Udinese-Juventus (1-4), la Bianconero Académie livre ses notes
Michel Panini vous raconte des souvenirs. Oh oui !
Udinese / Juventus (1-4 : Lazzari / Vidal, Vucinic, Giovinco x2)
Michel a regardé le 40e match d’invincibilité de Madame, avec un plaisir dissous dans la banalité. Non, j’déconne.
Mi ricordo, sì, io mi ricordo :
- Je me souviens des propos de Gilles Grimandi dans The Specialist selon lequel : « la défense à trois déresponsabilise les défenseurs centraux ».
- Je me souviens pourtant des anticipations vigilantes de Barzagli et Chiellini, sans lesquelles la défense (positionnée dans les 30 mètres de l’Udinese) serait plus ouverte que le décolleté d’Irina Shayk pendant la cérémonie du meilleur joueur d’Europe de l’UEFA.
- Je me souviens des dépassements de fonction de l’axe droit et de l’axe gauche, permettant de construire le jeu et de relancer proprement car dans une équipe ambitieuse, les offensives démarrent de l’arrière.
- Je me souviens de leurs courses avec le ballon afin de créer le surnombre et de former un triangle avec le latéral et l’intérieur concerné. De l’intérêt des plans à trois dans le football, comme dans la vie.
- Je me souviens du plan de jeu de la Juventus. Celui qui offre une multitude de schémas offensifs pour prendre à défaut autrui. Redoublement de passe à terre avec les techniciens du milieu de terrain. Prise de risque individuelle avec Giovinco. Utilisation des latéraux et du jeu aérien. Ainsi que la profondeur grâce au service en cloche de Pirlo à destination des appels de Vucinic et Giovinco.
- Je me souviens de la dernière défaite d’Andrea Pirlo en Serie A. C’était le 18 décembre 2010 avec l’AC Milan.
- Je me souviens du Napoli, qui sans être brillant, s’annonce être un adversaire redoutable. Mes amitiés au bel homme de la Chianti Académie. Des paysans Laziali, mais aussi de la Roma de Zeman, brillante un jour, décevante la semaine suivante, mais dont l’affrontement sera irrémédiablement excitant. Amitiés également aux académies chaotiquement brillantes de Fabio Labello.
- Je me souviens de l’hôtesse que j’ai recruté à l’UEFA pour apporter le trophée du meilleur joueur d’Europe durant la cérémonie. Mais cela, je ne peux vous le conter.
- Je me souviens de votre impatience, il est donc temps de passer à l’évaluation.
Les notes :
Buffon, non noté : à force d’écouter pousser sa barbe, il ne s’est pas compris avec ses défenseurs sur l’unique action à négocier de la rencontre. On appelle ça une cagade.
Barzagli, 3/5 : moyen dans ses interventions – côtoyer Bonucci, ça esquinte tôt ou tard, mais ça n’excuse pas de reprendre deux fois du désert – (presque) parfait à la relance, sauf quand il nous gratifie d’une Zubarelance, à l’origine du but de Lazzari.
Bonucci, 3/5 : davantage en réussite dans le jeu aérien qu’au sol, puisqu’il a perdu quatre duels sur cinq. Il défend tellement les jambes fléchies qu’on voudrait lui donner un déambulateur pour que sa posture soit plus naturelle.
Chiellini, 4/5 : hyper propre dans son jeu, hégémonique (ranou) dans les duels (on est sur du 90% de réussite, quand même), il ne faut pas le prendre pour un jambon.
Lichtsteiner, 4/5 : Très actif, précis dans ses centres, il aurait pu être crédité d’une passe décisive si Vucinic avait été plus prompt à finaliser ses tentatives. Il a le dernier mot dans son duel avec Barzagli pour le prix du dégagement zubaraté.
Vidal, 4/5 : persécute la défense adverse avec plus d’insistance que les factures fécondent ma boite au lettre au retour des vacances. Parfois sur un côté, quelques fois en appui technique pour Giovinco, souvent balle au pied pour pilonner et servir un coéquipier.
Pirlo, 4/5 : pendant qu’HBA se contentait de lire (à l’envers) du Nietzsche, le barbu applique sa pensée chaque semaine. A l’absurdité et à la violence de la vie, il oppose d’une part le rire – par l’intermédiaire de Bonucci – et l’esthétique de l’art à l’horreur. Ravivant un style de jeu révolu, mais n’oubliant pas ses origines sociales aisées, il décide de faire du beau une industrie du luxe qu’il reproduit en série : passes courtes pour faire courir les autres, passes latérales pour écarte le jeu sur les latéraux, longs ballons dans le cul de la défense pour utiliser la profondeur.
Marchisio, 4/5 : des démarrages balle aux pieds aussi soudains que les dérapages fécaux de Fernando Nandrolonas. Il s’est permis quelques gestes délicats pour amuser la galerie (cet enchainement aile de pigeon pied droit, pour s’emmener le ballon, reprise du gauche fulgurante, bellissimo). Respecte son adversaire en essayant d’en mettre un de plus à chaque fois.
Asamoah, 4/5 : se transforme en milieu offensif gauche en phase offensive. Ça tombe bien, c’est le poste qu’il occupait à l’Udinese. Puissant sur ses appuis, pas en reste sur les grigris en fin de match, et décisif dans la zone offensive. Va bene.
Giovinco, 5/5 : sentant l’ombre du grand blond à la houppe et l’odeur des chasubles de remplaçant, la formica atomica a planté un doublé opportun. Il n’est pas fait pour les matches engagés ? Sebastian a répondu par l’absurde en se prenant le gardien du Frioul, provoquant un penalty puis par deux buts d’avant-centre dont une belle frappe croisée. C’est donc lui, notre taupe-player ?
Vucinic, 4/5 : a rendu sa moustache à Magnum. Agaçant – dans une autre vie, il aurait été un mendiant insistant à l’accordéon rafistolé – jusqu’à ce qu’il se décide à marquer. Contrôle, enroulé plat du pied, petit filet opposé. Oh oui Richard. Tout simplement fabuleux. Une entente avec Giovinco qui semble s’amorcer, et une efficacité à peaufiner.
Les accélérations d’Asamoah sont juste impressionnantes. Ça change de De Ceglie
Délicieuse académie cher Michel et je ne dis pas ça uniquement pour Irina.
Quelle belle équipe !
Par contre ce maillot…