Monaco-OM (6-1) : La Canebière académie croyait ce temps révolu.

Margarita Louis-Dreyfus était présente en tribune, communsymbole.

Aïoli les sapiens,

Salutations, Monaco, enfin l’on se rencontre. Des semaines à végéter contre des faire-valoir, des semaines à travailler en sous-marin, à réfréner nos ardeurs, pour enfin, le moment venu, affronter notre premier adversaire d’envergure sur la route du Projet®. Tremblez, Monégasques, car nous n’avons pas peur. Nous sommes plus faibles que vous, pour le moment. Nous sommes moins riches que vous, pour le moment. Mais nous avons notre cap. Nous sommes déterminés. Et notre peuple, uni, se dresse enfin sur la route des tout-puissants, car nous…

1’10’’ But de Kamil Glik.

2’16’’ Tir de Diakhaby sur le poteau.

Fin du match : Alors que la France du foot s’étrangle de rire après notre défaite 6-1, Jacques-Henri Eyraud passe en zone mixte sans répondre aux journalistes. Président, c’est votre geste qui déclenchera l’ouverture des garennes à insultes. A votre arrivée, vous succédez à un champion de billard en milieu hostile et un vendeur de pizza mué en liquidateur. Votre communication réussit alors à synthétiser l’ambition US, l’efficacité protestante, un soupçon d’ironie anglaise, sans oublier bien sûr de jouer de l’ingrédient principal, la passion phocéenne. Le temps des promesses était arrivé ; ambitieuses mais raisonnables, elles concernaient moins des triomphes immédiats que, plus modestement, l’espoir d’en finir durablement avec une trop longue ère d’humiliation et d’amateurisme. Or ce soir, jamais dans sa jeune histoire le Projet® n’aura dû faire face à autant de doutes qu’après cette défaite cuisante. Les recrutements incomplets nous exposent. Notre jeu est insipide et nos fesses sont rouges. C’est dans ces moments que la parole du chef devrait apaiser. C’est pourtant ce soir que le communicant professionnel vient de s’effacer derrière ce que le Marseillais expose de pire au reste du monde : faire la grande gueule avant, s’effondrer pendant, se défiler après. Nous avons besoin d’un Defferre qui défende son honneur à la pointe de l’épée, pas d’un énième Momo de la Valentine éructant en vidéo « Ho les parisiengs, si vous faites signer Neymar je vous sûceuh un par un, enculés de vos morts » avant de discrètement effacer son compte Youtube.

Le doute, voici un poison qui nous marquera plus durablement que la rouste de ce soir. Ce soupçon que l’on se refuse à prendre au sérieux, et qui nous chuchote chaque fois un peu plus clairement : « et s’ils n’étaient pas si sérieux qu’ils veulent bien le dire ? » A moins qu’un recrutement majuscule ne vienne dans les trois derniers jours du mercato réparer enfin les failles de l’équipe, il nous faudra pourtant vivre avec lui.

A l’image d’un gouvernement fraîchement élu entamant son « tournant de la rigueur », le grandiloquent s’effacera devant la nécessité, puisqu’il n’y a que cela à faire, de vivre en bonne intelligence pour assurer les prochaines échéances avec les moyens du bord. La principale de ces échéances, c’est la troisième place : y parvenir avec une défense de paraplégiques et un poste d’avant-centre sans roue de secours tient pour l’instant de la gageure – et je garde la question de l’entraîneur pour la bonne bouche. Toujours est-il qu’il faudra faire avec. Un peu plus d’humilité les jours d’éclaircies, davantage de courage dans les tempêtes, nous aideraient à attendre un peu plus sereinement les lendemains qui chantent.

 

L’équipe

« Actibus immensis urbs massiliensis fulget », dit-on. Eh bien Rudi Garcia, lui, l’actibus immensis il s’en cague, et il compte fulget avec une défense à cinq incluant Sertic, Rolando et Doria. Après Alessandrini latéral l’an dernier, l’expérimentation tactique du jour réside dans la titularisation d’Amavi en milieu gauche. Payet comme Rami sont en effet toujours blessés, de même que Njie, tandis qu’Ocampos est suspendu.

Mandanda

Sakai-Sertic-Rolando-DoriaHubocan

Thauvin-Luiz Gustavo-Sanson-Amavi

Germain

 

Le récit du match ci-dessous vous en dira plus sur le succès de cette tactique rien moins qu’audacieuse, toujours est-il que la composition évolue dès la mi-temps :

Mandanda

Sakai-Sertic-Rolando-Hubocan

Lopez-Luiz Gustavo-Sanson (Zambo Anguissa, 75e)

Thauvin-Germain-Cabella

 

Le match

Empiler des défenseurs, c’est bien, leur faire travailler les coups de pied arrêtés, c’est mieux. Après une minute et dix secondes de jeu, Glik surgit dans le dos de la défense pour reprendre un coup-franc de Lemar (1-0, 2e). Le temps de remettre la balle en jeu, et Diakhaby s’échappe de nouveau pour s’offrir un face-à-face, que Mandanda détourne miraculeusement sur le poteau. Dans l’histoire des stratégies défensives, on n’avait pas rigolé comme ça depuis les Allemands en 40 avec les Ardennes et la ligne Maginot.

Configurée pour défendre, l’OM voit sa tactique anéantie dès le début et ne  parvient pas à remonter la pente. Les actions olympiennes sont trop rares et souvent menées en sous-nombre, tandis que les errements de notre défense dépassent le stade d’un slipomètre déjà détruit par surtension dès le début de la rencontre. Monaco joue tranquillement, sachant que les occasions vont arriver toutes seules : c’est ainsi qu’après une séquence d’amusement aux abords de notre surface, il suffit à Fabinho d’accélérer et d’entrer dans notre surface pour y subir une bonne grosse charge de benêt de la part d’Amavi. Falcao transforme le pénalty (2-0, 20e).

Luiz Gustavo croit ensuite bienvenu de nous offrir un instant Romao, avec perte de balle suivie d’une charge illicite occasionnant coup-franc dangereux et carton jaune valant suspension prochaine. Pour faire bonne mesure, la défense se fend d’un beau moment d’analité sur le coup-franc qui s’ensuit : Doria et Luiz Gustavo sont battus de la tête par Diakhaby, puis Falcao domine Sertic. Une œuvre collective, donc (3-0, 34e).

Nous retrouvons notre duo brésilien quelques minutes plus tard, s’adonnant à une scène de sexe non consentie avec Ronnie Lopes. Après une bonne faciale sur les deux sus-nommés, le Monégasque adresse à Diakhaby un centre puissant sur lequel Sertic est bien sûr en retard (4-0, 45e).

Dès la mi-temps se confirme l’inaptitude de Rudi Garcia à aborder les rendez-vous situés au-delà d’un certain standing, à l’image de René du Cantal séchant l’enregistrement de « l’Amour est dans le pré » pour monter à la capitale tenter sa chance auprès de Scarlett Johansson. Rudi Gardia corrige le tir à la pause, pas tant dans l’espoir de parvenir à ses fins que de retrouver un minimum de dignité. Cabella et Lopez entrent, et l’équipe reprend forme plus classique.

Le résultat acquis, Monaco gère paisiblement son avantage et laisse l’OM s’approcher sans se montrer véritablement dangereux. Au contraire, c’est sur un corner généreusement offert par Cabella et Hubocan que nos adversaires se régalent une fois de plus. Le coup de pied de coin est joué à deux mais adroitement, ce qui amène l’OM à déposer une réserve immédiate pour « mépris évident des traditions footballistiques ». Glik dévore le colosse du Cabo Verde comme une obèse en amazone sur Passe-Partout, et voit sa tête repoussée par le poteau. Sidibé profite de la sieste de Sakai pour reprendre (5-0, 68e).

Alors que les « olé » descendent des travées monégasques, Maxime Lopez récupère et adresse un long ballon à Thauvin, qui rate sa volée, comme d’habitude ce soir. Seule différence avec ses précédentes frappes, le tir ne va pas couler un yacht dans le port mais se transforme en service idéal pour Cabella, plus vif que son défenseur (5-1, 77e).

Fin tacticien, Rudi Garcia vise alors la préservation du score en faisant entrer Zambo Anguissa à la place de Sanson. Un coup de poker bien mal récompensé, puisque Sakai se voit dépassé par Jorge, qu’il envoie bouler d’un coup d’épaule des familles : pénalty. C’est cette fois-ci Fabinho qui se charge de prendre Mandanda à contre-pied en déclenchant dans nos réseaux sociaux une vague de suppressions de tweets datés du 8 mars dernier (6-1, 79e).

Nous nous étions égarés, le matin-même, à prévoir dans cette confrontation un test aussi peu probant que ceux déjà conclus face à Dijon, Nantes où Angers. Monaco et PSG ne jouent pas davantage dans la même catégorie que nous, et l’on nous jugera plus justement après nos rencontres avec des clubs tels que Lyon, Nice, Lille, Saint-Etienne ou Bordeaux. La profondeur de la sodomie subie nous force cependant à tirer quelques enseignements, dont le premier est un mépris sans doute irréversible à l’encontre de Rudi Garcia. Ses choix de pleutre et sa tendance à reporter les échecs de l’équipe sur des causes extérieures représentaient déjà des traits de caractère exaspérants, mais cette quatrième fessée donnée par Monaco ou Paris depuis son arrivée vient à bout des patiences les plus solides. A moins que le Projet ® ne consiste à faire rire la France entière à nos dépens lors des matchs les plus exposés médiatiquement, la constance de notre entraîneur dans l’humiliation médiocre apparaît de plus en plus rédhibitoire lorsqu’il s’agira de franchir des échelons supérieurs.

 

 Les notes

Mandanda (2+/5) : A le tort très pardonnable d’être pris à contre-pied sur les deux pénaltys. Sinon rien à lui reprocher, et puis ce 6-1 inédit confirme bien qu’il n’était pas encore arrivé au bout de son histoire avec nous.

Sertic (1+/5) : Ce qui entrave la réussite de l’OM, c’est aussi cet impératif de se débarrasser des boulets recrutés sous Labrune… hein ? quoi ?

Rolando (1/5) : Astuce : pour paraître moins ridicule que vos camarades, prenez soin d’avoir toujours un mètre de retard pour ne pas apparaître sur l’action.

Doria (0/5) : Bombardé titulaire face au champion de France alors qu’il entre d’habitude à la 80e minute pour préserver des 1-0 contre le douzième du classement – ce qui en temps normal est déjà un grand honneur qui lui est fait.

Lopez (46e, 2-/5) : Garcia l’a jeté aux Monégasques comme un poulet aux crocodiles.

Sakai (1/5) : Toujours imprégné des valeurs de combativité nippone. Il devrait cependant s’abstenir de crier « Tora ! Tora ! Tora ! » quand il part emplâtrer un attaquant en pleine surface, ça attire l’attention de l’arbitre.

Hubocan (1/5) : Les catastrophes ne sont jamais dues à une cause unique mais à un enchaînement d’erreurs : un entraîneur qui le fait jouer, un président qui le recrute, une mère qui lui offre son premier ballon de football… L’important n’est pas de punir mais de comprendre et d’en tirer les expériences, pour que jamais de tels drames ne se reproduisent.

Thauvin (1+/5) : Ce n’est pas un palier qui le sépare du très haut niveau, c’est la montée du sémaphore de Callelongue en fauteuil roulant. Il lui faudra du courage ; cela tombe bien, il en a.

Luiz Gustavo (1/5) : Cet homme est beau quand il lève la tête pour trouver les meilleures solutions de jeu. Hélas, vu ce que lui ont mis les Monégasques, j’ai peur qu’il garde ladite tête un peu penchée pendant quelques jours.

Sanson (1-/5) : « Le milieu de terrain manque d’automatismes ? Explosons-le complètement, il en sortira forcément quelque chose de nouveau. » in « Ma méthode paranoïaque-critique », par Rudi Garcia aux éditions Gneu.

Zambo Anguissa (77e) : L’inconvénient de son sort de titularisation éternelle, c’est qu’il le conduit aussi à participer à ce genre de match, ce dont il se serait bien passé.

Amavi (1-/5) : C’est sûr que de voir ce que l’on fait de nos recrues, ça va donner envie à d’autres joueurs de nous rejoindre.

Cabella (46, 3/5e) : Sans trop se prendre la tête quant au score, il a livré une partie honorable et ponctuée d’un but. Il confirme ainsi son utilité chez nous comme remplaçant, ce qui explique sans doute que la rumeur le place parmi les premiers à nous quitter prochainement.

Germain (1+/5) : L’an dernier dans la peau de l’agresseur, aujourd’hui dans celle de la victime. En Afrique du Nord on appelle cela un kadhafiste-fucking.

 

L’invité zoologique : Monsieur Lapin.

Sur les sachets de tisanes de Jacques-Henri

Sur les compositions en 541 de Rudi

Sur le mercato en sous-marin

Sur le grand pectoral de Rami

Sur les cases à cocher par l’attaquant

Sur les 18 buts en quatre matchs contre Monaco, le 1-5 contre les parigots

Sur le portail de la Commanderie, sur les banderoles dans les fumis

J’écris ton nom : Monsieur Lapin

 

 

Bises massilianales,

Blaah.

 

Blaah

Dromadaire zoophilologue et pertuisien. Idéal féminin : à mi-chemin entre Scarlett Johansson et Maryse Joissains.

7 Comments

  1. P*tain, je viens de voir le résumé, j’ai mal pour toi, c’est ouf qu’apèrs la saison que vous venez de faire, l’accent n’ait pas été mis sur une vraie défense centrale, et surtout que Vainqueur n’ait pas été conservé…. Courage en tout cas.

  2. Je trouve ce résumé sévère. Les mecs en face se sont pris un but de Cabella donc je serais un peu moins catégorique sur la question « qui a été humilié hier soir ? »

  3. Alors qu’on se baladait tranquillement les couilles à l’air, c’est la bête sextuple torsion de testicules.

  4. Et encore, il n’est nullement fait état du recrutement de Jovetic, soufflé sous notre nez par Monaco alors qu’il devait passer la visite médicale aujourd’hui à La commanderie. En langage courant cela porte le nom de viol par double pénétration sans échauffement.Celle qui laisse des grosses rougeurs irritantes qui ne passent qu’avec le temps, et encore, si personne ne vient remettre le couvert entre temps.

  5. Pas de panique les boys, JHE va gérer. D’ailleurs, c’était prévu, Slide 5 du power point du 31/09/2016…j’referais tourner le lien. See?

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