Ecosse – Costa Rica (0-1) et Tunisie – Costa Rica (1-0) : la Ticos Académie s’inquiète

L’été s’annonce d’autant plus difficile que, cette fois, on ne jouera pas contre l’Italie.

Coucou mes trésorinous,

Vous aussi, ça vous fait plein de guilis en bas du ventre, cette coupe du monde qui approche ? Ca va faire quatre ans qu’on se connaît, dites donc, c’est que ça passe, hein. Alors, cette fois je ne vais pas vous tenir la jambe des heures, je vais tout simplement faire un point sur notre état de forme et nos ambitions, au cours de ces deux matchs de préparation.

Nous sommes un petit peu dans la merde.

Voilà, c’était le point sur notre état de forme et nos ambitions, au cours de ces deux matchs de préparation.

Boule au 36e dessous.

L’effectif

Par rapport à la précédente trêve internationale marquée par de nombreuses blessures, l’équipe s’étoffe légèrement. Keylorgasme revient, de même que Bryan Ruiz, tandis que Joel Campbell devra attendre encore un peu pour revêtir le maillot de la Sele : blessé depuis octobre, le jokari d’Arsène Wenger s’entraîne depuis quelques semaines seulement à plein régime avec son équipe du Betis).

Ces quelques retours effectifs ou programmés, sont contrebalancés par un joli lot de mauvaises nouvelles : l’homme au bandeau Christian Bolaños s’est fracturé la cheville, ce qui pourrait compromettre sa participation au MundialElMundialElMundiaaal. Les blessures de Salvatierra et Matarrita affaiblissent les postes de latéraux, tandis que le viril Randall Azofeifa est lui aussi sur le flanc. Ajoutons à cela le forfait de notre deuxième gardien, et je crois que nous aurons fait le tour. Ah, Johan Venegas est absent aussi, mais lui c’est parce qu’il est devenu tout nul depuis son retour au pays, paraît-il.

 

La victoire chez les plus nuls que nous

Keylorgasme

Gamboa (Smith, 75e) – Acosta – Gonzalez – Duarte – Oviedo (Calvo, 77e)

Borges – Guzman (Tejeda, 55e)

B. Ruiz Colindres (Wallace, 63e)

Ureña (Y. Ruiz, 69e)

Point positif : nous avons enfin renoué avec cette victoire qui nous fuyait depuis 5 matchs. Quand l’on se rappelle la purge hongroise et la rouste espagnole subies à l’automne, il faut savoir se contenter de peu (encore que, finalement, nous ne sommes pas les seuls Américains à nous faire fesser par les conquistadores ces derniers temps).

Pour le reste ? Une première demi-heure intéressante, qui exprime ce que notre projet peut avoir de positif : un bloc défensif oui, mais qui n’oublie pas de presser au milieu et qui, à la récupération, est capable de mouvements rapides vers l’avant. C’est ainsi qu’un second ballon récupéré par Guzman se mue en combinaison côté gauche entre Colindres et Oviedo, lequel centre pour Ureña : nous sommes à la treizième minute, nous marquons et tout va bien.

Hélas mes chéris, ce bon début masque mal nos insuffisances. Même dans notre temps fort, il nous arrive d’être proprement dispersés par les enchaînements écossais, bien que notre adversaire ne soit vraiment pas un foudre de guerre. A la fois Docteur Bloc-Equipe et Mister Autobus, notre sélection retombe alors dans ses pires travers : un collectif attentiste, dépassé au milieu (ce que n’arrange pas la blessure de Guzman en cours de match) et surtout qui abandonne toute ambition de jeu. Une contre-attaque tranchante envoie certes mon Bryan d’amour tirer sur la barre en angle fermé, mais c’est là notre chant du cygne. La presse nationale semble se satisfaire de la victoire, mais face à de faibles Ecossais, cela ne suffit pas à lever mes inquiétudes, et encore moins mes tétons.

Boule à l’ombre.

 

La souffrance tunisienne

Keylorgasme

Gamboa (Oviedo, 85e) – Acosta – Waston – Duarte – Calvo

Borges – Tejeda (W. Azofeifa, 65e)

B. Ruiz (Y. Ruiz, 85e) Colindres (Segura, 58e)

Ureña (Mitchell,72e)

Nous retrouvons cette fois-ci un adversaire mondialiste, supposé plus talentueux que l’Ecosse : l’occasion pour nous de voir pour de bon ce que nous valons. Eh bien mes petits choupinous, votre Kimberly va devoir vous demander plein de câlins de réconfort, car cette fois-ci, il n’y a vraiment pas grand chose à sauver. Un très beau retourné de Borges à côté dès la sixième minute, un mouvement collectif quasi-parfait à cinq minutes de la fin. Et. C’est. Tout.

Sans Guzman, le milieu de terrain est inexistant à la récupération. Nos défenseurs sauvent les meubles par le nombre et par l’engagement, mais ne maîtrisent rien du tout face aux habiles et vives combinaisons tunisiennes. Les Africains ouvrent logiquement le score après la demi-heure par Khazri, qui fait danser la macarena à Kendall Waston avant de battre Keylor de près. Menés, mes Ticos d’amour ne proposent rien. Rien de rien de rien de rien. A deux mois et demi de la coupe du monde, le constat est clair : ce qui fait la force du Costa Rica, l’intensité collective et les projections rapides, ne se manifeste que par éclipses. La plupart du temps, c’est une équipe aux abois qui se contente d’écoper les fuites. Plutôt pas mal d’ailleurs, mais enfin…

Il ne reste plus qu’à espérer que, comme en 2014, le collectif retrouve son esprit de commando propre à stériliser n’importe quelle équipe un peu trop sûre d’elle. Mais pour cela, il faudra aussi que nos individualités retrouvent un meilleur niveau : les notes qui suivent vous montreront que l’on en était loin.

Boule floue et tordue.

Les notes :

NB : entre parenthèses, le nombre de minutes jouées dans chaque match et la note pour chacun d’entre eux ; je vous rappelle aussi les clubs de chacun, pour que vous soyez incollables pendant vos quiz de juin-juillet (bon, forcément, si vous n’aviez même pas le premier, c’est à désespérer).

Keylorgasme (Real Madrid 90/90 – 4/5 et 3/5) : Nous sauve du marasme contre l’Ecosse, mais ne réédite pas l’exploit contre Khazri. Sa coupe de cheveux est un tue-l’amour, mais après tout, j’ai bien réussi à me masturber sur le bandeau de Christian Bolaños, je peux faire un effort pour mon Keyklorinou.

Petit catogan prétentieux comme Zlatan en haut, et en bas la petite nuque longue baignée dans la graisse à frites comme votre Denis Balbir. Quand je vous dit que rien ne va, dans cette sélection.

 

Jhonny Acosta (Rionegro Aguilas – 90/0 – 3/5) : Le néo-colombien représente un atout unique dans la manche du sélectionneur, en tant que défenseur capable de sortir de sa ligne de trois centraux pour participer au jeu ou au pressing. Vu la faiblesse de l’un comme de l’autre, une telle capacité, même sans atteindre des sommets, ce n’est pas du luxe.

Giancarlo Gonzalez (Bologne – 90/0 3/5) : A part quand les joueurs se trouent, pas facile de mettre en évidence les prestations individuelles, dans ce schéma défensif aussi subtil qu’un électeur de Trump. Or, Pipo ne s’est pas troué, d’où un bilan satisfaisant sans coup d’éclat.

Oscar Duarte (Español de Barcelone – 90/90 3/5 et 3/5) : Même remarque que pour le précédent : quand le Costa Rica domine comme contre l’Ecosse, il fait le boulot sans dépasser. Quand le Costa Rica souffre mille morts comme contre la Tunisie, il se débrouille pour que sa performance reste passable.

Kendall Waston (Vancouver Whitecaps – 0/90 1/5) : En match officiel, il aurait pu être le héros pour avoir fait expulser cette andouille de Khazri. Mais comme il s’agissait d’un amical, le coup du Tunisien n’a été sanctionné que d’un jaune, ce qui a laissé tout le loisir à l’attaquant de mettre en évidence les faiblesse de notre colosse aux pieds de béton.

Cristian Gamboa (Celtic Glasgow – 75/85 3/5 et 2/5): Deux matchs moyens pour notre latéral droit, certes pas aidé par le manque d’animation offensive devant lui. C’est dommage car, quand l’équipe tourne, il fait le travail derrière et semble en bonne forme pour proposer des solutions.

Ian Smith (IFK Norrköping – 25/0) : Je me suis peu intéressée à son match. Dans la Sele comme dans mon laboratoire, un petit jeune de 20 ans c’est tellement rare que je ne réfléchis pas : je me le croque tout de suite (et ce malgré son nom à tabasser des Noirs).

Bryan Oviedo (Sunderland – 77/53/5) : Une belle énergie, matérialisée par une passe décisive. Il lui reste encore deux mois et demi à tenir pour passer au travers de l’épidémie de blessures ce qui, le connaissant, relèverait du miracle.

Francisco Calvo (Minnesota United – 23/902/5) : Bien moins intéressant offensivement qu’Oviedo et dépassé dès son entrée contre l’Ecosse. Autant je l’aime bien sur le côté de la défense centrale, autant son apport en latéral me paraît plus discutable ; ceci dit, en ce moment on n’a pas vraiment le choix.

Celso Borges (Deportivo La Corogne – 90/90 3/5 et 2/5) : Notre milieu a tellement souffert offensivement comme défensivement, que je ne peux décemment pas mieux le noter. Mais que l’on ne s’y trompe pas, aborder un match sans lui, c’est comme si j’abordais mes menstruations avec un mouchoir en dentelle : l’assurance d’une catastrophe.

David Guzman (Portland Timbers – 55/0 4/5) : Impact et justesse, voilà ce que l’on attend de nos joueurs et que David, ma brute d’amour, a été le seul à nous apporter. Jusqu’à ce qu’une blessure au genou le force à rentrer à la maison avant la fin du premier match. Je hais ce sport.

Yeltsin Tejeda (Lausanne Sports – 35/65 2/5 et 1/5) : Il faudra absolument vaincre les Suisses en juin prochain, ne serait-ce que pour les punir d’avoir transformé mon Tejedounet en serpillière usagée. Je suis aussi furieuse qu’inconsolable.

Boule seule avec sa peine.

Wilmer Azofeifa (Santos de Guapiles – 0/25) : Là ! Un jeune ! Viens ici que je te fasse des choses, mon grand. Quoi ? Son entrée en jeu ? Ah oui, c’est vrai. Eh bien… pas dégoûtante, à revoir aux autres matchs de préparation. Surtout si Yeltsin continue à décevoir (*sanglots*).

Bryan Ruiz (Sporting du Portugal – 90/85 2/5 et 1/5) : Une médiocrité constante et soudain, de temps à autre, un éclair de classe pure. Je veux bien ne pas m’énerver, Bryan, mais à condition que tu me fasses le grand jeu en Russie.

Yendrick Ruiz (CS Herediano – 21/5) : Oui oui, c’est le petit frère. 31 ans, jamais rappelé en sélection depuis 2013 : c’est dire la diversité des choix qui s’offrent au sélectionneur. Beaucoup d’efforts pour conserver la balle et obtenir des coups-francs en fin de match contre l’Ecosse. Mettons que l’on mène contre la Suisse à un quart d’heure du terme, son entrée pourra être utile pour pousser au suicide les quelques dépressifs qui auront survécu à la vision de la rencontre.

Daniel Colindres (Deportivo Saprissa – 58/65 3/5 et 1/5) : Tu es l’homme qui ne sourit jamais ? Eh bien comme cela on est deux.

Rodney Wallace (New York City FC– 38/0 2/5) : Comme le précédent contre l’Ecosse, même si ce n’est pas mal, il est à des années-lumières de me faire grimper aux rideaux, et Dieu sait pourtant que je suis prompte à m’échauffer.

Ulises Segura (DC United – 0/25 1/5) : Dernière étape de la revue d’effectif au poste de milieu gauche, et ici encore le quasi-néant créatif. Encore les deux autres ont-ils eu l’occasion de quelque éclat fasse aux piètres Ecossais, mais lui n’a pas eu cette chance.

Marco Ureña (Los Angeles FC – 69/72 3/5 et 2/5) : Une occasion, un but : lui qui était si peu réaliste devant le but nous offre enfin une vraie bonne raison d’être contents. Dans la mesure où ce que l’équipe lui fait faire s’apparente plus à un travail de pivot de handball, mieux vaudra en effet savoir convertir les rares ballons d’attaque qui se présentent.

Josué Mitchell (Perez Zeledon – 0/18) : Seul représentant du champion national, il échoue à convertir la seule vraie action de jeu costaricienne. Tant mieux pour nous, qui évitons d’accrocher un nul trop flatteur, et tant pis pour la Tunisie, qui attendra la Coupe du Monde pour se faire punir de ne pas savoir creuser l’écart.

La suite

Rendez-vous début juin pour les derniers matchs de préparation (l’Irlande du Nord à San José, puis départ pour l’Europe et un match contre l’Angleterre, voire ensuite une autre sélection à déterminer. D’ici là, on récupère les blessés, on se remet en ordre de marche, et on se prépare à revivre plein de frissons tout partout.

Kimberly GutiérrezYigüirro

Kimberly Gutiérrez Yigüirro

2 Comments

  1. C’est quand même un motif de fascination sans cesse renouvelé, ces boules. Un mondial au Costa Rica, ça nous ferait une belle mascotte.

  2. Et oui, 4 ans déjà !
    Merci pour l’acad, et ne désespère pas, tes petits protégés chéris sauront certainement faire quelque chose pour tes tétons d’ici la fin du Mundial!ElMundial !
    Courage !

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