Les fondations du Real Madrid et du FC Barcelona: les vecteurs sociaux d’une politique globale

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Mes que des fondations

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Selon diverses études, les deux clubs espagnols sont parmi les trois plus populaires au monde avec Manchester United. Outre les résultats sportifs, cette politique mondiale des deux clubs se développe au niveau marketing, communication mais aussi au niveau de leurs fondations, ces entités destinées à accomplir une œuvre d’intérêt général. Que font réellement ces fondations ? Quels sont les enjeux derrière ces fondations ?

L’Espagne, pays où l’importance du club va au-delà du terrain

En France, il n’y a que quelques clubs qui disposent de leurs fondations (OL, PSG notamment) pour un résultat dont on connait très peu la portée. En Espagne, la dimension sociale des clubs est toute autre.

Les fondations sont un des vecteurs de cette politique sociale des clubs espagnols. Pour François David, journaliste qui suit la Liga, « on peut même dire que les clubs espagnols sont un peu précurseurs dans leur manière d’intégrer le vecteur social et les valeurs du club dans la communication au quotidien. Le Barça a mis UNICEF sur son maillot il y a 7 ans. Ils ont signé des accords avec la fondation Bill Gates et la fondation Leo Messi (indépendante du Barça) pour éradiquer la polio mais également avec d’autres fondations donc celle de Thuram (contre le racisme) ou d’Abidal (hôpitaux). »

Avec une partie du budget du club qui est dédié à leurs actions (environ 0,5% des salaires des joueurs et du staff de l’équipe plus 1% des recettes pour le Barça, qui étaient estimées à près de 500M€ en 2012 par Forbes), ces fondations développent des projets sociaux en Espagne. La fondation du Barça, créée en 1994, développe notamment le projet « BarçaKids » en Catalogne, dans la région de Valence, dans les Canaries et à Andorre. Ce projet vise les enfants de 6 à 12 ans de différentes écoles afin de promouvoir différentes valeurs à travers le sport.

De son côté, la fondation du Real Madrid, créée en 1997, travaille notamment sur des projets dans les prisons, des écoles et divers quartiers du pays. Lors du dernier match de Ligue des Champions contre Galatasaray, le Real organisait sous l’égide de sa fondation une récolte de nourriture pour les plus démunis avec la banque alimentaire espagnole. En Espagne, ces fondations s’ancrent clairement dans la société civile espagnole et ne développent pas leurs activités en autarcie. Tous les projets semblent être développés en bonne intelligence avec les partenaires locaux, qu’ils soient institutionnels (écoles, pouvoirs publics…) ou privés.

Les fondations du Real et du Barça : un réel facteur de changement sur le terrain 

Outre les projets déjà évoqués sur le sol espagnol, les deux fondations sont très actives à travers le monde. La fondation du Real Madrid travaille ainsi dans plus de 60 pays et touche à travers ses activités plus de 50 000 enfants dans le monde entier. Le travail effectué dans les différents pays passe principalement par des centres éducationnels créés.

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Source : site internet de la fondation Real Madrid

Ces centres éducationnels, qui peuvent aussi être apparentés à des écoles de football et de vie, sont généralement créés en partenariat avec les Ministères des Sports locaux ou du moins avec quelque partenaire local. Ces partenariats permettent aux fondations du Real et du Barça de répondre au mieux aux besoins réels de la population locale. Bien que tous les projets soient un peu différents d’un pays à l’autre, l’esprit reste le même et ces écoles visent à promouvoir les valeurs du sport comme le respect de l’autre, l’entraide ou la prise de responsabilité mais aussi à éduquer les enfants concernant des problématiques locales importantes, qu’elles soient liées à la santé, aux maladies, à la nutrition, au genre, à des problèmes sociaux ou à d’autres thématiques.

L’exemple du travail de la fondation du Real en Bolivie est caractéristique, aussi bien dans son fonctionnement que par ses partenariats locaux. En 2012, la fondation RM a créé 5 écoles de football, dont deux à la Paz, destinées aux enfants exclus socialement. Ces écoles fonctionnent grâce au soutien financier de la Banco Mercantil de Santa Cruz et au soutien sur le terrain d’une ONG locale : Alalay Foundation et des responsables municipaux locaux. Dans ces écoles, 1 300 enfants bénéficient d’activités sportives 3 fois par semaine et d’autres activités éducationnelles. Mais des évènements sont également organisés pour pouvoir avoir un impact plus large sur les communautés locales.

Bien entendu quelques critiques se font également entendre sur ces projets. Au Maroc par exemple, le projet du Real a été critiqué car il était perçu comme une entreprise destinée à « voler » les jeunes talents locaux. Un journaliste de Maroc Hebdo1 a notamment écrit : « L’inquiétude est légitime. En effet, si le volet social du projet madrilène est applaudi – à juste titre – par l’ensemble des acteurs concernés, il est regrettable que le Real n’ait pas associé les fédérations sportives marocaines ni les clubs de la région. »

L’utilisation des fondations pour gagner des parts de marché et de nouveaux supporters

Les fondations sont des entités à part entière des clubs espagnols, qui leur accordent une importance réelle. Les fondations permettent à travers leurs activités internationales de conquérir de nouveaux territoires et de nouveaux sponsors. Pour François David, « l’importance donnée à l’image de ces fondations est de plus en plus grande. Ces deux clubs savent le rôle quelles ont et le pouvoir médiatique quils peuvent en tirer, au-delà du cynisme. Ces deux entités doivent faire rêver et sappuient sur leur histoire et leur prestige pour faire face aux nouveaux « monstres » européens milliardaires comme Chelsea, PSG et bientôt lInter et Monaco. Ils doivent être présents partout. Ce nest pas un hasard si le Barça est le leader dans les réseaux sociaux (Facebook, Twitter, Weibo le twitter chinois). »

Outre l’aspect communicationnel et la possibilité de s’implanter directement dans des pays, ces fondations permettent à ces deux clubs de promouvoir leur image sociale. Ramon Pont, vice-président de la fondation du Barça, déclarait il y a peu sur le site lemondedesfondations.com2 : « La Fondation du FC Barcelone a toujours été un levier concernant la responsabilité d’entreprise du Barça. Le club avait besoin d’une institution pour véhiculer ce qu’il représente et ce qu’il apporte dans les domaines sociaux et culturels. » François David corrobore cette vision en ajoutant que « cela a certainement été une stratégie de développement et à terme ils comptaient en tirer un bénéfice en termes de notoriété et d´image. Le personnage clé est Laurent Colette, le directeur marketing français du club, cest lui qui a initié plusieurs accords. Ça a aussi permis au Barça de se rapprocher de Bill Gates ou du Qatar.»

L’ŒIL DE PADLS

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Si le Barça et le Real ont misé sur leurs fondations, ils ne l’ont pas fait de manière naïvement philanthrope. Il semble certain que ces fondations font partie de la politique globale de ces clubs et leur permettent de communiquer sur leurs activités sociales, de gagner des supporters de par le monde mais également de faire fructifier de nouveaux partenariats économiques grâce à ces activités. Cependant, il faut reconnaître à ces clubs la pertinence de leur développement dans ce secteur et le bienfondé de leurs activités locales et à l’international dans le cadre de l’éducation par le sport et de l’aide aux populations.

Tristan Trasca

1 www.maroc-hebdo.press.ma/Site-Maroc-hebdo/archive/Archives_823/html_823/real.html

2 www.lemondedesfondations.com/espagne-ramon-pont-la-fondation-est-un-vecteur-cle-pour-vehiculer-limage-du-fc-barcelone/

14 réflexions sur «Les fondations du Real Madrid et du FC Barcelona: les vecteurs sociaux d’une politique globale»

  1. Oublie, le club le plus populaire au monde c’est Flamengo, mais bon, vous les européens pensez que la popularité ne passe que par les milliards. Ceci dit c’est vrai que les pauvres ne font rêver personne, ils puent la misère. Il y a qu’à voir l’engouement pour le décès de Paul Walker alors que les pauvres peuvent mourir par dizaines de milliers dans l’ignorance totale.

  2. Après avoir lu l’article j’ai repensé à une discussion avec un libéral très fier de démontrer que plus la croissance et la productivité augmente, plus on peut dégager de bénéfices, et plus on peut jeter de miettes aux pauvres.

  3. Merci Tristan pour ce tres bon article. On commence a avoir l’habitude et le dessin de Padls est excellent!

    Entre la disparition du Francis et du Comité et ce type d’articles de plus en plus frequent, peut-on en deduire de horsjeu.net aspire a devenir les Cahiers du Football? ;-)

  4. La mutation est en marche.

    Bientôt on verra des blogs satellites parler technico-tactique et qui s’appelleront Méta-Football ou encore Ne Pas Louper Le Coach et les jeux de Mots avec Patrick Sébastien dedans viendront remplacer nos allusions à la Fistinière…

  5. @ Padls: ouais c’est ca. L’anal ne sera bientot plus qu’un lointain souvenir

  6. Patrick Sebastien, c’est aussi rigolo que l’anal.

    Ce soir, j’me sens moins con, grâce à horsjeupoint(pas)net

  7. Quel duo de choc!

    Mosieur Trasca, vous avez un facebook où l’on peut vous liker et témoigner de notre admiration?

  8. Non mais ce type est génial!
    C’est pas possible, t’as un vrai talent. Tu ponds des articles de qualités, intelligents, culturels et différents sans pour autant devenir pédants ou chiants à la file…
    C’est décidé, c’est officiellement toi mon journaliste sportif préféré!

    Et le dessin de Padls est des plus excellents, félicitations

  9. Tu parles d’un article…
    On apprend quoi ? Rien.
    Ça sert à quoi ? À rien.
    Finalité du truc ? Ben rien mon con, on te parle juste du Real et du Barça (et de leurs milliards, leurs tentatives de dominations hégémoniques sur…, sur quoi?, qué? Paie ton accroche..

    Ah, mention spéciale au Désarmé (commedab) pour son 1er commentaire particulièrement débile et désopilant. Où navrant… Heureusement que ce genre de gugus existe pour défendre les pauvres (ou la pauvreté, qu’est-ce qu’ils en savent après tout…)

    Sur ce, je vais finir de m’enculer 2-3 Karlsquell en lisant vos jérémiades sur la fin du comité 1.0, rhoooooo…….

  10. Merci pour les commentaires positifs. Tu peux sans doute me trouver Willy Pagnol, pas sous le blaze Tristan Trasca mais ça devrait être assez facile.

    Merci aussi Oxianor. Bien que qqun fasse des critiques négatives, cela aurait été mieux avec un peu de mesure mais soit. J’avoue que je n’ai pas complètement réussi à mettre en mots ce que je voulais passer dans ce papier. J’espère que tu liras aussi les autres et que tu critiqueras, positivement ou négativement.

  11. @Oxiano, J’aime assez le concept d’ « enculer 2-3 Karlsquell »…
    J’espère que tu les as vidées avant, sinon, c’est du gâchis.

    Quant à ne rien apprendre, celui-ci était peut-être moins innovant (ouais, je rends hommage à Tristan pour l’ensemble de son oeuvre, et alors), j’en conviens… Après, si tu as le temps de te pencher sur les subtilités du foot en Ouzbékistan, grand bien te fasse… C’est pas mon cas

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