Bordeaux- Nice (0-0): La Scapulaire Académie a la barre

« A coté, c’est pas dedans et sur les bords, c’est retors ». Ma femme avait raison. Elle devrait entrainer les Girondins.

Depuis l’arrivée de Poyet, on nous promet du beau jeu. On va voir ce qu’on va voir! La jouissance d’un une-deux réussi, la beauté d’une action collective maîtrisée, on y aura droit, nous aussi. Il faut juste que les joueurs assimilent les consignes (je tiens à préciser que les assimiler, c’est bien mais il faut les ramener si on veut de la monnaie en échange). Contrôle, passe et solution proposée. Contrôle, passe et solution proposée. Si on prend en compte le fait que ce sont des sportifs, il faut tabler sur un bon mois d’apprentissage. Les effets devraient se voir dès ce match contre Nice, normalement.

Bien sûr, l’accent (uruguayen) a aussi été mis sur la nécessité de retrouver une solidité défensive. La rigueur est acquise mais ne peut plus suffire. Car cette saison, nous avons trop souvent ouvert les vannes, trop subi les coups de butoir adverses et les résultats m’ont personnellement fait un deuxième sphincter anal.

Si le supporteur girondin peut paraitre austère de prime abord, une fois conquis, il ouvre son cœur. Ce qui est beaucoup plus agréable, vous en conviendrez. C’est pourquoi il ne reste pas insensible au pouvoir de séduction de son nouvel homme fort.

On nous brosse dans le sens du poil, on nous fait miroiter du plaisir, on nous promet de nous donner la barre. J’ai passé une semaine sans football dans le but de laisser la pression monter et pouvoir jouir de mon équipe favorite. Les préliminaires ont assez duré, je ne pourrai pas me retenir beaucoup plus longtemps. Pourvu qu’on ne nous pose pas de lapin.

Onze nuances de bleu marine:

Costil (c)

Sabaly     Baysse     Pablo     Poundjé

Plasil

Lerager      Méïté

Kamano                               De Préville

Braithwaite

L’accouplement:

Le match démarre sur les chapeaux de roue: Lees-Melou, toujours au fait de l’actualité girondine, casse littéralement le cul de Lerager qui se tâte aussitôt pour vérifier que l’ampoule rectale n’est pas claquée. Là, je me dis déjà qu’il va falloir être endurant si je veux tenir une heure et demie. Les puceaux d’en face montrent une fébrilité incroyable mais Pléa, lancé dans le dos de la défense, fait passer un premier frisson. Le ballon échoue de peu à côté.

Et puis le gang bang commence : Kamano déborde et centre. De Préville sert involontairement Méïté, dont la reprise s’écrase sur le poteau. Le ballon revient sur Braithwaite qui pense pouvoir ouvrir le score. C’était sans compter sur Benitez, qui se relève plus vite que la gaule du matin d’un homme normalement constitué et en pleine forme.

Quasiment dans la foulée, De Préville reçoit le cuir aux abords de la surface. Il enroule. Il a tapé fort. C’est bon, je suis prêt à m’envoler. C’est la barre! Les Niçois halètent, on ne les laisse pas respirer. On les prend à la gorge mais ils semblent consentants et la police ne dit rien alors on continue.

Il est maintenant temps de faire une courte pause afin de retrouver un peu de fraîcheur. La jouissance attendra encore un peu mais le plaisir est pris, on ne peut pas le nier.

Une fois désaltérés, les joueurs sont de retour sur le pré. Les intentions n’ont pas changé, les moyens n’ont plus: on prend les choses en main. On essaie de passer par tous les côtés, on s’y met tous, jeunes comme vieux, de gauche comme de droite. L’amour du football est universel. Et il se partage. Enivrés par l’euphorie ambiante, les Bordelais tirent dans toutes les positions, tentent des gestes incroyables: les ciseaux ne sont même pas dans le Guardiola Sutra!

La fin de la rencontre approche, il serait temps de conclure. Paul Baysse se dit que mettre un coup à son ex-fiancée ne serait pas pour lui déplaire. Sa tentative désespérée finit… sur le poteau! Encore!

L’histoire ne se terminera pas sans un dernier (re)montant. C’est pourquoi De Préville paie de sa malchance en percutant, une fois encore la barre

En fin de compte, personne ne l’a mise au fond: 0-0, score nu et vierge.

Les notes des 33:

Benoît Costil 3/5

Seul au monde, comme un célibataire endurci. Des relances courtes mais bonnes.

Youssouf Sabaly 4/5

Inépuisable! A le voir débouler sur son côté, le dos voûté, on se dit qu’il a enfin démarré sa saison. Auteur d’un enchaînement contrôle pied en porte-manteau, jongle et centre en réalisant un ciseau qui a dû électriser Jean-Michel Larqué.

Paul Baysse 3/5

Bonne prestation contre son ex. Il reste quelques réglages à parfaire avec son nouveau keum mais on a de quoi voir venir avec ceux-là.

Pablo Castro 3/5

Impérial en première période, il a failli nous faire une Toulalan, soit marquer contre son camp d’une tête improbable. Incertain pour le prochain match, suite à sa néphrectomie gauche opérée par le docteur Sacko. Son modjo en a pris un coup.

Maxime Poundjé 3/5

Dans la lignée de ses prestations précédentes, mais des centres plus tendus seraient bienvenus. Quand on est jeune, on se contente de la quantité. Au bout d’un moment, la qualité rentre en considération. Ah, tant que j’y pense, Monsieur Poyet, veuillez retirer les lacets autour du cou de Théo s’il vous plait. Et expliquez lui que ce n’est pas la peine de se mettre dans cet état là. On peut lui payer une formation de reconversion et on lui trouvera bien une place au club des Pingouins à Arcachon.

Jaroslav Plasil 3/5

Sa première intervention était un trompe l’œil: sa faute méritait un jaune, j’ai pensé qu’il n’était plus capable de se mouvoir de façon autonome. En fait, c’était juste le temps que les genoux se dérouillent. Il a ensuite distribué les caresses. Je l’ai imaginé tétraplégique, il s’est révélé être un trequartista. Attention quand-même lors de la prochaine poussée de Parkinson.

Lukas Lerager 3/5

Son physique lui permet de gagner des bons coups à jouer. Sa technique lui en fait perdre tout autant. Avec lui, la balance est à l’équilibre. L’équipe, elle, pas toujours.

Tu peux redescendre, Lukas. Il y a d’autres chemins pour Manchester. Le travail, par exemple.

Soualiho Méïté 3/5

Sa qualité technique peut être un vrai plus, surtout lorsqu’il s’insère au milieu des partenaires comme en seconde période. Il aurait pu ouvrir son tableau de chasse sans ce putain de poteau. Il risque de nous manquer contre Monaco.

François Kamano 3/5

Belle imitation de Malcom dans sa capacité à percuter… tout comme dans sa facilité à s’écrouler. Mais quand tu as des partenaires qui attendent la passe et que tu cours deux fois plus vite que ton concurrent, c’est quand-même bien bête. Bon, faut dire qu’il n’est pas habitué à terminer ses actions debout. Bon match tout de même. A cédé sa place à Vada, qui s’est positionné euh… quelque part sur la pelouse, certainement.

Rien qu’un tour de terrain, cela demande beaucoup d’efforts à François

Nicolas de Préville 2/5

Il a clairement manqué de réussite en touchant deux fois la barre transversale. Plein d’envie, il percute, il perfore, il pilonne. Mais il doit maîtriser ses émotions s’il veut que ses coups de reins finissent en apothéose. Et moi, il serait temps que j’apprenne à patienter jusqu’à la fin de ses actions pour m’enflammer, car à force de bander, débander, bander et débander, je risque l’aponévrose.

Martin Braithwaite 1/5

Il a été intéressant en pointe mais il est difficile de s’amuser tout seul. Remplacé par Laborde, qui n’a manifestement pas travaillé son jeu de tête durant la semaine. Les deux têtes de neuf auront eu des occasions de marquer mais comme Pierre Ménès, le meilleur ami de l’homme des footballeurs, avait dit que cela finirait sur un 0-0…

En face: L’enfer évité de pieux

Partir en croisade en se passant de son Messie ivoirien et du Vierge Mario, cela pouvait s’avérer osé. L’absence du distributeur de parpaings s’est fait ressentir et ce n’était pas le paradis pour le Saint-Pierre Lees-Melou, qui ne pouvait pas accueillir tous les nouveaux venus. Il fallait être sévèrement Burner. Ou alors c’est un coup de Lucifavre, qui a envoyé la jeunesse exécuter les ordres sans se faire prier. Les apôtres du beau jeu avaient de quoi être déçus et la débâcle n’est pas passée loin. Elle a seulement été évitée par la grâce d’une grenouille de Benitez dont la foi inébranlable fut essentielle pour détourner les assauts ennemis. Que Dieu Soualiho!

Bonus: dernier virage avant la liberté?

Petits Bordelais, grands messagers

Qui a dit que les ultras étaient des gros benêts sans cervelle? A Bordeaux, ils ont au moins de la culture! Et ils savent s’en servir pour faire passer des messages. Petits agités, prêts à se multiplier. Si les autres bocaux pouvaient suivre le mouvement, cela pourrait éclabousser en haut lieu.

Pour conclure:

D’accord, nous n’avons pas pu profiter du plaisir de la victoire. Cela est en partie du à un manque de chance. On nous a promis la barre, et ce n’était pas des paroles en l’air. Sans compter celles que nos joueurs ont fracassées, la mienne était bien présente. Cela faisait bien longtemps que l’on avait pas réussi un match aussi plein. L’obligation de résultat va de pair avec le football professionnel. Mais on s’est tellement ennuyé cette saison que j’ai décidé de surtout profiter de chaque moment de plaisir. Cette rencontre en fut un. J’ai bon espoir que d’autres suivent.

Prochain match, rendez-vous à Monaco. De quoi prendre du bon temps. Le compte-rendu vous sera servi par Kiki. Dans la vie, il n’y a jamais de hasard.

A bientôt.

Nausée Savajicl

Nausée Savajicl

Nausée Savajicl (50% Vosgien, 50% Arcachonnais, 100% Bordelais) Vosgien issu de l’immigration girondine, j’aime surfer à la Moselle et faire du patin à glace sur la jetée Thiers. Mais surtout j’aime les Girondins car parfois, leurs matchs me paraissent beaucoup plus longs que l’hiver de par chez nous.

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