C’est avec impatience d’abord puis tristesse et déception, que le comité a attendu toute la journée hier le débrief de Pascal Praud sur le dernier « on refait le match » de lundi. Constatant encore ce matin que l’élégant et raffiné Pascal n’avait toujours pas rendu sa copie, le comité a décidé de lui venir en aide en débriefant de manière académique le dernier match en date de sa brillante et fine équipe.

 

Composition.

Pour ce match, Pascal Praud a titularisé le 5 suivant (oui, c’est un peu comme un Urban en fait ; Pascal est un peu comme un grand enfant, il refait les matches qu’il a vu à la télé, avec tous ses copains, contre un adversaire invisible vu qu’ils veulent tous jouer le gentil FC Barcelone et que personne n’assume de devoir jouer le rôle du méchant qui va perdre).

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En attaque, l’inévitable procureur, Gilles Verdez, qui est à l’émission ce qu’Henrik Larsson est au Celtic.

A gauche, la jeunesse, la relève, l’avenir et la brillante formation plus ou moins locale avec Arnaud Hermant du Parisien.

A droite, la classe britannique, le sens de l’aventure et de l’initiative, le fighting spirit et la volonté déterminée : Erik Bildermann de l’Equipe magazine.

Dans les buts, la longue expérience et la présence rassurante, Vincent Machenot de france football était une évidence.

Enfin, comme chaque semaine, Pascal nous réserve une titularisation exceptionnelle et surprise avec l’invité du jour qui n’est autre que : Pierre-Louis Basse un écrivain plus ou moins pote avec Pierre Ménes.

 

Le match

En coach résolument offensif, Pascal a décidé d’attaquer le gros morceau dès le début, meilleur moyen d’obtenir 130% de concentration de ses joueurs dès le coup d’envoi, et d’enflammer un peu les tribunes, histoire qu’elles jouent son rôle de 6e homme (ce qui ne fait pas des auditeurs de rtl des drags-kings pour autant). Toute son équipe se connaissant bien, le collectif est suffisamment rôdé pour éviter le traditionnel round d’observation.

 

« PSG, pourquoi tant de haine ? Est-ce que le PSG est bien traité par les média ? »

Autant vous dire que tous les invités sont parfaitement légitimes pour répondre à cette question puisqu’ils travaillent tous dans les média. C’est dire s’ils connaissent leurs sujets. A ceux qui s’offusqueront que dans cette forme de procès, ils jouent un peu le rôle de l’accusé, du juge, du procureur, et du jury final, le comité rétorque tout de suite que le seul vrai jury, c’est vous, public.

Expérimenté, Gilles Verdez temporise, offrant le temps à ses latéraux de bien prendre leur couloir, et à Basse d’analyser le jeu. Le procureur clame donc que c’est parfois trop sévère, et s’interroge même sur l’existence d’« une volonté de nuire au club. ».

Trouvant ses joueurs un peu trop timorés, Pascal les invite à plus d’intentions offensives en se faisant le porte parole des« gens qui nous écoutent au-delà du périphérique » Traduisez : ces beaufs de Province. Pour Pascal, il n’y a pas de supporters du PSG en dehors de Paris. Même pas en banlieue.

La première offensive n’ayant pas abouti à grand chose, Erik Bildermann se distingue en défendant avec autorité et en taclant ceux qui voudraient s’aventurer sur son territoire : « à partir du moment où on a des clubs qui cristallisent la passion, on est vite accusé d’être anti ! ». Tout match qu’il soit en ce lundi, ça n’a rien d’un derby. Les seuls ennemis de la presse : ce sont la remise en cause et le démenti.

L’adversaire du soir semble insister, mais ne permet qu’à Vincent Machenot de réaliser sa première parade du match, en refusant que l’on fasse un amalgame entre un journaliste et un supporter. Il relance vers Basse qui insiste sur ce point en défiant « les méprisants » Leonardo et Zlatan, les efface en rappelant les vertus du football humble et populaire puis sert sur un plateau Bildermann, qui conclut que les joueurs étrangers ont un peu honte de jouer en ligue 1. Ses coéquipiers trouvent qu’il a peut-être frappé un peu trop fort, et qu’au bout d’un moment, ça va peut-être finir par se voir qu’ils disent juste ce qui leur passe par la tête sans rien préparer. Ils préfèrent dire plus simplement qu’« ils s’ennuient ». Pascal préfère saluer la première conclusion obtenue par sa fine équipe.

On reprend tranquillement, si ce n’est une perte de balle de Gillez Verdez qui dit Ibrahimovique comme on dit high kick ou politique. D’ailleurs, il pense que la dernière déclaration zlatanesque en date est « politique ». ça doit être le leader syndical du vestiaire. Pascal relaye les consignes tactiques qu’il entend émettre des gradins en délire : le PSG est le club le plus détestable qu’il soit, il est surmédiatisé, et même protégé par les média. Ça inspire son arrière centre qui rappelle les valeurs d’antan et s’inquiète de l’avenir d’un monde où David Beckham fait la Une de Gala et de Paris Match. Adepte de l’école nantaise, Pascal n’aime pas trop tous ces dribbles et cherche à atténuer l’enflammade de sa dernière recrue : France 98 le faisait bien aussi, donc rien n’a changé. La divergence d’opinions persiste et sera sans doute réglée dans les vestiaires.

La tactique de départ est confirmée, mais le score acquis, la polémique doit laisser place à la sérénité de l’information. On s’interroge donc sur l’avenir de « Leo » et « Carlo » que Pascal appelle aussi intimement car il habite quelque part entre deux portes donnant sur le périphérique.

Gilles Verdez est salué par le comité pour son contrôle réussi, cette fois-ci, de l’ « interstice entre Leonardo et Ancelotti ». On a eu peur qu’il dise « interstique ». Arnaud Hermant rate malheureusement le sien en disant Ibrahimovique à son tour. Il parvient à anéantir la contre-attaque adverse en révélant que Zlatan habiterait vers la Madeleine.

 

« Le pathetico »

Inspiré par les dernières analyses de Pierre Ménes, Pascal Praud utilise ce terme pour passer au plan B, celui de l’offensive qui mène au break face à l’adversaire imaginaire.

Gilles Verdez tente d’organiser le pressing haut en saluant l’aspect tactique de la rencontre. Mais ne voyant pas trop de quoi il parle, ses coéquipiers préfèrent rester le plus bas possible pour contrer ensuite. Machenot salue la faiblesse tactique de la rencontre, alors que Bildermann prétend que ça ressemblait plus à une partie de dames qu’à un jeu d’échec. Le contre est mené, mais Basse se perd un peu et rappelle les qualités de la Bundesliga et de la Premier league sans doute dans l’espoir de taper dans l’oeil d’un recruteur.

« Restons sur le match » ordonne Praud depuis le banc de touche. Une consigne que ne réussira pas vraiment à respecter ses joueurs qui répondent aux accusations de Verdez en affirmant qu’ils ne préfèrent pas nécessairement un 4/4 à un 0/0.

Praud dit que la conclusion a été trouvée par Machenot : « Lyon a manqué d’ambition ! ». Hermant grommelle dans le micro qu’il l’avait dit avant. Après avoir envisagé de se rouler par terre, en criant que personne ne l’écoute, il préfère s’abstenir, se disant qu’après tout, personne n’allait l’écouter non plus cette fois-ci.

Si le comité a bien suivi, ça fait donc 2/0 pour RTL.

 

« Guerre déclarée entre Labrune et Diouf »

Nous voilà en 2e mi-temps. L’attention de l’observateur diminue. L’avance au score est gérée tranquillement par les hommes de Pascal. Basse tente un nouveau gestechnique sorti d’ailleurs à base de comparaison foireuse entre la « guerre marseillaise » et « la nouvelle affaire DSK ». On entend Praud supplier ses joueurs « ne faisons pas n’importe quoi ». Puis c’est Verdez, visiblement en position de horsjeu qui est recadré : « n’allons pas sur ce terrain ». Quant à Bildermann, il est trop prudent dans ses initiatives : « Ce débat m’intéresse moins ». ça ressemble finalement donc à une réduction du score plutôt méritée : trop d’inattentions chez les ORLMistez.

Gilles Verdez donne le coup d’envoi en suggérant que c’est censé dissuader les autres d’écrire un bouquin sur l’OM. Vu la pub que ça a fait pour le livre de Pape, on ne peut pas dire que ça a été réussi. Mais il serait faux de croire qu’il s’agit là d’un csc puisque Gilles affirme que 3 livres vont bientôt sortir dont un contenant des révélations. C’est juste de la promo en fait.

Le ballon arrive dans les pieds d’Hermant qui ne sait pas trop quoi en faire. Il est fort heureusement bien guidé par son coach : « quelques mots sur Vincent Labrune.qui …». Entraîneur exemplaire, Pascal relance Hermant pour féliciter les talents de communicants du Vincent. Basse pense qu’ils oublient un élément essentiel : le retour de Tapie. Praud, qui ne porte pas de coquille, étant simple coach et non gardien de but, refuse de voir un quelconque rapport. Intervention d’Hermant. Praud enchaîne : « allez, on passe à la page de pub ». Trois pauses donc. Comme un  match de ligue 1 en plein mois d’août.

 

Les arrêts de jeu

Pascal a une pensée à tous ses fans en voiture sous la neige et qui n’ont donc pu se rendre en stade voir son équipe mener deux buts à un face à l’adversaire invisible.

Pour cette première minute, il souhaite que son équipe prenne la route idéale en s’inspirant du champion de France en titre. Le sujet du futur entraîneur montpelliérain est lancé.  Maradona ? Pff, Vincent Machenot n’y a pas cru une seule seconde et a bien vu que c’était hors-cadre ! Pascal aussi ! Bildermann aussi ! Hermant aussi, mais de toute façon, personne ne l’écoute. La contre-attaque s’éternise, l’équipe s’étant attardée sur une anecdote pourrie racontant comment la presse avait attendu Maradona devant le Phocéen pensant qu’il allait y rencontrer Tapie croyaient-ils.

Les autres pistes sont finalement évoquées, mais aucune solution ne se dégage réellement. Hermant perd la balle stupidement en parlant de « Jean Fernandel ». Trop occupé à rire de cette erreur, personne ne fait attention à l’offensive adverse. Pas même Vincent Machenot. L’égalisation est obtenue, et c’est cher payé pour RTL qui semblait jusque là gérer son match.

La stratégie montpelliéraine reste celle mise en place. Praud propose même une idée originale en y envoyant, peut-être, Michel Der Zakarian. Machenot insiste sur le fait que Kombouaré est trop cher. Bref, ça piétine encore et Pascal invite à laisser son Bild s’exprimer dans ce schéma. Alors pourquoi pas un entraîneur anglais puisque c’est une espèce menacée en premier league ? 6 mètres donc.

Basse frappe droit au but en disant qu’il fait confiance à Loulou l’éboueur pour savoir faire le tri. Comparer les entraîneurs à des déchets… L’UNECATEF est formel, il y a faute.

Le but étant refusé, Pascal propose à ces joueurs un peu de folie en lançant le sujet « Ribéry ». Hermant refuse de voir en Francki le patron de l’EDF, mais plutôt le comique de l’équipe. Pascal est formel : « c’est de l’humour de garde-barrière.. ». Son équipe est sur de mauvais rails. Il faut finalement qu’elle arrache la victoire plutôt sur le gentil modèle barcelonais et sa perfection. Ça tombe d’autant mieux que tous les joueurs de l’équipe voient le Barça se qualifier pour les ¼. Sauf Arnaud Hermant, dont les appels sont incompris par ses coéquipiers. « Et mercredi, vous m’enverrez tous des textos pour dire qu’il n’y a que moi qui connaît le football » se console-t-il, voyant qu’il a raté là l’occasion de briller dans le Fergie time mais se doutant que son génie sera tôt ou tard reconnu.

L’offensive collective et unanime n’ayant pas porté ses fruits, c’est au tour de l’adversaire d’attaquer avec ses armes. On remet même en question le niveau du gardien de but : « faut-il mettre Agassa sur le banc ? ». L’équipe se révolte et n’accepte pas ça. Vincent Machenot en tête, puisqu’il tient à rappeler qu’Agassa est le meilleur « buteur des étoiles » France football. Devant son poste de radio, Jean-Michel Larqué se catastrophe : « Oula il s’est troué Machenot ! Il s’est troué ! ». Pascal Praud reconnaît qu’il est temps d’arrêter l’émission. Si c’est lui qui le dit, on ne vas pas se gêner.

Score final donc 2/3.

 

Les notes

Machenot 2/5 : Une prestation égale à celles de d’habitude, mais gravement atténuée par sa boulette finale qui coûte les 3 points à la crédibilité de l’émission, bien qu’il ait eu le mérite de reconnaître son erreur.

Basse 2/5 : Prometteur au départ, le défenseur-meneur de jeu s’est par la suite un peu trop enflammé dans son coin. A une tendance trop forte à vouloir jouer tout seul pour pouvoir s’imposer dans le collectif de Pascal Praud.

Bildermann 3/5 : Incisif (peut-être un peu trop), et convainquant (enfin là, c’est peut-être nous qui en faisons un peu trop) au début, le gentleman Erik (mais pas trop) s’est ensuite un peu trop effacé de la rencontre pour parvenir à forcer la décision. Mais sa place de titulaire reste indiscutable.

Hermant 1/5 : Ne parvient pas à trouver sa place dans l’équipe. Son manque de confiance est encore excusable vu son manque d’expérience, mais ses nombreuses approximations techniques nous questionnent réellement sur les limites de la formation française à l’heure actuelle.

Verdez 4/5 : Même s’il joue souvent à contre-courant, la vedette de l’équipe est de toute façon intouchable. Ecouter un ORLM sans Verdez, ce serait comme visionner un porno zoophile allemand (l’authenticité avant tout) sans animaux.

Le Coach Pascal Praud 7/5 : Les voies du Pascal sont impénétrables. Même pour ses joueurs dans les vestiaires. Nous ne voyons pas d’autre explications à ce retournement de situation en deuxième mi-temps.

 

 

Eugène Saccomazo, Laurent Gérard et Christophe Ronhenlatt pour horsjeu.net

7 thoughts on “RTL refait le match, la Saccomazo académie livre ses notes

  1. tous les fans français de foot rêvaient hier de voir le Barça gagner, c’est coach crétin qui l’a affirmé tranquille avant le match, le coude sur cet autre comptoir où il s’épanche : iTélé, à 20:00 truc.

  2. Ca à l’air cool mais j’ai lu en écoutant l’album de Nuttea. Du coup j’ai rien compris.

  3. « Ca à l’air cool mais j’ai lu en écoutant l’album de Nuttea. »

    Pourquoi ? Mais pourquoi ?

  4. Des nouvelles de « l’invitation mais pas trop » de Pascal ? J’ai quand même peur qu’il ne sache pas encore que l’alterfoot a gagné.

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