FC Lorient – AC Ajaccio : première au Moustoir pour I Sanguinari

La découverte d’un nouveau stade, c’est un peu comme le premier rencart avec une meuf que t’as seulement vu en photo sur Tinder : tu sais pas vraiment à quoi t’attendre. Rassurez-vous, le dépucelage à Lorient s’est très bien passé. Retour sur un voyage au pays des gens sympathiques.

Faut-il être fou pour s’infliger 13h de route et 1116 km aller-retour tout seul en Peugeot 106 de 1994 (sans passer par l’autoroute, ce serait trop facile sinon) pour aller voir un Lorient-ACA un vendredi soir ? La réponse est sans doute dans la question. Et de toute façon, la question d’aller ou pas à Lorient ne s’est pas posée. Il fallait aller découvrir le Moustoir. Mon 50e stade différent  »visité » lors de mes 96 déplacements pour suivre l’ACA.

Le départ se fait au petit matin, tranquillement. Le premier arrêt se fait au… Géant de Lanester. L’occasion d’acheter deux ou trois produits locaux (en fait, un seul kouing-amann) et de s’intégrer dans cette population étrange. Sur un échantillon de 100 personnes croisées, j’aurais vu plus de roux que de jolies femmes (les plus belles avaient 14 ans). Et bien évidemment, à la caisse, on tombe sur un phénomène. Une cliente, derrière moi, lance ainsi à la caissière  »Tu sais, je travaille plus moi, maintenant je bois ». Le décor est planté.

Maintenant, direction le stade du Moustoir. Je vous le rappelle, c’est ma première fois là-bas. Il faut donc trouver l’entrée du parcage visiteurs. Je m’arrête à hauteur du premier stadier (c’est une femme) que je trouve. Bien sûr, il fallait que je tombe sur la seule seule Russe de Lorient, qui ne parle presque pas un mot de français. Je suis tant bien que mal ses indications et tombe sur un stadier. Un homme, avec le nez rouge et les dents rongées. Il me renvoie exactement d’où je viens. Je me gare tant bien que mal et je décide de rejoindre le stade à pieds. J’accoste mon troisième stadier. « Ah non, c’est pas du tout là, en fait il faut que tu fasses tout le tour du stade ». Bien sûr, pour pimenter le tout, il pleut à verse. Je retourne à la voiture, je prends mon sac avec la bâche qui pèse 10 kg et c’est reparti.

ET MIRACLE, j’ai enfin trouvé l’entrée du parcage. Je suis accueilli par trois stadiers. Chose très appréciable et extrêmement rare ces temps-ci, le FC Lorient m’offre la place. Deuxième chose très rare : le sac n’est pas fouillé et la bâche même pas dépliée. C’est là que le stadier au physique de prétendant à l’Amour est dans le pré tente une approche : « Hey, on vous fait le billet gratuit en échange d’un saucisson ou d’un fromage corse héhé. Vous en avez pas un dans votre sac ? Vous savez quoi ? L’autre fois j’ai rencontré des Corses au salon de l’agriculture et ils m’ont dit que le saucisson corse il est fabriqué avec des cochons qui viennent de Bretagne. » J’en passe et des meilleures.

Me voici enfin dans le parcage. Enfin à côté du parcage. L’habituel n’étant pas couvert, les stadiers décident de m’installer tout en haut, derrière un but, à l’abri. Commencent alors les tractations pour bâcher. Le chef des stadiers du coin me propose de bâcher tout en bas. C’est accepté avec plaisir, d’autant plus que, très gentiment, il me propose de rester en bas tout le match, étant donné que je suis seul. Les supporteurs lorientais ne sont qu’à une rangée de moi, mais peu importe, je suis tout de même tranquille et relativement bien placé, surveillé par le mec de l’Amour est dans le pré.

Pendant que je bâche, le chef des stadiers me tape la discute : « Ils te donnent des maillots des fois ? », « Ça arrive, mais pas souvent ».

J’avais à peine eu le temps de tourner le dos deux secondes qu’il avait interpellé le préparateur physique de l’ACA pour lui réclamer un maillot pour moi à la fin du match. L’intention est louable mais la gêne est totale.

Cette anecdote passée, un premier mec, que je ne connais ni d’Adam ni d’Eve, se rapproche de moi : « Salut, c’est toi Perfettu ? Enchanté. » C’est donc ça, la célébrité ? Un deuxième Lorientais, Romain, vient vers moi et m’explique un peu le fonctionnement du Moustoir. « Alors tu vois en face, c’est les vrais ultras, là, de ce côté, c’est les gogoles ». Le message est passé. Et le match peut commencer. Je n’ai reçu que deux consignes : interdiction de me lever. Pas facile pour supporter son équipe… Et interdiction de m’assoir sur un siège : je mets un drapeau en boule pour m’assoir dessus, sur les marches de la tribune. Idéal avec temps.


Sous la pluie et dans le froid, la première mi-temps passe difficilement. Mais, je suis sauvé. Il est 20h45 et C’EST L’HEURE DU CASSE-CROUTE ! Et autant dire qu’au Moustoir, la buvette, c’est du niveau Ligue 1. On a le choix entre des pizzas, des hamburgers et des crêpes. Comme on est en Bretagne, mon choix est vite fait : je vais prendre un hamburger. Et des frites. Et une bière.

Les + :

  • Le hamburger est complet : steak, fromage, salade, oignon, tomate. Rien à dire.
  • Les frites sont croustillantes
  • Le choix
  • La bière (qui est alcoolisée, si je ne m’abuse)

Les – :

  • Le prix : 9 euros le burger + la portion de frites
  • La salade du burger un peu trop cuite
  • Le fait qu’il faille que je me mélange aux Lorientais, sans stadier avec moi, pour aller manger (J’aurais voulu être tranquille, merde)

Note sur le guide Michelin/Perfettu des buvettes de Ligue 2 : 4,5/5. Les casses-croûtes du Moustoir sont clairement d’une autre dimension, incomparables avec les autres de Ligue 2. Du choix, de la qualité, c’est tout ce que le peuple demande.

La mi-temps m’aura également permis de rencontrer Christian Bourpiff, légende lorientaise des tribunes et de Twitter.

Le match peut reprendre. Toujours dans ma prison dorée du Moustoir.

La seconde période passe extrêmement vite. L’arbitre siffle la fin de la rencontre. Les joueurs vont-ils venir me saluer ? Ils ont vu la bâche avant le match mais personne ne prendra la peine de venir me faire un petit coucou. La déception de la défaite a pris le dessus. Tant pis. Direction le bus des joueurs où Benjamin Genton est venu rendre visite aux Acéistes. En tant qu’ancien du FCL, Mathieu Coutadeur est le plus sollicité. Il est l’heure de reprendre la route : il est 22h30 et il me reste 6h30 avant d’arriver chez moi. Le problème ? Je bosse à 7h du matin. Arrivée à 5h30, dodo et boulot. C’est la vie qu’on a décidé de mener.

 

Perfettu

PS :  j’ai reçu énormément de messages de sympathie de supporters lorientais sur Twitter. Merci à tous. Ce déplacement au Moustoir est dans mon top 10. Vous êtes géniaux, ne changez pas.

Perfettu Erignacci De l'Aiacciu

One Comment

  1. Formidable acad’ comme d’habitude, à peine perturbée par 2 ou 3 allusions a un quelconque match de football.
    Les précommandes du guide Perfettu des buvettes ouvrent bientôt ?

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