ajoutez à cela une volonté manifeste de ne pas jouer au foot et de remplacer ce beau sport par une sorte d’ersatz de football gaélique, et vous avez la match de l’ASaNaL.

Pour la compo, y en a que ça intéresse ? Ben, à part Nardi qui payait le fait d’être une chèvre parmi les nuls, toute l’équipe était la même à une seconde exception près : à la place de Lusemba, homme multicolore déclinant à lui seul toutes les nuances les plus subtiles de la transparence depuis la blessure de Karaboué, Correa avait placé Iglesias, joueur énigmatique au patronyme faisant saigner les oreilles. À part courir après le ballon, il n’a rien foutu, ce qui me fait me demander à quoi sert ce poste de 9 et demi de mes deux sboubs que Pablo s’acharne à pourvoir, alors qu’on n’a clairement pas le profil en ce moment pour faire jouer un mec à cette place, et que notre meilleur buteur cire le banc.

J’ai commencé à picoler assez aigrement en deuxième mi-temps tellement je me faisais chier, alors ma vue était troublée quand le sus-dit Mana Dembélé est entré à la place de Coulibaly. Heureusement, je n’ai pas lu d’article de Bruno-Roger-fous-la-moi-dans-le-Petit, mais regarder le match, c’était tout comme : d’un côté je voyais 11 connards en blanc tenter de marquer comme les pandas tentent de survivre, et de l’autre 11 baltringues en (en quoi ils jouaient, d’ailleurs ?) pas blanc tellement pas mis en danger qu’ils ne savaient pas trop s’ils devaient rigoler ou continuer à faire semblant de savoir jouer mieux que nous…

Je me suis même pris à supposer qu’en jouant quinze heures d’affilée et en retirant un joueur par heure à l’équipe adverse, on n’aurait pas été foutu de leur marquer le moindre but.

Pour ceux qui seraient tentés d’obtenir une description plus approfondie de ce match, voici une nouvelle allégorie, sonore, cette fois. À écouter très fort.

 

Les non-notes d’un non-match :

Ndy dés-Assemblé : brouillon d’homme/5 Je ne sais pas quoi dire de méchant qui ne paraisse pas trop raciste, vu que tu es la doublure d’un mec coiffé comme un cadre de la Gestapo. A apporté sa contribution à la légende des gardiens de l’ASaNaL.

Cétout : perturbateur endocrinien/5 Empêche les flux hormonaux de s’exprimer. Capable de neutraliser un homme sur le plan libidinal, quand on lui demande juste de bloquer un couloir. « Mais coach, je vois pas de couloir, moi ! ».

Sami : grand corps malade/5 Trimballe une carcasse immense à la recherche d’il-ne-sait-trop-quoi. Ses interventions ont la classe d’un rouleau de papier cul parfum durian, et la vélocité d’une poule morte sous Valium.

Lenglet : enfance maltraitée/5 Le gamin était par trop esseulé aujourd’hui entre son papa défense pas au niveau, un gardien amputé de son patrimoine génétique et des partenaires aussi concernés que si l’enjeu s’apparentait à baiser Miss Pâté Lorrain.

Muratori : fossoyeur manchot/5 Notre habituel génie du couloir gauche a eu la balle d’égalisation au bout du pied à la dernière minute, mais il a décidé de fouetter son ballon avec l’acuité et la puissance d’une mie de pain avariée. Sa frappe à fini dans l’unique tribune du stade Ivan Colona, celle qui borde la ligne de touche

Amadou : fondu dans le collectif/5 Au diapason de ses partenaires, il a redoublé d’efforts dans l’insignifiance, a tendu sa belle gueule à la bifle que le peuple corse lui proposait, et n’a pas semblé beaucoup plus concerné, au moins jusqu’à la 80è, où il a couru. Pour rejoindre le banc. Remplacé par Grange

Walter : guerrier au chômage/5 Habitué à livrer le combat et à se démener comme un mercenaire tchétchène, le jeune Rémi n’a pas réussi se dépêtrer du piège tendu par la bande de pacifistes bouffeurs de graines qu’on lui avait collé en guise de partenaires ce soir.

Dalé : frère rate-tout/5  « Pas en réussite » est un euphémisme que je réfute quant à sa prestation. Pourtant, le plan de jeu est toujours le même : des longs ballons vers lui qui doit sauter et transmettre à Hadji. Quant il n’y parvient pas, il redevient le joueur dont Arles-Avignon a résilié le contrat qu’il était.

Iglesias : anti-utile/5 Julio n’a tellement pas d’organe que dans le doute, on préfèrerait presque l’entendre chanter.

Coulibaly : lost in the cashermarket/5 Bon voilà vous l’avez eu votre jeu de mot naze. Remplacé par Dembélé

Hadji : fact/5 Quand Youssouf perd un match, la défaite se dépêche d’aller se lire sur le visage d’un messin pour lui redonner le sourire.

REMPLACENTAS

Grange : pelle à flan/5 Vous saviez que ça existait une pelle à flan ? Bah voilà : lui, il a été aussi utile qu’une pelle à flan.

Dembélé : consécration/5 Enfin, Mana a pu partager le flanc de l’attaque avec Hadji. Une entente du tonnerre qui m’a autant réjoui qu’une averse de merde.

 

Après avoir déféqué, j’ai longuement repensé à mon papa, comme un symbole. Ce soir, ce n’est pas le Bon Gros Géant qui est allé coller son membre démesuré dans le fondement du destin, mais au contraire, ce sont les brutes sanguinaires qui l’ont férocement gratifié d’un bukkake de nullité footballistique.

C’était le match à ne pas perdre. Il en reste dix, et nous accusons 8 points de retard sur la troisième place. La lutte sera âpre. Nos adversaires rivaliseront encore de turpitudes malsaines comme ces corses affreux en ont fait usage ce vendredi. Pourtant, la lueur d’espoir que me laissait entrevoir mon papa quand il laissait un rai de lumière filtrer à travers l’encadrement de ma porte entrouverte pendant qu’il se livrait à sa besogne me pousse à y croire encore un peu. Je voudrais montrer au monde entier (ou à défaut, à Rigobert au moins) que l’ASaNaL mérite de remonter. Surtout, malgré son choix de gardien suicidaire, malgré son coaching à la rationalité proche d’un Domenech de la grande époque, malgré le football Gris de Toul, j’accorde ma confiance à celui qui fut surement un petit garçon plein d’espoir, lui aussi. Je veux me convaincre, dans ma démence aveugle, qu’il nous sortira de ce musée des horreurs du foot, et que nous retrouverons les joutes de la ligue Hein, même sans Sebastien Puygrenier. Je prie dévotement pour qu’il triomphe d’Alex Dupont et autre Jean Luc Vannuchi.

 

Je crois en Pablo Correa. 

Marcel Picon

 

 

4 thoughts on “GFC Ajaccio ASNL 1-0 la Chardon à cran académie se radoucit le temps d’une allégorie

  1. Très belle académie. Si je croyais encore en Pablo, ça me ferait pleurer.

    @ Blaah : la sidérurgie, c’est en Moselle, donc autour de Metz qui elle est une ville très bourgeoise. Nancy, c’est pas trop ouvrier. C’est étudiant avant tout.

  2. Putain c’est aussi beau que le match a dû être moche !

    La description de la Corse est digne de la rubrique des « kikonjous » du feu blog Paris Sonne le Glas, c’est dire…

    Je crois en Pablo mais en la montée non, faut plus déconner.

    Cette équipe est de toute façon beaucoup trop jeune pour la L1… Si c’est pour se coltiner une saison de merde comme celle que font les Métzchants non merci…

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