Dijon-OM (1-3), La Canebière académie repart du bon pied

La vie est dure mais la vie est belle.

Aioli les sapiens,

Après s’être fait souiller par tout ce que la Ligue 1 comporte de clubs crédibles – nous n’avons pas dit respectables – l’OM aborde avec une marge d’erreur limitée une dernière ligne droite jalonnée des seconds couteaux, des troisième couteaux, voire des cuillères à soupe de notre championnat. Première étape de notre tournée, Dijon, en espérant éviter un nouveau coup de massue.

 

L’équipe

Mandanda (Pelé, 53e)

Sarr –  Rami (Sertic, 81e)  – Rolando – Kamara

Zambo Anguissa – Luiz Gustavo

Payet – Sanson (Njie,77e) – Ocampos

Germain

L’équipe est lourdement handicapée par les blessures de Thauvin et Sakai pendant la trêve internationale, auxquelles s’ajoute la suspension d’Amavi pour excès de cartons jaunes. De plus, vous constaterez aux changements intervenus en cours de match que notre slipomètre médical n’a pas fini de s’affoler. En revanche, voici une bonne nouvelle… enfin, c’est en tout cas une nouvelle : Grégory Sertic est de retour.

 

Le match

Dans l’incertitude depuis la fessée d’il y a deux semaines, l’OM entre timidement dans le match, pas aidé par le bon pressing dijonnais. Notre vilaine tendance à chercher immédiatement la percussion ou l’ouverture décisive, au lieu de garder le ballon un minimum de temps, rend ces dix premières minutes assez pénibles. Par la suite, avec la baisse d’intensité des Bourguignons, nous reprenons un peu d’oxygène, et dominons légèrement les débats. Quelques ébauches d’occasions font frétiller les slips de part et d’autre, mais c’est la grave blessure de Balmont qui constitue le principal fait marquant- de cette première demi-heure. Peu après, l’un des nombreux moments de flottement de cette première mi-temps tourne à notre avantage. Un ballon perdu par Ocampos au milieu est rendu à Sanson et notre contre-attaque est initiée : Lucas lance Payet sur la droite, Dimitri accélère et centre à ras de terre pour Germain, qui surgit devant son défenseur (0-1, 36e).

Malgré un moment de panique en toute fin de première période, l’OM gagne les vestiaires nanti de l’avantage, au terme d’une prestation sans génie mais sérieuse.

Nous revenons sur le terrain pied au plancher, pressant jusqu’à les étouffer les Dijonnais jusque dans leurs 30 mètres. Ce bel élan prend hélas un gros coup derrière la nuque, quand Mandanda doit quitter le terrain après s’être blessé seul. Par la suite, Dijon se montre impuissant, tandis que nos bons travaux d’approche ne se traduisent par aucun tir digne de ce nom. Bref, la partie se met à ronronner suffisamment fort pour que nos anus se préparent à subir la sanction qui nous frappe usuellement en de tels cas.

Sautons donc  directement à ce que nous attendons tous : l’égalisation. Le ballon est décalé à droite, où Payet est mal placé et Sarr trop loin pour intervenir. Tous les défenseurs happés dans les 6m, aucun milieu défensif présent à l’entrée de la surface : Kwon, entré en jeu depuis deux minutes, a tout le loisir de reprendre le centre d’une habile volée (1-1, 73e).

Compliqué encore davantage par la blessure de Rami quelques minutes plus tard, le scénario est catastrophique : alors qu’il y a encore peu, les lyonnais étaient censés nous voir faire l’hélicobite huit points au-dessus de leurs sales têtes, le nul qui se profile nous place désormais à leur portée. C’est oublier que l’OM, en tout cas contre les faibles, sait trouver les ressources mentales pour contrecarrer les plans foireux dans lesquels il se fourre.

Ainsi, sans être forcément plus adroits, nos joueurs montent d’un cran sur le terrain, font preuve d’un surcroît d’initiative et d’engagement. Bouna Sarr s’autorise ainsi deux jolis dribbles seulement interrompus par un tacle dans la surface. Le corner qui s’ensuit est botté par Payet et dévié au premier poteau par Germain ; à la réception, sur la ligne de but même, Ocampos s’engage avec toute sa faim de chien d’attaque nourri au tofu pour contrer victorieusement la tentative de dégagement du défenseur (1-2, 88e).

L’OM a le bon goût de refuser de subir pendant les toutes dernières minutes, face à des Bourguignons sonnés par ce but tardif. Ocampos se montre ainsi plus prompt que le latéral rouge, à qui il subtilise le ballon avant de pénétrer dans la surface où il efface le gardien. Faute de l’audace nécessaire pour tenter une conclusion en angle fermé, Lucas se recentre d’un crochet avant de s’assommer sur un mur de briques. A seconde vue, il s’agissait en fait de Yambéré, dont la manière pachydermique d’anéantir les actions adverses n’est pas du goût de l’arbitre : pénalty et carton rouge. Payet prend ses responsabilités, ainsi qu’une volée d’injures quand son tir plein axe est dévié de justesse par Reynet, pourtant parti sur le côté.

Outre le surcroît slipométrique concernant la préservation du score, ce raté est préjudiciable à plus long terme, eu égard à la faible différence de buts qui nous sépare de nos rivaux au classement. Qu’à cela ne tienne, après deux minutes passées à contenir les Dijonnais auprès de leur propre piquet de corner, Dimitri démarre, résiste à un défenseur avant de se faire proprement savater par un buffle revenu de nulle part. Fait qui n’a pas dû se produire depuis l’extinction des dinosaures (et en tout cas unique dans les annales du bâton de Dildotte), M. Brisard siffle un second pénalty en notre faveur. Cette fois, Payet exécute un contre-pied parfait pour mettre un point final à la rencontre (1-3, 95e).

 

Les joueurs

Mandanda (3/5) : Et une blessure musculaire de plus. Si l’on inscrivait notre préparateur physique en CAP boucherie, il finirait meilleur ouvrier de France.

Pelé (53e, 3/5) : Rien à lui reprocher ; ça tombe bien, aux dernières nouvelles on va avoir besoin de lui pendant trois à quatre semaines.

Sarr (3/5) : Sauvé du pénalty en début de match grâce à l’absence totale de jeu d’acteur de Sammaritano, qui amplifie le contact de manière si grotesque qu’il se voit averti pour simulation. Sa bonne étoile (oui, c’est le terme poli pour « bonne grosse chatte ») lui évite globalement de voir sa fragilité défensive trop durement sanctionnée. Dans le jeu offensif, en revanche, c’était du Bouna grand luxe.

Rami (3-/5) : Egaye son match correct de son traditionnel relâchement coupable, en l’espèce une perte de balle sur un 6 mètres transmis par Mandanda. La blessure qui va nous offrir une charnière Sertic-Rolando contre Leipzig, en revanche, elle ne nous fait pas trop rire.

Sertic (81e) : En incluant le temps additionnel, il a passé 15 minutes sur le terrain  sans susciter l’insulte (sauf une qui m’a échappé par mégarde à son entrée, on ne se refait pas). Le concernant, la statistique est absolument démentielle.

Rolando (3/5) : Il faisait un peu frais en Bourgogne, aussi Rolando s’est-il tricoté une épaisse couverture de hors-jeu en première mi-temps. Une fois réchauffé, il a pu faire un bon match. Ah, il paraît que lui aussi est blessé : finalement, c’est peut-être une charnière Sertic-Abdennour que nous alignerons contre Leipzig. Après avoir déjà affronté le Bayern avec Elinton Andrade, les Allemands vont vraiment finir par penser qu’on leur manque de respect.

Kamara (4/5) : Alors qu’on demandait juste au minot de colmater les fuites, il nous a refait les jeux d’eaux du palais Longchamp.

Luiz Gustavo (2/5) : Comme le dit ma femme à propos d’un autre sujet qui m’échappe, je commence à le trouver un peu long, ce coup de mou.

Zambo Anguissa (3/5) : Un match solide et, parfois, des intentions offensives qui le rapprochent toujours un peu plus du grand jour où il inscrira son but (mais pour cela, il faudra qu’il prenne ses leçons d’extérieur du pied ailleurs que chez Clinton Njie).

Payet (4-/5) : Encore une fois plutôt irrégulier, mais si c’est le prix à payer pour qu’il se montre si efficace dans ses temps forts, je l’accepte très volontiers.

Sanson (2/5) : Victime comme Luiz Gustavo de la morsure du vier-marin-garou : transformé en échinoderme, il n’a pas été assez vif pour saisir les belles opportunités de partir au but qui s’offraient à lui.

Njie (77e) : Un but à la 88e, un pénalty avec expulsion à la 92e et un autre à la 94e, et tout ce foutoir sans que Clinton ne soit dans le coup. Pour tout dire, avec tout ce qu’il s’est passé en fin de match, c’est à peine s’il a eu le temps de saloper une occasion.

Ocampos (4-/5) : Sa combativité habituelle, et pendant presque 90 minutes les regrets tout aussi habituels qu’il ne se serve pas de son cerveau d’une manière plus fonctionnelle. Et pour mieux nous faire taire, c’est alors qu’il se montre décisif à sa manière : d’abord en sautant sur le ballon comme un pitbull sur un steak tartare, puis lors d’une seconde action où il presse, court, dribble et se fait démonter par le défenseur qu’il fait expulser. En résumé, une victoire éclatante des couilles sur l’esprit.

Germain (4-/5) : Quand il participe au jeu mais est inexistant en avant-centre, on le pourrit. Soyons donc cohérents et reconnaissons que, le fait de ne pas l’avoir vu entre son but et sa déviation décisive pour Ocampos, on s’en tartine d’une force incommensurable.

 

L’invité zoologique : Frédéric Sammariténia

Petit être parasitant les organismes plus développés sans leur causer de grand tort, le ver solitaire se découvre en laissant comme une tagliatelle au fond du slip, ce qui au passage lui constitue un point commun avec Cyril Hanouna. Bref, le ténia est un être légèrement contrariant et surtout très négligeable, ce qui fait de lui l’invité approprié pour parler avec nous de cette rencontre.

– Les autres : Légers devant, bourrins derrière, deux façons différentes de communier dans l’inefficacité.

– Le classement : Notre avance de 5 points contre Lyon est restaurée, ne serait-ce que l’espace d’une journée.

– Le moment MTVMG : Nouveauté dont on se demande pourquoi elle n’a pas été instaurée plus tôt vu la régularité de l’événement, le moment MTVMG survient aujourd’hui à la 60e minute de la rencontre. Mais qu’est-ce que le moment MTVMG, me direz-vous ? Eh bien, c’est tout simplement le moment où, à chaque match, l’arbitre se tourne vers le banc de touche et déclare « Maintenant, taisez-vous Monsieur Garcia ».

– La vidéo : Après vision de la finale de la Coupe de la Ligue, notre avis finit de se forger sur l’arbitrage vidéo. Y avoir recours me paraît tout à fait légitime et acceptable, à une condition cependant : que l’on cesse de désigner ce spectacle de dégénérés sous le noble nom de football.

– Le gag : Ah ah ah, avouez que vous avez eu peur, avec ces blessures de Rami et Rolando, et cette histoire de charnière Sertic-Abdennour en coupe d’Europe. Maintenant que l’académie touche à sa fin, on peut vous l’avouer : vous avez tout à fait raison d’avoir peur, ce n’est malheureusement pas un poisson d’avril.

– Les réseaux : ton dromadaire préféré blatère sur Facebook, et sur Twitter. Didier A. remporte le concours zoologique.

 

Bises massilianales,

Blaah.

Blaah

Dromadaire zoophilologue et pertuisien. Idéal féminin : à mi-chemin entre Scarlett Johansson et Maryse Joissains.

2 Comments

  1. Mandanda qui se blesse exactement comme l’autre fois.
    Qui ce dévoué pour lui expliquer l’importance de l’échauffement avant de relancer ?

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