Nancy-Reims (1-2) : La Chardon à Cran Académie a l’habitude

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Misère, nous voilà bien. On a relancé l’académie, on se donne à fond (non), on pratique en quelques sortes l’auto-persuasion et pour atteindre enfin le climax tant attendu et non ce n’est pas le re-re-re-re-retour de Pablo Correa mais bien la DISSOLUTION qu’on espère, et pas celle des élus de mes deux, plutôt celle qui ne laisse pas de traces, tout le contraire d’un mec qui écrit dans sa pièce grise et poussiéreuse en attendant le miracle éditorial, mais je m’égare, pour atteindre la libération donc, il faudra en passer par une longue, très longue saison de football de bas-étage.

Football gris de Toul contre Football Champagne, on connaît la musique : elle n’est pas très agréable aux frustes oreilles lorraines qui préfèrent les guitares pointues et les voix de goules majeures aux flutoiements aguicheurs des bourgeois de la bulle éthylique. Il paraît que les pilules se mixtionnent bien avec le divin breuvage, il paraît aussi que la crème des fascistes français possède des vignes là-bas : s’il y a bien une ambiguïté à évacuer concernant notre attraction-répulsion envers la ville de Reims, c’est le sac bourré de pions qu’ils viennent nous livrer à chaque rencontre.

Trop nul pour la Ligain et pas assez déplorable pour la Ligue d’Eux, le Stade Remois a ce petit quelque chose qui nous le fait confondre avec Troyes jusqu’à ce qu’un grand numéro 6 anonyme vienne nous planter un tir de l’espace que même Kim Jong Un applaudit. Bref, en dépit de notre honneur sauvé par le truchement d’un bien joli but, il faut le dire, on s’est pris notre raclée conventionnelle contre Reims et on est reparti dans la catégorie des trop nuls pour la Ligue 2.

Mais surprise ! Le virulent 1/5 collectif et général qui attendait nos Chardons s’est mué en quelque chose de beaucoup plus rigolo la semaine suivante, et a effacé dans tous les esprits la banalité de cette défaite à domicile (sauf dans le mien hélas mais on s’en fout à raison). Nancy a besoin de points et s’en va rendre visite à Rodez pour se refaire, chose difficile à écrire pour quelqu’un qui tend à considérer le football comme une activité relativement sérieuse.


Or donc :

Rodez-Nancy (3-4) : La Chardon à Cran Académie se fait passer la pilule.

Nancy marque tôt puis se prend un but casquette presque aussi tôt avant de plier sur coup-de pied arrêté : on connaît la chanson, c’est après le second refrain qu’on sent les larmes monter EN GENERAAAAAAAAL.

Mais une petite coda pleine de malice apparaît et vient conclure la longue mélodie du supplice d’un triple mouvement inverse du premier : celui qui a composé ça sait très bien ce qu’il fait, pas comme vos gougnafiers sur les plate-formes d’écoute, là.

Bref, le solo de guitare qui suit est épique, massif et viril comme une couille de Robert Plant moulée dans un jean fait pour ça : victoire pas franche mais plutôt amusante.

Les notes

Basilio 3/5
Enzo n’a pas toujours de chance, il porte le prénom des relous du fond de la classe et encaisse des buts casquette qui longent la ligne de corner et lui passent entre les jambes. Heureusement, il a aussi la chance d’avoir un vis-à-vis incapable de placer correctement son mur dans la cage d’en face, merci frangin.

Nahounou 3/5
Malheureux sur ce léger retard de couverture qui se transforme en but contre son camp, il a fait le nécessaire pour se racheter ensuite.

Mendy 3/5
Pas serein pour un mec avec sa coiffure, c’est louche.

Tacafred 3/5
Ne mérite pas la moyenne mais en le voyant checker le 4e arbitre dans la joie sur le 4e but, je ris et lui accorde un point bonus.

Fernandez 4/5
Un but et de la défense en avançant : le football qu’on aime.

El Hadary 3/5
À défaut d’avoir du ballon, il fait ce pour quoi on le paye : il court.

Bouabdeli 3/5
Capitaine, n’était-ce pas un peu tôt pour capitainer ? On imagine que c’est grâce à sa fidélité mais on doit fournir un effort de réflexion encore plus intense pour comprendre ce qu’est son poste de prédilection.

Kebe 4/5
De l’action comme dans les films et un jeu souvent juste : notre méfiance naturelle crie au coup de bol, notre rigueur scientifique a reconnu sans dispute la nullité du milieu adverse. Mais un instinct pervers lubrifie notre confiance et prépare un orgasme de déception : tenez-vous prêts.

Kandil 4/5
On rentre parfois dans une pièce de théâtre par la porte de derrière, l’air de rien avoir à y foutre puis au moment où le public s’y attend le moins, on claque un monologue fabuleux qui laisse même ses partenaires admiratifs. Bon lui il est footballeur, mais vous voyez le genre.

Ba 5/5
Deux buts, une passe décisive… c’était pas du Youssouf Hadji en termes artistiques, mais purée on a quand même bien kiffé.

Housni 5/5
Depuis quelques matchs, le petit refuse de rentrer dans le rang en jouant à un niveau indigne de ce club. Puisse-t-il continuer mais pas trop, on ne voudrait pas qu’un Auxerre en perdition (au pif) vienne nous le chourer cet hiver.

Marcel Picon

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