Braga-OM (1-0), La Canebière académie souffre et souffle

Mais non, nous n’avons pas douté, pensez donc.

Aïoli les sapiens,

La dantesquerie de ce mois de février atteint son zénith, à l’aube de cette double confrontation contre nos rivaux favoris. Encore que, à bien y réfléchir, le match de dimanche ne revêt que peu d’importance : puisqu’il est de notoriété publique qu’au printemps, le PSG sera disqualifié pour fraude fiscale, entorses aux règlements européens et épilation métrosexuelle dans des publicités cosmétiques, tous les résultats obtenus contre lui dans l’année seront annulés. Je serais nous, je ne vois même pas pourquoi on se ferait suer à gagner.

Voici donc un argument supplémentaire pour accorder à ce 1/16e de finale retour toute l’attention qu’il mérite, quand bien même la victoire 3-0 à l’aller nous offrait un matelas confortable.

 

L’équipe

Pelé

Sarr – Rami – Rolando – Sakai

Lopez – Luiz Gustavo

Njie (Zambo Anguissa, 45e) – Sanson (Payet, 83e) – Ocampos

Germain (Thauvin, 72e)

 

Outre Mandanda, bien forcé, les heureux vainqueurs d’un peu de repos sont Amavi, Thauvin, Payet et Zambo Anguissa. Luiz Gustavo et la charnière Rami-Rolando sont quant à eux bien alignés, histoire de pouvoir quand même garder le droit 90 minutes plus tard de nous moquer des blaireaux incapables de conserver un avantage de trois buts (ou plus…).

 

Le match

Au début, tout se passe sans accroc : pour éviter toute mauvaise surprise, l’OM joue haut dans le camp portugais et presse pour forcer leurs pertes de balle. Hélas, ces bonnes intentions ne dépassent pas la dixième minute, quand nos adversaires se souviennent enfin d’avoir une compétition européenne à disputer (un détail qui leur avait totalement échappé lors du match aller).

Dès lors, ce sont eux qui imposent les contacts, le rythme, le jeu, et amènent notre équipe au bord de la débandade. Braga mène ainsi des incursions dans notre surface plus souvent que Wauquiez dans les égouts du Front national. Mauvaises relances, placements aléatoires, couloirs ouverts aux quatre vents, irritation des tauliers : malgré quelques actions de notre part aussi sporadiques que gâchées, tout est en place ou presque pour la bouillie slipométrique tant redoutée. Il ne manque qu’un but, en fait… Celui-ci survient à la demi-heure, quand Sakai est surpris par un centre au second poteau. L’attaquant portugais remise en une touche à son compère Ricardo Horta, lui-même lâché par la défense et qui fusille Pelé de près (1-0, 31e).

Après cette mi-temps d’une nullité jamais vue en ce début 2018, le lapin de la honte en vient même à pointer son oreille à l’abord des vestiaires. Conscient du péril, Rudi Garcia fait intervenir Zambo Anguissa : Maxime Lopez s’écarte pour laisser les vrais hommes occuper le cœur du jeu, tandis que Njie retourne soigner son épilepsie chronique sur le banc. Jusqu’ici digne d’un Intervilles Dax-Montauban, notre milieu de terrain se mue instantanément en Cirque Maxime : devoir survivre à une charge d’André-Frank pour mieux succomber à un coup en fourbe de Luiz Gustavo, voici soudain une perspective qui motive moins les joueurs de Braga. Nous profitons de notre domination retrouvée pour tenter d’égaliser, mais Germain gâche un excellent service de Sanson en tirant sur le gardien. Sakai manque de peu d’être le nouveau Tyrone Mears en étant près de marquer d’une tête plongeante, puis Ocampos est à son tour mis en échec par le portier adverse. De son côté, Braga parvient à se créer des occasions sur d’authentiques cadeaux de notre part (contre-attaques suite à des combinaisons infâmes, relance suicidaire de Pelé…).

Faute d’égaliser, l’OM subit la pression finale d’adversaires souhaitant encore croire au miracle, mais la concentration enfin retrouvée de nos défenseurs maintient le slipomètre dans des limites acceptables. Pire performance de 2018, certes, mais suffisante néanmoins.

 

Les joueurs

Pelé (2+/5) : J’aime bien voir jouer Pelé, ça me prépare à la conduite accompagnée avec ma fille dans quelques années, à croire ma dernière heure arrivée à chaque virage mais arriver sain et sauf à bon port, sans savoir si l’on s’est inquiété pour rien ou si l’on a vraiment eu du bol.

Rami (2+/5) : Devant le bordel ambiant aux abords de notre surface, il a compris l’importance de se donner sans réserve : que ce soit pour réaliser des interventions de patron ou pour passer au travers, il était toujours à 100 %.

Rolando (3-/5) : Des sauvetages à l’arrache dans la sérénité la plus totale : dans une vie antérieure, cet homme était préposé Patafix à la centrale de Fessenheim. « OK, t’es intervenu, mais on a frôlé l’incident nucléaire, non ? – Meuh non, je gère, tranquille. »

Sarr (2+/5) : Un match de guerrier – en l’occurrence celui dans les films, qui  se met à crier « AAAAAHHHH » en mitraillant partout.

Sakai (2+/5) : Une première mi-temps à donner envie de défendre Michel Leeb, avant de retrouver sa si précieuse sérénité en seconde partie.

Lopez (2/5) : Honnête faiseur de jeu, mais totalement bleubite pour ce qui est d’imposer sa sueur et ses poils dans la conquête du cuir. Voire, dans un premier temps, de déjà se placer correctement pour gagner le droit de disputer ledit cuir.

Luiz Gustavo (3+/5) : « En Europe, nul salut sans match de pute ». En vertu de cette loi, Luiz Gustavo a revêtu le costume du fabuleux salopard : de nombreux ballons grattés dans les pieds adverses et, à défaut de récupérer la balle, la science exacte du coup de traître : toujours efficace pour stopper l’action, toujours douloureux, et toujours à la limite du carton sans jamais la franchir. Un Art.

Njie (1+/5) : Même à l’heure du thé chez le Dalaï Lama, Clinton serait capable d’enculer le chien sans le faire exprès dans un moment de panique. Alors, au sein d’un collectif de 11 personnes en plein stress, je ne vous raconte même pas le niveau de lucidité.

Tout Clinton Njie résumé en une action.

 

Zambo Anguissa (4/5) : Nul n’avait pris les prédictions de la déesse Erzulie au sérieux, mais le fait est là désormais : l’Olympique de Marseille ne sait pas se passer d’André-Frank Zambo Anguissa. Dans ton cul, la grotte de Lourdes.

Ocampos (2-/5) : Vous vous rappelez « Speed », ce film où pendant 1h30 un bus piégé ne doit jamais rouler en dessous de 80 km/h sous peine d’explosion ? Eh bien Lucas c’était pareil, mais sans le volant.

Sanson (3-/5) : Comme tout le monde, il a fait dans le ponctuel : un gros retour défensif par ci, quelques passes tranchantes par là, et tout ceci de plutôt belle facture. Pour ce qui est de permettre à l’équipe de contrôler tranquillement le jeu, en revanche, il valait mieux parler d’autre chose.

Payet (83e) : Entré avec la consigne de jouer la montre en ne lâchant pas le ballon, ce dont il s’est acquitté avec gourmandise.

Germain (2+/5) : Jamais avare d’efforts, mais en coupe d’Europe c’est comme chez les témoins de Jéhovah : si tu ne convertis pas, n’espère pas que le Très-Haut t’ait à la bonne.

Thauvin (72e, 2/5) : Qu’est-ce que c’est que cette action, que tu poursuis malgré un Portugais accroché à ton slip sur 10 mètres ? La prochaine fois, tu te mettras au niveau des enjeux et tu tomberas comme une merde en hurlant auprès de l’arbitre, je te prie.

 

L’invité zoologique : Bruno Vianaconda

Catalogué comme l’un des cinq grands prédateurs du Brésil (mais bon, la loutre géante en fait partie aussi, déjà ça casse un peu le mythe), l’anaconda s’avère en effet redoutable lorsqu’il surprend a proie. Cela étant dit, avec un appétit s’éveillant une fois tous les deux ans et sa léthargie coupable, nul ne s’étonne que la bestiole finisse plus souvent en sac à main dès lors qu’elle a affaire à un chasseur digne de ce nom. L’anaconda était donc bien l’invité approprié pour évoquer avec nous ce match-piège-mais-finalement-non.

– Les autres : Eh bien voilà, ça c’était un match de Ligue Europa. Un peu trop tard certes, mais tant pis pour eux et tant mieux pour nous.

– La sanction : pendant nos joutes européennes, la commission de discipline de la Ligue se réunissait afin de définir, comme chaque quinzaine, les meilleurs idées pour faire du tort au football. C’est ainsi que le virage Sud se voit fermé pour la réception de Nantes, avec une révocation de sursis pour cause cause de pyrotechnie (et de jets d’objets paraît-il, ce qui est certes déjà moins défendable). L’intéressant est de voir le communiqué plus nuancé de l’OM, où le ci-devant Jacques-Henri s’abstient pour une fois de taper sur les supporters. Encore un petit effort et il lâchera enfin ses #FuckLFP comme tout le monde.

– Les réseaux : ton dromadaire préféré blatère sur Facebook et sur Twitter. Didier A. remporte le concours zoologique.

 

Bises massilianales,

Blaah.

Blaah

Dromadaire zoophilologue et pertuisien. Idéal féminin : à mi-chemin entre Scarlett Johansson et Maryse Joissains.

8 Comments

  1. Acad de très belle facture, avec mon fou rire du matin sur la note de Clinton !

  2. La meilleure acad’ de l’année pour le plus mauvais match de l’année. T’es à 2 doigts de me rendre nostalgique de frank passi.
    Sinon t’as oublié de dire que les contrôles orientés de sanson c’est un régal

  3. Lopez aurait mérité une meilleure note rien que pour cette passé qui conduit à la double occasion de Germain

  4. Je ne vous cache pas qu’il était chiant à noter, celui-ci. Pour chacun, du bon pondéré par du pas bon, et réciproquement…

  5. C’est généreux pour Sarr. J’ai l’impression qu’il a eu autant de succès dans ses tentatives que le petit Grégory pour son brevet de natation.

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